10 mai 2012

Se retrouver

4153146979_f84a448580_oLes rencontres même virtuelles que nous offre le net sont riches d'idées partagées.Le texte qui suit est le fruit d'une réflexion réclamée par les Vendredis Intellosmise en mot et largement documentée par La Poule Pondeuse. Je n'ai plus eu qu'à me glisser dans ses pas. 

D'abord, le périnée, c'est quoi ? A ne pas confondre avec le péroné (qui en fait s'appelle la fibula, faut suivre), nous signale Wikipedia, qui le définit fort poétiquement comme "l'ensemble des parties molles fermant le détroit inférieur du pelvis". En gros, et pour ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce "plancher" contient en particulier un ensemble de muscles qui a pour grandes fonctions d'une part le soutien des organes du petit bassin, soit utérus, vessie et rectum (sous peine de prolapsus, nom savant de la descente d'organes), et d'autre part le contrôle des sphincters (urètre, vagin/canal éjaculateur et anus). Messieurs, inutile de prendre cet air dégoûté, vous en avez un aussi. 


Et alors, c'est quoi son problème ? La partie musculaire du périnée est mise à rude épreuve tant par les hormones de la grossesse que par l'accouchement, mais aussi par la ménopause. Certaines interventions (forceps, épisiotomie... mais aussi expression abdominale, d'ailleurs formellement déconseillée par la Haute autorité de santé) ou complications (déchirure, gros bébé -bien qu'en soi ce ne soit pas forcément une complication !) lors de l'accouchement peuvent accroître cette fragilisation des tissus. Concrètement, sans aller jusqu'à la descente d'organe, cela peut se manifester par des problèmes plus ou moins sévères (fuites urinaires, incontinence aux gaz, diminution des sensations sexuelles...).

Alors, on fait quoi ? C'est là qu'intervient la fameuse rééducation périnéale. En France du moins, car si la rééducation périnéale est facilement proposée (et donc remboursée)  à toute femme ayant accouché, l'existence même d'une telle thérapie reste embryonnaire dans d'autres pays occidentaux (voir par exemple ce témoignage édifiant d'une Américaine). Elle est fortement recommandée même si vous avez accouché par césarienne, et avant de reprendre le sport. La nécessite d’une rééducation périnéale doit toujours être évaluée lors de la consultation postnatale - six à huit semaines après l’accouchement - même si ce n’est que pour reprendre une activité sportive modérée (cf l'inoxydable trio marche-yoga-natation).

Petit aparté : mais si les forces de l'évolution ont bien fait leur boulot et façonné le corps de femmes pour donner la vie, ne suffirait-il pas de respecter la physiologie pour éviter d'avoir à rééduquer le périnée ?

  • Il est clair qu'un certain nombre des pratiques actuelles d'accompagnement des accouchements sont délétères pour le périnée : outre les interventions citées plus haut, la poussée en inspiration bloquée (dite de Valsalva) et/ou dirigée et la position imposée sont par exemple identifiées comme des facteurs de risque (voir par exemple Albers et al 2006 ou Albers et Borders 2007). Je ne dis bien sûr pas qu'il faut se passer totalement de ces pratiques, mais simplement qu'elles ont souvent un impact sur notre périnée : peut-être plutôt réfléchir au rapport risque-bénéfice avant de les mettre en oeuvre.
  • Par ailleurs notre mode de vie n'est pas très "périnée-friendly", nous vivons avachis sur le canapé dans une sédentarité quasi-totale entre-coupée par ci par là d'efforts violents et inadéquats (ah c'est caricatural ?), au lieu de vivre accroupis en marchant quotidiennement de longues distances tout en portant des poids importants de façon plus physiologique (quoi c'est aussi caricatural ?).
  • Enfin notre société valorise un corps hyper maîtrisé, y compris dans l'excrétion des fluides corporels et autres gaz. On ne transpire pas, on n'a pas ses règles (et si jamais on perd du sang bleu transparent, merci), on ne pète pas... Il ne semble pas impossible que ça sentait le fennec dans les grottes préhistoriques et qu'on n'était pas à une petite fuite urinaire près. Et puis l'espérance de vie étant bien moindre, les femmes mourraient sans doute avant d'arriver au prolapsus...

Qui s'en occupe ? La rééducation peut être prescrite par un médecin ou par une sage-femme (tant qu'elle fait suite à une grossesse pour le second cas) ; elle est principalement pratiquée par les kinés et les sages-femmes libérales (plus rarement proposée en maternité).

Quand s'y mettre ? On attend généralement la visite de contrôle des six semaines post-natales (avec le médecin ou la sage-femme) ; même si certaines maternités donnent l'ordonnance en suite de couches, il vaut mieux attendre d'avoir fait le point à cette occasion, sans compter qu'il faut laisser le temps aux tissus et organes de se remettre en place (et honnêtement qui a envie de travail endovaginal juste après l'accouchement ?). On peut soit profiter du congé maternité/parental (il est admis de venir avec son bébé et les professionnels sont souvent équipés pour cela), soit attendre la reprise du travail.

Comment ça marche ? Plusieurs techniques existent, et je ne suis pas certaine que leur efficacité relative ait été beaucoup étudiée (PubMed n'est pas très bavard sur le sujet, à part un article sur l'efficacité de l'électrostimulation sur les dyspareunies du post partum). Selon l'endroit où vous habitez (et la densité de professionnels de santé), vous n'aurez d'ailleurs peut-être pas le choix de la méthode.

  • L'électrostimulation par sonde : vous avez vu les pubs pour Sport élec au télé-achat ? C'est un peu le même principe : on stimule les muscles du périnée par des courants électriques envoyés par une sonde endovaginale. Paraît que non, c'est pas vraiment comme un vibro.
  • Le biofeedback avec sonde : une des techniques les plus pratiquées. Toujours avec la sonde endovaginale, mais qui là est passive. Vous contractez vos muscles et voyez le résultat sur un écran, au final c'est un peu comme un jeu vidéo mais assez répétitif.
  • Connaissance et maîtrise du périnée (CMP) : il s'agit d'une technique basée sur la visualisation dont le côté indirect et imagé peut être déroutant. En effet, on visualise certains mouvements à différents endroits du périnée sans pour autant tenter de bouger les muscles, et les images (herse, pont levis, vase, etc) ne sont sans doute pas adaptées à toutes. Mais elle présente l'avantage de travailler très spécifiquement et précisément les différents muscles.
  • L'eutonie : si on en croit l'institut d'eutonie, "l'eutonie propose une recherche adaptée au monde occidental, pour aider l'homme de notre temps à atteindre une conscience approfondie de sa propre réalité corporelle et spirituelle dans une véritable unité." Bon ça ne parlera pas forcément à tout le monde mais lisez ici le témoignage de Petit Scarabée qui a l'air d'avoir apprécié.
Il y a encore d'autres techniques plus ou moins directes : la pratique du yoga peut contribuer, avec les bandhas ; les boules de geisha sont régulièrement citées pour allier plaisir et rééducation. Les Anglo-saxons parlent beaucoup des exercices de Kegel, qui sont une version un peu rudimentaire du biofeedback (mais pas forcément avec la sonde). Quelle que soit la méthode choisie, il y a généralement une part importante de travail à la maison entre les séances si on veut voir des résultats significatifs.
 
Personnellement, deux enfants, deux histoires. Le seul point commun : j'ai attendu d'avoir repris le travail pour m'y mettre, dans le premier cas parce qu'il n'y avait pas de place plus tôt, dans le second parce que je ne me voyais pas y aller avec Pouss2 ET Pouss1 (3 ans à l'époque et pas encore scolarisé). Je dois dire aussi que c'était dans les deux cas une rééducation "de confort", n'ayant pas eu de traumatisme périnéal majeur (pour Pouss1 une petite déchirure, pour Pouss2 rien du tout) ni de gros dysfonctionnement (juste quelques fuites urinaires pour parler simplement). J'imagine qu'on aborde ça un peu différemment lorsqu'on souffre de problèmes plus sévères.

J'ai donc d'abord testé le biofeedback avec sonde chez une sympathique kiné. Elle m'examinait d'abord pour faire le point et m'aider à trouver les muscles à contracter puis je faisais mon jeu vidéo avec la sonde (différentes intensités et durées de contraction, d'abord allongée puis assise et debout). A propos la sonde est personnelle et s'achète en pharmacie (remboursée sur ordonnance). La kiné recommandait de la garder dans sa poche avant de venir pour qu'elle soit à la température du corps, seul hic elle la passait sous l'eau froide avant de l'installer ce qui ruinait tout l'effet... Et je faisais les exercices entre deux séances (sur le quai du métro... regardez bien les femmes qui ont l'air un peu constipé en attendant le métro...), avec globalement un bon résultat.

Après mon deuxième accouchement, j'ai un temps caressé l'idée de me rééduquer toute seule, en faisant les exercices, en laissant le temps au temps. Mais finalement, après presque 2 ans, avec l'impression persistante que ma vessie avait parfois des velléités d'indépendance, j'ai pris le temps de retourner voir ma sage-femme, celle qui avait accompagné ma grossesse et mon accouchement, et ainsi de tester la méthode CMP. Je dois dire que la première fois que j'en ai entendu parler par une copine j'ai carrément halluciné ("votre urètre est comme un soliflore", mais oui bien sûûûr). Mais après tout, en y réfléchissant l'idée n'est pas si bête, et je l'avais même déjà expérimentée par la pratique du chant. En effet, le périnée, comme le chant, mobilisent des muscles qu'on ne voit pas ; il est impossible d'imiter le mouvement d'un autre, et de pouvoir comparer ce qu'on fait à une référence. La visualisation est donc un moyen assez efficace de contrôler ces organes qu'on utilise plutôt de façon inconsciente, la difficulté étant de trouver la bonne image pour chacun (et aussi simplement d'accepter de se prêter sincèrement à l'exercice). J'ai beaucoup apprécié de pouvoir rapidement acquérir une certaine autonomie et surtout la grande finesse de l'approche, qui va bien plus loin que le simple "serrez mes doigts" et permet de travailler indépendamment les différentes zones (urètre, anus, vulve, vagin etc). On peut ensuite privilégier les exercices dont on a le plus besoin en fonction de sa situation personnelle.

La professionnelle que je suis est habituée à l’air mi hagard mi goguenard de la dame qui découvre la CMP. Lorsque nous nous connaissons déjà, le capital confiance acquis aide à passer cette première phase. Avec un peu de bonne volonté, la femme accepte la règle du jeu, visualiser, ne rien faire, et, au départ, ne rien sentir… Le plus souvent, il faudra huit à quinze jours d’exercices quotidiens avant de percevoir quelque chose. Mais une fois cette phase là arrivée, bingo, de nouveaux muscles se révèlent et cette conscience sera définitivement acquise, facilement ravivée par quelques exercices si le cerveau venait à se lasser. Et le bénéfice de cette finesse des sensations ne se limite pas à rétablir la continence urinaire…

En bref la rééducation périnéale, et en particulier la seconde version, a été pour moi aussi une façon de me (ré)approprier mon corps. Le tabou encore persistant sur la masturbation (même si maintenant toute femme qui se respecte se doit d'avoir une collection de sex toys) interdit implicitement aux femmes l'accès à leur propre vagin. On nous vend même des tampons avec applicateur pour s'assurer qu'on n'y mette pas les doigts ! Par contre il nous est présenté comme normal d'écarter les cuisses chez le médecin et de le laisser faire ses affaires. Eh bien moi j'attends le médecin (ou la sage-femme !) qui proposera une petite caméra ou appareil photo pour me faire une visite guidée de mon anatomie, qui au lieu d'un laconique "tout va bien c'est normal" prendra le temps de me montrer mon col, de m'aider à l'examiner moi-même, qui m'aidera à comprendre comment j'ai été déchirée et comment exactement se place la cicatrice, etc. Idéalement comme je serais chez la même personne dans la durée on pourrait comparer des photos avant/après l'accouchement, pendant la grossesse, etc. On pourrait être aidée pour choisir une coupe menstruelle, un diaphragme (c'est déjà le cas même si peu de professionnels le proposent) ; on pourrait voir les fils du DIU si on choisit d'en porter un, ce qui aiderait aussi à se l'approprier et à mieux comprendre comment il se positionne... Techniquement je ne pense pas qu'il faille un matériel très sophistiqué, ce qui manque c'est sans doute le temps et probablement l'envie chez certains. Et vous, ça vous intéresserait ?

Pour être honnête, l’idée était d’écrire un article à deux mains… Et comme je suis de loin la plus paresseuse des deux, j’ai proposé à la Poule pondeuse de commencer…  Quand elle m’a envoyé « sa » partie, je ne pouvais que constater : je n’avais rien à ajouter. C’était clair, argumenté, documenté, avec tous les liens qui vont bien… J’aurais surement pu trouver quelques anecdotes pour illustrer tout ça mais à quoi bon ? Et puis ce dernier paragraphe m’a rendu l’inspiration. Les féministes avaient déjà usé de ce moyen pour se réapproprier leur corps, mieux le connaitre, le comprendre.

En France, dans les années 70, on apprenait aux femmes la mise en place d’un spéculum, on leur proposait de regarder leur vagin, leur col dans une glace. J’ai bénéficié de cet accompagnement mais ce souvenir était resté tapi dans un tiroir mémoriel de mon adolescence, je ne l’avais jamais proposé. Je l’ai fait à quelques occasions depuis cette prise de conscience. Quelques regards interrogateurs sinon franchement étonnés, quelques refus polis et quelques pourquoi pas... mais une autre fois.

Au final, est-ce aux professionnels de santé d’assurer cette fonction de réappropriation ? L’essentiel est peut-être de nous montrer suffisamment disponible pour que la demande puisse si besoin émerger.

A l’inverse, après un accouchement, je suggère régulièrement aux femmes de regarder leur sexe dans une glace, avec ou sans mon aide. Souvent, elles préfèrent avec. Certaines ne l’ont jamais fait et craignent de ne pas bien comprendre ce qu’elles vont voir. D’autres l’ont déjà fait mais craignent de ne pas se reconnaitre. Une cicatrice douloureuse, des points qui tirent, une sensibilité particulière ; à chaque fois, la réalité apaise.. ce n’est finalement « que » ça. Et l’imaginaire plus ou moins terrifiant qui s’était construit cède devant une cicatrice un peu rouge, un fil, un hématome, images finalement banales et beaucoup plus rassurantes.

Mais le temps de l'examen et plus encore le temps de la rééducation sont beaucoup plus larges que la simple éducation musculaire. Le « hors sujet »  le plus souvent abordé, surtout dans les semaines postnatales est celui de la sexualité ; la libido plus ou moins éteinte, la confiance en son corps plus ou moins atteinte, l’attente de l’autre plus ou moins pressante… Comment se retrouver ou se redécouvrir.

Enfin bien sur, pour répondre aux interrogations de la poule pondeuse, nous pouvons accompagner les femmes dans une meilleure compréhension de leur anatomie, le repérage du col, des  fils d’un dispositif intra utérin. Nous pouvons les aider à choisir un diaphragme - de  la bonne adaptation de la taille dépend son efficacité. Nous pourrions montrer comment utiliser une coupe menstruelle…

A vous de savoir exprimer vos besoins. Aidez nous à vous aider !

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12 février 2012

Limites de territoires

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C'est fatiguant à la fin... Après certains syndicats médicaux, ce sont maintenant des kinésithérapeutes qui nous prennent pour cible.

A l'origine de leur ire, une initiative de notre Conseil de l'ordre qui défend la possibilité pour les sages-femmes d'assurer la rééducation périnéale de femmes sans enfant*. 

De mon point de vue, cette revendication n'est pas une priorité. Ma seule réserve concerne les patientes vivant à distance de tout cabinet de kiné mais à proximité d'un cabinet de sage-femme. Eviter dans ce cas un long déplacement justifierait une dérogation (parfois déjà accordée par l'assurance maladie). Pour le reste, nous avons bien assez à faire avec les accouchées.

Je n'avais donc pas souhaité réagir au mécontentement compréhensible des kinés avant ce qui m'apparait comme une nouvelle attaque. Ainsi, les sages-femmes "phagocytent la rééducation du post partum" ?!  

Comme pour le suivi de la grossesse, je revendique le libre choix des femmes pour leur rééducation postnatale. C'est à elles de décider vers quel praticien elles souhaitent se tourner. Je déplore donc avec les kinés que la nomenclature les exclue de cette rééducation dans les trois mois suivant une naissance. Solidaire encore, je soutiens une cotation similaire de nos actes, en soulignant cependant que l'on ne peut comparer la rémunération d'un praticien se consacrant exclusivement à son patient à celle d'un autre prenant en charge plusieurs personnes simultanément (n'y voyez aucune inflexion corporatiste, ce bémol concerne nos deux professions... à des degrés différents.)

Mais nos amis viennent de se tromper de combat... Dans un courrier adressé à la caisse de Paris, le SMKRP écrit "En effet, il semblerait que certaines caisses primaires d'assurance-maladie remboursent des actes de rééducation fonctionnelle prescris (sic) par les sages-femmes. Cette information laisserait à penser que les sages-femmes prescrivent une rééducation qui n'entre pas dans leur domaine de  compétence".

Mauvais argument ! Lorsque nous prescrivons une rééducation périnéale, nous sommes à la fois aptes à la prescrire et à la réaliser. Il serait pourtant parfaitement abusif et irrespectueux des femmes comme de nos collègues kinés d'exiger que cette rééducation se fasse avec une sage-femme. 

A l'inverse, nous sommes  en conflit avec l'assurance maladie qui refuse de prendre en charge la rééducation abdominale postnatale si l'ordonnance est signée par une sage-femme et non par un médecin (cf cette action syndicale). Si la réalisation de cet acte n'est pas de notre compétence, sa prescription l'est et le soutien des kinésithérapeutes serait bienvenu.

Les sages-femmes assurent de plus en plus de suivi de grossesse et voient donc des patientes consultant pour sciatalgies, lombalgies... Le plus souvent, il s'agit d'une symptomatologie banale chez la femme enceinte, banale ne signifiant pas pour autant négligeable. Mais quelle que soit la situation, nous ne pouvons actuellement prescrire de traitements de kinésithérapie et sommes amenées à rediriger ces patientes vers un médecin. Cette double consultation est absurde ...

En dénonçant nos prescriptions, le SMKRP dénie aux femmes la possibilité de choisir leur praticien, leur complique l'accès à des soins remboursés parce qu'elles ont eu l'audace de ne pas s'adresser à un médecin, contribue à des dépenses superflues pour un système de santé déjà malmené. 

Et il énerve un tantinet les sages-femmes...

 

 * Les sages-femmes ne peuvent assurer la rééducation périnéale que chez les femmes ayant - un jour même lointain- accouché...  Cette restriction semble un peu dérisoire ; à 80 ans, les problèmes de prolapsus ou d'incontinence sont-ils à mettre sur le compte d'un accouchement vieux d'un demi-siècle ou de l'âge ?

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03 février 2012

Cinéma

 

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Magazine de la santé, mercredi 1er février. Reportage sur le prado (dixième minute). Il débute par des images du passage à domicile de Julien, sage-femme libéral*, qui expose brièvement le contenu de ses visites.  Une conseillère de l'assurance maladie rappelle ensuite que cette possibilité existait déjà mais que "les femmes n'en étaient pas correctement informées".

L'intervention suivante est ainsi annoncée : " Le prado fait pourtant grincer des dents, en particuliers les médecins totalement exclus des négociations".

Voici le texte intégral - je ne voudrais pas le dénaturer en le coupant - de l'intervention du Dr Jean Paul Hamon, président de la FMF (Fédération des médecins de France). 
" Il faut au moins qu'il y ait une auxiliaire de puériculture, il faut au moins qu'il y ait une visite de médecin qui puisse examiner la mère, il faut au moins qu'il y ait une visite de médecin ou pédiatre ou d'une personne qui a l'habitude des enfants en bas âge pour prendre en charge cet enfant. Il faut arrêter, il faut arrêter de penser que la sécurité sociale peut faire des économies sur tout et n'importe quoi sans consulter personne."

Pour en saisir tout le sel, il faut imaginer ces quelques phrases proférées avec le ton immensément las de celui qui répète les mêmes évidences depuis des années... 

Voilà donc un monsieur qui déplore de ne pas avoir été consulté pour la mise en route d'une prise en charge qui ne le concerne pas. Au risque de me répéter lourdement, les femmes sortent de maternité comme elles le faisaient avant ce programme mais il leur est proposé d'accompagner leur retour par deux visites (ou plus si nécessaire) de sage-femme.

Le Dr Hamon en appelle à l'auxiliaire de puériculture pour - j'imagine - prendre  soin du bébé, au médecin traitant pour l'examen de la mère et au pédiatre -ou "à toute personne habituée aux enfants en bas âge" (sic) - pour examiner l'enfant.

J'ai une bonne nouvelle pour le Dr Hamon, une sage-femme fait tout cela à la fois, peut y consacrer plus de temps et coûtera 30% moins cher à la collectivité**.
Je serais moins acide si je pensais que derrière son intervention se cachait un réel souci des femmes et des enfants. Mais le ton et les "arguments" employés (ainsi que les propos tenus par le même Dr Hamon en décembre 2011 ) démontrent le contraire.

Par ailleurs, avant que le post partum immédiat ne devienne un enjeu de territoire, qui a vu médecin généraliste ou pédiatre envisager de se déplacer deux fois à domicile en quelques jours pour une femme ou un enfant sans pathologie avérée ? Loin de moi l'idée de le leur reprocher, ce n'est pas leur rôle. Et c'est bien là tout l'intérêt de la collaboration entre médecins et sages-femmes qui peuvent proposer des approches parallèles et complémentaires.
 
Monsieur Hamon, les sages-femmes n'exercent pas sous tutelle.
Respectez notre profession, reconnaissez nos compétences, notre autonomie d'exercice, de diagnostic, de prescription... Nous ferons alors du bon travail ensemble.

 

*je remarque encore une fois la sur-réprésentation de mes collègues masculins dans les reportages.

**Visite médecin = 23 € +10 € de déplacement, consultation pédiatrique = 28 € +10 € (sans compter l'auxiliaire de puériculture, ce métier n'existant pas en libéral) soit un total de 71 €.
La visite d'une sage-femme libérale coûtera à l'assurance maladie 42.40€ + 3.81€ de déplacement soit 46.21€.

NB : le CNGOF a publié un communiqué plus modéré critiquant l'intervention du conseiller de l'assurance maladie. Il suggère d'autres utilisations des budgets, comme la création de TISF. Sur ces deux points, il rejoint la position des sages-femmes. Par contre, il égratigne les libérales et s'offusque de la publicité donnée à notre profession à travers cette nouvelle organisation des soins...

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22 janvier 2012

Déplacée

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Au téléphone, une jeune femme inconnue souhaite une consultation.

Quelques questions pour décrypter les motifs de sa demande. Elle vient d'accoucher de son premier enfant. Son bébé a deux semaines, va bien, elle aussi. A sa sortie de maternité, "on" lui a cependant demandé de faire surveiller son épisiotomie.

Elle ne sait pas ce qui se passe, n'a pas mal, ne pense pas avoir eu de problème particulier mais "on" lui a conseillé de contacter une sage-femme.

Nous ferons donc la consultation demandée.

Puis elle précise "faudra venir chez moi ".

-"Vous avez des difficultés pour vous déplacer ?
- Non
- Vous n’avez pas de voiture ? (les transports en commun sont calamiteux dans ma ville)
- Si
- Pourquoi avez vous besoin d'une visite à domicile ?
- Parce que c’est noté sur l’ordonnance..." *

Petit exposé didactique pour expliquer que venir au cabinet nous permet de faire un examen dans de meilleures conditions, que le rendez-vous est plus facile à caser dans notre emploi du temps et que de plus cela fait gagner quelques sous à la sécu … Je sens bien que je la contrarie mais j'insiste.

Elle se résout dans un -très gros-  soupir à faire l'apparent -très gros - effort de se déplacer.

Reste à trouver le moment du rendez vous. Je propose un créneau le surlendemain.
Ca ne va pas être possible, ce jour là, elle rend visite à sa famille.


* Note à mes collègues de maternité : nul besoin de prescription pour une consultation de sage-femme !


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25 septembre 2011

Point trop n'en faut !

 

Parmi les mots clefs qui vous conduisent ici, cette récente demande "points épisio qui lâchent", a fait ressurgir un souvenir presque oublié.

Après une quinzaine d’années en maternité, je viens de m’installer en libéral. Totalement inexpérimentée pour tout ce qui se passe en dehors de l’hôpital, j’apprends. Je découvre presque un autre monde, en tout cas d’autres rapports avec les femmes, hommes et enfants que je rencontre dans ce nouveau cadre, celui du cabinet.

Ce jour là, c’est à domicile que je suis conviée. Un homme au français très hésitant me demande de passer rendre visite à sa compagne et à leur nouveau-né. Ils sont allemands, leur enfant est né à la maison avec une amie sage-femme, venue d’Allemagne elle aussi, qui a du repartir rapidement. Est-ce que je peux assurer la suite ?

Bien évidemment ! Je suis toute heureuse de partager ainsi un peu de l’intimité chaleureuse d’une naissance à domicile.

Elle ne parle pas français, un peu anglais. Je bégaye, mime, expulse avec difficultés quelques faux anglicismes incompréhensibles mais comme d’habitude, avec beaucoup de bonne volonté, on s’en sort…

C’est chez eux que je fais connaissance avec les feuilles de chou en cataplasme pour traiter la congestion des seins, les couches lavables (dans la cuisine, elles trempent dans un seau, pas très loin des vestiges du chou), le bébé porté en écharpe… savoureuses découvertes de ce qui m’apparait si banal aujourd’hui.

Mais surtout, grâce à elle, j'apprends les ressources du corps humain.

En regardant son périnée, je découvre - avec effroi - une déchirure respectable. Si je suis capable à l’époque de ne pas mettre de point sur des éraillures, laisser ainsi un périnée béant m’affole…

Isolée, démunie, j’ai besoin de la sécurité de l’équipe hospitalière, du "responsable" médical qui validera l’inutilité de suturer ce périnée trois jours après l’accouchement.
J’explique donc que ça ne va pas, pas du tout, et qu’il faut aller à la maternité ; je donne, enfin crois donner les explications nécessaires. Après avoir contacté l'hopital pour qu’elle soit reçue en urgence, je m’en vais en promettant de repasser le lendemain.

Elle me laisse dire et m'agiter… et reste chez elle. Dès que j’ai tourné les talons, elle a la bonne idée de contacter sa sage-femme d’outre Rhin qui la rassure et lui conseille de ne rien faire d’autre que de tenir la cicatrice propre et de se reposer…

Lors de ma visite du lendemain, j’apprendrais que l’absence de point sur une déchirure semble une pratique banale en Allemagne.
Son périnée cicatrisera très bien, en "fermeture éclair" (en partant du bas de la déchirure et en se recollant petit à petit…).

Jolie leçon.

Depuis, lorsque je suis appelée à domicile parce que les points ont lâché… je raconte, j’apaise les craintes avec l’assurance liée à l’expérience vécue.
La fermeture éclair va faire son boulot, lentement mais sûrement.

 


 Mobilisation du 4 octobre

Vous avez envie de soutenir le mouvement

  • Rejoignez-nous : rassemblement à 11 h sur le parvis de la gare Montparnasse
  • Pour les parisien(ne)s qui pourraient faire un saut sur la pause déjeuner : pique nique prévu devant le ministère de la Santé
  • Au niveau local : une chouette initiative de la Cause des parents à Lyon qui pourrait être très largement imitée dans d’autres villes...

Par solidarité et envie d'échanger avec le public, l'association La Cause des Parents vous propose un "mini-regroupement ", un "Flash mob" d'une heure : rendez-vous PLACE DE LA CROIX-ROUSSE (proche de la sortie du métro "Croix-Rousse") le lundi 3 octobre entre 18h30 et 19h30 !
Vous pouvez si vous le souhaitez vous munir d'un oreiller afin d'être "enceinte" pendant une heure (très visuel !) et/ou porter un vêtement de couleur verte.
Nous échangerons entre nous et avec le public de passage, et donnerons des tracts qui annoncent l’évènement du lendemain.

  • Témoignez  ! Faites du bruit ! Contactez les médias, envoyez un courrier à votre député, au ministère de la santé, à l'ARS...
  • Enfin, pour tous les internautes… modifiez vos avatars, bannière, profil facebook, twitter etc ...  en y insérant un «SF-4.10 » -et ce que vous voulez d’autre -. Le code couleur de la manifestation est le fuchsia (sauf à Lyon !) Je l’ai fait sur mon compte twitter en pataugeant beaucoup. Si quelqu’un peut donner un "pas à pas" accessible au commun des mortels…

 

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21 mai 2011

Esseulée

 

Il y a quelques mois, après la naissance de son quatrième enfant, toujours allaité avec bonheur, elle a choisi de prendre un congé parental pour mieux se consacrer à sa famille. Exerçant en libéral, elle a la certitude de reprendre son travail dans quelques temps et jouit même de la liberté de le faire quand elle le décidera ; situation - en apparence - idéale.

Elle m’explique pourtant combien elle se sent isolée chez elle, combien ces semaines rythmées par les horaires scolaires des ainés, les tétés du dernier, la préparation des repas, le ménage et les tournées de lessive lui pèsent.
De temps à autre, elle rencontre des amies mais les seules disponibles en journée ont comme elle cessé de travailler et les conversations tournent encore et toujours autour des enfants et de préoccupations domestiques.

Sa vie sociale lui manque.

Ce jour là, elle me raconte avec gourmandise sa récente sortie pour une occasion « imposée », se réjouissant des échanges - enfin éloignés de son quotidien familial - avec d’autres adultes.

Rien de très surprenant si ce n’est l’occasion en question...
... une sépulture.

Devant sa jubilation, je me hasarde à suggérer que ce devait être une personne à laquelle elle n’était pas très attachée ?
«Ah si, quand même !».

 


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27 mars 2010

Tête à quoi ?

Lu sur famili.fr : Accouchement : quand peut-on reprendre les rapports sexuels ?
Explications du Pr Bruno Carbonne, chef du service gynécologie-obstétrique à l'hôpital Saint-Antoine à Paris :
Pendant deux à trois semaines après une naissance, ils sont déconseillés : le col est encore ouvert avec un risque d'infection. Et rares sont les femmes qui ont la tête à « ça » ! Les lochies, pertes de sang et de sérosités, sont encore très abondantes... De plus, la zone du vagin est douloureuse, surtout après une épisiotomie ou une déchirure. Un mois est un délai «raisonnable» !

Parole masculine n’envisageant les relations sexuelles qu’à travers leur versant pénétrant…
Crainte de l’infection, fantasme du pénis triomphant, forcément démesuré, venant franchir un col encore béant...

Le professeur délivre de sentencieuses affirmations à d’infortunés couples supposés suspendu à son savoir. Omnisciente et toute puissante, la faculté s’autorise à juger du bon moment de la reprise des rapports sexuels.

Il nous est affirmé que «les femmes n’ont pas la tête à ça». Effectivement, la libido est rarement au plus haut dans les semaines suivant une naissance. Faut-il pour autant parler à la place des intéressés ? Ne serait-il pas plus clair, plus respectueux, et bien moins intrusif de souligner que reprendre une activité sexuelle suppose d’en avoir l'envie, tout simplement.

Vient ensuite cette description minutieuses des pertes féminines. Qu’en des termes choisis ces choses là sont dites ! L'on comprend bien à le lire qu’aucun homme ne pourrait - ne devrait ! - avoir envie de s’approcher d’un corps dont s’écoulent en abondance sang et sérosités.

Enfin Mesdames sachez que votre vagin sera douloureux et que vous n’échapperez surement pas à l’épisiotomie sinon à la déchirure…

Non, aucun délai n'est raisonnable

J'entends cette jeune accouchée racontant avec émotion ses retrouvailles avec la sexualité deux semaines après la naissance de son enfant, les gestes doux de son compagnon, attentif, devinant sa crainte de ne pas retrouver les sensations de ce corps traversé par un enfant, dévoué à son plaisir.
Acte d’amour.

Ne nous mêlons pas de définir la sexualité des couples. Seuls comptent leur désir et leur attention l’un à l’autre.

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11 novembre 2009

Savourer

Elle a mis son quatrième enfant au monde il y a quatre mois. Elle vient pour une rééducation postnatale mais ce jour là, sa mine défaite m’invite à négliger son tonus musculaire. A ma première question, elle fond en larmes. Son bébé ne se satisfait plus au sein, pleure beaucoup, dort peu. Tout le monde autour d’elle l’encourage à cesser cet allaitement, arguant que quatre mois c’est déjà beaucoup. Son compagnon la soutient mais il est bien le seul.

C’est son dernier enfant, son dernier allaitement et elle s’était promis de le savourer longuement. Arrêter maintenant serait un renoncement, une immense déception.
Mais le doute est là. N’est elle pas en train d’affamer son bébé, plus préoccupée de son propre plaisir que du bien être de son enfant ? Entre son désir et les avis donnés sans nuances, la culpabilité s’installe sournoisement.

J’évoque une crise de croissance ayant brusquement augmenté les besoins du bébé - je tais l’impact négatif des paroles égrenant le doute, prononcées sans penser à mal par un entourage ignorant. Je l’encourage à persister, lui proposant de passer une journée ou deux au fond de son lit, en peau à peau avec son petit,  avec des tétées aussi fréquentes qu’il le voudra. C’est la demande qui fait l’offre, et ses seins, plus stimulés, vont augmenter leur production.

Elle repart déterminée à passer autant de temps que nécessaire sous la couette. Nous sommes vendredi soir et  son homme pourra prendre en charge la maisonnée le temps du week-end afin de lui permettre cet allaitement intensif.

Un coup de fil le lendemain m’apprendra que tout est rentré dans l’ordre le soir même. Revenue chez elle avec un moral et une confiance retrouvés, elle a mis son petit au sein. La tétée s’est bien passée et il a dormi six heures de suite.  Depuis, ils ont retrouvé leur rythme et tout va pour le mieux.

Quelques mots de réassurance auront suffi.

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24 octobre 2009

Relactation

Son enfant est né il y a un mois et elle souhaitait l’allaiter. Au bout de la première semaine, découragée par des crevasses et le pronostic de son médecin qui lui prédisait des douleurs persistantes, elle a opté pour le biberon.

L’abandon de l’allaitement lui reste insupportable.  Elle m’appelle ce matin là désemparée mais pleine d’espoir. Quelques gouttes perlent encore à ses seins… pourrait-elle recommencer?

Relancer la lactation sera certainement laborieux mais pas impossible et elle se dit déterminée à tenter l’aventure. Je lui propose de faire la prochaine mise au sein ensemble afin de veiller à la bonne position de tétée de son bébé.

Elle arrive, déjà radieuse de cette nouvelle espérance.
Ses seins, non sollicités depuis plusieurs semaines, sont souples et vides. En appuyant sur l’aréole, on voit cependant poindre une minuscule et précieuse goutte de lait.

Son petit commence à avoir faim, cherche le mamelon avec énergie et s’y amarre. Longuement, les yeux rivés au regard de sa mère, ce bébé va téter avec avidité un sein tari. Il pourrait pleurer sur ce lait absent ;  bien au contraire, comme pour encourager les efforts maternels, il accompagne sa succion de petits bruits de gorge traduisant sa satisfaction.

Pour ce duo là, le pari est déjà gagnant.

Epilogue : la maman parviendra à reprendre un allaitement quasi complet pendant plusieurs mois.

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17 septembre 2009

Premiers pas

Nurserie de la maternité.
Pour la première fois, elle fait la toilette de son nouveau-né. Novice et maladroite, elle soutient son enfant dans le bain tiède en l’empoignant par le cou. Son anxiété rend ses gestes impulsifs, imprécis, et son tout-petit risque alternativement noyade et strangulation.

Une auxiliaire de puériculture est à ses cotés pour l’accompagner dans ses premiers pas de mère. Délicatement, jamais en imposant, toujours en suggérant, elle l'invite à déplacer sa main. « Peut-être aimeriez-vous…? », « Seriez-vous plus à l’aise si…? ». Tout doucement, le geste est corrigé, la tête de l’enfant se pose au creux du poignet, la main entoure le bras gracile sans risquer de lâcher prise… la mère se détend et commence à prendre plaisir à ce premier bain.

A aucun moment, cette jeune femme n’a pu se sentir accusée ou même soupçonnée d’incompétence.
Bien au contraire, une confiance renforcée dans sa capacité maternelle lui a été offerte par cette présence respectueuse ; précieuse réassurance qu’elle emportera avec elle.

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