Courriels professionnels, télétransmission, le net fait partie du quotidien du cabinet mais une panne récurrente empêche régulièrement la connexion. Souvent, débrancher et rebrancher le modem résout le problème.
Souvent mais pas toujours.

Cette fois là, c’est pas. Je branche et débranche, patiente, retente entre deux rendez-vous, laisse passer 24 heures au cas où… et me décide à joindre le service technique.
Mon interlocuteur me fait répéter la manip déjà tentée x fois, me laisse patienter de longues minutes au téléphone sous prétexte de test de ligne puis m'affirme que tout devrait rentrer dans l’ordre dans les 12 heures.
« Et si ça ne marche pas ? »
« Je vous rappelle »
« Sans faute ? »
« Sans faute ! »

Le lendemain, ça ne marche toujours pas et  - évidemment ? - aucun coup de fil. C’est donc moi qui rappelle le mal nommé service assistance.
Hélas, mon second correspondant a décidé de faire payer son mal-être aux appelants.

Première étape : me transformer en marionnette décervelée. Il me demande à nouveau de brancher /débr… je le coupe, «c’est déjà fait». Aucune importance, il faut le refaire. Je dois ensuite m’assurer que les fils sont bien raccordés.
«Je n’ai touché à rien»
«Vous pouvez avoir tiré les fils en passant le balai»

Aucun risque vu la disposition du bureau mais il n'en démord pas, un coup de balai  malencontreux est vite arrivé. En salle d’attente, un couple patiente.  Pour abréger la discussion,  mieux vaut obtempérer et, comme prévu, tout est correctement branché.

L’étape suivante débute : « Ne vous énervez pas !»
Je ne suis pas énervée (pas encore) juste pressée… mais rien de plus crispant que ces quatre mots qui ponctuent toutes ses phrases au cours d'incompréhensibles vérifications qui accroissent mon retard.

Puisque rien ne marche, il va m’envoyer un dépanneur mais me met en garde, je devrai certainement payer l'intervention. Je m'en étonne. Mauvaise pioche, je gagne une longue digression sur les problèmes techniques illustrée de moult exemples de pannes électroménagères.
« Et si c’était la ligne ? »
« Non elle a déjà été testée »

Je tente de me montrer conciliante «c’est ce qui nécessitait un délai de 12 heures ?»
«Je vais être franc avec vous, cette histoire de 12 h n’a aucun sens »
Restons zen…

La dernière étape confine au sublime. Le fameux technicien passera sans rendez-vous.
«C’est un cabinet de sage-femme. Nous sommes parfois en visite, parfois appelées en urgence… je ne peux rien garantir»
«Alors prenez rendez-vous mais il passera moins rapidement »

Tout cela s’éternise et je suis sacrément en retard, il faut en finir. Je demande donc un rendez-vous mais il ne me propose que des dates éloignées. J'ose souligner que je paye un abonnement professionnel pour être rapidement "secourue"..
Il soupire « alors, ne prenez pas rendez-vous, de toute façon le dépanneur vous appellera avant de passer»
Je demande à combiner les deux options, passage volant hasardeux et rendez-vous garanti au cas où...
Refus sans appel  « Non! C’est l’un ou l’autre »

Avec plus d'une demi heure de retard pour mes consultations, des explications fumeuses et un ultimatum en guise de conclusion, je ne peux m'empêcher de commenter «j’espère que le jour ou vous aurez besoin d’une sage-femme, elle se montrera plus conciliante que vous»
Et lui de rétorquer  «vous n’êtes pas digne d’être un professionnel de santé !»

Le comble est que cela m’a blessée…