27 décembre 2011

Fortuitement

 

Rien ne s’est passé comme prévu. D’abord la fièvre qui s’invite à l'accouchement puis l’infection détectée chez son bébé et son hospitalisation dans le service de néonatalogie. Elle retrouve son tout-petit dans un écrin de plexiglas, perfusé et surveillé par les écrans clignotant au rythme de sa respiration et des battements de son cœur.

Elle tire son lait avec application, toutes les trois heures, même la nuit, afin que le précieux liquide soit donné à son enfant. Elle va le voir régulièrement mais les rares tentatives de mise au sein – il n’est pas facile de concilier ses moments de présence, les éveils de son petit et la disponibilité des puéricultrices - sont des échecs.

Son bébé va rapidement mieux et peut sortir de néonatalogie. Ils passent quelques jours ensemble à la maternité avant le retour à la maison. Malgré ses efforts et ceux de l’équipe, il ne prend pas le sein. Le mamelon dans la bouche ne déclenche aucun réflexe de succion. A peine consent-il à lécher les gouttes de lait perlant sur ses lèvres.

Il faut bien quitter la maternité. Elle a pour consigne de lui présenter le sein avant de proposer un biberon de complément. Mais ces biberons pleins du lait qu'elle continue de tirer n'ont de complément que le nom... Son enfant s'obstine à lécher le mamelon sans l'associer à l'idée de se nourrir.  Il est bien, blotti dans la chaleur de sa mère, rassuré par son contact, apaisé par son odeur et la succion... Mais quand il a faim, il se détourne d'elle pour se jeter sur la tétine de caoutchouc.

Le désintérêt persistant de son petit lui serre le cœur. Elle continue à tirer son lait mais cesse de lui présenter le sein. Elle en est triste mais se fait une raison.

Puis il y a ce jour magique. Fatigués, ils tentent une sieste à trois mais leur bébé est chagrin. Son homme suggère, «Laisse le tétouiller, ça va le calmer ». Elle remonte l'enfant sur sa poitrine, lui offre le mamelon et … il se met à téter, réellement, efficacement ! Elle reconnaît les picotements du sein annonçant le réflexe d'éjection, le bruit rassurant de la déglutition. 

Le lendemain, nous refaisons le point.  Comme elle me l’a glissé au téléphone, «un échec d'allaitement je peux le tolérer, mais deux avec un seul bébé, je ne pourrai pas... » Elle souhaite se voir confirmer qu’elle n’a pas rêvé.

J’observe donc ce bébé qui tête, facilement, aisément, comme si depuis deux mois, jamais il ne s'était nourri autrement que sur ce sein rond et plein...

Au fil des jours, elle reprend confiance. Pendant quelques temps, elle continue pour se rassurer à lui présenter un inutile biberon de complément.

Elle cesse enfin le rituel. Son enfant prend à la source tout ce dont il a besoin ... 


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25 septembre 2011

Point trop n'en faut !

 

Parmi les mots clefs qui vous conduisent ici, cette récente demande "points épisio qui lâchent", a fait ressurgir un souvenir presque oublié.

Après une quinzaine d’années en maternité, je viens de m’installer en libéral. Totalement inexpérimentée pour tout ce qui se passe en dehors de l’hôpital, j’apprends. Je découvre presque un autre monde, en tout cas d’autres rapports avec les femmes, hommes et enfants que je rencontre dans ce nouveau cadre, celui du cabinet.

Ce jour là, c’est à domicile que je suis conviée. Un homme au français très hésitant me demande de passer rendre visite à sa compagne et à leur nouveau-né. Ils sont allemands, leur enfant est né à la maison avec une amie sage-femme, venue d’Allemagne elle aussi, qui a du repartir rapidement. Est-ce que je peux assurer la suite ?

Bien évidemment ! Je suis toute heureuse de partager ainsi un peu de l’intimité chaleureuse d’une naissance à domicile.

Elle ne parle pas français, un peu anglais. Je bégaye, mime, expulse avec difficultés quelques faux anglicismes incompréhensibles mais comme d’habitude, avec beaucoup de bonne volonté, on s’en sort…

C’est chez eux que je fais connaissance avec les feuilles de chou en cataplasme pour traiter la congestion des seins, les couches lavables (dans la cuisine, elles trempent dans un seau, pas très loin des vestiges du chou), le bébé porté en écharpe… savoureuses découvertes de ce qui m’apparait si banal aujourd’hui.

Mais surtout, grâce à elle, j'apprends les ressources du corps humain.

En regardant son périnée, je découvre - avec effroi - une déchirure respectable. Si je suis capable à l’époque de ne pas mettre de point sur des éraillures, laisser ainsi un périnée béant m’affole…

Isolée, démunie, j’ai besoin de la sécurité de l’équipe hospitalière, du "responsable" médical qui validera l’inutilité de suturer ce périnée trois jours après l’accouchement.
J’explique donc que ça ne va pas, pas du tout, et qu’il faut aller à la maternité ; je donne, enfin crois donner les explications nécessaires. Après avoir contacté l'hopital pour qu’elle soit reçue en urgence, je m’en vais en promettant de repasser le lendemain.

Elle me laisse dire et m'agiter… et reste chez elle. Dès que j’ai tourné les talons, elle a la bonne idée de contacter sa sage-femme d’outre Rhin qui la rassure et lui conseille de ne rien faire d’autre que de tenir la cicatrice propre et de se reposer…

Lors de ma visite du lendemain, j’apprendrais que l’absence de point sur une déchirure semble une pratique banale en Allemagne.
Son périnée cicatrisera très bien, en "fermeture éclair" (en partant du bas de la déchirure et en se recollant petit à petit…).

Jolie leçon.

Depuis, lorsque je suis appelée à domicile parce que les points ont lâché… je raconte, j’apaise les craintes avec l’assurance liée à l’expérience vécue.
La fermeture éclair va faire son boulot, lentement mais sûrement.

 


 Mobilisation du 4 octobre

Vous avez envie de soutenir le mouvement

  • Rejoignez-nous : rassemblement à 11 h sur le parvis de la gare Montparnasse
  • Pour les parisien(ne)s qui pourraient faire un saut sur la pause déjeuner : pique nique prévu devant le ministère de la Santé
  • Au niveau local : une chouette initiative de la Cause des parents à Lyon qui pourrait être très largement imitée dans d’autres villes...

Par solidarité et envie d'échanger avec le public, l'association La Cause des Parents vous propose un "mini-regroupement ", un "Flash mob" d'une heure : rendez-vous PLACE DE LA CROIX-ROUSSE (proche de la sortie du métro "Croix-Rousse") le lundi 3 octobre entre 18h30 et 19h30 !
Vous pouvez si vous le souhaitez vous munir d'un oreiller afin d'être "enceinte" pendant une heure (très visuel !) et/ou porter un vêtement de couleur verte.
Nous échangerons entre nous et avec le public de passage, et donnerons des tracts qui annoncent l’évènement du lendemain.

  • Témoignez  ! Faites du bruit ! Contactez les médias, envoyez un courrier à votre député, au ministère de la santé, à l'ARS...
  • Enfin, pour tous les internautes… modifiez vos avatars, bannière, profil facebook, twitter etc ...  en y insérant un «SF-4.10 » -et ce que vous voulez d’autre -. Le code couleur de la manifestation est le fuchsia (sauf à Lyon !) Je l’ai fait sur mon compte twitter en pataugeant beaucoup. Si quelqu’un peut donner un "pas à pas" accessible au commun des mortels…

 

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17 août 2011

Flemmardes



Il y a 30 ans.
C’est une maternité qualifiée d'alternative, respectueuse des attentes des parents comme des besoins de l’enfant. La préparation à l'accouchement tient une grande place, alternant temps d'information, groupes de discussion et multiples séances de relaxation et respiration. Au fil des mois, de réels liens se tissent avec les futurs parents, parfaitement informés de l'accompagnement qu'ils trouveront le jour J.

A l’inverse, ce couple là nous est inconnu. Pas de préparation ni de consultation au sein de la maternité, ils ne savent rien de notre fonctionnement. Au moment de l'accouchement, elle s'est présentée à l'accueil de la maternité - la pratique actuelle d’inscription au premier jour de retard de règle n’est pas encore d’actualité - et nous l'accompagnons comme à notre habitude.

A la naissance, nous respectons ce qui s'apparente à un rituel d’accueil, selon les principes de la très en vogue "naissance sans violence".
Le nouveau-né est posé sur le ventre maternel, puis l’équipe s’éclipse quelques minutes afin de laisser les parents découvrir leur enfant en toute intimité. Une fois revenue, après m’être assurée que la circulation ombilicale est interrompue, je tends très solennellement les ciseaux au père afin qu’il coupe le cordon. Ma proposition enthousiaste ne doit pas laisser de place au refus ; il s’exécute. Avec tout autant de conviction, j'invite le père à baigner son enfant. En guise de baignoire, un berceau de plexiglas éclairé par une lumière dirigée par en dessous, nimbant l’enfant d’une douce lueur sans risquer de l’éblouir…

Pour ce petit d’homme, un accueil avec tout le respect, toute la douceur qui lui sont dus.
Pour nous, le sentiment du travail bien fait.

Sentiment quelque peu tempéré par ce père parti fêter la naissance de son petit au troquet voisin. C’est le patron du bar qui a vendu la mèche…

Ballon de rouge à la main, le géniteur se félicite de la force et de la vigueur de son "couillu de fils". Suit une petite remarque concernant le personnel : «Ah ben, celles là, elles s’emmerdent pas, pour le même prix c’est moi qu’a du couper le cordon et baigner le gamin !»

 

 


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09 août 2011

Une question de balance

 

Ils ont quitté la maternité au quatrième jour, un peu malmenés par une équipe préoccupée par leur bébé qui perdait toujours du poids. Seule l’assurance d’une consultation le lendemain a évité la sortie contre avis médical.

Les voilà donc tous les deux, presque étonnés de se retrouver dans ce lieu, devenu familier au fil des mois de la grossesse, avec ce nouvel interlocuteur, leur enfant.

Mes mots de bienvenue résonnent dans le vide. Ils restent silencieux, déjà tendus dans l’attente du verdict de la balance. Je m’incline devant ce préalable imposé à toute conversation et commence à examiner leur nouveau-né. Il me parait en pleine forme, bon tonus, pas d’ictère, une couche pleine … Je détaille ces informations rassurantes au fur et à mesure à voix haute.
Mais ils n’attendent qu’une seule chose, le chiffre.

Espérant les dérider, j’annonce me dépêcher de m’acquitter de la pesée pour les voir retrouver la parole. Leur silence confirme que je n’obtiendrais rien d’autre que quelques grommèlements anxieux tant que le poids n’aura pas été annoncé.
Je pose le bébé sur la balance : il a pris 60 g.
Je clame la bonne nouvelle et commence à le rhabiller.
Le silence persiste. Je cherche le regard de sa mère.
- « Tu me crois ou tu as besoin de le vérifier toi-même ? »
Son sourire contraint montre que ma tentative d’humour ne passe pas.

Alors, j’enlève le body, détache la couche et repose son enfant sur le pèse-bébé. Je m’efface sur le coté pour lui laisser la place. Lentement elle se lève et vient contempler le chiffre qui s’affiche.

Enfin, elle sourit.

 

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21 mai 2011

Esseulée

 

Il y a quelques mois, après la naissance de son quatrième enfant, toujours allaité avec bonheur, elle a choisi de prendre un congé parental pour mieux se consacrer à sa famille. Exerçant en libéral, elle a la certitude de reprendre son travail dans quelques temps et jouit même de la liberté de le faire quand elle le décidera ; situation - en apparence - idéale.

Elle m’explique pourtant combien elle se sent isolée chez elle, combien ces semaines rythmées par les horaires scolaires des ainés, les tétés du dernier, la préparation des repas, le ménage et les tournées de lessive lui pèsent.
De temps à autre, elle rencontre des amies mais les seules disponibles en journée ont comme elle cessé de travailler et les conversations tournent encore et toujours autour des enfants et de préoccupations domestiques.

Sa vie sociale lui manque.

Ce jour là, elle me raconte avec gourmandise sa récente sortie pour une occasion « imposée », se réjouissant des échanges - enfin éloignés de son quotidien familial - avec d’autres adultes.

Rien de très surprenant si ce n’est l’occasion en question...
... une sépulture.

Devant sa jubilation, je me hasarde à suggérer que ce devait être une personne à laquelle elle n’était pas très attachée ?
«Ah si, quand même !».

 


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26 avril 2011

Projetés

Parents d’un petit garçon, ils attendent avec bonheur leur second enfant. Ils n’ont pas souhaité connaitre son sexe lors des échographies. Dans l’attente de sa découverte, ils ont choisi avec soin deux prénoms.
Le jour de la naissance, c’est un second garçon qu’ils accueillent avec émotion.

A la très rituelle question «Comment l’appelez-vous ?»
Ils annoncent fièrement «Hugo».

Bref silence dans la salle de naissance.
Puis l’auxiliaire de puériculture s’aventure à souligner : «Hugo, vous en êtes certains ? Vous ne craignez pas que…?»
Le regard des parents se fait interrogateur. Que pourraient-ils craindre de ce si joli prénom ?

Il faudra donc qu’elle précise un peu plus.
«Comme votre ainé s’appelle Victor… Victor et Hugo...»

Le sourire des parents s’efface un peu. Ils n’y avaient pas pensé.
Présents à leur premier enfant, attentifs à cette seconde grossesse, ils n’avaient pas encore fait ce pas.
Imaginer leur vie avec deux enfants.

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28 février 2011

Conjugalité

Son utérus plongeant dans le bassin malgré un périnée plutôt tonique me laisse perplexe. Nous avons beau chercher, nous ne retrouvons aucun des facteurs de risques habituels.

Nous travaillons donc dans un demi-brouillard, espérant que ses symptômes s’amélioreront au fil des exercices.

Quelques rendez-vous plus tard, ma main se pose légère sur son ventre pour y ressentir les tensions, tout en l'écoutant préciser ses perceptions. Je découvre alors avec étonnement que chacune de ses paroles s’accompagne d’une puissante poussée du diaphragme. Notre conversation est pourtant calme, sans émotion particulière. Après quelques vérifications, il se confirme que cet appui accompagne systématiquement sa voix.
Nous tenons peut-être notre coupable !

Je lui propose d'associer rééducation périnéale, respiratoire et vocale et l’adresse, munie d’un courrier explicatif, à son gynécologue. C'est à lui de valider la prescription de séances d’orthophonie.

Le médecin est hésitant. Surpris par mon hypothèse, il préfère demander un autre avis.
Réfléchissant à haute voix, il annonce :
- Je vais d’abord en parler à ma femme… 
- ???

Découvrant son visage ébahi, il pensera alors à préciser que sa compagne est spécialiste en médecine physique et réadaptation.

 


Un excellent billet à lire ici sur "L'art d'accommoder les bébés", (sous-titré à sa première sortie "100 ans de recette de puériculture")  bouquin paru il y a trente ans et qui n'a pas pris une ride.

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23 février 2011

Cortège

A quelques jours du terme, ils attendent sereinement la naissance de leur premier enfant. Dernier passage à la maternité pour une consultation et une ultime séance de préparation à l'accouchement puis ils repartent chez eux, à une bonne trentaine de kilomètres.

Tard le lendemain soir, les premières contractions s'installent puis s'enchainent avec de plus en plus de force et de rapidité. Le temps de réaliser, de penser à partir et de réunir quelques affaires, ils sont dans leur voiture. Mais, à peine franchi le portail de leur ferme, l’envie de pousser la saisit… Il n'est plus temps d’aller à la maternité.
Ils choisissent avec sagesse de rester à la maison et de faire appel au médecin du village.

L’histoire se passe il y a presque 30 ans, à l’époque où le médecin de campagne, "corvéable" à merci, se déplaçait à toute heure du jour et de la nuit, disponible pour celui qui nait comme pour celui qui se meurt.

Le médecin les rejoint juste à temps pour voir le bébé naitre. Il ligature le cordon, recueille le placenta dans une bassine, certifie que tout va bien et qu’ils peuvent maintenant partir à la maternité pour les dernières formalités.
Puis il s’en va.

Les parents, décidément sereins, conviennent ensemble qu’il n’est pas utile de traverser la campagne au cœur de la nuit avec leur tout-petit. Nul ne les attend car la maternité n'est pas encore informée de la naissance. Autant, rester tranquillement à la maison jusqu'au lever du soleil.
Au creux du lit, protégés du froid par un édredon de plume, ils passent une nuit paisible, contemplant leur bébé qui tête le sein maternel avec vigueur.

Je les verrai arriver le lendemain matin.
Elle d’abord, grande, élancée, la chevelure opulente, son tout-petit, emmailloté de langes et de serviettes, blotti au creux de ses bras. Une couverture de laine brune enroule ses épaules et fait office de cape.
Lui tout aussi grand, tout aussi altier, marche juste derrière elle, les bras encombrés d’un objet que je n'identifie pas tout de suite.

C’est en m’approchant que je comprends leur curieux cortège.
Un des pans de la couverture se soulève au passage d'un lien nacré.
Lien aboutissant à la cuvette tenue par le père.
Cuvette contenant le placenta toujours relié au nouveau-né par le -long - cordon que personne ne s'est autorisé à couper.


Hier aux maternelles, un débat consacré aux maisons de naissance visible pendant quelques jours ici. L'occasion de faire un point sur l'absurdité du village gaulois résistant aux attentes de femmes et de couples toujours plus nombreux, de découvrir quelques images d'une structure belge ou celles d'un député québécois manifestant pour l'ouverture d'une MDN dans son quartier.
Et un grand merci à
Nadia Daam pour son coup de pub au blog dans la chronique suivant le débat !

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05 décembre 2010

Territoire

Tonique, gigoteur, grassouillet, l’œil vif... Ce petit garçon de quinze jours est en pleine forme. 

On ne peut en dire autant de ses parents. Ils sont à l’évidence fatigués et je cherche à comprendre ce qui se passe.
La maman est en congé maternité, le père non en congé paternité comme je le suggère mais au chômage ; au ton un peu vif de sa réponse, je comprends que je l’ai blessé. 
Ce bébé, leur premier, se réveille de façon très raisonnable pour son âge, deux fois dans la nuit et se rendort plutôt facilement après la tétée.
Il n’en est pas de même pour ses parents. Se lever - ils le font en alternance - allumer la lumière, traverser l’appartement un peu froid pour aller chercher leur petit, revenir le mettre au sein dans le lit, attendre la fin de la tétée, refaire le chemin en sens inverse, retourner se coucher et… chercher ensuite trop longuement à retrouver le sommeil.

Je suggère que le bébé pourrait peut-être dormir dans leur chambre pendant quelques jours, semaines (mois ?). J'aimerais leur éviter ces déambulations nocturnes qui les réveillent trop et écourtent leurs nuits.

Dans un même mouvement de tête, ils s’opposent à cette idée.
Ce n’est pas envisageable, dans la chambre, il y a leur chat.
Et quand je propose de faire dormir le chat dans une autre pièce, ils s’amusent de mon innocence.
Ce ne sera pas possible, le chat ne pourrait pas le supporter…

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01 septembre 2010

Enthousiasme

Elle a accouché il y a quelques mois. Nous prenons le temps de faire le point après l’année si dense qui vient de s’écouler, l’attente de ce bébé, le paroxysme de l’accouchement, la nécessaire adaptation à cette nouvelle vie à trois...
Elle rayonne.
Elle évoque l’harmonie revenue, le plaisir d’avoir repris son travail, le bonheur de retrouver son petit en fin de journée, l’amour pour son homme, grandi encore par l’arrivée de leur enfant.
Quand vient le temps d’évaluer ses besoins en rééducation périnéale, je l’interroge - entre autres nombreuses questions ! -  sur sa sexualité.
Dans un éclat de rire, elle explique que cette maternité l’a révélée ; si elle ne s’estimait pas insatisfaite auparavant, son plaisir atteint maintenant des sommets jamais imaginés.

Lors de l’examen qui suit, je découvre sur la paroi vaginale une toute petite zone d’érosion, douloureuse au toucher, qui me laisse perplexe.

C’est elle qui me souffle le diagnostic… une muqueuse quelque peu "brutalisée" par des rapports fréquents et enthousiastes !

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