Chiffre symbolique que je m’étais promis d’atteindre pour mes billets quotidiens.

Cela signifie à peu de choses près 50 soirées consacrées à écrire, et 50 levers matutinaux pour corriger rageusement ce qui m’apparaissait satisfaisant la veille, des textes écrits avec passion puis abandonnés pour leur insondable banalité, des ratures - heureusement virtuelles – innombrables, des insomnies par manque d’inspiration et d’autres pour une idée qui s’impose et la crainte d’oublier les mots en devenir, des enthousiasmes finissant dans un dossier joyeusement nommé « Ratés ».

C’est encore une mémoire ravivée,  où chaque souvenir évoqué en appelle un autre, tourbillon affolant de la somme de rencontres et d’histoires qui m’ont faite et me font encore.

C’est une passion toujours réaffirmée pour ce métier parce que nous y côtoyons l’essentiel, que toutes les émotions se mêlent et que nous sommes là pour les accompagner, parce que notre place est au cœur de l’humain et presque au cœur du cœur…

Ce sont surtout quelques lecteurs et commentateurs qui me font le plaisir de revenir régulièrement, et cette présence tient chaud au cœur. Pardon ne pas répondre plus souvent, le temps me file entre les doigts.

Mais j'écris aussi parce que je me désole devant l’inefficacité de nos combats pour une naissance respectée, parce que l’accouchement à domicile est honni de la majorité des équipes obstétricales et que les maisons de naissance sont dénaturées avant même d’exister.

Parce que je sais que l'accouchement est la force fragile où s’ancrent puissance féminine, solidité du couple parental et sérénité de l’adulte en devenir.

Parce que ces chroniques sont une autre façon de défendre ce à quoi je crois mais que ce combat se mène aussi dans la vraie vie et qu’il me prend temps et énergie.

Parce qu’il ne faudrait pas que l’écriture  se développe au détriment de mon travail quotidien  et de tous ceux qui nourrissent ces billets.

Je vais poursuivre ces récits mais me libérer de la règle du message journalier.

Une jeune mère m’a dit hier «je méconnaissais le rôle des sages-femmes. Elles portent la joie de vivre».
Charge essentielle et chronophage, vous en conviendrez…