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Archives INA 1982

En plateau, la journaliste annonce un reportage sur « une chaise d’accouchement »

Les  images apparaissent, accompagnées d’une presque première phrase de commentaire « L’idée est d’accoucher en  position oblique sinon assise, mais pas à la façon des écologistes, pas accroupie sur le sol en famille avec des amis »…

C’était il y a 30 ans mais l’ironie méprisante du propos est encore d’actualité. Certains s’amusent toujours du désir d’accoucher autrement, ailleurs que sur le trop fameux lit (qui a bien peu évolué depuis), plus entourée que par l’unique accompagnant toléré par nombre de services, obligeant parfois père, meilleure amie, grand-mère voire doula à se prêter à de stupides relais. Un à la fois !

Comme en 82, c’est toujours la sécurité qui est invoquée ; nécessité de surveiller le périnée pour justifier la position,  risque infectieux ou manque de place en cas de gestes d'urgence pour expliquer la limitation des présents, inconvénients ne concernant étonnamment pas les différents stagiaires en formation...

En voyant ces images d'archives, je reconnais le fil torsadé rouge et blanc de l’électrode de scalp que l’on vissait au crane fœtal (!) pour mieux surveiller son rythme cardiaque. Je retrouve le nouveau-né isolé dans son incubateur sous le regard anxieux d’une mère impuissante à le rassurer. Je me rappelle qu'à l'époque, la consigne était formelle, "le bébé doit être couché sur le ventre"...

En 82, j’étais déjà sage-femme. Heureusement, mon premier poste m'avait fait découvrir d’autres façons de faire. Les femmes accouchaient souvent assises, sans étriers. Elles faisaient leur dilatation dans l’eau, bougeaient, marchaient. Leur enfant restait longuement posé sur leur ventre, puis était baigné (ce qui n'était pas une si bonne idée)...

En 82, cette maternité subissait déjà les foudres de l'establishment pour oser penser autrement.

La seule vraie différence, trente ans plus tard, c’est que se faire traiter d’écologiste est plutôt valorisant…

 

©Photo