Dépassée
Elle est plus affalée qu'assise contre le grand coussin qui soutient son dos. Ses cheveux s’étalent en longues flammes rousses, encadrant un visage du même blanc que les draps. Elle se refuse à bouger, n’en peut plus, n'y croit plus, se consume dans l’attente angoissée de la vague suivante. Ma main se veut légère sur son ventre, je sens le crescendo puis l’apaisement de chaque contraction, ma voix bat la mesure de sa respiration. Mes yeux rivés aux siens, je souffle, masse, encourage. Mais plus rien n’y fait, anéantie par la douleur, elle demande grâce. Je tente un nouvel examen, espérant lui annoncer une dilatation bien avancée mais il n’en est rien, elle est à 3 cm…
Cela se passe il y a longtemps, au sein d’une maternité réputée pour la qualité de sa préparation et de son accompagnement. La péridurale ne s’est pas encore banalisée et les mères qui accouchent en ce lieu comptent sur nos forces conjuguées pour traverser la tempête.
L'analgésie me semble la seule issue après ces heures de combats. J’appelle le médecin car il me faut son aval pour requérir l’anesthésiste. Il vient, procède à un rapide examen, annonce son verdict «d’accord pour une péridurale mais c’est encore trop tôt, il faut attendre 5 cm de dilatation».
Sur ces paroles lapidaires, il quitte la chambre. Désemparée, je mets quelques secondes à réaliser ce qui vient d’être dit avant de courir à sa poursuite, révoltée par cet abus de pouvoir. Rien ne justifie d'attendre. Je veux, j’exige qu’on la soulage là, tout de suite ! Dans un demi-sourire il affirme «fais-moi confiance !» et s'en va. Il est chef de service, je viens d’être embauchée. Combat inégal.
Je retourne auprès d’elle, résolue à la soutenir jusqu'au geste salvateur.
Mais, alors qu'elle perdait pied, submergée par la douleur, je la découvre en train de refaire surface. Dans l'attente imposée de l'analgésie, elle trouve une nouvelle
énergie. Son visage s’apaise, sa respiration se pose, son regard s'éclaire. Nous poursuivons notre chemin commun, elle souffle, je l’accompagne. Tout est redevenu plus facile…
Le travail progresse et la dilatation exigée pour poser la péridurale est atteinte. Je la propose, elle n’en veut plus. J’insiste un peu, poussée par mon désir de démontrer au médecin qu’il a eu tort, que ce délai imposé n’a rien changé.
Mais il a eu raison. D'analgésie il n’est plus question et elle accouchera un peu plus tard, dans une sérénité retrouvée.
Expérience fondatrice, tant de fois racontée en préparation, tant de fois présente à mon esprit en salle d’accouchement, lorsqu'une mère m’assurait qu’elle ne pouvait aller plus loin.
Je sais depuis les ressources insoupçonnables d’une femme en travail.
Mais comment rassurer celle qui se décourage ? Comment l'aider à puiser au fond d'elle-même l'énergie dont elle se sent démunie ? Il faut se garder de franchir la marge étroite entre convaincre et imposer. Et si elle affirme que non, que ce n’est plus possible, que je ne me rends pas compte, que c’est trop dur, qu’elle a trop mal... je ne peux que m'incliner et appeler l’anesthésiste.
Reste la pensée fugace qu'il aurait pu en être autrement.
Commentaires sur Dépassée
- Bonjour,
A la lecture de ce récit, ou des récits allant dans le même sens, je m'interroge toujours.
Pourquoi vouloir dépasser la douleur ? pourquoi aller puiser dans les dernières ressources ?
J'ai vécu 3 accouchements, un avec une rachi parce que, au contraire de cette dame ma dilatation avait été si rapide que l'anesthésiste n'était arrivé qu'à "totale",mais qu'il ne voulait pas s'être déplacé pour rien. Un deuxième avec une péridurale "classique" et un troisième, étrangement le plus long et le seul douloureux, parce que l'anesthésiste voulais commencer "léger"...
Je garde de ces moments un sentiments forts et riches, je n'ai à aucun moment l'impression d'avoir été privée de mes accouchements. Mais je n'ai pas eu non plus à subir de grosse fatigue dans les suites. J'ai toujours gardé mes enfants près de moi sans à aucun moment les donner à la pouponnière puisque je n'étais pas "épuisée".
J'avoue être toujours déstabilisée par le besoin de se montrer plus forte que la douleur. C'est un peu comme si on allait chez le dentiste sans anesthésie...
Bien entendu, et pour que les choses soient bien claires, je ne juge pas, loin de la, mais je ne comprends pas et reste vraiment surprise face à ces choix. Et autant je vous félicite de ce travail que vous réalisez, de ce don de vous que vous faites à toutes ces femmes, autant, je dois avouer que je suis contente qu'on puisse avoir le choix.
Bravo à vous et bonne continuation - Je rejoins Barbaraaaa... à chacune de voir jusqu'où elle peut aller, ce qu'elle peut supporter... Comme tu le dis si bien, il faut se garder d'insister "trop", et d'imposer... A chaque femme son ressenti, à chaque femme son choix, et il ne faut pas culpabiliser celles qui décident d'accoucher avec une péridurale... Aujourd'hui nous avons le choix, en France, et c'est une chance. Cela me fait penser au débat que l'on peut parfois entendre concernant l'allaitement, les pro, les anti... Bien sûr on peut conseiller, exposser son point de vue, mais c'est à chaque femme de choisir en toute liberté, et il n'y a pas de "mauvais choix", en aucun cas...
- Je rejoins Barbaraaaa... à chacune de voir jusqu'où elle peut aller, ce qu'elle peut supporter... Comme tu le dis si bien, il faut se garder d'insister "trop", et d'imposer... A chaque femme son ressenti, à chaque femme son choix, et il ne faut pas culpabiliser celles qui décident d'accoucher avec une péridurale... Aujourd'hui nous avons le choix, en France, et c'est une chance. Cela me fait penser au débat que l'on peut parfois entendre concernant l'allaitement, les pro, les anti... Bien sûr on peut conseiller, exposser son point de vue, mais c'est à chaque femme de choisir en toute liberté, et il n'y a pas de "mauvais choix", en aucun cas...
- Pour répondre à barbaraaaa, la raison pour laquelle je ne voulais pas de péridurale est que je voulais garder les sensations.
Ce sont des messages que m'envoies mon corps, ils ont leur fonctions. Ils me permettent de réagir de manière adaptée. Me couper simplement des sensations me fait peur. J'ai peur de me blesser sans m'en rendre compte.
De la meme manière, si j'ai une migraine, je me couche et ne fais plus rien (si je peux) et je ne prends un anti douleur que si meme ainsi je ne supporte pas, ou si je dois faire des choses (enfants, travail...)
Par ailleurs, la plupart du temps, lorsque je vais chez le dentiste, je n'ai pas d'anesthesie, puisque tout va bien.
La grossesse et l'accouchement ne sont pas des pathologies, tout peut aller bien !
- Garder ses sensations... voila encore une chose que je ne comprends pas. J'ai toujours gardé mes sensations, senti le corps de mon enfant qui descendait puis, mon corps s'écarter pour lui ouvrir le passage. J'ai même eu la chance de pouvoir "sortir" mon fils moi même. La merveilleuse sage femme qui m'accompagnait m'avait placé les mains sous les bras de mon fils et m'avait laissé "sortir" le reste de son corps et le poser moi même sur moi.
Mais Aurélie, je te rejoins sur un point, la grossesse n'est pas une pathologie et si je me suis permise de réagir c'est vraiment parce que ce raisonnement est quelque chose qui m'échappe complètement.
En même temps, si je suis le blog d'une sage femme qui exprime si librement son ressenti alors que je n'envisage plus de grossesse c'est bien que c'est quelque chose qui me turlupine toujours
- Barbaraaa, pour te répondre, personnellement si je n'ai pas voulu de péridurale, c'est un peu comme Coco pour conserver les messages que mon corps m'envoyait et qui ont leur utilité ; c'est aussi parce que la péridurale peut aussi avoir des effets négatifs. Je ne parle pas des complications neurologiques rarissimes, mais des possibles tremblements, chutes de tension, vomissements, et surtout du fait que bien souvent elle fait ralentir le travail, ce qui peut pousser le personnel médical le mieux intentionné du monde à injecter des hormones de synthèse pour stimuler les contractions, d'où bousillage de l'équilibre hormonal naturel de l'accouchement.
En plus, il semble, et c'est tant mieux ! Que tu aies bénéficié d'anesthésies très bien dosées, qui t'ont permis de vivre tes accouchements (sentir le bébé descendre etc.) et d'en garder de bons souvenirs, alors qu'on lit souvent des femmes regretter de n'avoir plus rien senti.
Enfin il y a aussi le fait qu'un produit injecté à la mère passe toujours plus ou moins vers le bébé, et qe les enfants nés sous péridurale sont parfois plus "endormis", statistiquement ils ont plus souvent un peu de mal à prendre le sein.
Donc, le "but du jeu" n'est pas juste de voir si on sera "plus forte que la douleur", c'est plutôt un état d'esprit de se dire "mon corps est fait pour accoucher, il va créer un équilibre entre ocytocine et endorphines, qui est idéal pour moi et mon bébé, je vais lui faire confiance". Ceci dit, tout le monde ne partage pas cet état d'esprit et ce qui est bien, c'est d'avoir le choix, pour que chacune puisse bien vivre ses accouchements ! - pour ma première je ne voulais pas la péri, mais après 10h de contractions inneficaces, j'ai cédé aux sirènes de l'anesthesiste. J'ai eu beaucoup de regrets d'ailleurs.
pour mon fils, je voulais la péri, sure de ne pouvoir supporter la douleur. Et quand l'anesthesiste est arrivé, j'avais la tête entre les cuisses et le sourire aux lèvres. Finallement j'en étais capable ! - Mais finalement, dans ton histoire, ni toi ni le médecin (ni probablement la femme) ne savaient où était la limite, et comment franchir le cap du découragement et de l'épuisement. Cette énergie renouvelée est un très beau résultat, mais comment l'obtenir sans risquer d'aggraver les choses ? Comment distinguer le moment où nos patientes ont besoin qu'on suive leur désir immédiat de soulagement, et celui où elles ont besoin de notre énergie pour passer un cap difficile mais temporaire ? Devant ce débat je tranche rarement, et j'essaye de laisser chaque femme suivre son instinct de l'instant, mais je me demande très souvent après la bataille si j'ai eu raison.
- personnellement, je n'ai pas voulu la péridurale. je voulais "mériter" cet enfant. D'après moi, les contractions ne sont pas agréables pour le bébé. Donc je me dois de souffrir avec lui. C'est ma première preuve d'amour, de lui dire que dès sa naissance, je suis prête à avoir mal.
Pour info, j'ai accouché après 20h de contractions, bébé coincé dans le bassin au début.
Mais une amie à moi a accouché avec péridurale, et je respecte cela. Mon avis n'engage que moi - Je n'ai pas non plus voulu la peridurale pour mes 2 derniers, car je savais que je n'etais pas toute seule a souffrir, que mon bebe etait dedans avec moi, et je ne voulais pas le laisser seul.
Je suis connue pour etre extremement douillette, car en general ce sont des douleurs pathologiques, et j'ai beaucoup de mal a les accepter. Les douleurs de l'accouchement font partie d'un processus, non pas d'une pathologie, je me dis donc que bien preparee, et bien accompagnee, la parturiente, a priori doit pouvoir y faire face et donc accompagner son bebe dans le processus.Le but ici(de mon point de vue) n'est pas de se montrer plus forte que la douleur, mais d'y faire face afin de rester avec son bebe. Il est clair que toutes les femmes n'y arrivent pas,et dans ces cas-la, la peridurale peut etre necessaire, mais je pense que derriere tout ca, il y a une forte terreur induite par la medecine. - personnellement, je n'ai pas voulu la péridurale. je voulais "mériter" cet enfant. D'après moi, les contractions ne sont pas agréables pour le bébé. Donc je me dois de souffrir avec lui. C'est ma première preuve d'amour, de lui dire que dès sa naissance, je suis prête à avoir mal.
Pour info, j'ai accouché après 20h de contractions, bébé coincé dans le bassin au début.
Mais une amie à moi a accouché avec péridurale, et je respecte cela. Mon avis n'engage que moi - Qu'elle semble douce, cette présence, aux côtés de cette femme qui souffre.
Au fond de moi, je ne peux m'empêcher de penser que c'est cela, et non ce défaut de "timing", qui a permis à cette dame de mener à bien, et sans ajout, son combat contre la douleur.
Car c'est bien cela qui manque, au final, un accompagnement, une aide, bien souvent psychologique, pour lutter contre ces vagues qui vous envahissent pour ne plus vous lâcher.
Quand vous souffrez 10, 15 ou même 32h de contractions régulières, par les reins, avec un col bloqué à 2 sans aide aucune, sans parole réconfortante qui vous guide, et vous dit que vous ne faites pas cela pour rien, les limites sont difficiles à fixer, et l'on imagine mal pouvoir passer au delà de la souffrance.
Pour ma part, quand la sage-femme m'a annoncé que j'étais enfin arrivée à 3cm, la péri s'est présentée comme un soulagement. Si j'avais été correctement accompagnée, peut-être aurais-je tenu, et n'aurais-je pas du vivre 12h de travail supplémentaire, avec césarienne à la clef... - La péri amène toujours des débats passionnés.
Beaucoup de ce que vous avez écrit est incontestable… oui Lilice, il y a des moments où l’on n’y croit plus, et on a parfois tort comme le démontre Miss Lys ; oui Barbaraaaa, les péri actuelles ne suppriment plus toute sensation, oui Aurélie, à chaque femme de savoir ce qu’il lui convient.
J’ai plus de difficulté à adhérer à l’idée de souffrir avec, de mériter… d’abord parce que nous n’avons pas de réelles connaissances sur ce que vit le bébé, l’idée de sa douleur n’est qu’une projection qui demande à être confirmée. Et même si cela est, n’est-on pas mieux présente lorsqu’on ne souffre pas ?
Et puis faut-il ajouter un nouvel enjeu à celui essentiel de traverser l’épreuve. On peut y gagner énormément, on peut y perdre beaucoup.. Y trouver une nouvelle force ou s’y sentir anéantie…Cela ne peut se résumer à avoir ou pas une péridurale.
Enfin Lyly, oui, la présence et le soutien des sages-femmes sont précieux, essentiels, mais hélas pas suffisants. Cette femme a retrouvé cette énergie car elle était submergée par la douleur et que la péri retardée lui a imposé de reprendre pied pour ne pas se noyer. Tout juste pouvons-nous penser que cela aurait été encore plus dur sans accompagnement… Sans ce soutien tout apparait plus difficile, avec, rien n’est sûr..Il y a parfois des naissances à la maison qui se terminent en césarienne.. Pourtant, la confiance et la présence sont là…nécessaires mais pas suffisants…
Pour finir, je répondrai à Get 72 que je suis d’accord avec elle, nous ne savons pas… Nous pouvons éventuellement tenter de négocier un délai supplémentaire, un petit espace permettant de trouver autre chose qui fait que cette mère devant nous se trouvera ressourcée… ou pas !
Et si elle ne veut pas… nous ne pourrons, comme je l’ai écrit, que nous incliner.
Gardons nous d’imposer. J’y reviendrai dans un autre billet. - Refus de la péridurale, par peurPour répondre à Barbaraa, je voudrais lui donner une autre raison pour laquelle certaines mamans peuvent refuser la péridurale, non pas pour dépasser la douleur mais simplement par peur:
* peur phobique des aiguilles qui fait que je peux tomber dans les pommes lors d'une prise de sang, alors imaginez une péridurale
* peur du protocole qui va avec, perfusion (encore une autre aiguille plantée dans ma chair), syntocinon qui me l'a affirmé mon gyneco ne me permettra pas de supporter la douleur
* peur enfin du ralentissement du travail qui accompagne parfois la pose de la peri et qui peut nous confronter à un protocole qui impose une progression prédéfinie sous peine de césarienne! De nombreuses mères ont vécu ce ralentissement et on du avoir une césarienne pour cette raison.
Plusieurs mois de dépression plus tard, je peux l'affirmer, autant je craignais la douleur des contractions, autant je n'espère qu'une seule chose aujourd'hui, pouvoir vivre cette douleur pour être sure d'avoir tout donné avant d'accepter une césarienne qui peut être suivie de mois de douleurs qu'aucune anesthésie ne peut soulager.
J'espère que tu comprendras pouquoi, je ne veux plus jamais entendre dans la bouche d'un soignant (préparation à l'accouchement) cette comparaison avec l'anesthésie chez le dentiste: à ne pas respecter ma peur des aiguilles, ils ont transformé la naissance de ma fille en un acte aussi mécanique qu'un arrachage de dent, et mon corps en un utérus à ouvrir. - voilà exactement ce qui devait manquer aux SF de la clinique ou j'ai accouché 3 fois: une expérience similaire et la capacité d'accompagner même dans le desespoir... Je n'avais qu'à dire "j'ai mal", demander du soutien et hop, l'anesthésiste apparaissait... (quand il n'était pas imposé, pour le confort du gynéco!).
Heureusement, dans un autre hôpital, une autre équipe a su me/se faire confiance et BB4 est née naturellement, ouf! - POUR DISCUTERBonjour aujourd'hui un message commun a tout le monde juste pour rire hier j'ai passé une superbe journée je me dois de vous le dire j'espère que pour vous cela a été identique, je vous souhaite une excellente fin de semaine courte puisque coupé en deux bon courage a ceux et celles qui travaillent et bon repos à ceux et celles qui sont en vacances. Bientôt je vais faire un méchoui virtuel comme l'année passé sur un autre blog je vais vous envoyer une invitation j'espère que vous serez nombreuses et nombreux à venir avec vos copains et copines.
- Tout a fait d'accord avec Lyly. Ce n'est pas tant la douleur qui m'a marquée au cours de l'accouchement, que la solitude.
Et puis une fois la péri posée, on n'est plus maître de rien, ensuite pour ma part les gestes médicaux se sont enchaînés, sans me demander mon avis, ni explications d'ailleurs.
Je regrette que rien ne m'ait été proposé d'autre.
Je reste également persuadée que les conséquences sur la mère sont bien moindres sans péri...
Je n'ai pas fini de regretter cette péri, ainsi q cette présence que tu as eu auprès de cette femme. - Apprentissage de la douleurSalut les choupinettes!
Vos petites douleurs relatives de quelques heures à peine vous donnent une pâle idée de ce que peut ressentir un guerrier sur le champ de bataille qui attend le médecin, l'amputation, la mort... et vous remet à votre place. Finalement, c'est éducatif, vous en ressortez plus instruites. - speedyque je me reconnais dans ces peurs que tu décris... c'est troublant...
Ce n'est pas finalement la douleur de mes 15h de fortes contractions qui m'a fait le plus souffrir, c'est cette aiguille posée pour le cathéter (phobie réveillée entrainant un malaise pour mon bébé et moi), la terreur de cette aiguille dans mon dos, de ces aiguilles dans mes bras, de cette sonde et autres tuyaux dans mon intimité... Toutes ces phobies réveillées qui ont fait qu'après ces 15h de bataille avec fierté, une pose de péridurale et de cathéter a bloqué toute dilatation (fermée comme une huitre la future maman, concentré sur toutes ces mutilations en moi, j'en ai oublié mon bébé),... Accouchement trop long qui malgré la bonne santé de maman et bébé c'est terminé en césarienne.
Il n'y a pas a être pour ou contre la péridurale, c'est encore une fois une question d'avoir le choix. Je crois que beaucoup d'entre nous n'ont pas le choix.
ps:dsl pour le pavé, çà fait du bien d'écrire
- bebe pendant les contractionsConcernant la "douleur" du bebe pendant les contractions... Bof bof... Les etudes montrent que si tout va bien, bebe dort pendant les contractions, il ne se reveille que lors de l'expulsion (cf. "Le sommeil, le reve et l'enfant" de M. Thirion et M.L. Chalamel).
Si le bebe se reveille avant, c'est un cas de soufrance foetale...
Cela dit, il y a des alternatives a la peridurale, et la douleur est ressentie differemment par toutes et aussi a differentes heures de la journee (personellement j'ai eu bcp plus de mal en pleine nuit, fatiguee, qu'en pleine journee). Mais l'accompagnement est tres certainement primordial.









J'ai peur de ne pas réussir à surmonter ce cap de douleur (comme cette dame, dilatée à 3 cm je n'en pouvais "déjà" plus...)mais en lisant ceci, je me dis qu'il faut absolument que je repense à cette histoire le jour J....
Merci pour vos récits.