06 décembre 2012

C'est pas tous les jours Noël...

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Nous vous prions de nous excuser pour cette brève interruption de programme...

Je vous avais promis des billets légers et joyeux pendant 25 jours. Mais ça va être dur de tenir ; outre que je n’avais pas anticipé qu’écrire un billet par jour était un pari un peu fou…, je n’avais surtout pas anticipé les nouveaux coups de gueule à venir.
Naïve la fille quoi.

Voilà donc une colère toute neuve.

Cette jeune femme dont j’ai suivi la grossesse revient me voir avec son bébé juste né. C’est la première semaine à la maison avec un premier enfant et le jeune couple déborde de questions… Très logiquement, je ressors le dossier pour noter le contenu de la consultation.  

Forcément je lis la phrase écrite en rouge sur la couverture (bon moyen de ne pas oublier les incontournables). Est donc écrit en rouge et grassement souligné : " Rudivax en PP " 

En clair, cela signifie que cette jeune femme que j'ai connue au début de sa grossesse n’a jamais eu la rubéole, que personne n’a eu l'idée de la vacciner avant qu'elle ne pense à être enceinte, qu’elle, son compagnon et moi avons un tout petit peu croisé les doigts les premiers mois pour qu'elle ne rencontre pas le virus pile à ce moment-là, que ledit virus a eu la gentillesse de passer son chemin et que comme ce serait ballot de recroiser les doigts la prochaine fois, ben on va se dépêcher de la vacciner juste après l’accouchement, avant qu’un nouveau projet de bébé n'arrive dans sa vie…

Et pour ne pas oublier, c’est donc noté en rouge.

Mais c’est sans compter l’obtuse bureaucratie ambiante puisque le vaccin contre la rubéole (Rudivax) a été retiré du marché le 12 novembre dernier au profit du ROR. Il est donc impossible depuis cette date de vacciner contre la rubéole sans faire dans le même temps le rappel oreillons et rougeole (le fameux ROR).

Outre que ça m’énerve un poil de revacciner "de force" des femmes qui ont déjà eu la rougeole (c’est son cas), y a un petit bug supplémentaire…

Le ROR n’est pas dans la liste des droits de prescription des sages-femmes.
La rubéole OUI (mais on s’en fout, ça existe plus) mais le ROR NON !

Ce qui signifie que cette dame dont j’ai suivi toute la grossesse, qui reviendra pour sa consultation postnatale et ensuite pour son suivi gynécologique (de prévention !), cette dame qui va très bien et n’a aucune pathologie, cette dame qui souhaite juste suivre mes conseils et se faire vacciner contre la rubéole … ben faut qu’elle aille voir un médecin pour avoir une ordonnance de vaccin.

Vaccin que dans leur grande mansuétude,  les mêmes bureaucrates qui m’interdisent de le prescrire, m’autorisent cependant à pratiquer…

 

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05 décembre 2012

Résolution

 

7951256460_98a47b64ff_bElle raconte une longue poussée, une heure lui semblant interminable, à la fin d’un long travail, à la fin d'une longue nuit. 

Elle insiste sur l’inutilité de ses efforts, sur son impossibilité à faire mieux… Mais précise qu'elle n'en garde pas un mauvais souvenir. Et quand j'insite un peu, souhaitant lui laisser l'espace du regret ou de la plainte, elle affirme vigoureusement que non, que c’est surtout pour l’équipe qui l'accompagnait que c’était long - "Ils baillaient" - mais elle, finalement non, vraiment, ça allait.

Nous poursuivons la consultation centrée sur la nécessité d'une rééducation périnéale. Je pose de nombreuses questions afin de dépister les possibles dysfonctionnements, ses éventuelles "mauvaises" habitudes.

J'en arrive à "Est ce que vous poussez pour uriner ? "
Sa réplique m'enchante.
Oeil malicieux et sourire taquin "Ah non ! Depuis mon accouchement, j’ai décidé de ne plus jamais pousser !"

 

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04 décembre 2012

GénérationS

 

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Une jolie brune passe la tête par la porte entrouverte du bureau.

- "Bonjour Lola, je suis Marie, la fille d'Agnès, tu te souviens ?
- ...
- Mais si, tu t'étais occupée de ma mère à la maternité. Et puis l'été suivant, tu étais venue passer quelques jours à la maison !
- Heu...mais c'était quand ?
- Pour la naissance de mon petit frère
- Il a quel âge ton petit frère ?
- Dix huit ans
J'assure, assez soulagée que le temps qui passe ne soit pas ainsi marqué par l'évocation d'un jeune majeur,
- Ah non c'est pas possible, il y a dix huit ans, je n'étais pas ici.
- Non, non, je sais bien, ma mère a accouché à Chateauroux.
Je me tasse d'un cran sur ma chaise. Finalement, le temps qui passe est bien passé...
Elle continue à égrener ses souvenirs
- Tu jouais avec moi dans les couloirs de la maternité...

Au fil de son évocation, mes souvenirs reviennent. J'avais sympathisé avec ses parents. A l'époque les femmes restaient hospitalisées douze jours après la naissance, ce qui nous laissait largement le temps de nouer des liens ! Comme ils venaient de loin, la famille avait campé dans la chambre toute la durée du séjour. Marie était une charmante petite fille d'une dizaine d'années qui m'accompagnait dans mon travail quand mon occupation du moment s'y prêtait.

L'échange est chaleureux. Je prends des nouvelles de ses parents que je resitue maintenant très bien, puis elle me parle des études de son frère.
- Et toi comment vas tu ?
- Moi, je suis enceinte !! clame t'elle joyeusement en désignant son ventre légèrement bombé... C'est pour ça que je suis là, je suis venue voir ta collègue.

Et elle poursuit avec enthousiasme
- Oui parce que je me souvenais bien de toi, et comme je savais que tu étais ici alors je me suis dit que j'allais voir ton associée, que si elle travaillait avec toi, elle devait être sympa... Parce que toi, je ne pouvais pas venir te voir, toi tu es la sage-femme de ma mère"...

 

 

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03 décembre 2012

Hôpital j'écôute !

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Les suivis de grossesses pathologiques à domicile s'apparentent parfois à des enquêtes policières. Souvent, les femmes nous contactent (dé)munies d'une simple ordonnance précisant le nombre de passages requis chaque semaine... et roule ma poule, nous devons en déduire de quoi il s'agit. Si la future mère n'a pas tout compris des explications qui ne lui ont peut-être pas été données, à nous la joie d'explorer les résultats de labo et de décoder les diverses prescriptions pour en déduire quelle est la pathologie qui motive le suivi.

Et quand le dossier est complexe, qu'un des paramètres à surveiller sort un peu des clous, pas assez pour envoyer la dame directement aux urgences mais quand même suffisamment pour que l'on ne puisse se contenter de ne rien faire... c'est le grand moment du coup de fil à un ami, je veux dire à la maternité.

Cet appel là date mais le souvenir reste aigu. Peu rodée à l'exercice, contactant un hôpital où je ne connaissais personne, dont j'ignorais les rouages, redoutant le jugement carnassier d'une collègue de CHU méconnaissant les difficultés de la solitude libérale, j'avais pris mon courage et mon téléphone à deux mains.  

Sonneries.... standard, je demande les "grossesses à haut risque" où la patiente était hospitalisée avant de nous être confiée...  sonneries... retour au standard "Ne quittez pas"... sonnerie... enfin quelqu'un décroche et me confirme que je suis dans le bon service. 

Craignant d'oublier un détail d'importance, je me lance dans une description plus qu'exhaustive de la situation, des antécédents aux résultats de bilan, de la pathologie motivant le suivi aux traitements en cours. J'en arrive enfin à la consultation du jour et je détaille les motifs de mon inquiétude. Cinq bonnes minutes d'exposé sans reprendre mon souffle. Enfin je m'arrête avec la satisfaction du devoir accompli. On ne pourra me reprocher d'avoir omis un élément essentiel au diagnostic !

A l'autre bout du fil, la voix traîne "Ouiiiiii et alors ?
- Et alors ? Je voudrais une conduite à tenir. Est ce que vous souhaitez la réhospitaliser ?
- Ch'ais pas moi, ch'uis la secrétaire."

 

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02 décembre 2012

A vive allure

 

3277930471_d998eb9d5d_oLes couples ayant noué des liens au fil des séances de préparation à la naissance se retrouvent avec plaisir. Chacun, une fois "son" coussin rejoint - je m'amuse de les constater si casaniers, reprenant la même place à chaque rencontre -, s'enquiert des derniers événements, partage ses ressentis, ses émotions.

Ce jour là l'ambiance est joyeuse mais ils tardent à s'installer. Il faut dire que la donne a changé. 

Ils sont passés de l'autre côté du miroir... Ils vont de l'un à l'autre tous aussi fiers et heureux de présenter leurs nouveau-nés. La dernière fois qu'ils se sont vus, les ventres étaient ronds et lourds. Aujourd'hui, ce sont aux bras des pères que pèse l'attirail apparu indispensable à cette première sortie officielle...

Ils finissent par s'asseoir, avides de partager les événements de ces dernières semaines.

L'une se met à raconter. Un accouchement serein. Arrivée paisible à la maternité, consultation d'accueil, monitoring, un long bain, un peu de ballon, une brève phase de découragement traversée grâce au soutien de la sage-femme, l'envie de pousser ...

A ses cotés son compagnon porte leur tout-petit lové contre son torse, soutenu par une écharpe de coton multicolore. Il ne la quitte pas des yeux, boit ses paroles, revit les émotions, acquiesce aux descriptions, ponctue chaque épisode d'un léger hochement de tête, transi d'amour pour la femme qui a mis son enfant au monde.

Elle termine son récit sur la phase de poussée, facile et rapide, en deux contractions nous dit-elle.

Débordant de fierté, il confirme : " Ma femme ? C’est un vrai toboggan à bébé ! "



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01 décembre 2012

Commune mesure

 

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Une sonnerie stridente au coeur de la nuit dans la maternité de mes études. Je décroche un combiné encore bêtement relié à son socle par un fil en spirale ...

Une voix d'homme, grave, posée. Le vocabulaire est châtié, l'élocution lente ; son ton guindé me donne le sentiment d'être téléportée au siècle précédent.

"Je pense que mon épouse vient de perdre les eaux. Est-il nécessaire de nous rendre immédiatement à la maternité?
Je pose les questions d'usage, mouvements foetaux, parité, terme, contractions et cherche ensuite à évaluer s'il s'agit bien d'une rupture de la poche des eaux.
- A t-elle perdu beaucoup de liquide ?
- Je vous prie de ne pas quitter, je vais me renseigner.
Un temps d'attente non négligeable.
Puis il annonce, d'un timbre toujours aussi affecté, en détachant bien chaque syllabe
- L'équivalent d'un petit verre à liqueur".

 

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30 novembre 2012

25 jours...

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J’ai un peu délaissé le blog ces derniers temps… et quand je ne le délaissai pas, c’était pour alterner billets rageurs ou désenchantés. 

Aujourd'hui, il fait froid, les forêts sont amputées de leurs jeunes sapins et les guirlandes clignotent au coeur des villes. Tout l'indique, le compte à rebours des festivités a commencé. 

Je n'aime pas les réjouissances annoncées, les rituels imposés, la consommation effrénée… Pour résumer, je n'aime pas beaucoup Noel…

Mais j’aime la promesse de l’attente (c'est bien un truc de sage-femme non ?).  

Pour faire oublier mes absences et pour le plaisir du défi, je vous propose mon "calendrier de l’Avent", succession de petits billets anodins, de phrases légères et d’anecdotes joyeuses.
Un par jour pendant 25 jours.

Y a plus qu'à...

 

PS : s'y glisseront surement quelques petits instantanés de vie sans rapport direct avec mon métier... 

 

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25 novembre 2012

Fuir

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Fin de visite à domicile. En sortant de l'immeuble, le soleil est radieux et les oiseaux chantent. C'est un quartier résidentiel, quasi désert en milieu de journée. 

Plus loin dans la rue, des éclats de voix ; en contrebas, un couple gesticule. L'espace d'un instant, j'imagine une bruyante complicité amoureuse. Puis un cri, déchirant ; la femme s'enfuit en courant, poursuivie par son "compagnon".  

Le temps de manoeuvrer pour quitter un parking étroit, je la vois s'engouffrer dans une rue adjacente et la perds de vue. Je croise un homme seul, vociférant, poings serrés. Un peu plus loin, sous un abris de bus, une bande de jeunes juste sortis du lycée voisin. Loin du brouhaha désordonné habituel, ils encerclent une jeune femme en pleurs. J'apprendrai plus tard qu'ils se sont interposés et ont mis l'homme en fuite.

Je m'arrête, propose mon aide... Terrorisée à l'idée de se retrouver seule, elle bondit dans la voiture,  et s'effondre sur le siège passager. Je farfouille à la recherche d'un sachet de mouchoirs et démarre pour l'éloigner de son agresseur. Nous roulons au hasard en attendant qu'elle puisse me dire où l'emmener.

Entre ses sanglots, elle commence à raconter. Il a crié puis frappé ce matin et, parce qu'elle tentait de fuir les coups, l'a poursuivie hors de l'appartement... Ce n'est pas la première fois. 

Elle retrace le cercle habituellement décrit de la violence conjugale, tension/agression/déni/rémission. Il est si malheureux après, si gentil. Comme souvent, elle s'accuse ; c'est de sa faute à elle, parce qu'elle ne trouve pas de travail et qu'ils n'ont pas d'argent. Alors ça l'a énervé ce matin qu'il n'y ait plus de café...

Elle ne sait pas où aller, ne connaît personne. Amoureuse, elle a tout quitté,  famille, amis, études, pour le suivre.

Si j'aborde systématiquement le sujet en consultation  - Avez vous subi des violences dans votre vie ?- dans l'ambiance feutrée du cabinet, la brève hésitation, le léger mouvement de tête ou même le oui franc n'ont pas cette terrible présence. Ici, sa joue tuméfiée et les sillages du rimmel sont d'une toute autre réalité. Je rassemble mes esprits pour tenter quelques paroles sensées, rappeler que personne n'a le droit de l'insulter, de la frapper, que c'est interdit par la loi...

Que puis-je faire pour elle ?  Je lui propose d'aller porter plainte. Elle refuse. J'évoque une main courante, pour au moins laisser une trace de ce qui vient de se passer et parviens à la convaincre.

Dès qu'il comprend l'objet de la plainte, le gendarme qui la reçoit appelle à ses cotés une collègue feminine. Ils sont attentifs, patients, font preuve de beaucoup d'humanité, de douceur dans leurs questions.

Je témoigne rapidement et m'apprête à m'en aller. D'autres visites m'attendent. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas d'argent pour rejoindre sa famille. Je lui laisse les quelques euros que j'ai sur moi.
Quelques euros pour me dédouaner de ne pas faire plus, de me sauver sous prétexte de travail.

Je retrouve le soleil et le chant des oiseaux, à la fois soulagée et honteuse de l'être. 

 

 

Fédération Nationale Solidarité Femmes

 

 

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14 novembre 2012

Taire

 

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Fin de matinée, fin de consultation. Elle se penche pour extirper un porte-carte de l’immense besace posée sur le fauteuil voisin, murmure quelques mots, inaudibles, se tait, continue à farfouiller. Mais un très neutre «Vous souhaitiez ajouter quelque chose ?» libère un flot de paroles. Elle évoque son couple, dérive sur celui de ses parents  puis, sautant de génération en génération, convoque tout son arbre généalogique.

Son récit la submerge. Je l‘écoute, tendue vers elle, attentive à l’accompagner du regard, de quelques mots. Dans sa famille, aussi loin qu’elle remonte, naître fille n’est  que très lourd fardeau. Ni bonheur ni plaisir mais renoncements, sacrifices, maltraitances ; la féminité est une malédiction.

Petit à petit, ses mots et ses pleurs se tarissent. Elle s’en va.

Moi qui peux me retrouver l’œil humide au simple récit d’une naissance un peu chaotique, d’une désillusion modeste, je me sens étonnamment calme.

Je m’affaire à ranger un peu avant d’aller manger ; mes pensées vagabondent…

Un peu plus tard, ma collègue psychologue passe la tête à la porte et s’invite à une causerie informelle. Nous parlons de tout et de rien. Sa question anodine « Tu vas bien toi ? et ma réelle surprise en m’entendant répondre : Pas du tout…»

Ce sont maintenant mes larmes qui coulent en évoquant les grandes lignes de ce que je viens d’entendre.

Elle écoute, me relance quand je bute, des mots légers, à peine posés ; mes émotions se décantent. Je suis inquiète pour les filles de cette patiente, pour la petite dernière à peine née. Comment leur mère pourra-t-elle les préserver de cette lourde généalogie alors qu’elle la subit encore au quotidien ?

Elle m’aiguille doucement sur ce que je pourrais lui dire. Il ne s’agit que de signifier à cette jeune femme que je l’ai entendue, afin de pouvoir l’orienter ensuite vers des lieux d’aide et de soutien. Je bataille, je m’entends batailler sur ce que je ne peux pas dire, sur ce que je pourrais mal dire, trop dire…

Toujours par touches légères, elle révèle le décalage entre mes peurs et les quelques mots suggérés.

Je ne cède rien, en appelle à ma fonction de sage-femme, à mes "limites de compétence"...
... puis soudainement mon malaise prend sens.

Cette autre mère il y a longtemps, son histoire plus que difficile ; cette femme que j’avais accompagnée pendant de longs mois, qui m’avait donné sa confiance, raconté son passé, ses blessures…

Je me revois précisément quelques quinze années plus tôt ; le lieu, l’heure où je reçois son appel. Elle est inquiète  pour son bébé. En l’écoutant, une évidence s’impose à moi, les symptômes de l’enfant sont une mise en scène de l’histoire maternelle.

Si fière d’avoir trouvé le lien, de comprendre ce qui se joue, je lui assène mon interprétation en une seule abrupte phrase.
Je le regrette dans l'instant mais il est déjà trop tard. Le fil est brisé.

Me reste la mémoire de ma jouissance à "savoir" s'entrechoquant avec la violence de ce que je lui imposais.
Me reste la culpabilité.
Ce matin-là, le souvenir de cette femme a croisé la route de celle qui venait de quitter mon bureau.



 

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04 novembre 2012

Jachère

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Ca doit se voir "un peu", le blog est en friche ces derniers temps. La faute au "trop de boulot" qui m'empêche de prendre le temps et la distance nécessaires à l'écriture ; la faute à l'actualité sociale qui me met en rage ; la faute aux parcours singuliers, violents, chaotiques, dont je ne peux rien transcrire sans trahir la confiance de celles et ceux qui m'en livrent quelques détours ; la faute à la paresse, au mauvais temps, au feu de cheminée que j'aurais bien envie de faire... 

Disons que je laisse mes pensées en jachère, leur laissant un peu de repos pour espérer une meilleure récolte ensuite.

Eviter les productions intensives, respecter les cycles et les saisons, voilà qui ne devrait pas déplaire à la revue KAIZEN. A défaut d'écrire, je mets en lien  - avec leur très aimable accord - un article consacré à l'accouchement à domicile paru dans le numéro 5 de cette jeune revue. Loin de tout sensationnalisme, il décrit honnêtement une possibilité méconnue, son  intérêt, ses limites.

Une bonne synthèse de la situation de l'AAD en France.

 

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