27 mai 2013

Mal mot

pregnant

 

Elle est enceinte, elle est heureuse, elle est inquiète.

Heureuse parce que cet enfant était très attendu, inquiète parce que la grossesse précédente s’est terminée sur une échographie annonçant l'arrêt précoce du développement de l’embryon.
Elle n’en avait rien pressenti.

Alors l’absence de règles, le test de grossesse acheté en pharmacie, la tension mammaire persistante, tout ça ne suffit pas à l’apaiser totalement.
De plus, elle n’est pas nauséeuse, ce fréquent malaise si désagréable mais si rassurant.

Il est trop tôt pour pouvoir écouter les battements cardiaques. Cette annonce la déçoit. Elle espère, elle a besoin d’un élément objectif venant lui confirmer, là, tout de suite, que tout va bien.
Je lui propose de l’examiner pour m’assurer du volume utérin.

Comme toujours lors d’un toucher vaginal, je baisse les yeux, attentive à ne pas ajouter à l’intrusion du geste celui du regard. 
Je glisse doucement index et majeur dans son vagin, mon autre main palpe son ventre.
Entre mes deux mains, son utérus, rond et dodu à souhait, parfaitement rassurant, parfaitement conforme à la taille attendue pour l’âge de la grossesse.
J’en suis ravie pour elle.
Et m’exclame joyeusement. "Voilà un utérus gravide !"

Je lève les yeux vers elle à la fin de ma phrase, surement en quête d'un sourire rassuré. Juste le temps d’apercevoir son regard qui se voile... J'ajoute rapidement "Tout se présente bien", elle sourit enfin.

Elle ne dirait rien de plus et c'est moi qui insiste : "Je vous ai inquiétée ?"
Dans un murmure, elle s'autorise "Oui, dans gravide, j’ai entendu grave".

J'explique le mot, lui demande d’excuser ce vocabulaire médical parfaitement inapproprié. 
Et me désole en silence de ma stupidité.

 

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05 mars 2013

Faire connaissance

 

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L'entretien prénatal précoce est une prise de contact parallèle au suivi de grossesse permettant à une femme ou à un couple d’exprimer leurs attentes, besoins et craintes pour les aider à s'orienter dans le dédale des options qui s’offrent à eux.

Cet entretien est un échange ouvert, pas une succession de cases à cocher. Il n’empêche, certaines questions ont besoin d’être posées pour cerner le contexte.

"Est-ce votre première grossesse" est l’une d’elle. Je m’applique à parler de grossesse et non d’enfant à venir afin que la question soit claire.

"Oui, c'est la première" me répond-elle.
Débutée sur un mode joyeux, notre discussion révèle au fil des minutes une anxiété croissante. Elle dit sa crainte des rendez-vous médicaux, des nombreux examens complémentaires, déplore cette médicalisation qui " l'empêche de profiter de sa grossesse "…
Je tente de comprendre l’origine de son angoisse. 
Et c’est ainsi qu’au détour d'une phrase, une IVG et deux fausses couches viennent s’ajouter à cette "première".

 

Ce petit texte pour introduire les portes ouvertes proposées par l'ANSFL pour marquer la journée des droits des femmes. Ce sera l'occasion d'évoquer deux outils de prévention, le frottis cervico-utérin et l'entretien prénatal précoce.
Le 8 mars prochain, contactez le cabinet de sage-femme de votre secteur et faites connaissance !

 

 

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21 mai 2012

Ginger et cher

 

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Un sondage, largement relayé sur le net, nous "révèle" que 75 % des femmes souffrent de nausées au cours de leur grossesse.

L'enquête a été réalisée sur 1061 femmes dont on ne sait si elles sont enceintes ou si elles font appel à leurs souvenirs. Les 75% annoncés en une du site se transforment en 72% dans la brochure téléchargeable dont 40% de façon occasionnelle. C'est moins impressionnant vu ainsi mais il faut savoir crier au loup assez fort pour être relayé dans les médias.

Pour faire bon poids, il nous est précisé que "pour 80% des femmes, les nausées persistent tout au long de la journée". Manque de bol, nous ne saurons pas d'où vient ce chiffre puisque la référence a disparu.

Loin de moi l'idée de minimiser l'enfer que vivent certaines femmes, pouvant les mener jusqu'à l'hospitalisation. Mais je déplore le procédé qui consiste à glisser allègrement du cas particulier à la généralité pour mieux faire passer la pilule.

La pilule en l'occurrence, c'est du gingembre.
Rien de nouveau ! Comme le distributeur le souligne lui même, la Haute Autorité en Santé précisait dès 2005, dans son livret "Comment mieux informer les femmes enceintes ? " : "Seuls le gingembre et l’acupuncture sont efficaces pour les nausées". 

Pas de progrès majeur donc, mais une campagne promotionnelle bien orchestrée avec l'annonce d'une fiche à télécharger "Parlez en à votre médecin ". Je glisserai rapidement sur l'oubli si coutumier des sages-femmes lorsque l'on évoque les professionnels du suivi de la grossesse... Cette fiche reprend tous les codes d'une notice pharmaceutique, histoire de s'acheter une légitimité, puis mentionne en bas de page et petits caractères gris clair "ce produit n'est pas un médicament".

Mais pourquoi tant d'esbroufe ? Certainement pour justifier le prix, 1295 € le kg de gingembre en gélule ! C'est trois à quatre fois le tarif des autres fournisseurs.

Mais si vous êtes enceinte et nauséeuse, on peut faire encore moins cher : faire infuser cinq à dix minutes10 g (dose maximum pour une journée) de gingembre frais râpé dans 250 ml d'eau. A boire au fur et à mesure des besoins...

Elle est pas belle la vie ?

 

Petit billet au titre calamiteux (pas pu m'empêcher) pour annoncer la SMAR dont le thème cette année est la naissance et l'argent. Quelques actions annoncées ici.


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31 janvier 2012

Spontanée

 

4690504255_b1a1a09879_zSon accent chante mais son regard est voilé de larmes… Elle s’inquiète de tout, échafaude de nombreuses et hasardeuses hypothèses, soumet sa vie à de multiples rituels censés porter chance à son futur enfant. Elle s’angoisse du trop ou du trop peu de ses mouvements, de son ventre très rond mais pas encore assez, des aliments quelle mange et de ceux qu’elle boude, des douleurs ressenties et des risques de leur traitement, de ses nuits d'insomnie ou de son sommeil de plomb...

Et plus encore elle s’angoisse ce que son angoisse fait vivre ainsi à son futur bébé.

Ces questionnements incessants ne sont que la partie émergée d’une histoire complexe dont elle livre quelques bribes lors de notre première rencontre. Je sais déjà qu’il me faudra la guider vers d’autres soignants et d’autres compétences pour l’aider à sortir de cette nasse de symptômes et pensées qui l’envahissent et l’encerclent.

Pour le moment, il me faut bien faire quelque chose pour qu’elle se sente accompagnée, pour qu’elle puisse déposer un peu de son si lourd fardeau.

Alors, je reprends avec elle l’ensemble des symptômes évoqués, tentant pour chacun de valoriser l’extrême attention qu’elle porte à son bébé.

Au milieu d’une phrase, elle me coupe et s’exclame « Ah ça me fait du bien ce que vous me dites ! », puis elle se lève avec élan et, se penchant vers moi, me claque une grosse bise sur la joue.

 

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04 septembre 2011

Absolument sachant


Première échographie, dite de datation. En salle d’attente, les panneaux affichent de joyeux avertissements: "L’échographie ne peut pas tout dépister" - " La présence des enfants est interdite" - "Votre médecin détermine librement ses honoraires (... ) supérieurs au tarif du remboursement par l’assurance maladie".

C’est leur tour. La pièce est petite, logiquement sombre. Au centre, le divan d’examen en skaï bleu foncé est recouvert d’un papier blanc ; à sa gauche, une chaise à dossier bas et l’appareil d’échographie ; à sa droite, une autre chaise ; en face du lit, fixés au mur, un second écran et une triple patère permettant d’accrocher les vêtements.

Tout en se déchaussant, en patiente appliquée, elle énonce date des dernières règles et durée de ses cycles. Elle sait très bien où elle en est et - à peu près - quand ils ont conçu leur bébé.

Cette première échographie se fera par voie vaginale. Pratique tellement habituelle que l’échographiste n’explique rien et la prévient de ce qui va se passer par cette phrase sibylline  « Enlevez le bas ».
Elle s’allonge sur le lit. Ne sachant pas où poser son slip, elle le froisse dans sa main droite. Sa main gauche cherche celle de son homme, assis à ses cotés sur la chaise dédiée.

L’examinateur s’empare d'une sonde oblongue. La tenant verticalement, il y déroule ce qui s'apparente à un préservatif. Une giclée de lubrifiant puis la main s’incline, la sonde s’horizontalise puis s’enfonce dans son vagin, intrusion accompagnée d’une affirmation sans appel « ça ne fait pas mal ».

Attentif aux premières images sur l’écran, le couple tente d’oublier l’outil qui s'agite et s’oriente au creux du corps maternel.

Du noir, un peu, quelques contours blancs et surtout du gris, plus ou moins dense, plus ou moins homogène. Le squelette contrasté animé de quelques mouvements aide à donner sens aux images.

L’échographiste procède aux mesures. Sa main gauche pianote sur le clavier, tourne le curseur ; l'image se fige. De petites croix clignotent sur l'écran puis des chiffres s’affichent. Satisfait, il annonce une date de conception… qui précède de cinq jours la date donnée par les parents.
Elle s’en étonne et se retourne vers son compagnon pour le prendre à témoin… "Ce n’est pas possible, tu te souviens, ce jour là, tu étais encore en Italie."

Sans daigner leur jeter un regard, l’échographiste, impavide, confirme en fixant son écran que la grossesse a bien débuté pendant l'absence paternelle. *

Insupportable superbe d'une médecine qui s’invite dans l’intimité d’un couple et ose affirmer sans nuance la date de leur relation sexuelle.

 


* On considère que la datation est en moyenne précise à +/-3 jours mais que les bornes sont de +/-7 jours…

 

 


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13 juillet 2011

Déniée

 

De presque aussi loin que je me souvienne, j'affirme ma confiance dans le ressenti des femmes enceintes.
Ce jour là, ma profession de foi s'est révélée désincarnée.

Fin d'après midi. Au cinquième mois de sa grossesse, elle appelle pour partager son inquiétude. Elle ne se sent pas bien sans parvenir à préciser mieux ce qui se passe. Elle décrit quelques tiraillements abdominaux qu’elle identifie comme des contractions. Rien de violent, mais le sentiment lancinant que quelque chose ne va pas. Nous faisons un premier point par téléphone, pas de douleur, pas de signes d’infection urinaire, pas de fièvre, pas d'événement notable ces derniers jours, son bébé bouge bien... Je lui propose de la recevoir après mes rendez-vous programmés, dans moins de deux heures. Cherchant à apaiser ses craintes, j'ajoute que ses symptômes m'apparaissent tout à fait banals.

Elle arrive les traits tirés, visiblement anxieuse. A nouveau, je ne perçois rien d’inquiétant dans les sensations qu’elle décrit. Je suis rassurée et me veux rassurante. Mon cerveau refuse d’entendre la sonnette d’alarme, cette irrationnelle angoisse croissante chez une femme habituellement sereine.

Je m'attache à relativiser son ressenti ; ces tiraillements sont certainement ligamentaires, cette fatigue bien compréhensible au vu de ses deux aînés qui réclament énergie et disponibilité.
L'examen clinique va à coup sûr me permettre de la tranquilliser.

Le coeur du bébé galope, l'utérus semble un peu tendu. Au toucher vaginal, la situation bascule en quelques secondes ; son col est déjà dilaté de deux bons centimètres et la poche des eaux bombe sous mes doigts.
Adressée en urgence à l'hôpital voisin, ils ne pourront rien faire. Les quelques kilomètres qui séparent le cabinet de la maternité ont suffi à l'utérus pour poursuivre sa dilatation. Elle perdra son trop petit enfant peu après.

La croire immédiatement n’aurait, il me semble, rien changé au dénouement.
Mais je me suis retrouvée en flagrant délit de pouvoir médical. Je pensais savoir et ne l'entendais pas.
Mes belles théories sur la compétence des femmes n’ont pas résisté à cette violente mise en situation.

Cette erreur, comme d'autres, m’anime encore.
Lorsqu'une femme évoque une inquiétude irraisonnée, je tente d’en décrypter l'origine ; parfois trop d'informations erronées sur le net, trop d'affirmations sans nuance dans la presse dédiée, trop de conseils avisés des copines…

Mais s'il s’agit d’un ressenti profond, d’une "intime conviction",  je m'applique à prendre cette alerte en compte.

 

 

21 avril 2011

Inutile

Chaque week-end, le numéro d’une sage-femme est indiqué sur les répondeurs de tous les cabinets des environs. Cette organisation préserve nos temps de repos tout en assurant les rares suivis de grossesses nécessitant un passage quotidien ou les visites aux accouchées sorties rapidement de la maternité.
Cette semaine, c’est moi qui m’y colle. Le dimanche s’annonce calme mais je reste au bout de mon portable au cas où…

Le cas où, c’était elle. Une voix angoissée «Pardon de vous déranger mais j’ai besoin d’être rassurée».
Enceinte de six semaines, elle perd du sang depuis la veille au soir, sans facteur déclenchant ; saignements peu abondants mais continus. Evidemment, son inquiétude est grande.

Elle appelle d’abord SOS médecins. Le praticien venu la voir l’examine mais ne peut la rassurer sur l'évolution de sa grossesse sans examen complémentaire. Il lui prescrit une échographie.
L'hôpital contacté ensuite refuse de la recevoir un dimanche puisqu'elle ne se vide pas de son sang. L’interne de garde a justifié son refus «A ce stade, on ne peut rien faire». Effectivement ces saignements peuvent être sans importance ou annoncer une fausse couche mais la médecine est impuissante à protéger une grossesse débutante.
Ce n’est donc pas une urgence et son angoisse devra attendre le lendemain...

Alors elle tente de joindre une sage-femme et c’est mon numéro qu’elle trouve.
Enfin une oreille. Elle se plaint du médecin venu pour rien, de l’hôpital qui refuse de l'accueillir, de la PMI (qui suivait sa grossesse précédente) fermée le week-end. Elle demande à ce que je vienne écouter le cœur de son "bébé". Mais c’est impossible, les battements cardiaques sont inaudibles à ce terme.

Mon inutilité l'excède. Je me fais vertement reprocher de ne pas disposer d’appareil d’échographie. Dernier maillon de la chaine, elle déverse sur moi toute son amertume. Puis elle raccroche, furieuse.

Je la sais seule avec sa peur.

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06 avril 2011

Inconcevable

A quelques jours de son accouchement, elle évoque en souriant la découverte de sa grossesse.

Après plusieurs années de vie commune - et de longues discussions - ils se sentent prêts à accueillir un enfant.
Très logiquement, elle cesse de prendre la pilule mais imagine, conformément à une légende tenace, qu’il faudra quelques mois à son organisme pour se laver des hormones contraceptives.

Elle sera pourtant enceinte dès le cycle suivant.
Et aura le plus grand mal à le réaliser...

L’absence de ses règles ? Elle le savait bien, cette prise d'hormones artificielles a perturbé son cycle.
Cet impérieux besoin de sommeil, capable de la faire se coucher avec les poules après une sieste de plusieurs heures ? Le changement de saison, très certainement.
Cette presque douloureuse tension mammaire ? Voilà bien la preuve que son corps reprend son rythme physiologique.

Un discrète alerte doit cependant clignoter puisqu’elle se procure un test de grossesse.

Mais, quand elle voit apparaitre la petite croix turquoise, sa première idée est que le test a mal fonctionné. Elle se réjouit alors qu'ils soient vendus par deux. Le second, d’évidence, va lui confirmer la défaillance du premier.

Il lui faudra ce nouveau "+" pour commencer à réaliser…

 


PS : Pardon pour mon inexistence actuelle sur le blog. La semaine prochaine devrait me voir plus présente...

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06 juillet 2010

Mauvaise volonté

Après deux grossesses vécues sans problème, l'attente de ce bébé se révèle plus difficile. Entre temps, elle a changé de métier pour devenir professeur de sport et dispense des cours aux enfants comme aux adultes. Activité très physique, horaires hachés en fonction des temps scolaires, séances nocturnes pour les salariés en quête de décompression après leur journée de travail, elle se donne sans compter. Si l'on y ajoute des nausées envahissantes, un utérus se contractant plus que de raison et deux petits à la maison… vous conviendrez que le rythme s'annonce difficile à tenir.

Il n’y a pas de réelle pathologie, juste une inadéquation entre sa profession et sa grossesse. J’anticipe donc en lui demandant de voir son médecin du travail afin que son poste soit aménagé. Premier barrage de son employeur qui s’étonne de sa démarche, arguant que ce n’est pas à elle de solliciter une consultation à la médecine du travail. Elle insiste cependant et obtient enfin un rendez-vous… pour s’entendre dire que sa grossesse se passe bien et que si besoin, son médecin pourra toujours l’arrêter. Aucune proposition ne lui est faite d’aménager son poste ou ses horaires.

Blessée par cette indifférence, elle s’obstine à ne rien changer à ses cours, saute, pédale et bat des jambes avec application devant un public un tantinet médusé par de telles démonstrations d'énergie émanant d'une femme enceinte. A deux reprises, j’insiste pour qu’elle se repose et lui prescris une semaine d'arrêt. Voilà mon faible quota d’arrêt de travail autorisé (15 jours !) déjà épuisé…

Médecin du travail défaillant, sage-femme - absurdement - limitée dans sa prescription, elle ne peut que se tourner vers son médecin traitant. Je rédige un beau courrier résumant la situation et exposant les démarches entreprises, tout en me gardant bien d'affirmer la nécessité d’un arrêt afin qu'il ne s'offusque pas d'être aux ordres d'une simple sage-femme. Pour faire bonne mesure, je m’excuse platement de la limite qui m'est imposée par les textes. Il lui prescrit un arrêt de 15 jours en l’assurant qu’il le renouvellera ensuite. Je ne m’étendrais pas sur l’incongruité de programmer une seconde consultation deux semaines plus tard alors qu’il est clair que son arrêt doit se prolonger jusqu’au congé maternité …

Mais 15 jours plus tard, apparemment contrarié parce qu'elle désire poursuivre le suivi avec sa sage-femme, il refuse de prolonger l’arrêt.

Elle revient me voir, anxieuse à l'idée de devoir reprendre le travail ; sa grossesse évolue normalement mais allez donc faire des abdos-fessiers à longueur de journée enceinte de 7 mois ! Elle fera donc une énième consultation chez une gynécologue de mes amies qui acceptera enfin de l'arrêter sans condition.

Nonchalance du médecin du travail, mauvaise volonté du généraliste, rigidité d’un texte de loi limitant nos prescriptions... Tout cela se solde par trois consultations supplémentaires, bien évidemment financées par la collectivité, pour une femme en parfaite santé au métier simplement inadapté à l'état de grossesse !

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08 octobre 2009

Epinglée

Elle se dit terrorisée par la douleur mais aussi par la péridurale.

Avant de se pencher sur sa peur de la douleur, de chercher à en décoder les raisons et d’envisager avec elle les alternatives à l’analgésie médicamenteuse, je commence par démystifier le geste technique.
A l’aide d’un kit de péridurale, j’explique rapidement l’anesthésie locale, la pose de l’aiguille, l’enfilage du cathéter puis l’ablation de l’aiguille pour ne laisser que le fin tube souple en place… et elle s’exclame que c’est formidable !

Depuis le début de la grossesse, elle raconte à qui le veut qu’elle ne peut s’imaginer avec une aiguille plantée dans le dos. Mais comme elle s’arrête là,  chacun pense qu’elle parle de la pose et tente de la rassurer sur l’absence de douleur au moment de ce geste.

Malentendu persistant car ce n’est pas cela qu’elle appréhende. Elle s’est imaginée le trocart planté dans la colonne vertébrale pendant tout l’accouchement avec le risque de s’empaler au moindre faux mouvement.
Alors évidemment, mon petit tuyau de plastique, ça la rassure…

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