Médias
03 octobre 2013

Solitude

 

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Mardi soir, j'ai voulu jeter un œil sur Babyboom. Pas téméraire, j'allume la télé sans m'installer devant; juste un fond sonore accompagnant mes dernières occupations de la journée. Je vaque d'une pièce à l'autre, m'éloigne et perds le fil, me rapproche et entends une femme s'effondrer à l'annonce de la mort de son bébé - c'est bon pour l'audimat ça coco - puis les remarques à haute teneur philosophique -la vie, la mort, tout ça - d'un membre de l'équipe.

Besoin d'une pause. 

Un peu plus tard, je recroise mon écran. Une femme est seule dans une salle qui n'a de nature que le nom - qualificatif initié par la rédaction ? Elle gémit, pleure, se tord. Elle est seule, très seule.
Toute seule ? A un détail près, l'objectif de la caméra qui nous rend complices et voyeurs. Nous sommes des milliers à contempler son immense solitude. 

Besoin d'une pause. 

Je reviens ; son homme est avec elle, visiblement démuni devant sa détresse.

Besoin d'une pause. 

C'est le moment du changement d'équipe. L'une des sages–femmes explique à la relève que cette femme est là depuis le matin (il est 20 heures) qu'elle espère une péridurale depuis trois heures mais que des urgences ont retenu l'anesthésiste. L'anesthésiste oui, mais d'autres semblaient disponibles ? C'est en tout cas ce que laissent penser les indiscrètes caméras. Pourtant, personne n'a été présent aux cotés de cette femme pour la soutenir, la rassurer, l'accompagner… (ou ces images n'ont pas été retenues au montage ? *)

Coup de sonnette ; une sage-femme prenant la garde va voir. Nous voilà à nouveau dans la salle "nature". L'attitude de la mère fait clairement penser qu'elle est en fin de travail. La sage-femme l'examine, confirme l'imminence de la naissance.

Une femme sur le point de mettre son enfant au monde, une sage-femme. On espère un instant que la situation va s'adoucir, que la présence chaleureuse de l'une va apaiser l'autre, lui permettre de vivre une fin d'accouchement plus sereine, quelque chose de doux et d'humain qui viendrait compenser la solitude des heures précédentes.

Pas du tout.

Tout s'enchaîne ;  allongée,  jambes dans les étriers, poussée bloquée. Aucun mot de réconfort.  La compassion de la sage-femme se résume à cette annonce "Vous allez avoir très très très mal mais ce sera bientôt fini".

En moins de vingt minutes, le bébé naît. Les cris qui ont accompagné sa naissance sont bien des cris de douleurs, ceux d'une femme enfermée dans sa solitude, entre une sage-femme induisant plus de souffrance encore par ses paroles négatives, une auxiliaire tentant quelques mots d'accompagnement et s'affairant à rabattre le drap pour préserver sa pudeur** et un homme perdu devant l'épreuve que traverse celle qu'il aime.

Des gestes, de la technique, du savoir faire… mais quel savoir être ?
Une naissance déshumanisée.

Pause définitive.

 

NB: après la naissance, le père essuie ses larmes et s'éloigne un peu, tournant dans la salle pour cacher son émotion. La caméra le suit pas à pas, sans plan de coupe. Les autres cadres sont fixes et l'on pourrait croire que les monteurs visionnent les images plus tard. La caméra suivant le père prouve que quelqu'un est bien là, partageant l'intimité de la naissance en direct, tout en se faisant totalement oublier du fait de son invisibilité.



*pour avoir décortiqué certaines mises en scène de la première saison... je reste prudente.

** pas de souci, la télé veille. Lorsque la jeune femme s'agite au point de dévoiler un coin de fesse, il est pudiquement flouté par la prod.

 

 

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12 octobre 2012

Voix off, flou on

 

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Le magazine de la Santé (France 5) consacrait cette semaine sa série "In vivo" aux sages-femmes. L'ensemble des émissions est disponible sur le site et une rediffusion est programmée demain samedi à 13h25.

Le reportage montre des sages-femmes autonomes, présentes dans tous les secteurs de la maternité, praticiennes accomplies, chaleureuses, efficaces, compétentes.

Pourquoi alors ma diffuse insatisfaction ? 

L'émission est ainsi présentée :
La grossesse n'est pas une maladie. Forte de cette évidence souvent oubliée, la maternité de l'hopital Necker redonne toute leur place aux sages femmes. Elles sont désormais seules en scène pour assurer la prise en charge des femmes avant, pendant et après leur acccouchement, tant qu'aucun problème médical n'apparait bien sûr. Echographie, accouchement, allaitement, babyblues, leurs compétences sont aujourd'hui pleinement reconnues.

Voilà ce qui me chagrine ! La voix off trouble le message porté par les images. L'exercice autonome des sages-femmes est présenté comme une innovation de l'hopital Necker alors que c'est ainsi dans toutes les maternités de France ; l'accent est mis sur la nouveauté, laissant penser que ces compétences nous ont récemment été octroyées. Si cela est vrai pour le "suivi gynécologique de prévention" (simplement cité au dernier épisode), c'est faux pour toutes les autres activités évoquées. Même l'échographie est une compétence de longue date des sages-femmes.

Mais surtout, la petite phrase "tant qu'aucun problème médical n'apparait" ponctuée par un "bien sûr" fortement appuyé, vient contredire la présentation, comme une affirmation de notre totale dépendance aux médecins. Elle omet que le dépistage de ces "problèmes médicaux" est de notre ressort et que nous prenons en charge certaines  - évidemment pas toutes - de ces situations sans avoir à en référer aux médecins.

Je n'évoque ici que l'introduction, répétée à chaque épisode. Mais ce sentiment de décalage entre les images et les mots persiste au fil des commentaires.
D'autres praticiens, sages-femmes et médecins, m'ont confirmé que cette impression de flou était partagée.

Peut-être sommes nous des chipoteurs acharnés. A chacun d'en juger après avoir vu mais surtout écouté ce documentaire.

 

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21 mars 2012

Mère Nature !

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Nous connaissions l'accouchement physiologique, l'accouchement eutocique, l'accouchement normal, voilà que l'on découvre l'accouchement naturel. J'attends avec impatience l'accouchement certifié bio par Ecocert.

Ainsi l'accouchement naturel comporte trois  phases, dilatation, expulsion, délivrance...  Serais-je dans l'erreur en pensant que c'est le cas de tous les accouchements ?

Puis vient cet élogieux paragraphe / mères moins fatiguées /enfants moins angoissés / relations de meilleure qualité / sorties plus rapide / moins de complications... qui dessine en creux une terrible et abusive image de l'accouchement "médicalisé".

La démonstration est un peu courte. Si la surmédicalisation a des effets iatrogènes, personne ne souhaite pour autant s'en remettre  aveuglément à dame nature. Un accouchement peut se compliquer et l'intervention du médical sera alors bienvenue.

Mais pour que tout le monde s'y retrouve - faut faire consensuel cocotte -les baffes sont équitablement distribuées, une  à droite, une à gauche. L'accouchement naturel ça se paye, on a mal et si y a des complications, y a pas de matériel ! Autant dire que ces pauvres femmes sont livrées à elles-mêmes... C'est ballot quand on sait que le  "matériel nécessaire" - mot générique pouvant recouvrir un large univers, du forceps au bloc opératoire en passant par la baguette magique - est dans la salle d'à coté.

Enfin, les sages-femmes penseraient la naissance dénaturée parce que médicalisée. Oui nous sommes nombreuses à déplorer la protocolisation qui s'impose à chaque femme et l'oblige à accoucher non comme elle le souhaite mais comme la médecine en décide. Oui l'hypermédicalisation nous éloigne de la réalité physiologique de la naissance. Mais qui oserait penser que la césarienne est un acte inutile, que toute péridurale est superflue ?

De la mesure ! Comme toujours, les extrèmes sont néfastes. Certes, les 99% de péri, les 40 % de césariennes revendiquées par certaines maternités effraient. Mais je serais tout aussi effrayée si l'on imposait que toute femme accouche "naturellement" dans son foyer.

La médecine actuelle nous permet de prévenir, de dépister... c'est ainsi que nous pouvons accompagner les femmes, en fonction de leur désirs et de leur réalité médicale.

Tout traitement univoque - qu'il soit naturel ou hypertechnicisé - serait, comme l'article cité, dénué de sens.

 

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28 novembre 2011

Babyboom, décorticage tardif

 

Audrey Hepburn disait, le plus difficile dans la maternité, c’est cette grande inquiétude intérieure que l’on ne peut pas montrer. Et bien aujourd’hui, nous vous montrons TOUT.
Cette phrase pompeuse introduisait chaque épisode de Baby Boom…Une promesse d’honnêteté qui méritait, même très en retard (!), d’être explorée.

Histoire que personne ne soit dupe… décortiquons.

Le décor
Tristes salles d’accouchement. La modernité s’incarne dans les appareils médicaux mais déserte les carreaux de faïence kaki faussement égayés de quelques fleurs désuètes.
En comparaison, d’autres lieux de la maternité paraissent bien pimpants… En particulier l’office où l’équipe se réunit pour se détendre et partager un repas. Normal, il a été rénové pour l’émission ; le personnel a même eu droit à de la vaisselle neuve.
Quant à l’entrée des urgences, elle a été réaménagée en prévision du reportage puis "remise en état".  Les canapés de cuir, luxueux et détonants, dans lesquels les pères se reposaient en attendant l’heureux événement n’ont existé que le temps du tournage.

La mise en scène
L'étudiante sage-femme est en train de photographier le premier bébé qu'elle a "aidé à naitre" lové dans les bras de sa maman. Le père entre chargé d’un imposant bouquet. Pour l’offrir à sa compagne ? Que nenni ! C’est pour remercier l’étudiante. Comme elle fait des études de sage-femme et pas de théâtre, elle surjoue légèrement et s’extasie «C’est pour moi oh mais c’est gentiiiil» dès l’arrivée du bouquet sans attendre que le père précise qu’il lui est destiné…

Le racolage
A deux reprises au moins, nous avons droit aux piteux ressorts propres aux chaînes commerciales … quelques images pour nous faire craindre le pire et s’assurer - en titillant nos mauvais instincts - que nous resterons devant l’écran pendant les spots publicitaires.
Après un accouchement laborieux, l'enfant nait. Cri de la mère « Il respire pas ! ». La sage-femme emmène le bébé inerte et ... Il faudra attendre la fin de la coupure pub pour être rassuré sur la santé de ce nouveau-né !

Autre accouchement, l'enfant prend son temps. Avant de nous infliger un long tunnel publicitaire, la production extrait quelques mots de la sage-femme évoquant une possible césarienne puis expliquant à la caméra «Quand ça dérape notre métier devient le plus moche métier du monde ! ». Plan de coupe sur le visage anxieux des parents.
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Au final, l’histoire se résume à de très banales explications de la sage-femme, plutôt optimiste sur le déroulement du travail, qui ne fait que répondre à une question du père impatient «Qu'est ce qu’on peut faire si jamais ça n’avance pas ?».

La normalisation
La quasi totalité des émissions est consacrée à des accouchements standardisés répondant parfaitement à l’imaginaire que le public peut en avoir : femmes immobiles + péridurale  + position gynécologique. Standard à peine tempéré par les images d’une femme refusant l'analgésie, accompagnée par une sage-femme qui lui suggère d’autres positions.
Seules quelques variations contrôlées à travers une césarienne ou une naissance express tentent de donner l’illusion de la diversité…

L’équipe de Poissy - de ce que j’ai pu en apprendre par de courts échanges virtuels- s’attache pourtant à proposer bien autre chose que cet accompagnement stéréotypé. Preuve de cette ouverture, la phrase d’une sage-femme expliquant à ses collègues qu'il (ben oui, c’est un homme sage-femme) a examiné une femme debout… mais bien évidemment, pas d’images ni de cet examen, ni de quoi que ce soit d’autre qui pourrait dépasser du cadre.
A l’inverse, Poissy est une maternité de type III qui accueille des grossesses hautement pathologiques et gère des situations complexes ; nous ne le verrons pas non plus.

Le montage
L'obstétricien vient saluer chaleureusement des parents en salle d’accouchement. Au plan suivant, il explique face à la caméra le plaisir de retrouver lors de la naissance les couples qu'il a suivis. Retour au bloc obstétrical ; un coup de fil l’oblige à quitter la salle. Il s’avère que l’appel "urgent" concerne la gestion d'une commande de sushis. Le médecin règle les derniers détails du repas– en demandant au passage à une sage-femme de « faire une jolie table genre maîtresse de maison (sic) le temps qu'on finisse l'accouchement» et revient nonchalamment vers la  salle de naissance. Il s'attarde devant la porte. On entend le bébé naître. Il ne rentre qu'ensuite.
Tout cela est sans grande importance, la présence du médecin n’était pas requise.

Oui mais…
- Dr Tête-nue-sans-masque entre dans la salle et prononce quelques mots sympathiques.
- Le téléphone du Dr Tête-nue-sans-masque sonne en salle d’accouchement ; il s'apprête à sortir de la pièce.
- Sort dans le couloir le Dr Bonnet-de-bloc-et-masque-dénoué.
- Dr Bonnet-de-bloc-et-masque-dénoué paye la commande de sushis et cherche une maîtresse de maison.
- Dr Bonnet-de-bloc-et-masque-dénoué s’approche tranquillement de la salle d'accouchement.
- Dr Tête-nue-sans-masque rentre dans la salle...
Pourquoi ce médiocre montage sinon pour suggérer la duplicité du médecin, s'affirmant heureux d’assister à la naissance, s'absentant dans l’instant suivant pour une dérisoire histoire de sushis ...

L'impact
Dans les semaines précédant l’émission, la production a insisté sur la discrétion - plus de 40 caméras tout de même !- du dispositif mis en place. « Pour perturber le moins possible les naissances, la chaîne a opté pour des caméras dirigées à distance par une régie ».
Aucune perturbation du service donc ? Même en oubliant les puissantes lumières nécessaires aux images, le tournage a forcément influé sur la vie de l’équipe et des parents.

Telle cette anecdote, non diffusée évidemment.
Une femme arrive aux urgences à dilatation complète. L’équipe la brancarde à toute allure dans les couloirs pour l’emmener en salle de naissance. Arrivée au bloc obstétrical, bref temps d’arrêt pour demander où l’installer.
« La 4 est libre »
Le brancard repart, ça urge.
« Ah oui mais non, la 4 c'est une salle avec caméra…On attend une autre femme »
Le brancard amorce un demi-tour.
« Enfin, ah moins que la dame veuille bien être filmée ? »
La sage-femme s'entend prononcer :
«- Ah ben je sais pas. Madame ? Madame ! Vous voulez être filmée ?
- Nooooon ! s’époumone la femme en pleine contraction.
 - Bon ben non, on va où alors ? »


Contraintes techniques imposées par le tournage, aléas médicaux soigneusement évités, sélection des images, montage… Une sage-femme de Poissy après la diffusion du premier épisode m'a écrit : « Pour notre part à toutes c'est une déception. Ça ne représente pas notre pratique. »

Je la crois sans peine !

 

NB : Si vous ne l'avez pas déjà lue, ne manquez pas cette analyse affûtée publiée dès la diffusion du premier épisode sur "Maman Travaille.fr"

 

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28 octobre 2011

Tééééélé, ton univers impitoyâââââble

 

Hier, au magazine de la santé la chronique de Magali Cotard intitulée "Accoucher où je veux, comme je veux" s'annonçait ainsi "Une tendance qui gagne du terrain dans certains pays anglo-saxons".
Françaises, sachez-le vous n'êtes pas concernées !

Tu parles d'une chronique.

Premier sujet, Marni Kotak, une américaine qui a souhaité faire de son accouchement une "performance". Commentaires et gloussements très "premier degré" accompagnent les images des créations plastiques de l'artiste. Pourtant, la fonction de l'art contemporain n'est-elle pas d'interpeller, même au risque de choquer? Vivre les dernières semaines de la grossesse puis la naissance dans une galerie d'art est un acte provoquant qui ne peut être réduit à un simple exhibitionnisme... Mais surtout, il n'illustre en rien le sujet annoncé.

On enchaine avec Nancy Salgueiro , canadienne qui a filmé et diffusé en direct sur le net son accouchement à la maison pour partager l'évidente simplicité d'une naissance physiologique. On se rapproche du thème promis mais nous aurions pu nous passer des commentaires "A 2h30 elle va encore bien - petit sourire entendu... -  29 minutes plus tard elle va un petit peu moins bien - genre : fallait s'y attendre hein ! - et à 3h18 le bébé naît en une poussée ". Ben, pas mal non ?  Comme cela doit finalement apparaître trop simple, les journalistes sur le plateau insistent sur "l'attente angoissante" du premier cri.

Vient ensuite la dramatique histoire de Janet Fraser (voir ce billet de la Poule Pondeuse), militante australienne de l'accouchement "non assisté", c'est à dire sans aucun accompagnement médical.
Pour son troisième enfant, elle a choisi de ne pas faire suivre sa grossesse et d'accoucher sans sage-femme. Son bébé est mort, "privé d'oxygène" - sûrement pas à cause du cordon autour du cou ainsi que le suggère Marina Carrere d'Encausse... qui évoquera plus tard dans l'émission "la rupture d'utérus avec hémorragie massive"  (complication plus qu'exceptionnelle liée à un accouchement particulièrement difficile ) pour justifier la nécessité d'accoucher à proximité d'un bloc opératoire.

Retour plateau : "Le problème avec tous ces accouchements à la maison, c'est d'assurer la sécurité de la mère et de l'enfant". Ce qui permet d'enchainer joyeusement sur les risques d'une naissance à domicile. Accoucher avec ou sans sage-femme, avec ou sans suivi de la grossesse, c'est donc du pareil au même...

Magali Cotard cite des données statistiques pour une naissance "sans entourage médical""Ce qui est assez étonnant, souligne t-elle, c'est qu'a priori pour les mamans il n'y a pas plus de risque. Cela s'explique très certainement parce qu'elles sont en bonne santé" - il me semblait même que c'était un critère indispensable pour envisager une naissance à la maison... - "mais pour les bébés, les risques de décès seraient multipliés par trois" !  Allusion à la trop fameuse étude de Wax que j'avais déjà critiquée et dont les nombreux biais ne sont plus à démontrer.

Mais pourquoi se priver d'utiliser des données erronées puisqu'elles sont politiquement correctes...

Pour finir dans le très politiquement correct, on enchaîne sur un appel à la solidarité, non sans s'étonner que ce que les nanties refusent ici - comprendre la sécurité d'une naissance hospitalière - manque cruellement aux africaines démunies. Magali relaye donc l'appel d'une ONG qui souhaite réduire de 25 % la mortalité maternelle en Afrique, en formant 30 000 sages-femmes.

Tiens, subitement, les sages-femmes sont redevenues un gage de sécurité...

Il ne sera pas dit que cette triste chronique était totalement inutile : allez parrainer une sage-femme !

 

 

 

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13 septembre 2011

Ambigus sous-entendus...

 

Samedi soir, le 20h de France 2 (28ème minute) a consacré un long reportage à l’accouchement à domicile.
Comme souvent, ce qui m’importe ne sont pas tant les images diffusées que le commentaire qui les accompagne.

Morceaux choisis.

Premier lancement du journaliste : «A suivre notre grand format sur ces femmes qui font le choix d’accoucher à domicile une pratique marginale mais qui inquiète les professionnels »
Le très générique terme de "professionnel" laisse entendre, à tort, que ce choix est décrié par la totalité des praticiens.

Passent quelques sujets politiques puis nouveau lancement : «Notre grand format maintenant avec, je vous le disais, cette pratique marginale certes mais qui inquiète toujours les professionnels. Environ 1500 femmes par an font le choix et bien d’accoucher, comme avant à domicile. Alors quelles sont leurs motivations, que risquent–elles réellement ? »
Remarquez le "comme avant" qui vient souligner combien cette idée semble désuète. "Qui inquiète toujours" : est-ce à dire que les "professionnels" n’ont pas changé d’avis depuis le premier lancement, cinq minutes plus tôt ?

Suit un reportage sur un couple dont la fille est née à la maison cet été.

La voix off souligne «Ils habitent au 6ème étage sans ascenseur». 
Il est vrai que cela compliquerait un transfert en urgence. Mais faut-il être riche pour avoir le droit d’accoucher comme on le souhaite ? Si les maisons de naissance tant attendues s’ouvraient, au moins y aurait-il une alternative à proposer quand les conditions de logement sont inadéquates.

«Les parents avaient fort heureusement prévenus les voisins car elle est née à 4 h du matin»
Ce "fort heureusement" suggère un accouchement sonore, sous-entendu complété dans la phrase suivante soulignant la durée du travail et l’absence de péridurale. «Sidonie la sage-femme fut le seul témoin. Elle a accompagné les parents pendant toute la durée du travail, une douzaine d’heure, sans péridurale bien sur».
Il faut donc comprendre bruyant parce que douloureux.

«Nathalie est architecte, Benoit photographe. Le couple se soigne à l’homéopathie, surveille son alimentation, ils désiraient un accouchement dans l’intimité, aussi naturel que possible»
Entendre : ce choix ne concerne que des bobos assez dingues pour croire que la santé peut passer par des granules et une alimentation bio.

«L’accouchement à domicile, Jacqueline Lavillonnière le pratique depuis plus de 30 ans. Cette sage-femme a parcouru des milliers de kilomètres d’abord dans l’Ardèche puis ici en Anjou. Elle pense avoir mis au monde près d’un millier de bébé fait maison»
Jamais Jacqueline Lavillonnière n’utiliserait cette formulation. Ce sont les mères qui mettent au monde et les sages-femmes les accompagnent.

«Elle assure toute la préparation et le suivi de l’accouchement »
Résumé un poil réducteur qui omet suivi de la grossesse, suivi postnatal et consultations du nourrisson…

«En France seules 70 sages-femmes pratiquent les accouchements à domicile, la plus souvent non assurés car le tarif des assurances est exorbitant. Les parents leurs font confiance, parfois plus qu’aux structures hospitalières»
Parfois plus, mais au moins autant, sinon, ils ne feraient pas ce choix !

«Jacqueline a déjà été traitée de sorcière et de sectaire. Elle est souvent confrontée à des médecins très hostiles à l’accouchement à domicile».
Jacqueline Lavillonnière : «Ils ont une vision déformée, forcément, puisqu’ils ne font que de la pathologie. De fait, ils n’imaginent même pas comment se déroule un accouchement physiologique. On a mis de la technique y compris sur les accouchements qui n’en avaient pas besoin».

«Le Pr Puech obstétricien à Lille reconnait que la France a trop médicalisé l’accouchement. Mais selon lui, les choses ont changé, dans les maternités, la prise en charge serait aujourd’hui plus humaine, plus personnalisée».
Les récents épisodes de Baby Boom l’ont démontré, les équipes sont parfaitement en mesure de proposer cette prise en charge personnalisée…

«Il déconseille l’accouchement à domicile, trop risqué».
Pr Puech : «Le risque d’hémorragie pour la maman, très peu fréquent, mais inopiné qui peut entrainer un transfert de la maman qui doit être rapide. Et aussi pour le bébé qui doit naitre, le risque de procidence du cordon, c'est-à-dire le cordon qui passe devant la tête du bébé et qui peut le comprimer et entrainer une souffrance fœtale».

Nous nous devons de prendre en compte les complications potentielles. Mais ce choix concerne des femmes en bonne santé, ayant une grossesse sans problème et dont l’accouchement se déroule normalement et sans intervention. Toute anicroche dans ce programme justifie un transfert vers la maternité. Ajoutez à cela la présence et l’attention constante de la sage-femme. Les statistiques concluent à d’aussi bons résultats qu’en maternité.
Je m'autorise un brin de mauvaise foi : est-il plus sécurisant d'accoucher seuls sur la route parce que les maternités ferment ou chez soi avec l'aide d'une sage-femme ?

Le reportage se conclut ainsi. «Pour celles qui ne souhaitent accoucher ni à la maison ni à l’hôpital, existe une alternative, les maisons de naissance comme ici en Belgique tenues par des sages-femmes avec en cas d’urgence un transfert organisé dans une clinique voisine. En France plusieurs projets existent mais les maisons de naissance n’ont pas encore vu le jour».

Comme d’habitude, nous devrons nous contenter de ce simple constat.

 

PS : ce même jour, Selina Kyle publie ce témoignage édifiant. Nous sommes loin des discours lénifiants sur le respect et l'accompagnement. Zero respect, zero choix !

 


 

Soutien à la maternité des Lilas : manifestation samedi 24 septembre à 10h30.


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24 août 2011

Baby bad story - 1



Le premier des cinq épisodes de Baby Boom a été diffusé - tardivement ! - sur TF1 hier soir.
C'était annoncé depuis plusieurs mois, mais la communication s'est intensifiée la semaine dernière où chef de service, médecin et responsable de chaine ont entonné avec une touchante unanimité le cœur des innocents… "Baby Boom est très réaliste, très beau et particulièrement riche en émotions. "

Ma nuit fut mauvaise …
Mauvaise du fait de sa brièveté mais surtout des pensées agitées qui l’ont envahie. Car ce premier épisode offre de multiples idées de billets tant les angles d’attaque sont nombreux ; la téléréalité, ses montages, ses codes et son ton racoleur, le système hospitalier englué dans des fonctionnements rigides, les émotions des parents, les propos des équipes, et ces histoires filmées qui en disent bien plus que ce que le réalisateur ne le pensait.

Comme par exemple cette anecdote se voulant amusante.
Premier plan : Un couple est filmé lors de son arrivée à la maternité. La caméra la montre dehors, seule et marchant très péniblement, puis son homme que l’on devine resté en arrière pour garer la voiture ou attraper la valise la rejoint devant la porte des urgences.
Message : On est bien dans la real life coco, on interfère pas ! L’équipe de tournage la filme et la voit, mais évidemment, personne n’intervient. Nous serons donc spectateurs, impuissants à espérer pour cette mère un bras secourable.

Plan suivant : ils sont assis dans un bureau que je suppose être celui de l’accueil. Elle tressaute sur sa chaise au rythme des signaux visiblement nombreux que lui envoie son corps. La secrétaire constate «Il va falloir se dépêcher » et continue à compléter le formulaire.
Message : le dossier administratif est une priorité tellement intégrée que si l’on veut bien tenter d’écourter les démarches, il est inimaginable de penser les reporter.

Plan suivant. Elle est emmenée en fauteuil roulant

Plan suivant. Ils sont installés en salle d’accouchement. La sage-femme s’affaire auprès d’eux, pose de monitoring ou de perfusion, je ne sais plus. La secrétaire de l’accueil rentre dans la salle, en cherchant son stylo «Je n’ai plus rien pour écrire »
Message : du fait de son déficit, l’hôpital public restreint les dotations en matériel à un stylo par secrétaire…

La secrétaire tourne et vire, assez bruyamment, dans la salle à la recherche de son indispensable stylo bleu.
Message : il n’est pas dérangeant de déranger.

Dernier plan. La mère se crispe. Elle a mal et en plus y a un truc qui la gène, emmêlé dans ses cheveux. Son homme passe la main derrière sa tête et en extirpe quelque chose :  bingo ! On a retrouvé le stylo de la secrétaire.

 

A suivre...

 

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22 août 2011

Tout et son contraire

 

L'intervention d’une sage-femme dans "Les grandes gueules", (le 18/08 entre 10 et 11h) m'a donné l'occasion d'écouter RMC. L’expérience fut éprouvante.
L'émission se voudrait informative mais s’apparente plutôt aux échanges arrosés d’un café du commerce, accompagnés des blagues graveleuses qui vont bien…
Elle débute avec quelques galéjades machistes sur "ces femmes qui déplorent d’être seules au milieu des hommes mais qui au final adorent ça"…
Puis les  intervenants abordent le périple du maire de la Seyne sur Mer (périple largement relayé ; au cœur de l’été, entre crise économique et combats libyens, un maire qui pédale doit être considéré comme une info rafraichissante).

Je souhaite revenir ici sur les interventions de Bernard Debré, professeur de médecine, urologue et député (UMP) qui argumente ainsi la nécessité de regrouper les plateaux techniques hospitaliers : "La médecine de proximité est dangereuse, on ne peut pas mettre du matériel ultrasophistiqué dans tous les hôpitaux".
Il précise un peu plus loin : "il faut parler de choses que l’on connait".
Belle déclaration d'intention qu'il s'empresse de ne pas respecter. Expert autoproclamé en périnatalité, il ose ensuite évoquer "l’enfant qui a un cordon autour du cou et qui s’étrangle, est ce que c’est prévisible ?"
Puis : "Il faut bien savoir que dans ces petites maternités, on n’est pas au courant, on ne sait pas bien faire. Le petit hôpital en bas de chez soi peut être horriblement dangereux. Il y a une présentation du siège, on ne sait pas le faire. Il y a un étranglement avec le cordon… c’est vu pendant l’accouchement, qu’est ce qu’on fait ?"
Il insiste encore "La taille est un facteur d’efficacité". Cette affirmation déclenche une nouvelle salve d'allusions machistes que je vous laisse imaginer...

Céline, la sage-femme,  s'est exprimée  sur les maisons de naissance. Elle a bien tenté d’élever le débat en évoquant les besoins des femmes. Mais son intervention a été brève et régulièrement interrompue par d'intempestifs commentaires ...

Qu'en retiendront les auditeurs distraits ?  Que les équipes de maternités de proximité sont incompétentes - merci pour elles  ! -  Et qu'un enfant peut s'étrangler avec son cordon. Inquiétude infondée fréquemment véhiculée par ceux qui n'y connaissent rien. Car s'il s'agit d'un circulaire du cordon (enroulé autour du cou), le dégager est un geste extrêmement banal que toute sage-femme peut pratiquer les yeux -presque- fermés ... A moins que Bernard Debré n'ait pensé à la procidence du cordon (je lui laisse le bénéfice du doute, imaginant qu'il a sciemment "simplifié" son discours pour le rendre accessible à ces ignares de parents). C'est un incident rare, qui se produit  généralement au moment de la rupture spontanée de la poche des eaux - donc pas forcément à la maternité - et nécessite une intervention médicale rapide. Pour les habitants de la Seyne du Mer, 55 minutes pour rejoindre la future maternité de Toulon, c'est dans ce cas précis bien trop !

Parfait argument pour justifier les maternités de proximité ...

 

Edit du 24/08 : la sage- femme s'appelle Céline ZIEGLER.

 


PS : pas d'autres suggestions pour "notre" anniversaire ?

 


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18 août 2011

Cible erronée



Lors d’une récente chronique sur France Inter, Agathe André a profité du très médiatisé combat du maire de la Seyne sur Mer pour tacler les associations militant pour "l’accouchement à domicile comme au bon vieux temps des matrones". Ce très méprisant terme de matrone renvoie à l’inconscience de ces femmes se livrant aux mains de toutes aussi inconscientes praticiennes...

De nombreuses associations parentales ou professionnelles militent pourtant pour l’élargissement de l’offre de soin. Appartenant à plusieurs d’entre elles, je veux dire à Agathe André qu’elle se trompe de combat. Nos revendications portent d’abord sur la liberté de choix. Les femmes, qu'elles soient adeptes de l'hypermédicalisation ou de la simplicité d'un accouchement à la maison sont, n’en déplaise à la journaliste, en capacité de décider de ce qui leur convient le mieux.
 
Aucun totalitarisme de la part des partisans de l’AAD mais un constat : le choix n’existe pas. Les associations déplorent que la seule option actuelle soit celle de l’accouchement technicisé dans des établissements de plus en plus imposants où les femmes passent de main en main. La valeur de chacun des intervenants n’est pas en cause, c’est leur multiplicité qui interroge et dérange.

Les partisans de l’accouchement à domicile militent pour que cette option fasse partie de l'offre de soin, non par défaut car cela serait effectivement un recul pour les droits des femmes, mais au contraire intégré dans l'éventail des possibilités. Chaque femme devrait pouvoir choisir - une fois éliminées les contre-indications - d’accoucher en maternité, en maison de naissance ou à domicile. Ces options ne s’opposent pas mais se complètent. Elles n’offrent pas les mêmes ressources, ne répondent pas aux mêmes attentes.

Je ne rejoins Agathe André que sur un seul point : la politique actuelle se contrefout des besoins des femmes, des couples et des enfants à venir et s'élabore loin des réalités de terrain, calculette à la main. Si les maisons de naissance parviennent à ouvrir un jour, ce sera grâce aux économies générées par leur prise en charge moins lourde et donc moins onéreuse que celle d’une équipe hospitalière.
Principe de réalité oblige, je me réjouirai de ces ouvertures quelles que soient les mauvaises raisons qui les permettront.

Pour conclure, je m'autorise à donner deux conseils à la journaliste :
-    celui de vérifier ses sources : l’épisiotomie n’est pas à préférer à la déchirure spontanée et certains établissements hospitaliers l'ont démontré en en réduisant drastiquement le nombre.
-    celui d’éviter de recycler ses anciens textes … Il n'est pas déshonorant de défendre les mêmes idées à deux années d’écart. Mais les répéter à la virgule près, c’est faire preuve d’un cruel manque de créativité !

La défense des droits des femmes commence par un indispensable préalable. Les respecter !
Les matrones, pondeuses et chanteuses vous saluent.

 

PS : Sur le même sujet, lire aussi cette analyse de Selina Kyle.

 

 

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24 juillet 2011

Expertise

 

Marie Claire, revue médicale de référence, titre, sans honte aucune : "Contre-enquête, les dangers de l'accouchement à domicile" et débute ainsi son article "Des obstétriciens et des personnalités, telle Elisabeth Badinter, préviennent : accoucher à la maison est rétrograde et dangereux".

La féministe combative dont j’ai aimé les positions se trompait déjà de route en dénonçant les excès du maternage, confondant respect des besoins d'un tout-petit assumé par les parents et aliénation féminine.

Mais je ne la savais pas experte en santé publique, convoquée pour démontrer la supposée dangerosité d’une pratique … Ainsi les femmes faisant le choix d'accoucher à domicile seraient d’irresponsables bobos ! N'est ce pas le comble du machisme que de définir ainsi les mères, soumises à leurs envies, incapables d’analyse et de rationalité ? L'on s’offrirait une naissance à domicile sur un simple coup de tête ???

Elle se dit dégoutée par la présence d'enfants à la naissance. Le qualificatif est plus que violent et sa position demanderait à être argumentée.

Elle critique "Le Premier cri", en le qualifiant d'esthétisant. Ce film montre pourtant combien l'accouchement est dépendant des conditions de vie, comment il peut être vécu de façon différente selon la région du monde où l’on réside et la pauvreté que l'on subit.
C’est justement parce que les françaises bénéficient de bonnes conditions sanitaires, d'un suivi de qualité qui permet de prévenir les complications ou de les dépister précocement que l’on peut envisager sereinement une naissance à domicile.

Finalement, une seule phrase d'Elisabeth Badinter est à retenir, la dernière. Oublions la "régression idéologique", jugement de valeur infondé et méprisant, pour nous attarder sur la seconde partie "révèle une véritable hargne vis à vis de la technologie médicale". Cette colère est réelle, s'exprimant aussi dans les commentaires de ce blog. Mais j'attendrais de la philosophe qu'elle tente d'en comprendre les motifs plutôt que de la dénoncer.
L'envahissement médical est rarement remis en cause lorsqu’il est à la fois indispensable ET expliqué. Trop souvent la technicité, à travers des protocoles rigides, s’impose à tous. C'est bien ce que les parents rejettent, ce qui les poussent à chercher ailleurs l'accompagnement qu'ils ne trouvent plus dans les maternités.

Sur le reste de l'article, j'avais rédigé une trop longue critique que je ne vous infligerai pas. Pour résumer, l'argumentaire déployé par les professionnels de santé relève plus de l'incantation que de l'analyse rigoureuse.
Le seul chiffre des transferts varie de 10 à 43% ! *

En réalité, les études sur l’accouchement à domicile ou en maisons de naissance sont peu nombreuses et comportent de nombreux biais ; mêlant par exemple naissances à domicile prévues et inopinées, accompagnées ou non par des sages-femmes. Les taux de transfert comptabilisent des femmes qui ne prennent qu'un premier contact pour se renseigner, ou les transferts en cours de grossesse, pourtant révélateurs de la qualité du suivi ( réorienter les femmes vers une prise en charge plus médicalisée lorsqu'elle est nécessaire) et les transferts en cours d'accouchement que l'on confond trop facilement avec des transferts en urgence...

Depuis des années, des sages-femmes françaises proposent une étude de grande envergure sur l' accouchement à domicile en intégrant cette possibilité dans un réseau de périnatalité.  Cette proposition n'a pas été retenue. Leurs interlocuteurs préfèrent ne pas savoir pour continuer à accuser...

Cessons de dresser une situation contre une autre. Tout le monde ne peut ni ne veut accoucher à la maison. Tout le monde ne veut ni de doit accoucher dans un hôpital universitaire. Tentons de faire cohabiter intelligemment les différents types de prises en charge. Permettons  des relais aisés en fonction des attentes des parents et des circonstances médicales. Etudions l’impact de nos pratiques hypertechnicisées sur un accouchement banal.
Cessons d’invoquer la sacro sainte sécurité alors que les résultats français se révèlent moins bons que ceux d’autres pays européens faisant des choix différents.
Dialoguons.
Les batailles rangées sont vaines...

 

* Lors des débats sur les maisons de naissance à l'assemblée nationale, le taux de transfert variait de 29 à 67%... G. Barbier, le député qui l'avait évoquée, s'était autorisé à citer un taux de 87 %. Personne ne vérifie, pourquoi mégoter !

 



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