Elle termine son travail sous péridurale. Ses perceptions sont émoussées par l'anesthésie et elle ne ressent pas la pression de l'enfant. Il y a presque une heure, la sage-femme a pourtant confirmé la dilatation complète du col. Depuis, le bébé a progressé à la seule force des contractions. On devine le sommet de son crane et la sage-femme annonce qu'il est temps de pousser. La naissance est proche.

Pas de brancardage au pas de course, d’échanges de regards inquiets, de bip sonores venant rythmer le temps écoulé, de consignes énoncées d'un ton sans appel, toutes choses si coutumières aux fictions télévisées qu'elles ont envahi l'imaginaire parental.

L’ambiance est au contraire paisible. Seules deux professionnelles sont présentes en salle de naissance, la sage-femme et l’aide soignante. Elles parlent peu, encouragent la mère dans ses efforts de poussée par quelques paroles prononcées doucement. Le son du monitoring est baissé, la lumière tamisée.

Ambiance si sereine et si différente de ce qu’il avait imaginé que le père se penche vers la sage-femme et lui chuchote «Qu’est ce qu’on attend pour commencer ? »