Dans la maternité rurale où j'ai pris mon premier poste, "accoucher à sec" faisait partie des situations redoutées par certaines femmes. En cas de rupture précoce de la poche des eaux, elles imaginaient leur utérus vidé de tout liquide amniotique et leur bébé passant dans un vagin devenu "sec". Frottement peau contre muqueuse, aie, aie, aie.

"Examinée à sec", c'est ce que m'a raconté beaucoup plus récemment cette jeune femme.

Ayant dépassé le terme de plusieurs jours, son accouchement est déclenché. Le travail est long, très long et lui vaut de nombreux touchers vaginaux pour évaluer les modifications de son col.
Elle même professionnelle de santé, elle affirme comprendre et accepter facilement les contraintes liées aux protocoles hospitaliers comme à la formation des étudiants. Une bonne volonté totale...
... qui a cependant trouvé ses limites au fil des examens répétés, souvent doublés (sage-femme + étudiant), pratiqués avec les habituels doigtiers inconfortablement constitués de deux formes de plastique découpé réunies par des soudures... très légèrement saillantes.

Les heures passant, les examens sont devenus de plus en plus pénibles, puis réellement douloureux ; d'autant que - je l’apprends grâce à son récit - l'emploi de tout lubrifiant est proscrit en salle d'accouchement. Certaines sages-femmes tentenront bien d'échapper au protocole en faisant couler un peu d’eau sur le doigtier mais l'artifice se révèlera inefficace.
Quelques semaines ont passé depuis mais son souvenir reste vif...

Je ne saurai le fin mot de l’histoire que quelques jours plus tard car si cette jeune mère a bien entendu qu’on ne pouvait utiliser de lubrifiant, elle n'a pas su ce qui justifiait de la malmener ainsi.
La raison invoquée par les "autorités médicales", c'est que les flacons de gels ne sont pas stériles.

Ben le vagin non plus !

 

NB : cette consigne que je découvre est-elle banale ou très locale ? Merci de vos éclairages.