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De violents maux de ventres pendant son séjour en maternité n’inquiètent pas l'équipe. Il faut dire que c’est son troisième enfant et que les tranchées peuvent être sévères. Elle rentre chez elle.

Douleurs intenses, fatigue intense, elle cesse d’allaiter son bébé.

Les jours passent mais les "tranchées" ne cèdent pas. Elle consulte son médecin traitant qui - lui - prend en compte les signes qu'elle décrit. Il la réadresse en urgence à la maternité. L’échographie révèle une rétention placentaire qui nécessitera un curetage quelques jours plus tard.

Après chaque accouchement, le placenta est vérifié avec attention afin de s’assurer qu’aucun cotylédon ne manque à l’appel. Parfois, le diagnostic de rétention partielle n'est pas si aisé. Et qui peut affirmer ne jamais avoir réalisé cet examen un peu rapidement, parce que les naissances se bousculent et qu’il faut parer au plus pressé

Interrogée sur les possibles recours juridiques, j'ai répondu que je n’avais aucune légitimité à donner un avis sur un dossier que je ne connaissais pas.
Mais je soulignais que la judiciarisation de la médecine amenait les équipes à se draper dans des protocoles toujours plus rigides où les soignés n'ont plus leur mot à dire. Au lieu d'une démarche procédurière, j'ai prôné le dialogue.

En effet, le plus réparateur pour cette jeune mère n'était-il pas un débat honnête avec l’équipe ? Se donner le temps nécessaire pour que chacun expose sa version des faits, pour que l’une témoigne de son vécu et que les autres expliquent et s'excusent.
Plutôt que de la procédure, remettre de l’humanité dans une relation qui en avait un temps manqué.

J'évoquais tout cela dans une réponse prudente…

Mais pourquoi s’étonner que porter plainte soit la première option envisagée ? 
Cette jeune femme, outre sa douleur, sa fatigue, l’échec de son allaitement et l’anesthésie générale nécessitée par le curetage est maintenant humiliée.
Humiliée que l’obstétricien la pense assez stupide pour gober ce qu'il a affirmé sans vergogne - et à deux reprises, ce qui ne permet pas de douter du sens de ses propos : « Oui madame, des morceaux de placenta qui restent dans l’utérus après l’accouchement, c’est NORMAL ».

 

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