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C’était quelques jours avant la revalorisation de notre consultation (passée à 21€ depuis le 15 septembre).

Elle arrive en cours de grossesse parce que ses "exigences" horaires ne conviennent pas à son gynécologue qui lui aurait dit « Si vous voulez des rendez-vous après 18 heures, vous n’avez qu’à aller voir une sage-femme ». C’est en tout cas ce qu’elle me raconte pour expliquer notre rencontre un peu tardive. Le code du travail autorise*les absences pour les consultations règlementaires mais bien que salariée, sa situation professionnelle ne lui permet pas de faire jouer cet article sans risquer de perdre son emploi.

Je la reçois donc en fin de journée. Comme trop souvent, son médecin n’a pas jugé utile de me transmettre un dossier. Son parcours de vie émaillé de petits mais nombreux problèmes de santé occupe une bonne partie de la consultation. La partie suivante est consacrée à l'avalanche de ses questions inquiètes. C’est la première fois semble-t-il qu’elle peut évoquer la masse de scénarios angoissés accumulés depuis le projet de cette grossesse.

Examen clinique (après avoir argumenté l’inutilité du toucher vaginal systématique), prescription du bilan mensuel (en expliquant ce qui est recherché) ; il est presque 20 heures quand la consultation se termine.

-"Voilà vous me devez 19 €. Je vais prendre votre carte vitale, vous serez remboursée dans les cinq jours et j’attends pour poser votre chèque.

- Oui d’accord mais je croyais que pendant la grossesse on était couverte à 100% ?

- Tout à fait, vous serez remboursée de la totalité par la sécurité sociale, sans mutuelle.

- Oui mais pendant la grossesse on est bien prise en charge à 100% ?

- Bien sûr, c’est ce que je viens de vous dire.

- Mais si je suis à 100% pourquoi je devrais avancer l’argent ?

- Parce que la prise en charge 100% et le tiers payant, ce n’est pas pareil. De toute façon, je ne déposerai pas votre chèque à la banque avant que vous ne soyez remboursée.

- Ah bon, mais pourquoi je dois vous payer ?

.....

- Parce que notre rendez-vous a duré plus d’une heure, qu’il est tard et que je trouve normal d’être payée pour mon travail ! Pas vous ?

- Si si… " dit elle en extirpant - lentement - un chéquier de son sac.

Déontologiquement correcte, je n’ai pas évoqué les dépassements d’honoraires - connus et conséquents - de mon "confrère" gynécologue.

 

*Article L1225-16 du code du travail ; ça peut toujours servir !

 

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