La sage-femme de rose vêtue et le décor, deux chaises de part et d’autre d’un bureau envahi de papiers, annoncent un rendez-vous médical.
Effectivement, la future mère commence par évoquer son dossier mais son interlocutrice l’interrompt poliment et reprécise l’objet de la rencontre, il s’agit d’un entretien et non d’une consultation.
Tout à son souci d’expliquer le contenu de cet entretien, elle disserte longuement pendant que la femme assise de l’autre coté du bureau peine à placer quelques mots.
Elle parle d’une voix douce, presque trop, lentement, presque trop. Il y a quelque chose de vaguement dérangeant dans ce ton pourtant prévenant, comme une affirmation de l’évidente fragilité des femmes enceintes.

Lorsque la question de la péridurale est posée, la praticienne répond d’abord que le sujet sera traité en préparation et en consultation d’anesthésie. Devant l’insistance de la jeune femme qui s’inquiète de savoir ce que l’on continue à sentir,  elle prend le temps de lui expliquer le  mode de délivrance auto contrôlé.

Pour minimiser le geste et se montrer rassurante, elle abuse du mot petit : «il y a un petit système, vous appuyez sur une petite pompe qui va vous délivrer une petite dose d’anesthésique ».

Le pré-supposé de la fragilité s’est imposé.