La Caisse Nationale d’assurance maladie communique et c’est pour le moins irritant…

Expérimentez, nous discuterons ensuite ! Il nous est demandé de tester une nouvelle organisation sans concertation préalable sur sa mise en place.

Le même article à quelques mots près, accompagnés de la même illustration bateau est sorti dans plusieurs rédactions régionales. Ce que l’on veut nous faire passer pour de l’information n’est en fait que de la communication institutionnelle. La CNAM cherche ainsi à forcer la main des sages-femmes libérales des trois départements concernés qui ont décidé  - avec le soutien de leurs syndicats - de boycotter l’expérimentation.

En effet, de nombreuses questions se posent :
- pourquoi introduire un nouvel intervenant dans le suivi déjà très morcelé de la maternité ?
- est-il vraiment nécessaire qu’une «conseillère de l’assurance maladie» se déplace pour «remettre à la mère une liste de sages-femmes pour lui permettre de faire son choix » ! La liste des sages-femmes libérales est déjà disponible dans le premier annuaire venu. Sur quels éléments pourrait-elle choisir, cette jeune mère en instance de retour à la maison ?
- comment devons nous comprendre que cette même conseillère «organise la première visite de la sage-femme»? Ne sommes-nous pas des professionnels de santé responsables, en capacité d’organiser au mieux nos visites en fonction des besoins de l’ensemble de nos "patientes" (pardon pour ce terme convenu)? Faudrait-il délaisser subitement les unes parce que les autres nous sont désignées par l’assurance maladie ?

Je ne souligne là que des points de détails. Ce qui irrite réellement les sages-femmes, c'est que l'on veuille ainsi les cantonner à l’après naissance pour pallier les problèmes de lits et de budgets hospitaliers. Le titre de l'article ose annoncer un «accompagnement personnalisé», mais cette expérimentation omet un point essentiel, le suivi sera d’autant plus personnalisé, d'autant plus confortant qu’il se fera dans la continuité d’un travail amorcé en amont, bien avant l'accouchement.

Rappelons que ce qui nous est présenté ici comme une nouveauté révolutionnant le retour à la maison existe depuis longtemps et que la seule innovation consiste en l’intervention d’une conseillère.

Comment se passer de cet intermédiaire superflu ? Rencontrer une sage-femme libérale dès le début de la grossesse, lui livrer ses besoins, ses craintes, ses attentes pour se sentir en confiance, entendue et soutenue tout au long des neufs mois.
La suite apparait alors parfaitement simple ; la prévenir de la sortie de la maternité et poursuivre dans son salon la relation débutée auparavant. Lui présenter fièrement son enfant, avoir le temps d’évoquer l’accouchement, prendre ainsi du recul sur les éventuels passages difficiles, savourer le récit des beaux moments, pouvoir la questionner sans se sentir jugée, évoquer ses peurs sans être infantilisée, être accompagnée dans ses premiers pas de mère. 

Quelques jours ou quelques semaines plus tard, ce sera avec la même sage-femme que l'on pourra rassurer le compagnon qui peine à trouver sa place, apaiser les craintes sur la jalousie des ainés, évoquer la vie du couple …

Nul besoin d’un nouvel intermédiaire pour aller à la rencontre de familles souhaitant notre visite.

Il est vrai que d’autres parents ayant tout autant besoin de notre soutien ne feront pas cette démarche. Mais je prétends que ce n’est pas le passage d’une quelconque conseillère parachutée à la maternité qui dénouera ces situations et permettra d'accueillir nos visites com