Elle a 20 ans, bardée de tatouages et piercings, l’œil charbonneux, le cheveu de jais, plantureuse, provocante, joyeuse, pas dupe… Elle avoue avec légèreté ne pas parvenir à prendre régulièrement sa pilule et rit en affirmant que non vraiment, ce rite quotidien, ce n’est pas pour elle. Consciente de son inconscience, elle a souhaité un stérilet. Demande refusée, "pas avant une première grossesse".
Elle a subi deux IVG.

Elle a 45 ans, de grands adolescents, une vie personnelle et professionnelle bien remplie, des projets plein la tête et ne veut plus d’enfant. Son gynécologue lui affirme que, du fait de son âge et de ses nombreux fibromes, elle peut cesser toute contraception.
Elle attend des jumeaux.

Elle à 17 ans, un regard timide, des joues roses et rondes qui laissent penser qu’elle n’est pas encore tout à fait sortie de l’enfance. Elle aurait fait une forte réaction allergique à la pilule, situation confuse que personne ne parvient à éclaircir. Dans le doute, la contraception orale lui est toutefois interdite. Le seul conseil qui lui est donné est de recourir aux préservatifs.
Elle est dans son sixième mois de grossesse.

Elle a 30 ans, est sous pilule depuis 15 ans et a l’envie de passer à autre chose. Son petit a presque deux mois et elle demande à se faire poser un stérilet. Refus du médecin qui souhaite attendre son retour de couche.
Ses deux enfants auront 11 mois d’écart.

Le même mois, j'ai croisé le chemin de ces quatre femmes.
Je sais l’ambivalence du désir de grossesse. Peut-être ces situations ne sont-elles pas tout à fait aussi simples, aussi limpides que ce qu'elles en exposent.
Il n’empêche, chacune s'est préoccupé de sa contraception. Aucune n'a été entendue.

La meilleure contraception est celle que l’on choisit….