30 juin 2013

Avis de recherche ?

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Trois campagnes de prévention ont récemment eu lieu : supplémentation en folates (vitamine B9) en prévision d’une grossesse, contraception et frottis.
Trois campagnes où les sages-femmes avaient très logiquement leur place.

La première était la plus confidentielle. Les professionnels de santé ont reçu une affiche à apposer en salle d’attente, ainsi que  des plaquettes d’information à destination de leurs "patientes".

Qui peut prescrire ces folates ? Les médecins et les sages-femmes. Mais si ces dernières étaient bien mentionnées dans la brochure, un fâcheux oubli les avaient effacées de l’affiche. Nous étions donc censées placarder dans nos salles d’attentes un document omettant de nous citer…

Peu de temps après débute une campagne sur la contraception. Joie, nous sommes bien référencées parmi les multiples interlocuteurs possibles. "La contraception qui vous convient existe. Pour vous aider à la choisir, parlez-en à votre médecin ou à une sage-femme, demandez conseil à votre pharmacien ou rendez-vous sur choisirsacontraception.fr".
Je pourrais remarquer que les femmes parlent à leur médecin, leur pharmacien mais à une sage-femme. Ne chipotons pas.

L’omission des sages-femmes dans les campagnes de santé publique aurait pu n’être qu’un mauvais souvenir quand soudain, nouvelle annonce, nouvel oubli.  Un spot radio m’interpelle tous les matins en rappelant l’intérêt du frottis de dépistage. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes de la prévention si le spot ne se terminait ainsi  "Si vous n'avez pas fait de frottis depuis plus de 3 ans prenez rendez-vous avec votre médecin, c'est important".

Et nous voilà encore une fois gommées alors que nous effectuons régulièrement ces frottis, depuis des lustres en début de grossesse, plus récemment en post natal puis dans le cadre du suivi gynécologique de prévention.

Pourtant, là aussi le document explicatif disponible sur le site dans la rubrique "Vos interlocuteurs"  nous cite (dans une synthaxe un tantinet approximative) "Dans une nouvelle loi promulguée en 2009 (loi "Hôpital, patients, santé, territoires" (HPST), les sages-femmes sont désormais habilitées à réaliser des frottis, y compris en dehors de la grossesse. Par ailleurs, un arrêté daté de 2010 amène tout médecin ou sage-femme à questionner les femmes enceintes et à leur proposer la réalisation d'un frottis si cet examen n'a pas été fait dans les trois années précédant cette consultation".

Il aurait été judicieux d’ajouter que nous pouvions prescrire le vaccin, comme cela est précisé pour les médecins. Mais je chipote encore.

Mais est ce toujours du chipotage de souligner que le gynécologue est qualifié d’"acteur central du dépistage du cancer du col de l'utérus". Pourquoi serait-il plus "central" que le généraliste ou la sage-femme ?
Le gynécologue est l'acteur du diagnostic comme le texte le précise ensuite "En cas d'anomalie décelée sur le frottis, il réalise la démarche diagnostique (colposcopie, éventuellement biopsie du col". Peut-être vaut-il mieux ne pas encombrer ses consultations de rendez-vous pouvant être aussi bien assurés par d'autres.

Notre absence dans les annonces alors que les sages-femmes sont bien citées dans la documentation plus complète me laisse un petit gout amer. Très certainement, l’efficacité de la communication - nécessité d’un message bref et lisible - serait le prétexte invoqué.

Mais "parlez en à votre médecin ou à votre sage-femme", est ce vraiment prendre le risque de brouiller le message ?

N‘est-ce pas plutôt le moyen d'informer correctement les femmes pour leur permettre de choisir le praticien qu'elles souhaitent consulter ?

 

 

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24 juin 2013

Payer...

 

 

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Elle appelle à la première heure, se présente, perçoit mon hésitation, me donne quelques éléments permettant de la situer. Cela fait des années que nous ne nous sommes pas vues. Par politesse, elle demande de mes nouvelles. J’élude ; cet appel matinal n’a surement pas pour but de renouer des relations distendues.

Elle est enceinte ; un accident. C‘est elle qui prononce ce mot en ajoutant aussitôt "c’est de ma faute". Elle ne veut pas poursuivre cette grossesse et, bien que je ne demande rien, éprouve le besoin d’expliquer : un oubli de pilule* conjugué à une relation qu'elle sait sans lendemain.

Je ponctue prudemment ses paroles de quelques oui neutres, un peu en alerte. Cette femme que j’ai connue féministe, assurée, autonome, semble vouloir se justifier à chacune de ses phrases. Je veille à ne rien dire qui puisse conforter le sentiment d’une faute.

Elle hésite entre IVG médicamenteuse et aspiration. Elle est par contre décidée à ne pas avoir d’anesthésie générale. Son "Je ne veux surtout pas esquiver le moment", laisse à nouveau deviner le poids du prix qu'il faudrait payer.

Elle a vu son médecin qui a lancé les démarches en attestant de sa demande et la renvoie vers le centre d’orthogénie. Mais le centre est débordé et ne peut lui donner un premier rendez-vous que dans quinze jours.

Alors elle est à l’autre bout du fil, au petit matin, avec ses questionnements et ses silences. Le choix de la méthode semble n’être qu’un prétexte pour pouvoir parler de sa décision, de sa difficulté. Comme tant d’autres femmes, elle n’imaginait pas se retrouver un jour dans cette situation. Et elle évoque à nouveau sa responsabilité dans l’oubli du cachet.

J’aimerais pouvoir gommer un peu du poids qu’elle porte.  Elle se projette dans une IVG médicamenteuse faite à domicile. "Ça me permettrait plus facilement  de lâcher mes émotions. Maladroitement,  je l’interromps, il n’y aura pas forcément d’émotion à lâcher"…

Je n’en sais évidemment rien. Mais c’est le seul moyen que je trouve pour dénoncer la culpabilité qui sourde à chacun des mots qu'elle prononce.

Elle est enceinte et ne souhaite pas cet enfant. Elle a besoin d’une IVG. C’est tout.

 

Rappel : la pilule comme moyen contraceptif sur toute la période féconde, c'est à peu près 10 000 comprimés qu'il ne faudrait jamais oublier... 

 

 

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17 juin 2013

Vitesse excessive

 

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Ils viennent de passer à table, leur fille ainée juste couchée. Un moment tranquille à partager dans l'attente de la naissance qui ne devrait plus tarder. Ils prévoient de finir les derniers aménagements de la chambre le week end prochain. Elle le taquine sur les aléas du montage de l'armoire en kit et se tracasse un peu que tout ne soit pas prêt en désignant son ventre plus que rond…

Soudain, un léger "plop", la sensation du liquide chaud et la petite flaque qui s'arrondit à ses pieds. Elle vient de perdre les eaux.

Très vite, tout s'accélère. Attraper la valise, réveiller la grande pour la déposer chez des grands-parents. Dans la voiture les vagues montent et refluent sans réelle pause entre deux.

A l'arrivée en salle de naissance, le rythme s'élève encore d'un cran. Le col est totalement dilaté, il est temps de pousser. Elle n'en sent pas encore le besoin mais s'exécute, puisque c'est le moment… La poussée se révèle laborieuse, bien plus que la première fois. L'équipe envisage à voix haute la possibilité d'un forceps. Cela, elle n'en veut pas. Convoquant toute son énergie, elle met son enfant au monde.

Un pleur et déjà il s'apaise, posé sur le ventre maternel. Les soignants s'affairent encore un peu, vérifiant que tout va bien puis se retirent quelques minutes, les laissant découvrir leur tout-petit dans l'intimité.

Cela, c'est le récit lissé qu'elle répète à chaque visiteur venant se pencher sur le berceau en s'extasiant d'une naissance si facile.

A "sa" sage-femme, elle ose confier sa déception. Cette naissance éclair a un goût de trop peu ; pas le temps de réaliser, de sentir, d'attendre, d'imaginer, de rêver… 

Pour son homme aussi, tout a été très, trop, vite. Ils peinent l'un comme l'autre au souvenir des premiers instants ; une fois seuls, ils ont repris leur conversation sur le montage de l'armoire ; comme poursuivant une discussion interrompue par un incident sans importance.

Une naissance tellement rapide qu'ils n'ont pu réaliser que leur enfant était né.

Et ce bref moment d'apparente indifférence revient les miner chaque fois qu'un proche s'écrie "A peine deux heures, mais quelle chance vous avez ! "

 


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10 juin 2013

Effet secondaire ?

 

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En préparation à la naissance, nous abordons toujours le sujet de la contraception en rappelant cette évidence : une contraception, ça se choisit !
Cela permet aux femmes de ne pas sortir de la maternité en pensant que le petit comprimé quotidien est un incontournable.

Nous listons les différentes méthodes, leurs avantages et inconvénients J'évoque aussi " l'aménorrhée lactationnelle " dite méthode Mama  - quel est le publiciste fou qui l'a nommée ainsi  !? et puis nous parlons du chamboulement plus ou moins violent pour le couple qu'est l'arrivée d'un enfant, de la libido possiblement en berne, des retrouvailles pas toujours faciles... 

Elle découvre le dispositif intra utérin qui ne lui avait jamais été présenté.  

Quelques mois plus tard, revenant en rééducation postnatale, elle annonce, tout sourire "J’ai vu ma gynéco - celle qui la suit depuis une dizaine d'années - et je lui ai causé du stérilet (oui, faut dire dispositif intra-utérin mais le mot  reste bien ancré dans les esprits) et du coup, on a beaucoup discuté… D’habitude c’est pas comme ça, on cause pas mais là on a bien causé et elle a dit qu'elle était d’accord pour me le mettre."

Très déontologiquement, je suggère qu’à force de penser les médecins débordés, on ne s'autorise plus à poser des questions et qu'il suffit d'ouvrir le dialogue pour…

"Ah non !  me coupe-t-elle, j’avais souvent essayé de discuter mais ça marchait jamais. D’ailleurs, elle regardait même pas mes bébés. Et là, je suis arrivée avec le petit dernier, je l’ai posé sur le côté comme d'habitude, vu qu'elle les regarde pas, et puis là après, elle est venue lui dire bonjour, et tout…"

Et mon mauvais esprit me fait me demander si le suivi "low cost" des sages-femmes n’aurait pas comme impact inattendu d'améliorer le relationnel de certains gynécos…

 

PS : Oui, ce billet est une pique inutile et mesquine mais j'ai lu ça ce matin...

 

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03 juin 2013

Arnaque

 

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Comme tout le monde (?!), j’ai un portable à utilisation professionnelle. Portable qui m'a lachée brutalement un soir de l'hiver dernier. Ecran noir, impossible d’appeler, impossible de décrocher quand il sonne, impossible de savoir qui cherche à me joindre…

Petit stress en imaginant quelque parent ou futur parent inquiet en mal de réponse.

Le lendemain à la première heure, je suis à la boutique. Diagnostic sans appel, mon téléphone est mort. Qu’à cela ne tienne, voilà l’occasion de choisir un modèle et un forfait plus performants.

C’est comme cela que je suis arrivée chez SFR, chassée par un concurrent auquel j’étais fidèle depuis des années et qui du coup trouvait logique de me proposer des tarifs bien supérieurs à ceux offerts à ses nouveaux clients.

Chez SFR, je suis accueillie à bras ouverts. La vendeuse se met en quatre pour me dépanner immédiatement tout en conservant le même numéro. Je repars munie d’un téléphone en parfait état de marche et d’un forfait illimité.

Tout cela est bien plus onéreux que mon ancien contrat mais une accumulation de réductions m'est offerte; nouveau client, promotion du mois, déstockage du portable (déjà has-been), offre professionnelle. Grâce aux remboursement et déductions promis, le tarif redevient attractif.

Sauf que… 6 mois plus tard, zéro remboursement et zéro déduction.

Je passe au magasin une première fois mais faut ramener le dossier ; une seconde fois avec le dossier, mais il manque d’autres papiers. Nouvelle visite avec tous les documents requis. Je patiente longuement en attendant qu’un des vendeurs se libère.

Pendant ce temps, une autre cliente vient se renseigner. On lui a promis des appels compris dans le forfait vers tous les fixes mêmes à l’étranger et ses appels en Allemagne sont pourtant facturés en plus.
Le vendeur vérifie et confirme : "Pour l‘Allemagne, c’est hors forfait.
- Mais on m’avait dit que... s'étonne la cliente
- Le vendeur la coupe : Le forfait, c’est seulement pour l’Europe.
Sourire complice avec ma voisine de galère qui s'autorise à préciser : Mais l'’Allemagne c’est en Europe !
- Oui le forfait concerne toute l'Europe... mais pas l' Allemagne".
Ce serait noté en tous petits caractères dans le contrat...

Quand vient enfin mon tour, il faudra encore une heure montre en main à la vendeuse qui s’occupe de moi (ma présence étant requise tout ce temps) pour me confirmer après moults appels à divers services que l’engagement de réduction était une erreur et que le fait que cela soit noté à la main sur mon contrat ne prouve rien.... Et quand j’annonce que  je vais donc résilier mon abonnement puisque ce n’est pas sur ces bases là que le contrat était signé,  ben je peux pas puisque je me suis engagée pour deux ans !

Entre ce qui m'était annoncé pour me convaincre de signer et ce qui est effectif, y a comme un ravin.

Pendant ce temps, le ballet des clients venant se renseigner, réclamer, acheter, se poursuit.
Je serais partie totalement furieuse si un autre dialogue surréaliste n'avait éclairé ma soirée.

Un quinquagénaire malentendant vient demander des explications sur l'emploi du smartphone acheté quelques semaines plus tôt. Le vendeur explique, ré-explique, ré-ré-explique les bases de la navigation sur le net avec une réelle bonne volonté . Comme il parle fort afin que son interlocuteur l'entende bien, personne ne perd une miette de ses tentatives pédagogiques. Les minutes défilent et le client semble toujours aussi perdu.

Une petite demi-heure plus tard, le vendeur, désespéré, cherche à s’esquiver et suggère :
- "Le mieux serait de contacter le service assitance, tranquillement, de chez vous.
Le monsieur rechigne, désignant son oreille et l’appareil qui la surmonte.
- Non, non. J’ai du mal avec les boites vocales. Je dois à chaque fois trouver quelqu'un pour le faire pour moi…
- Ok, vous entendez mal avec cette oreille, mais vous avez essayé avec l’autre ? "

 

 

PS : Je jure que rien n’est inventé…

PS bis : en insistant lourdement, j'ai récupéré quelques euros. Mais ça reste très loin de ce qui m'était promis à la signature. SFR si tu m’entends….

 

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