Première rencontre. Je lui demande quelles sont ses attentes et elle répond aussitôt "Apprendre à pousser ! La dernière fois je n’ai pas su faire. J’avais envie de pousser tout le temps mais ça n’avançait pas".

Cette envie de pousser – il serait plus juste de parler de besoin - entraine des efforts spontanés, irréfléchis et efficaces, ce qui ne correspond ni à l’inutilité décrite et ni à sa demande d’apprentissage.

J’insiste donc un peu. Elle n’arrivait pas à pousser pendant les contractions.
"
Mais vous disiez avoir envie de pousser tout le temps ?   
- Non pas tout le temps, c'est la sage-femme qui me disait
 quand ...
Son homme s’en mêle Oui, et tu faisais n’importe quoi "

Le souvenir est confus mais visiblement douloureux.
J’évoque alors la différence entre la simple sensation d’appui et le besoin irrépressible d’accompagner la descente du bébé, la nécessité d’accepter le "départ" de l’enfant pour sentir ce besoin et avoir une poussée efficace.

Finalement, il s’agissait d’un appui.

Elle raconte ce début de travail très lent, la rupture provoquée de la poche des eaux par la sage-femme, l’accélération brutale de la dilatation et la consigne de pousser qui lui est alors donnée.
Je souligne qu’elle avait peut-être imaginé une naissance plus tardive, qu’elle a pu être déroutée par cette rapidité, pas encore totalement prête à se séparer de son enfant.

Un grand sourire  "C’est tout à fait ça !"
D’ailleurs, elle a eu bien du mal dans les semaines suivantes avec la sensation de ventre vide, l’absence de mouvements…

C’est peut-être pour cela qu’elle est de nouveau enceinte, moins de 6 mois après la naissance de son ainé.