Bluffant...

De violents maux de ventres pendant son séjour en maternité n’inquiètent pas l'équipe. Il faut dire que c’est son troisième enfant et que les tranchées peuvent être sévères. Elle rentre chez elle.
Douleurs intenses, fatigue intense, elle cesse d’allaiter son bébé.
Les jours passent mais les "tranchées" ne cèdent pas. Elle consulte son médecin traitant qui - lui - prend en compte les signes qu'elle décrit. Il la réadresse en urgence à la maternité. L’échographie révèle une rétention placentaire qui nécessitera un curetage quelques jours plus tard.
Après chaque accouchement, le placenta est vérifié avec attention afin de s’assurer qu’aucun cotylédon ne manque à l’appel. Parfois, le diagnostic de rétention partielle n'est pas si aisé. Et qui peut affirmer ne jamais avoir réalisé cet examen un peu rapidement, parce que les naissances se bousculent et qu’il faut parer au plus pressé…
Interrogée sur les possibles recours juridiques, j'ai répondu que je n’avais aucune légitimité à donner un avis sur un dossier que je ne connaissais pas.
Mais je soulignais que la judiciarisation de la médecine amenait les équipes à se draper dans des protocoles toujours plus rigides où les soignés n'ont plus leur mot à dire. Au lieu d'une démarche procédurière, j'ai prôné le dialogue.
En effet, le plus réparateur pour cette jeune mère n'était-il pas un débat honnête avec l’équipe ? Se donner le temps nécessaire pour que chacun expose sa version des faits, pour que l’une témoigne de son vécu et que les autres expliquent et s'excusent.
Plutôt que de la procédure, remettre de l’humanité dans une relation qui en avait un temps manqué.
J'évoquais tout cela dans une réponse prudente…
Mais pourquoi s’étonner que porter plainte soit la première option envisagée ?
Cette jeune femme, outre sa douleur, sa fatigue, l’échec de son allaitement et l’anesthésie générale nécessitée par le curetage est maintenant humiliée.
Humiliée que l’obstétricien la pense assez stupide pour gober ce qu'il a affirmé sans vergogne - et à deux reprises, ce qui ne permet pas de douter du sens de ses propos : « Oui madame, des morceaux de placenta qui restent dans l’utérus après l’accouchement, c’est NORMAL ».
Commentaires sur Bluffant...
- L'attitude du corps medical, la douleur, l'incompréhension... Beaucoup de facteurs qui donnent envie de "punir" l'hopital, de rendre un peu de ce qu'on a subit...
Je vais me permettre de parler de mon cas personnel, j'ai peut etre déjà du le faire sur un autre post d'ailleurs, je ne sais plus.
Deuxième bébé, naissance sans péri, c'est d'abord moi qui signale en fin d'accouchement que je sens que ca coule à flots. Ah oui ma p'tite dame !
La délivrance a été une véritable torture avec tir à la corde... pardon, au cordon, et expression abdominale.
M'enfin c'est fait, bébé est là !
Saignements abondants pendant 1 mois et demi mais le fameux "c'est normal" sans auscultation. Et une hémorragie à la maison après avoir perdu un morceau de placenta de la taille d'une demi-savonette.
Et là commence l'ubuesque.
Grosse rétention placentaire, passage au bloc. Je ne veux pas d'ag, j'allaite et je veux mon bébé. Je me retranche derrière l'argument "Vous avez fait une connerie alors foutez moi la paix, je ne serai pas séparée de mon bébé une journée complète". Ca sera donc une rachis, sous dosée, je sens tout, je le dis, on ne me crois qu'en toute fin d'intervention quand je peux quitter seule la table pour aller sur le lit brancard... Trop tard pour la douleur...
Mais de toute facon, va falloir y repasser... Ouaip... C'est ma faute ! Quelle idée d'avoir un utérus rétroversé !!! On a perforé la paroi avec les instruments, va falloir recommencer mais dans 2 mois.
Pardon??? Ah ok... Deux mois pendant lesquels on me dit que je risque l'hémorragie surprise, deux mois pendant lesquels j'oserai a peine sortir de chez moi.
Retour au bloc. 2eme rachis posée dans la douleur, j'ai toujours des douleurs d'ailleurs. L'opération ? Une cata ! Chute brutale de température, oxygène, respiration difficile, j'ai l'impression de suffoquer, mon dos me fait un mal de chien... J'en passe.
Mais vous savez quoi ? Le plus dur a été que personne n'est venu me voir pour s'excuser, tout le monde relisait le dossier en faisant mine de n'avoir rien entendu a mon sujet. On m a traitée comme une hystérique quand j'ai réclamé mon bébé, on m a traitée de douillette avant de se rendre compte qu'en effet je sentais l'intervention... Et tout le monde relisait mon dossier sans jamais lever les yeux vers moi.
J'ai pensé porter plainte, en tout cas tout mon entourage m y poussait. Et je me suis dit à quoi bon... Tout sera rejeté sur la pauvre jeune sf qui s'est plantée en vérifiant le placenta mais est elle responsable de tout le reste...?
J'ai mis tout ca dans ma poche, mon mouchoir par dessus.
J'ai accouché une 3eme fois dans cet hosto avec une sf geniale a qui j'ai demandé une echo de contrôle après la delivrance et qui l'a faite sans épiloguer. Et qui n'a jamais appuyé sur mon ventre avec les coudes, elle... - Bien souvent, on nous prend, au choix pour : des douillettes, des hystériques, des connes, des incubateurs sur pattes (sans ressenti ni douleur ça va de soi et surtout sans cerveau)... Souvent un mix du tout.
Julay, j'ose pas imaginer l'horreur que tu as vécue.
10Lunes : Bien sûr que c'est normal, tu savais pas que manquer de mourir et n'avoir aucune excuse c'est parfaitement normal et logique ? Bien entendu des erreurs peuvent arriver, les soignants sont avant tout humains, mais ce serait bien que nombre d'entre eux s'aperçoivent que les patients aussi... Heureusement, ça commence à se réveiller aussi bien d'un côté que de l'autre. Dans cette histoire, je pense que je taperais volontiers sur le gynéco, mais pas tellement sur la sf qui a fait l'examen, effectivement probablement débordée comme trop souvent aussi. - L'examen du placenta ne prend pas beaucoup de temps et on vérifie toujours, même si on est débordé.Le coupe du j'ai pas le temps, si des professionnels font ça, c'est pas du tout une excuse.
Maintenant un placenta peut très bien paraitre complet alors qu'il y a un cotylédon ou des membranes dans l'utérus. On peut le deviner en évaluant les saignements, mais ça s'est plus subtile et demande, pour le coup, plus de temps. - Knackie, je ne crois pas que la sf ait dit "j'ai pas le temps", mais il semble que parfois par manque de temps, cet examen est fait très vite, et que l'on puisse passer à côté. Ce n'est pas un crime que d'être débordé, et de finir par faire des erreurs. C'est humain, on ne peut pas enchainer des heures interminables où chaque seconde requiert de l'attention maximale, et tout faire parfaitement
- Julay, je suis bien d'accord avec toi, on peut comprendre l'oubli, l'erreur, personne n'est à l'abri d'en commettre une, mais l'indifférence et l'absence d'excuses...
Knackie, je pense qu’aucune SF ne se permettrait de ne pas vérifier le placenta. Mais je me souviens de certains doutes chronophages, "ça manque, ça manque pas ?" qui peuvent se conclure un peu trop rapidement pour cause de surbooking... et les cotylédons aberrants ne sont pas toujours faciles à repérer non plus. - Justement, s'il y avait plus de plaintes, celà inviterait peut-etre certains soignants à être un peu plus humain. Généralement ce n'est pas l'aléa thérapeutique qui est reproché, mais l'attitude des soignants. Savoir expliquer, s'excuser est la clé.
Et je ne suis pas sûre que limiter les plaintes fassent avancer les choses... Laisser pisser c'est cautionner quelque part. - @ Meri : pardon mais à aucun moment je n'ai eu l'impression de cautionner.
Une question m'a semblé insurmontable : porter plainte ok... sous QUEL motif ?
Tout ce qui s'est passé a découlé de l'erreur d'une SF ou de la méthode de l'équipe pour extraire le placenta qui au bout de 30 mn n'était pas sorti seul. Mais là ce sont les procédures de l'hôpital qui sont à mettre en cause !
Et dès lors, il faudrait une position claire de la direction concernant l'expression abdominale !
Dans mon cas, je ne voyais pas l'intérêt d'accabler une seule personne quand c'est un mode de fonctionnement qu'il faudrait revoir...
Alors oui, il faudrait bien que les choses bougent et que ça commence quelque part...
Un service de médiation peut être... ou une sorte de commission qui recevrait les doléances des patients et ferait le tri, je ne sais pas... - Meri, les plaintes n'ont jamais humanisé personne..
Mais entre porter plainte et rien, y a la CRUQPC (http://www.sante.gouv.fr/foire-aux-questions-reponses.html ). Ca me semble une bonne alternative. - Bonjour,
ce qui coince souvent c'est le manque de dialogue entre un patient qui "sent" que ça cloche et un médecin qui du haut de son piédestal prend les gens pour des... !!!
Il suffisait de dire qu'une rétention placentaire, ça peut arriver et que quelquefois on peut passer à côté... c'est juste dire la vérité...!!! Et bien souvent c'est bien compris et les choses s’arrêtent là !
bonne continuation.
@+ - Incubateur à pattes....C'est ce que je ressens depuis le début de ma grossesse (au point de changer de gynéco et de clinique à un mois et demi de l'accouchement tant je me suis sentie mal considérée)...
Mon histoire ne concerne pas encore l'accouchement (à 3 semaines du terme) mais une de mes mésaventures du suivi de grossesse, qui honnêtement même si pour le moment les conséquences semblent moins graves m'ont aussi donné cette impression de ne pas être écoutée, d'être traitée comme une mineure incapable de discernement, doublée d'une hystérique... J'ai eu un cancer de la thyroïde diagnostiqué il y a bientôt 4 ans, suivi d'une ablation totale de la thyroïde. Autrement les seules hormones dont je dispose sont celles délivrées par le petit cachet magique du matin. Dans le cadre d'une grossesse, la thyroïde bosse à fond et quand il n'y a plus de thyroïde il faut adapter très souvent les doses. J'avais préparé cette grossesse avec mon endocrinologue depuis plus d'un an (avant de tomber enceinte) en posant toutes les questions, prévoyant tous les cas de figure. Je l'ai appelé dès que je suis tombée enceinte et il a recommandé de ne surtout rien changer. Bref, mon taux de TSH a explosé (pas bien, ni pour le bébé, ni quand on est en rémission) et ce connard (désolée pas d'autre mot) a eu le culot de m'expliquer en consultation que je n'avais pas augmenté les doses au bon moment alors qu'il m'avait dit de le faire, et que mes symptômes n'avaient de toutes façons rien à voir avec la thyroïde (au bout de 3 ans et demi sans, on sait ce qui correspond à quoi, merci beaucoup). Heureusement mon mari était présent (et avait assisté aux autres consultations) et lui a rappelé que non, il n'avait pas donné les consignes qu'il prétendait avoir donné. Pirouette de l'endocrino qui dit que de toutes façons il n'y a aucun risque...
quelques semaines plus tard, 2e échographie. Gynéco catastrophé par la lettre reçue de son confrère endocrino, qui a listé toutes les catastrophes potentielles qui menaçaient notre fille à cause de ce problème en début de grossesse. Courrier dont bien sûr je n'ai pas eu copie (mais le cher docteur, qui ne communique jamais avec ces confrères de ville a cette fois-ci, dans le but je pense de se couvrir, envoyé aussi une copie à ma généraliste)... Bref, les échographies ont été bonnes, apparemment tout va bien, mais je sais que dans les années à venir, chaque fois qu'il y a aura un problème, le doute sera présent.... et bien sûr aucune excuse (non des mensonges flagrants) et une mauvaise foi crasse de l'endocrino et du gynéco...
Ce long témoignage peut sembler un peu hors sujet, mais finalement, ce que je retiens, c'est que quelque soit le sujet, et plus particulièrement quand on est enceinte, on est traitée la plupart du temps comme une mineure. Il est très difficile de trouver des professionnels de santé qui écoutent leurs patientes. Je suis consciente que tout le monde n'a pas le même niveau d'éducation etc mais quand une patiente dit qu'elle a mal et qu'elle sent un truc pas normal, c'est qu'elle a mal et qu'elle sent un truc pas normal bordel! A force de chercher les simulateurs et les mythomanes (qui ne doivent pas être la majorité non plus?) on n'écoute plus les patients, et surtout, dans certains endroits, chez certains professionnels, on ne les respecte pas... Je ne suis vraiment pas pour la judiciarisation de la société et de la relation médicale, mais dans certains cas, c'est probablement aussi une réponse à ce manque de respect...
Après je comprends qu'on laisse tomber, attendre 5 ans un procès qui aboutira à des clopinettes et pas un mot d'excuse n'est vraiment pas une bonne stratégie pour passer à autre chose, mais cela entretient d'une certaine façon l'impunité et surtout le manque de remise en question de certains professionnels (que malheureusement on ne trouve pas sur le web, eux
)
- En Angleterre ou j'habite, il est possible de porter plainte soit informellement au niveau du service, soit formellement au niveau de l'hopital. Cela permet d'etre entendu(e) sans avoir recours au litige. J'ai moi-meme envoye une longue lettre au service de la maternite en expliquant en quoi j'avais trouve l'attitude de certaines personnes (une SF et un obstetricien) inacceptable. J'ai recu un coup de telephone de la sage-femme en chef qui m'a presente ses excuses au nom du service et m'a demande la permission d'utiliser ma lettre sous couvert d'anonymat pour sensibiliser le personnel. Cela m'a permis de me sentir justifiee dans mon ressenti et d’avoir l’impression de contribuer a ameliorer les choses pour les suivantes. Et je crois qu’en fin de compte, cela evite sans doute pas mal de frais juridique a l’hopital!
- Je doute que porter plainte soit la solution, je pense que des débriefings post-accouchements seraient bien plus utiles : par exemple juste après les 2 h de surveillance et avant la sortie. Cela permettrait déjà d'oser parler de son vécu, d'expliquer à postériori des gestes qui ne l'ont pas été sur le moment dans la rapidité de l'action, mais que l'on peut traîner comme des fardeaux. On fait bien des consultations du quatrième mois pour accompagner la grossesse, on pourrait aussi faire ces débriefings qui m'apparaissent vraiment comme indispensables !
Comme dit auparavant, porter plainte va augmenter le nombre de protocoles des hôpitaux pour se couvrir et ce n'est pas du tout ce que l'on souhaite.
La SF qui appuie sur le ventre et le secoue comme une forcenée pour faire sortir le placenta, c'est le moment le plus douloureux que j'ai eu à subir lors de mon accouchement (sans péri).
Quand au gynéco qui dit que c'est "normal", sans commentaire... - Meri : oui, et combien de toubibs qui vont recourir aux forceps, à la césarienne et tutti quanti quand le besoin n'est pas réel, par peur d'un procès si les choses tournent mal, et, sans aller si loin, combien de gynécos qui sont très alarmistes pour rien pendant les échographies, de peur de rater quelque chose et, là encore de se prendre un procès... Être procédurier n'a jamais rendu personne plus humain.
- Je pense, comme d'autres, comme 10lunes, que plus de plaintes n'arrangera rien, alourdira les protocoles et augmentera les assurances, donc les tarifs. Dans les structures où le personnel manque et est pressé de toutes parts, les plus humains finissent par prendre le pli de ne pas écouter ou chercher un poste ailleurs, restent ceux qui supportent en silence cette façon de faire ou se juchent sur leur prétention pour prendre les patients de haut.
Plus je fréquente des blogs médicaux et plus je mesure ma chance : quand j'ai fait une mastite, j'aurais dû réagir plus tôt, me plaindre au lieu d'encaisser la douleur. On me l'a peu reproché. L'interne que j'ai vu aux urgences n'a sans doute pas posé assez de question, il aurait fallu m'opérer de suite au lieu que je revienne 2 jours après. Mais tout le monde est venu s'excuser, l'interne, la cadre du service, on m'a demandé des dizaines de fois si j'avais mal, on frappait avant d'entrer dans ma chambre, et même, on ne m'a pas imposé de me couper le lait pour guérir plus vite (on ne m'a pas non plus déconseillé de compléter par des biberons sous prétexte que mon sein restant s'adapterait). Le dimanche midi, on a proposé à mon mari qui était là le plateau-repas d'une patiente qui était partie plus tôt que prévu. La sage-femme qui a signé le bon de sortie m'a seulement dit "la prochaine fois vous ne souffrirez pas en silence..." - Que faire?Je ne suis pas sûre que porter plainte fasse avancer les choses dans le bon sens (moins de protocoles, plus d'écoute), mais ne rien dire ou faire n'est pas une solution non plus.
Pour ma 1ère grossesse, je ne me sentais VRAIMENT pas bien. J'en ai parlé à mon gynéco qui m'a rétorqué que "si on écoutait toutes les bonnes femmes enceintes, on les hospitaliserait toutes" et que l'hôpital était déjà plein de femmes qui n'avaient pas à y être (mais QUI les hôspitalise donc?!?). Ecoutant mon instint, malheureusement un peu tardivement, j'ai changé de médecin. J'ai eu une échographie qui a décelé ... un retard de croissance.
Tristesse infinie pour cet enfant.
Aurions-nous pu aider ce bébé? Si j'avais pu alitée, cet enfant aurait-il moins souffert?
J'aurais aimé que ce cher gynéco sache que son arrogance avait eu des conséquences. Je ne souhaite pas lui écrire directement parce que je ne veux plus de contact avec lui tellement je lui en veux. Mais une tierce personne avec qui en parler et qui ferait remonter les info serait peut-être une bonne idée?
L'accouchement de cet enfant, grace aux protocles de l'hôpital, à été terrible. J'ai eu des cauchemards et des flash-back pendant plus d'un an. J'ai donc demandé un suivi psy à l'hôpital en préparation à mon second accouchement (qui a été merveilleux). Au cours des discussions, il est apparu qu'une partie de mon traumatisme venait du fait que je ne savais pas vraiment ce qui m'avait été fait (et ce n'était pas marqué dans les comptes rendus). J'ai demandé un rendez-vous informel à la sage-femme dans l'espoir qu'en parlant de cet accouchement et en comprenant ce qui c'était passé,je serais plus sereine pour le suivant si imminent. Naturellement (?), la sage-femme à dit oui oralement mais n'a jamais "trouvé le temps".
Alors que faire pour accéder aux informations les plus essentielles: que ce passe-t'il, que me faites-vous, que m'avez-vous fait? Et indiquer les conséquences de leurs décisions aux médecins. Une sorte de "feed-back". - Comme la question essentielle des autres recours que la justice revient à plusieurs reprises dans les commentaires, je recopie ma réponse :
Entre porter plainte et rien, il y a la CRUQPC (Commission des Relations avec les Usagers et de la Qualité de la Prise en Charge).
Voir par exemple ce qu'en explique le CHU de Toulouse : http://www.chu-toulouse.fr/la-commission-des-relations-avec - Difficile de savoir si il faut ou non porter plainte, je comprends que 10lunes conseille l'apaisement.
Cependant pour obtenir ce qui semble un minimum, menacer d'un dépôt de plainte officielle si une réunion n'est pas organisée pourrait peut être parfois suffire. L'idée étant de les motiver à trouver le temps d'organiser cette réunion.
Une nullipare qui frémit en lisant ces témoignages ! - "Porter plainte"?"Faut-il" porter plainte ou pas ? Est-ce utile ? etc etc... Apparemment les personnes qui ont laissé des commentaires n'y connaissent rien au fontionnement de la justice ! Déjà la toute première question, c'est de savoir si c'est faisable ! Vous savez, un avocat n'est pas gratuit. Les honoraires sont dûs à l'avance, et le coût s'élève à quelques milliers d'euros. Ensuite, il faut pouvoir prouver qu'il y a bien eu une faute (une faute très précise !), et qu'il y a des préjudices chiffrables, et que la faute est bien à l'origine de ces préjudices. Donc il y a quoi exactement ? Un taux d'incapacité temporaire ou définitif de combien, pour commencer ? Invalidité ? Perte de revenu ? A moins qu'on puisse trouver une infraction pénale carrément, mais laquelle...?
Arrêtez d'exagérer, revenez à la réalité, s'il vous plaît. Des procédures, il n'y en a pas moitié autant que vous imaginez (et je profite de vous rappeler que on ne dit "dépôt de plainte" qu'au pénal...) - Je suis assez d'accord avec le commentaire précédent. En France (où le système judiciaire est très différent de celui des Etats-Unis), entamer une procédure judiciaire contre un médecin ou un hôpital, c'est très coûteux pour le plaignant – qui doit avancer les frais de justice -, cela peut durer très longtemps et il n'y a pas pratiquement aucune chance d'obtenir une condamnation ou une quelconque réparation. D’ailleurs, cette « judiciarisation de la médecine » que tu évoques dans ton billet, Dix Lunes, est-elle aussi importante qu'on le dit? Car quand on sait à quel point la quête de justice d’un plaignant peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant, j’ai du mal à croire que ces procédures soient aussi nombreuses et que les risques encourus par les médecins soient aussi grands qu’ils le prétendent, même si, comme tu le dis, ils s’abritent volontiers derrière ce prétendu risque pour justifier des protocoles parfois très rigides… A mon avis, il y a beaucoup plus de gens qui renoncent à porter plainte, même face à un préjudice réel, que de personnes qui mènent ces procédures jusqu’à leur terme…
- "Au lieu d'une démarche procédurière, j'ai prôné le dialogue."Ce que je trouve terrible, c'est que c'est justement le manque de dialogue/d'écoute/de communication est à la source de ce qu'elle a subi... et que ce soit à elle de faire preuve d'humanité envers ceux qui lui ont manqué de respect, ça me paraît ironique, injuste.
Même si dans l'absolu je suis d'accord dans l'absolu avec : "En effet, le plus réparateur pour cette jeune mère n'était-il pas un débat honnête avec l’équipe ? Se donner le temps nécessaire pour que chacun expose sa version des faits, pour que l’une témoigne de son vécu et que les autres expliquent et s'excusent.
Plutôt que de la procédure, remettre de l’humanité dans une relation qui en avait un temps manqué."
J'espère que cette piste de la CRUQPC pourra réellement aider des mères, des couples, à faire entendre leurs voix, leurs droits; car je pense sincèrement que trop souvent on abandonne ce combat-là car "à quoi bon", "ça ne mènera à rien"... Et puis, c'est compréhensible qu'ils aient envie de mettre de l'énergie dans leur vie de famille que dans un combat. Tout bénéf' pour les soignants irrespectueux! - En cherchant des statistiques sur les procédures pour répondre à Caféducommerce, j'ai retrouvé ce lien qui décrit les différents recours possibles http://vosdroits.service-public.fr/N10253.xhtml
Et oui, on ne parle de dépôt de plainte qu'en cas de procédure pénale mais le domaine juridique n'est pas mon quotidien. Désolée pour cet impardonnable impair...
Pour avoir une idée des chiffres, extrait des données 2010 (pas trouvé 2011)du "Sou médical" :
Les 1 108 obstétriciens et les 1 983 gynécologues médicaux ou obstétriciens n’assurant que le suivi de grossesse, sociétaires du Sou Médical ont adressé 91 déclarations(83 en exercice libéral dont 5 en activité privée du secteur public
et 8 salariés) : 8 plaintes pénales, 24 procédures civiles, 13 plaintes ordinales, 29 réclamations et 17 saisines d’une CRCI.
Les 14 383 sages-femmes sociétaires du Sou Médical ont adressé 11 déclarations (10 en exercice salarié et 1 en exercice libéral) : 7 plaintes pénales, 3 procédures civiles, 1 réclamation et 1 saisine d’une CRCI.
Ces chiffres ne sont pas si élevés. Mais il est dit aux étudiants SF qu'ils auront chacun un procès dans leur vie. Cette épée de Damoclès a forcément un impact. - Enfin des chiffresMerci 10Lunes pour ces infos, ça donne une idée plus précise. C'est la première fois que je vois de vrais chiffres sur le nombre des procédures.
@ Julay : Désolée le ton, mais par contre je n'ai jamais traité personne d'"hystérique". C'est votre interprétation personnelle. Effectivement le ton était peut-être un peu trop sec, mais (malheureusement!) je connais bien l'univers merveilleux des procédures : je suis moi-même passée par là, et depuis peu je renseigne et accompagne d'autres personnes qui sont dans la même situation. Croyez-moi, on ne va pas au tribunal comme on va à la boulangerie ! Les gens dépensent des fortunes et se pourrissent la vie pendant des années, souvent en vain. C'est blessant et démoralisant de voir fleurir cette mythologie autour du "patient procédurier", c'est simplement un bon prétexte pour justifier n'importe quoi. - CRUQPCSuite à un declenchement abusif qui a débouché sur une cesarienne et une solide dépression, j'ai pris la voie de la conciliation.
Demande de dossier médical: le gyneco me rappelle dare dare pour me recevoir 1h30 un samedi matin, débriefer mon dossier et s'excuser à moitié de "ne pas avoir respecté son engagement". Le temps passé, les demi-excuses me font croire que ce gyneco a sincèrement compris que mes larmes traduisaient ma souffrance. J'ai ensuite fait une procedure auprès du CRUQPC en demandant un rendez vous auprès de la sage-femme. Je ne saurai jamais si celle-ci a compris toute la portée de ses gestes, mais je crois que j'ai fait le maximum pour que mon "espérience" ne se répète pas.
Je suis en tous cas convaincue qu'une procédure judiciaire ne m'aurait apporté que 100 fois plus de stress et beaucoup moins d'écoute de la part du personnel médical. En sus, ma faible expéience de procédures légales me fait dire qu'il faut une énergie et une solidité impressionnante pour intenter une procédure quand les sentiments s'en mêlent. Pas sure qu'un grand nombre de jeunes mamans en soient capables



Oui, je peux comprendre son envie de porter plainte... Même si en tierce personne, tu as eu raison d'adoucir la mise.
Mais déclarer que c'est NORMAL!!
Il est pas bien, lui????
Mais pour qui nous prend-on, à la fin???