Glacée
Rendez-vous m'est donné dans un CHU par une étudiante en sociologie qui travaille sur notre profession.
Elle m'attend au pied de l'ascenseur pour me guider dans le dédale des couloirs. Enfilade de portes et codes pianotés pour déverrouiller les passages réservés au personnel, nous arrivons dans les vestiaires.
Sa main me tend alors une blouse de ce fin intissé bleu qui tient si chaud. Mon regard doit traduire l'étonnement car elle m'explique que le bureau prévu pour l'entretien se trouve au sein du bloc obstétrical. Il ne saurait m'accueillir en tenue de ville et chaussures soupçonnées d'être poussiéreuses. Me voilà donc affublée de la blouse réglementaire et des surchaussures couleur schtroumpf assorties.
Nous quittons le sas pour pénétrer dans un couloir ponctué de larges portes. Chacune est pourvue d'un hublot permettant de jeter un oeil à l'intérieur - intimité garantie ! Ce sont les salles de naissance et les témoins lumineux indiquent qu'elles sont toutes occupées. Pourtant, le plus grand silence règne. Nous croisons quelques blouses affairées ; vertes, bleues, roses, le pale est de rigueur. Quelques pas encore et le couloir s'élargit pour accueillir le bureau central, sorte d'immense comptoir.
Trois femmes pastel assises sur de hauts tabourets sont occupées à pianoter sur des claviers. Pas une ne lève le regard, pas de mot, pas de bonjour. Je n'aurai droit qu'à un seul sourire, bien plus tard, en repartant, celui d'une sage-femme déjà croisée ailleurs.
Plus loin, une blouse rose sort d'une salle d'accouchement. La porte coulissante s'est ouverte largement et se referme automatiquement avec une lenteur confondante. Elle laisse le temps d'apercevoir le profil d'une femme allongée ; à ses cotés, un homme de dos assis sur un inconfortable tabouret. Ses cheveux sont masqués par une charlotte élastiquée blanche ; il porte l'incontournable blouse en intissé bleu, trop étroite, fermée par des liens zébrant sa chemise sombre.
Nos pas nous rapprochent de la salle. La porte n'est toujours pas refermée. Pour pallier ces temps d'expositions imposés à chaque passage d'un soignant, un étroit paravent de toile placé en regard du lit masque le corps maternel à partir de la taille ; louable mais presque dérisoire tentative pour préserver la pudeur des parturientes.
Mon oeil accroche encore la tubulure de la perfusion, le monitoring, puis le regard de cette femme qui sentant le mien peser a lentement tourné son visage vers moi. Je baisse les yeux honteusement. La porte se referme enfin.
Cette scène se fixe ainsi dans ma mémoire, suite d'images défilant au ralenti sans qu'aucun son ne les accompagne.
Retour à la réalité. Nous atteignons le bureau annoncé. Une des sages-femmes présentes me propose un café. Encore troublée par la scène précédente, j'acquiesce en ajoutant que j'ai perdu l'habitude de cette ambiance aseptisée. L'anesthésiste entré un instant pour prendre un document me toise d'un regard méprisant.
Mes derniers souvenirs d'accouchements sont des naissances à domiciles, les avant-derniers s'étaient déroulés dans une maternité alternative qui savait proposer dans ces murs la presque même chaleur que celle de la maison.
Cette brève incursion dans un grand pôle obstétrical me le confirme, ce monde là m'est devenu étranger.
Commentaires sur Glacée
- Après avoir vécu 2 naissances à domicile et travaillé moi aussi dans une maternité dite "alternative", le retour à une "autre" réalité me fait également froid dans le dos... Je me console en me disant que ces expériences peuvent apporter "autre chose" aux personnes croisées, qu'une fois la porte fermée, je peux faire "presque" "à ma sauce".
- Ce récit me fait froid dans le dos, j'ai la chair de poule sur les bras en le lisant! C'est triste... triste que ça fonctionne encore comme ça dans la majorité des maternités... On imagine très bien la suite des évènements: péri presque obligatoire, sanglée sur le dos, les pattes en l'air, et "faudrait pas trop crier SVP madame, on travaille nous! :O"
J'ai presque envie de pleurer... de rage! Voilà comment on accueille la vie chez nous, dans une ambiance de mort... si c'est pas réjouissant tout ça! - Après il y a aussi beaucoup de parents, pour ne pas dire la majorité, qui ne demandent pas autre chose, qui n'imaginent pas autre chose, sinon un peu de gentillesse de la part du personnel, mais à qui tout ce protocole aseptisé semble un gage de sécurité, de qualité... Qui n'imaginent pas qu'on puisse accoucher autrement que sur le dos et avec péridurale.
Dites moi les sages-femmes qui travaillez depuis longtemps, il me semble avoir entendu que lors du dernier accouchement de ma mère, en 1992, la péri n'était pas encore remboursée par la sécu ? Ça remonte à quand ? Et à quel moment s'est-elle banalisée au point de devenir cette "presque obligation" qu'elle est aujourd'hui, au point que toutes ces jeunes femmes dont les mères n'ont jamais accouché sous analgésie, n'imaginent pas qu'il soit possible de s'en passer ? - C'est étrange, ce n'est pas tant le côté péri, monito qui me choque, beaucoup de parents ne demandent pas autre chose que çà en effet (par manque d'info peut-être, le débat n'est pas là) mais je suis extrêmement choquée par l'intimité mise au regard de tous.
C'est devenu automatique, aseptisé au point que le corps de l'autre n'est qu'un objet??? Et au point que cette porte à la noix ne se referme que lentement, pourquoi?
Alors autant quand j'ai accouché de ma deuxième chez moi, la sage femme est entrée et pile en face de l'entrée il y avait moi, nue, à quatre pattes appuyée sur mon ballon et çà m'était égal, autant çà aurait été impossible d'être dans ce lâcher prise à la vue de tous... - Le bloc de mon CHU est moche aussi.
Mais c'est un bloc, obstétricale certes, mais un bloc aussi. On y fait des accouchements physio mais aussi des morts foetales, des fausses couches, des césariennes, des gestes parfois invasifs, des réa maternelles ou pédiatriques alors ça me semble légitime qu'on y demande asepsie.
Alors les portes électriques qui mettent de longues secondes à se fermer je connais aussi. Les sages-femmes ne presse tout simplement pas le bouton (sauf urgence) mais poussent ces lourdes portes à la main. Ne disent pas forcément bonjour à tous les "intrus" car devant le nombre de personnes inconnues qui passent dans "leurs salles" combien se présentent d'elles-mêmes? Et non pas de photo d'Anne Geddes ou de salle "Poisson", peut-être étais-ce par volonté, lors de la conception des lieux, de ménager toutes celles qui ne vivent pas du tout un instant heureux dans ces murs. (pas forcément une bonne idée mais bon...)
Un CHU, une maternité type 3 c'est d'abord fait pour soigner les gens, apporter une réponse à des pathologies graves. L'erreur ce n'est peut-être pas la froideur qui peut se dégager des lieux quand on est une patiente lambda avec un bébé qui va bien, l'erreur est peut-être d'orienter les patientes "physio" dans ce lieu pas du tout optimisé pour elles. (cf plan périnat). - C'est bizarre parce que dans tous les CHU que j'ai vu (et ils sont nombreux en région parisienne), aucun ne ressemble à ce que vous décrivez.
Je ne sais pas à quoi cela tiens, mais il n'y a que rarement un bureau isolé des sages-femmes, il n'y a plus de sur-chaussures, il y a des photos un peu partout, des rires, des sourires... ça vit un peu, même dans un niveau 3. Et les portes électriques, jamais vu ça dans un bloc obstétrical. Parfois on aimerait bien, ça éviterai de prendre la poignée avec le coude quand on part sur une réa-nouveau-né.
Par contre, les hublots, parfois j'en ai vu. Bizarrement la plupart des endroits on scotché des absorbex dessus pour pallier la déficience de l'architecte !
Mais il est vrai, par contre, que ces endroits peuvent être inhumain, objectivant et ô combien désagréables pour les patientes. Mais c'est aux sages-femmes de les investir pour les faire changer non ? - en réponse à un des commentaires : Si la majorité des parents ne demandent pas autre chose, c'est parce qu'on les conditionne depuis des années pour leur faire comprendre qu'une naissance, c'est comme ça (Posez la question à un gamin de 10 ans, il sait déjà ce que c'est la péridurale, on lui a appris à l'école !!! je vous jure que c'est vrai !)
Et tout le monde n'a pas l'assurance psychologique (et il en faut!), la capacité, intellectuelle ou matérielle, et le soutien de sa famille ou tout au moins de son conjoint, de faire un projet de naissance (encore faut-il qu'il soit lu et accepté!),ou de prendre le temps de chercher des solutions alternatives, quand il y en a car rappelons qu'il n'y en a pas partout. Très peu de SF font des AAD et pas dans tous les départements, les maisons de naissance n'existent pas, et l'accouchement physio à l'hopital reste très exceptionnel et dépend fortement de l'équipe sur laquelle on tombe le jour j. Donc dire que c'est ce que la majorité des parents souhaitent, c'est un peu facile et une fois de plus, les infantiliser et les prendre pour des imbéciles.... - Knackie...pas d'accord...sauf pour Anne Geddes (faut pas infliger ça aux parents) ! Un bloc obstétrical n'est pas un bloc opératoire. la preuve, Gromitflash a vu d'autre chose ailleurs !
Je ne mets pas les professionnels en accusation... J'imagine qu''on ne leur a pas demandé leur avis sur les portes ou les hublots.. et je sais qu'ils bossent à flux tendu, tout le temps, et que malgré tout ils savent se montrer chaleureux et à l'écoute des familles.
Mais ce sentiment de froideur, d'inhumanité, de solitudes accolées m'a saisie avec tant de force que j'ai du l'écrire aussitôt sortie pour m'en débarrasser.
Je dénonce l'effort supplémentaire que doit faire l'équipe pour développer toute son humanité dans un tel lieu et avec de telles conditions. - C'est rigolo, j'ai pas parlé de péri dans le billet mais plusieurs l'ajoutent.. comme si elle allait "de fait" avec le reste.
C'est pas rigolo si on recommence à se fâcher dans les commentaires.
Je suis d'accord avec La Baleine ET Ayla.
Les parents ne demandent pas souvent autre chose, faute d'information, de débat, de choix éclairé ... évidemment mais pas seulement. Et décider qu'ils auraient tort seraient décider à leur place de ce qui est bon pour eux..exactement ce que l'on reproche à la médecin quand elle fait sa toute puissante.
Alors battons nous pour que les parents soient informés, pour que la pensée ne soit pas unique, pour que l'accouchement ne soit pas modélisé, mais battons nous en parallèle pour que chacun soit en droit de choisir de qui lui convient. - 10lunes>> Du moment où on a une salle d'opération dans la même enceinte qu'une salle d'accouchement, l'asepsie rigoureuse de l'une l'emporte sur la simple propreté de l'autre et on se doit de respecter les règles d'hygiène élémentaire de la première. Après il y a des blocs obstétricaux où les salles de césariennes sont séparées par un sas, ce n'est pas le cas "chez moi" et dans l'établissement dont tu parles peut-être pas.
Pour la déco, je regrette aussi le gris moche, mais ça part, je pense d'un "bon sentiment", de vouloir faire du neutre dans un endroit qui peut recevoir le meilleur comme le pire.
En même temps, j'ai aussi évolué dans des maternités qui voulait créer une ambiance chaleureuse, et le mauve délavé par les ans ou certaines fresques avec des Licorne et des poneys donnent la nausée quand on y reste plusieurs gardes. - Quand à l'information des parents, elle est prévue dans les textes depuis pas mal d'années. L'entretien du 4ème mois (fait n'importe comment, ou bien pas fait du tout mais coté quand même car il rapporte beaucoup) a été crée aussi pour ça, orienter selon les types de risque et le projet du couple.
On retombe donc sur le même point, si les femmes enceintes allaient voir les sages-femmes (et pas doctissimo) le monde serait meilleur.
Humour humour mega LOL. - Je crois que mon message a été mal interprété, je ne voulais en aucun cas dire "c'est ce que souhaitent les parents, ne changeons rien", mais justement que, probablement pour cause de conditionnement intensif, de banalisation extrême de la péridurale et de la surmédicalisation, beaucoup n'imaginent pas autre chose. Et que, même en étant informés des alternatives qui existent, beaucoup ne souhaitent pas autre chose. J'en veux pour preuve que, parfaitement au courant de mon accouchement en maison de naissance, et de ses conditions optimales, plusieurs de mes amis m'ont dit ne jamais vouloir prendre ce "risque", préférer avoir "des chirurgiens compétents à portée de main", etc. La surmédicalisation, ils la souhaitaient.
- MerciBonsoir,
Merci pour ce beau témoignage.
Il va en ligne droite avec mes convictions (naissance du premier en maison de naissance; le suivant, sans doute à la maison). Le suivi de grossesse et l'accouchement avec l'aide d'une sage-femme = le top en terme de confiance, de disponibilité et d'attention.
Trop de parents ne comprennent pas les avantages des naissances intimes et croient que les parents qui posent ce choix prennent des risques inconsidérés. Je ne partage pas cet avis.
Mon fils étant en bonne santé, il n'a jamais mis les pieds, ni le bout de son nez, dans un hôpital. Pourquoi aurait-il fallu qu'il naisse parmi les malades?
Et oui, la déshumanisation de l'hôpital, au niveau de l'infrastructure, je veux dire, est affligeante...
Bon, vaste débat. - Mon message a été mal interprété je crois.
Je clarifie au cas où (non nous n'allons spas nous fâcher!), je ne lance pas un débat pour ou contre la péri, le monito, etc...chacun fait ce qu'il veut, péri ou pas, on s'en fout non? C'est un choix personnel, et comme tout choix personnel il est respectable, ça ne se remet pas en cause à mon avis.
Je voulais juste soulever le fait qu'une telle "ambiance" semble s'associer avec le pack complet hypermédicalisé, sans aucune réflexion "humaine" ni remise en question, ça semble difficile dans ces conditions aussi froides de trouver quelqu'un de suffisamment humain et volontaire pour accompagner une naissance sans péri par exemple...le lieu indique clairement comment les choses se passent: silence de mort, ambiance triste, femme objet, voilà quoi...
Je suis d'accord avec les com' qui disent que beaucoup ne souhaitent que ça...normal s'ils ne connaissent que ça, c'est le message paternaliste de la médecine française en général "laissez-nous faire, nous sommes les médecins, nous sommes compétents", sans compter les messages alarmistes en tous genres, d'où l'infantilisation de la population française qui ne jure, de fait, que par ses bons médecins, compétents et tout et tout...
C'est sûr que sans information éclairée (vraiment éclairée) les choses mettront du temps à changer.
Et juste pour finir, on n'est pas obligé de choisir entre du gris moche et des licornes sur les murs, faut pas abuser (même si ça m'a bien fait rire!) pour créer une ambiance un peu plus sympa
Même une femme qui fait une fausse couche ou une IVG n'a pas forcément envie de voir du gris triste partout (ni des licornes en fait,je me demande bien qui peut avoir envie de voir des licornes dans un tel lieu, ni même voir des licornes tout court d'ailleurs)
- Un beau décor c'est agréable, un dispositif technique s'est pratique mais les femmes ne parlent que de la façon dont elles ont été traitée par MA SAGE FEMME OU MON GYNECO !!!Tout est affaire de PRESENCE et de RESPECT (ah oui fermons les portes), mais aussi baissons le ton, arrêtons dans les études de SF de cautionner les blagues lourdingues discriminantes sur " les grosses", " les ado", "les pas cortiquées" ! Commençons par respecter chaque niveau de la profession et des professionnels de terrain, et d'avoir un peu plus d'humanité et d'attention ! Les portes ne sont plus froides , ni glaciales, que les regards ne sont jugeants !Alors oui c'est très très dur la formation des SF, l'acquisition des compétences avant que l'expérience permette le recul ! Nous avons appris avec os erreurs, mais ceux qui nous regardent ou nous écoutent, ils écoutent pas le savoir ! Ils écoutent la "manière d'être" et comme un petit enfant ils apprennent par mimétisme ! Il faut donc entrer dans les écoles pour former les étudiants, les recevoir en cabinet libéral, participer aux réflexions communes, cela fera avancer ! Il faut des debriefings sur les dossiers mais aussi l'analyse des pratiques pendant les études ! je trouve que celles qui arrivent si certains les traitent de médecin raté et bien quand ils ont fait les cinq ans, il y a bien des choses auxquels ils sont sensibles grâce au droits du patient, au projet de naissance qui avancent doucement et à l'entretien ! Oui je regrette qu'il soit fait n'importe comment j'avais intervenu à ce sujet à un colloque sur le prévention, pour dire ce que cela ne devait pas être ! En attendant en écoutant les femmes dans un groupe post natal au Havre niveau III et bien je trouve qu'il y a du chemin de fait !! Ne nous arrêtons pas continuons de faire avancer et inteernet est un sacré bel outil pour permettre aux usagers de s'interroger, dialoguer en savoir plus sur les asso alaitement, mamamblues, césarine, SOS préma et fair eentendre alpaorle des parents !!
La maïeutique ART de "faire advenir" ...Socrate...LA PAROLE et pas de faire naître ou n'être en niant l'Autre !!
Rendons à cer Art sa noblesse, ce devrait être la mission des Etudes universitaires de Maïeutique mais cela sera t-il vraiment possible avec cette modalité d'enseignement...il faut de la TRANSMISSION D EXPERIENCE, pas que du savoir en QCM !! - Côté maman-qui-accouche : un niveau 3 est aussi ce que l'on en fait.
Les parents peuvent exprimer des vœux et choix et, pour avoir connu 2 "niveau 1" (un tout neuf et un tout vieux) puis 2 "niveau 3" (un tout vieux et un tout neuf
dans 4 structures différentes, cette marge existe toujours.
Elle n'est pas "gratuite" (il faut parfois être très ferme ou/et très souple et laisser passer certains discours brutaux comme l'eau sur les plumes du canard) mais j'ai à chaque fois été surprise de l'importance de la marge de négociation et d'aménagement possible.
Quant à la couleur de tous ces murs... aucun souvenir !
- Je suis bien d'accord avec ce commentaire:
"l'accouchement physio à l'hopital reste très exceptionnel et dépend fortement de l'équipe sur laquelle on tombe le jour j."
Lors de ma préparation à l'accouchement au CHU tout l'accent était mis sur l'accouchement physiologique: bouger, ne pas forcément accoucher sur le dos, gérer la douleur par des massages, des positions etc."
Le jour J, j'ai découvert le travail sans pouvoir ni manger ni boire, entravée par un monito et une perf, les TV toutes les heures (why???) et la SF paniquée parce que je ne voulait pas grimper sur le lit (pourquoi faire???) et qui n'arrivait pas à trouver mon vagin pour les TV parce que j'étais à quatre pattes (véridique!). J'ai fini par grimper sur le lit pour lui faire plaisir juste avant de pousser, mais je suis restée à quatre pattes (j'aurais mieux fait de rester debout, c'était mieux). Visiblement, elle n'avait l'habitude que des femmes sur le dos. Ca lui a paru difficile parce qu'elle avait "perdu tous ses repères"(!!!). Je pense qu'elle aurait eu plus de "repères" si elle n'incitait pas toutes ses patientes à se mettre sur le dos ou le côté... En tout cas, elle aurait peut-être trouvé mon vagin du premier coup.
La salle de naissance de mon CHU niveau 3 avait de larges baies vitrées en hauteur! Et les portes restaient ouvertes... J'ai eu le temps de m'en inquiéter mais en fait ça ne m'a pas gênée plus que ça. De toute manière, il vaut mieux ne pas avoir de pudeur si l'on veut être suivie pendant la grossesse! Entre les TV, les échographies, etc... on montre souvent ses fesses. C'est vrai aussi que les murs étaient bien gris... mais le personnel l'était encore plus. Aucun sourire, aucune effusion. Un enfant qui naît, surtout quand tout se passe bien, ça devrait être magique. Non, là, c'était... juste banal. Dommage. - A l'inverseAprès avoir lu ce récit glaçant, j'ai repensé à mon accouchement en clinique de proximité. J'utilise exprès ce terme de "proximité" car c'est un petit établissement (12 chambres) qui persiste à survivre à côté d'une giga-clinique privée et du giga-nouveau CHU.
La deuxième raison qui explique cette "proximité", c'est l'implication de tout personnel soignant envers les patients. Et si j'en reviens à mon accouchement, je me souviens, alors que j'étais en pleines contractions, longues et intenses, sans péridurale, je me souviens, donc, d'avoir entendu des "Bonjour Madame" fort joyeux. J'ai demandé à mon mari après coup et il s'agissait soit d'un médecin venu récupérer du matériel, soit d'un membre de la nouvelle équipe (changement jour/nuit) Je ne leur en aurai pas voulu de m'oublier mais ça me fait sourire de repenser à leur prévenance à mon égard... et ça me rend triste pour les mamans qui n'ont pas la chance de ce vécu... - Dans ma région frontalière, il faut aller en Belgique pour trouver une sage femme qui accepte de pratiquer un AAD.
Ce n'est pas si simple en tant que famille d'affirmer ses droits face à un personnel tout puissant et à de grosses structures forcément intimidantes quand on ne connait pas!
J'ai vécu qq chose de similaire à Léa, une préparation très physio, un début d'accouchement plutot dans ce sens puis un changement d'équipe et un gyneco stressé et stressant et completement inhumain et j'ai versé dans la face noire de l'accouchement ultramédicalisé (les deux petites jeunes sages femmes ont fait ce qu'elles ont pu mais semblaient avoir aussi peur que moi de ce gyneco) A la décharge de tous, j'accouchais de jumeaux ceci expliquant peut être cela... - Pour l'avoir vécu, la centralisation des alarmes monito dans une sorte de 'salle de controle' avec les SF qui controlent ainsi plusieurs salles, cela mene inevitablement à ... des SF qui ne sont pas en train d'accompagner la maman en salle de travail.
Malheureusement, pour l'avoir vécu aussi, une naissance à domicile, cela peut finir en maternité, et dans ce cas, il serait préférable que la sage-femme à domicile puisse être accueillie et s'intégrer dans l'équipe de la maternité, aussi froide soit elle. Quand ce n'est pas le cas, je peux vous garantir que la chute dans ce monde glacé est rude! - Pas d'accord pour la centralisation des monitos. Dans ma mater, il y a un écran dans chaque salle, en hauteur, au dessus du lit ; sans gêner le couple (il est silencieux, bien sûr), il me permet, quand j'ai plusieurs patientes branchée (et c'est bien trop souvent le cas), de garder un oeil dessus tout en restant avec celle qui en a besoin. Sans ce système (ou quand il défaille, d'ailleurs), je suis supposée faire le tour des salles toutes les 15 minutes pour les regarder, donc d'interrompre un échange avec une femme pour ne pas négliger les autres, et passer vite fait auprès de chacune. Ma présence répétée relève alors plus de l'intrusion que de l'accompagnement...
J'ai vu, étudiante, la généralisation de ce système dans le structures, et ce n'est qu'un outil, qui devient ce que l'équipe qui l'utilise choisit d'en faire : au service des patientes ou à celui des dossiers à remplir... Exactement comme ce n'est pas la péridurale qui est l'obstacle à l'accompagnement, mais l'usage qu'on en fait. Comme la présence des étudiants, suivant qu'on leur apprend à profiter de leur responsabilité encore modérée pour passer un maximum de temps avec celles qu'ils accompagnent ou qu'on leur défend de passer plus de 5 minutes dans une salle pour être disponibles en permanence. - Et bien je suis bien contente d'avoir choisie la maternité de ma ville à (5mn) ok niv 1(dès que mon terme me le permettait, mais tellement agréable, tellement humaine avec son personnelle si attentionné... et oui après plusieurs MAP, et du SUR médical qui m'ont laissé un goût amer...de part leur froideur et manque d'humanité ! j'ai fait ce choix...le choix aussi de ne pas avoir de péridural (car petite maternité, pas anesthésiste) ... de mes 3 accouchements, ce fût le plus beau, grâce à cette sage femme ferme quand il le fallait, à l'écoute et au final douce ! Qui a accompagné aussi bien la maman, que le papa dans cet accouchement...alors merci à elle, et à vous...les sage-femme qui méritent d'être un peu plus valorisé ! Et pour couronner le tout, cette maternité,risque de fermé, car vieille et tout ça au profit d'un pôle de naissance ! bref, les naissances à la chaine et sans aucuns rapports humain, la joie...;((










