02 avril 2013

Odile n'aime pas les maisons de naissance (4)

 

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Parfois, on se surprend à acquiescer. Odile Buisson constate "Un certain nombre de femmes se disent fatiguées de devoir subir tant de médecine pour un acte si naturel". Mais ce n'est que pour mieux les cataloguer. "Certains groupements associatifs (...) se chargent de repasser le cerveau des bougresses. Le credo de ces associations est un hymne à la tradition. Fonction principale d’une femme : mère ! Comment devenir une mère en accouchant dans le ressenti de la douleur".

Seuls des esprits faibles manipulés par des "groupements"(lire secte) pourraient souhaiter se réapproprier le moment de la naissance ?

Odile Buisson visite la presque maison de naissance de Pontoise. Comme à son habitude, la charge est lourde. Si une première description factuelle évoque avec honnêteté un "espace de liberté, convivial, respectant l’intimité du couple", très vite elle s'interroge sur ce qu'ils viennent y chercher. "Est ce vraiment l’accouchement dit naturel (...) ou plutôt les conditions d’écoute et d’attention exceptionnelles ?"
L'un ne va pas sans l'autre ! Et trouver écoute et attention de la part des soignants est une attente, plus que légitime, de toute femme enceinte, quel que soit le lieu de son accouchement.

Plus fort encore, Odile Buisson envisage que ce soit "le luxe de l'hôtellerie" qui attire les parents. Je laisse chacun juger de ce supposé luxe à travers les photos disponibles sur le site du centre hospitalier de Pontoise. Que ce lieu soit accueillant, nul ne peut en douter, mais luxueux ? Imaginer que les femmes y viennent pour les locaux est d'autant plus absurde que la maison de naissance n'est pas un lieu d'hébergement. On y accouche - et encore, pas tout à fait puisque l'expérimentation n'est toujours pas inscrite dans la loi - mais l'on n’y séjourne pas.

Odile Buisson poursuit sa charge en comparant un peu rapidement les fonctionnements "la maison (...) mobilise deux sages-femmes pour 100 accouchements annuels soit une sage-femme pour 50 accouchements. Dans la maternité, elles ne sont que six sages-femmes pour assurer 4700 accouchements". Si ces chiffres étaient exacts, une telle disparité serait effectivement scandaleuse.
En réalité le temps de travail des sages-femmes de la maison de naissance correspond à 1,80 équivalent temps plein (elles sont salariées) pour 100 femmes suivies par an. Le centre hospitalier en a assuré lui 4760 en 2012 avec 60 sages-femmes mais aussi de nombreux autres personnels. Rien de choquant pour autant ; le centre hospitalier est un type 3 qui gère des situations complexes mobilisant les équipes.

Odile Buisson ne conçoit l’accouchement qu’"effroyablement douloureux". Elle le martèle dans les médias"sur une échelle de 0 à 10, la douleur de l’accouchement est cotée à 12", formule efficace mais forcément erronée*.  A se demander comment font les 20% de françaises qui n'ont pas recours à la péridurale ? Et qui n’accouchent pas en maisons de naissance puisqu’elles n’existent pas encore...

Ce qui la chagrine le plus serait cette "petite ombre restrictive (...) quand une maman vient accoucher, elle doit renoncer définitivement à une éventuelle péridurale, même si en raison de l’effroyable intensité de ses douleurs elle la réclame, il faudra qu’elle s’en passe coûte que coûte". Cela est présenté comme une différence majeure avec les espaces physiologiques des maternités où "une femme submergée par la douleur peut obtenir une péridurale dès qu’elle la demande".
Bien évidemment, il est toujours possible de transférer une mère vers le plateau technique si une péridurale est souhaitée. Mais les sages-femmes ont l'honnêteté de se montrer exhaustives dans leur présentation, précisant que certaine femmes demandent une analgésie puis décident de s'en passer grâce au soutien qui leur est apporté. Situation qu'Odile Buisson transpose en un despotique "ne pas céder à leur demande" traduisant une vraie méconnaissance des hauts et bas que peut traverser une femme en travail, par moment en mesure d'accueillir sereinement ses sensations, à d'autres submergée et découragée puis trouvant à nouveau l’apaisement.
La question n’est pas de refuser, de ne pas céder, mais de proposer des alternatives pour respecter au plus près le projet initial de la femme. Est-il nécessaire de le préciser, la décision lui appartient ; toujours.

Mais Odile Buisson imagine un autre motif au soutien des sages-femmes, bien moins noble. Si l’on s’oppose ainsi à la péridurale en maison de naissance c’est que tout le monde y aurait recours si elle n’était pas proscrite "et les lobbies qui vivent de leur lubies n’aurait plus qu’à plier pancarte et rendre l’argent de leur subvention".
Ainsi nous militerions pour mieux garnir nos porte-monnaie... Avec plus de 15 années de bénévolat au compteur, je me dis que j'ai du rater quelque chose.

Mais revenons à Pontoise. Locaux luxueux mais équipement défaillant. Odile Buisson s’étonne "aucun équipement médical n’est utilisé que celui des sages-femmes. Des gants en latex ? Une sonde pour les bruits du cœur ? "
A se demander si les sages-femmes ne coupent pas le cordon avec les dents !
Peu de technique est une évidence en maison de naissance où prime le respect de la physiologie. Si une intervention s'avère nécessaire, il est plus que logique de changer de lieu pour accoucher dans une salle traditionnelle et traditionnellement équipée.

Certains prônent des espaces physiologiques aux frontières moins définies.
En préparant ce billet, je suis tombée sur une étude récente qui conclut à l'imprévisibilité de l'accouchement et l’impossibilité de sélectionner le bas risque ! En comparant un groupe bas risque et un groupe dit à haut risque, l'étude dénombre en effet plus d’intervention de l’obstétricien dans le premier groupe (21 versus 12 %).
Edifiant ?  A un détail près : dans le groupe bas-risque, on retrouve 76,8% de péridurale et 77,3 % de perfusion d'ocytocine.

On est loin - très loin - très très loin - du respect de la physiologie prôné en maison de naissance.
Mais en faisant mine de l'ignorer, leurs détracteurs tracent leur sillon en dévoyant la notion même de bas-risque. **

 

PS, si la photo d'illustration de ce billet vous semble caricaturale, et bien vous avez raison ! Chacun son tour ...

à suivre....

 

* Echelle orale d'évaluation de la douleur : Le soignant demande au patient de quantifier sa douleur sur une échelle virtuelle allant de 0 "Douleur absente", à 10 "Douleur maximale imaginable".

**Cf cette autre étude à la conclusion semblant "intéressante" (mais je n'ai accès qu'au résumé). 

Edit du 03.04 : grace à la solidarité du net, j'ai reçue l'étude évoquée ci-dessus. Merci !!  Il ne me reste plus qu'à trouver le temps de la lire en oubliant mon piteux niveau anglais...

 

©Photo Jyn Meyer

 

 

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13 mars 2013

Sous le signe du lien

 

5398546351_035100ff3e_bAprès l'argumentation spécieuse d'Odile Buisson, voilà qu'un autre médiatique gynécologue aligne les affirmations tendancieuses.

Comme il serait dommage ne pas en avoir connaissance, je vous copie ci-dessous l'intégralité d'une interview diffusée sur France Bleue Alsace le 4 mars dernier.

Les maisons de naissance bientôt testées dans toutes la France ?

Le Sénat devrait voter dans les prochaines semaines une proposition de loi qui prévoit d’expérimenter ces structures attenantes aux maternités. Elles offrent aux femmes la possibilité d’accoucher sans être hospitalisées. Le suivi est assuré uniquement par une sage-femme. En ligne avec nous le professeur Israël Nisand gynécologue obstétricien à Strasbourg. Bonjour !

Bonjour.

Vous connaissez très bien ce dossier puisqu’il existe une forme de maison de naissance à Strasbourg depuis 2004. Vous en êtes d’ailleurs le responsable. Cela signifie qu’il y a aujourd’hui une vraie demande de la part des femmes ? Est-ce que c’est parce que l'accouchement est devenu trop médicalisé professeur Nisand ?

Non il n'y a pas de vraie demande parce que nous offrons 8 salles de maisons de naissance à Strasbourg depuis 2004 et ça correspond à 3 % des accouchements, donc il n’y a pas de réelle demande ce n’est pas en augmentation. Il y a une demande de certaines professionnelles de s’affranchir de la tutelle des médecins mais il n’y a pas de demandes de patientes.

Le Professeur Frydman, autre gynécologue médiatique, évoque lui une demande de 10 à 15 %*. C'est bien parce que ces salles physiologiques n'ont rien à voir avec une maison de naissance que la demande ne se développe pas. L'accompagnement global est une des clefs de voute du succès. Réduire le concept à une salle un peu plus accueillante bénéficiant d'une baignoire, c'est démontrer ne rien avoir compris ni à l'idée défendue, ni surtout aux attentes des femmes.

Donc c’est plus un débat purement médical alors, c’est ce que vous nous dites ?

C’est un débat assez corporatiste parce qu’il y a dans pratiquement toutes les maternités de France des secteurs physiologiques où l’on peut accoucher en faisant moins de médecine. Mais si on s’éloigne des salles d’accouchement, on s’éloigne aussi de la possibilité d’avoir une péridurale et cela c’est pas dit dans la chanson. Comme actuellement il y a une assez mauvaise météo pour les femmes, je dis que ces maisons de naissance à distance des salles d’accouchement où il n’y aura plus de péridurale possible c’est un peu une tromperie pour les femmes.

Les salles physiologiques sont loin, très loin, d'être présentes dans toutes les maternités de France.
Par ailleurs, opposer les unes aux autres est absurde.  Est-ce que l'on imagine opposer maternités de type 1 ou 3 ? Ce sont des offres de soin complémentaires, pas interchangeables.
Quant à tromper les femmes...

Oui parce que vous à Strasbourg, c’est vrai que les salles sont vraiment incluses dans la maternité, enfin les médecins peuvent venir à tout moment alors que la proposition loi ne prévoit pas ça. C’est ce que vous dénoncez ?

Voilà, voilà, c’est ce que je dénonce. C’est sûr qu’un certain nombre de sages-femmes ont envie de devenir chef de service et de s’affranchir de la tutelle des médecins mais je rappelle qu'un accouchement à tout moment peut tourner à une complication, que les sages-femmes n’ont pas la compétence pour gérer les complications et que s’il faut au moment d’une complication se mettre à se déplacer pour rejoindre une salle d’accouchement traditionnelle on est dans le mal fait aux femmes.

Marteler le mot complication ne fait pas une démonstration. Ces lieux sont destinés à des femmes ne présentant aucune situation particulière, et le dépistage de possibles complications est de la responsabilité et de la compétence de toute sage-femme. Cela dit, oui certaines femmes seront transférées de la maison de naissance à la maternité comme d'autres le sont d'une "salle d'accouchement traditionnelle" au bloc opératoire.

Et donc à ce titre là, je trouve que la question corporatiste qui est posée de savoir si les sages-femmes doivent ou non être chef de service ne justifie pas que l’on éloigne les femmes des endroits où l’on peut les soigner correctement.

La motivation des sages-femmes serait donc d'être calife à la place du calife ? L'argument semble tellement mesquin qu'il ne mérite pas que l'on s'y attarde. Dans cet autre billet, je soulignai le possessif du Pr Nisand évoquant "ses" sages-femmes.

Mais revenons au bien être des patientes est ce que ça ne peut pas quand même servir certaines femmes d’accoucher de façon plus naturelles aujourd’hui ? Il y en a qui le souhaitent.

Mais c’est le cas dans pratiquement toutes les maternités et de mon point de vue il suffisait de mettre l’accélérateur sur des salles d’accouchement dédiées à la maison de naissance à l’intérieur des salles d’accouchement.
Mais le fait de s’éloigner des salles d’accouchement et de faire des services d’accouchements bis avec le prétexte que à ces endroits on aura plus de sages-femmes pour s’occuper des femmes, et bien mettons les moyens sur les salles d’accouchement qui n’ont pas les moyens actuellement de s’occuper vraiment méticuleusement des femmes. Il n'y a pas besoin de créer de nouvelles structures pour cela. Il suffit de donner un peu plus de personnel dans les maternités pour qu’on n’ait plus d’accident de type Port-Royal et que l’on puisse s’occuper un peu mieux des patientes qui souhaitent démédicaliser leur accouchement. Mais créer de nouvelles structures pour ça, ça me parait très mauvais pour les femmes.

Là encore, il est absurde d'opposer les deux. Il faut à la fois plus de sages-femmes en structure et des sages-femmes en maison de naissance. Et quid de l'accompagnement global ?

Donc vous pensez que ce n’est pas le vrai argument, vous citez l’exemple de l’accident de Port-Royal est ce que ce n’est pas aussi pour désengorger les maternités tout simplement ?

Mais ça ne va jamais désengorger madame puisque la demande est à hauteur de 3 %. Ça ne va rien désengorger. Ça va mettre beaucoup de moyens sur un petit nombre d’accouchements alors que là où il y a besoin de gros moyens humains on ne les mettra pas.
Donc je préférerais que plutôt qu’on utilise des sages-femmes pour faire 150 accouchements par an ce qui est prévu dans les maisons de naissance, on rajoute ces moyens dans les endroits où y a beaucoup d’accouchements pour que les pépins… si vous voulez pour qu’on ait des pépins dans les maternités qui font beaucoup d’accouchements et des lieux d’accouchements physiologiques avec beaucoup de sages-femmes pour très peu d’accouchements ne me parait pas raisonnable, en tout cas ça va contre l’égalité des femmes entre elles.

En maison de naissance, le ratio serait d'environ 50 accouchements par sage-femme et par an. Mais il ne s'agit pas que d'accouchement. L'accompagnement global, c'est aussi le suivi médical, la préparation à la naissance, le suivi postnatal à domicile.
On compte en France environ 20 000 sages-femmes pour 800 000 naissances, soit une sage-femme "utilisée" pour 40 accouchements... 

Une dernière question puisque c’est un argument aussi pour cette proposition de loi, c’est le coût. On nous dit que l’accouchement dans ces lieux reviendrait moins cher qu’à l’hôpital, c’est vrai ou faux professeur Nisand ?

C’est une tromperie madame, c’est une tromperie. Quand on regarde les salles d’accouchement aujourd’hui, on a fait, tout le monde a fait des efforts pour que l’argent public soit utilisé correctement. Dire qu’avec 2 ou 3 sages-femmes (rires) on va faire 150 naissances là où on en fait 4000 par ailleurs je veux bien qu’on m’explique que ça va couter moins cher mais ça va couter bien plus cher et en plus ce sont des endroits ou en cas de douleur extrême on ne pourra pas faire de péridurale. Dans la maison de naissance de Strasbourg, 35 % des femmes qui avaient l’intention d’accoucher en maison de naissance finissent par demander, malgré l’acupuncture, malgré l’analgésie qu’on y fait, d’être transférées dans la pièce d’à côté pour bénéficier d’une péridurale.

Cela coutera moins cher et les transferts pour péridurale seront bien inférieurs.
Notre problématique est justement d'avoir l'occasion de le démontrer.
Rappelons que la proposition de loi ne concernerait au maximum qu'une dizaine de sites.
Il ne s'agit pas de révolutionner l'obstétrique française mais d'entrouvrir la porte à une expérimentation...

Le seul point positif est que le reproche d'une moindre sécurité semble abandonnné. Une récente étude le démontre - à nouveau ! - cette thèse ne tient pas.

En dehors de notre supposée lutte pour les chefferies, le seul argument multimartelé est l'absence de recours à la péridurale. Les sages-femmes seraient donc assez malhonnêtes pour taire cette information, les femmes assez stupides pour ne pas les interroger et les maternités assez perverses pour refuser le transfert en cas de besoin ? 

Prétendre défendre la cause des femmes en niant leur droit à décider pour elles-mêmes me semble un exercice périlleux.

Merci beaucoup professeur Israël Nisand pour ces explications.

 

 

Une petite étude présentant les résultats de maisons de naissance suisses (l'une d'elles se nomme "Dix lunes" mais aucun rapport avec le blog) 

 

 

*Y a-t-il des grossesses et des accouchements à bas risque ? C. Colmant a,b, R. Frydman a, Gynécologie Obstétrique & Fertilité 37 (2009) 195–199

 

©Photo

 

 

26 février 2013

Acharnement pas thérapeutique

 

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Certains combats judiciaires dépassent très largement la défense d'un intérêt personnel. Celui mené depuis 6 ans par Eudes Geisler est de ceux-là.

Après un premier accouchement en clinique privée qui la laisse insatisfaite, elle cherche un accompagnement différent pour son second enfant. Aucune sage-femme de sa région ne pratique les accouchements à domicile (1) et les maisons de naissance pourtant évoquées depuis 1998 sont toujours en débat (2)Par chance, elle habite en zone frontalière. Son bébé verra donc le jour dans une maison de naissance allemande.

Bien avant son accouchement, Eudes Geisler prévient sa CPAM pour obtenir une prise en charge, essuie un refus, fait un recours en adressant un courrier très argumenté qui génère pourtant un nouveau refus. Elle sollicite la commission de recours amiable sans plus de succès. Elle saisit alors le TASS (tribunal des affaires de sécurité sociale) et est encore déboutée

Pour faire bonne mesure, elle est condamnée à une amende de 100 € "pour avoir voulu faire supporter par la communauté des assurés sociaux un choix de pure convenance personnelle"...

Cet argument spécieux est d'autant moins recevable que le remboursement demandé (1046 €)  est inférieur au tarif d'un accouchement - sans séjour- dans une structure française (3).  

Eudes Geisler n'est pas femme à se laisser abattre. Elle se pourvoit en cassation. Le premier jugement est annulé et l'affaire renvoyée devant le TASS. Cette fois ci, il tranche en sa faveur et lui attribue le remboursement de ses frais d'accouchement.

 

La bataille semble gagnée ?
Pas du tout !
La CPAM fait appel de ce jugement...
...Et est à nouveau déboutée.

Happy end ?
Toujours pas !
La CPAM décidément déterminée à faire supporter le coût de son obstination par "la communauté des assurés sociaux" se pourvoit en cassation.

C'est donc reparti pour un tour et si je vous ai décrit tout cela, c'est que cette bataille juridique a un coût - déjà bien supérieur à la somme réclamée ! - et qu'il faut maintenant trouver plus de 5000 € pour payer les frais d'avocat.

Entre temps, Eudes Geisler a mis au monde un autre bébé, toujours en maison de naissance allemande.
Et devinez quoi, sa demande de prise en charge a été refusée !

 

Pour en savoir plus
Pour faire un don

 

1- le coût de l'assurance serait d'environ 20 000€, à rapprocher des 313 € versés par l'assurance maladie à une sage-femme pour l'accouchement et les soins postnatals pendant sept jours...

2- Une proposition de loi sur l'expérimentation des maisons de naissance sera débattue au Sénat jeudi prochain (28/02)à partir de 16 heures

3- Petit appel : le PMSI m'est -très- hermétique. J'aimerais la confirmation de personnes plus habituées à manier ces données... Ce que j'ai pu trouver : accouchement sans complication et sortie à J0 Mère: GHM 24Z20Z = 1134€ + Nouveau-né de plus de 2500g en bonne santé GHM 24Z23Z = 357 €.

 

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07 janvier 2013

Coup de projecteur

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Des articles et forums lus sur le net, les témoignages de mes consoeurs, certains commentaires du blog, des questions posées par le biais de "contactez l'auteur", des échanges mails, et le presque quotidien du cabinet ... une convergence d'éléments démontrant la méconnaissance de notre métier.

La sage-femme cette inconnue… 

La sage-femme est la professionnelle de santé pouvant prendre en charge l’ensemble des événements physiologiques (normaux) de la maternité et du suivi gynécologique.

Maternité : suivi médical de la grossesse, préparation à la naissance, accouchement, suivi postnatal, allaitement, rééducation périnéale.

Gynécologie : suivi annuel, frottis, prescription de contraception (y compris pose d'implant et de dispositif intra utérin). 

En cas de pathologie, la sage-femme collabore avec le médecin spécialiste pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, lui passe le relais pour le suivi gynécologique.

La France compte 20000 sages–femmes en exercice. Elles exercent majoritairement au sein des maternités, mais aussi en cabinet libéral et en PMI.

 

En libéral, elles assurent tout ou partie des activités suivantes : consultation de grossesse et postnatale, préparation à la naissance, suivi au retour à domicile, suivi de l’allaitement, consultation nourrisson (suivi staturo pondéral), rééducation périnéale, échographie, suivi gynécologique (et, sur prescription d’un médecin, surveillance d’une grossesse qualifiée de pathologique).

Certaines de ces sages-femmes proposent un accompagnement global de la naissance : présentes du pré au postnatal, elles vous assistent lors de votre accouchement, que ce soit à domicile ou en plateau technique (au sein d’une maternité mais en toute autonomie)

Il y a 4000 sages-femmes libérales, donc forcément une pas trop loin de chez vous. Pensez à la contacter pour votre suivi gynécologique et dès que vous avez un projet de grossesse...

 

En maternité, vous aurez - très ! - souvent affaire aux sages-femmes. Elles assurent une partie des consultations, des échographies, la préparation à la naissance, sont les praticiennes qui vous prennent en charge au quotidien en cas d’hospitalisation pendant la grossesse, tout au long de votre accouchement et pendant votre séjour postnatal.

 

Elles sont aussi présentes dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour accompagner les femmes enceintes dont la grossesse nécessite, pour des raisons médicales, sociales ou psychologiques, une présence rapprochée.

Certaines exercent dans les centres de procréation médicalement assistée.

Enfin, vous trouverez des sages-femmes dans les centres d’orthogénie, pour assurer les consultations de contraception et pour accompagner les IVG.

 

Vous avez donc de très nombreuses raisons d'avoir affaire à une sage-femme. Pourtant, les jeunes diplômées peinent à trouver leur place.

Certains cabinets libéraux ont du mal à exister, faute d'agenda suffisamment rempli. A l'inverse, du fait de la diminution des postes, les sages-femmes salariées sont débordées et constatent chaque jour la dégradation de la qualité de leurs prises en charge. Il est demandé à chacune d’en faire toujours plus avec moins. Ce toujours plus se fait forcément au dépend de la qualité des soins, de l’attention portée à chacune.

 

Comment agir ?

- pour les libérales, le principal obstacle est la méconnaissance de leur champ de compétences. La sécurité sociale promettait en 2007 une mise en avant de leur profession. Nous l’attendons toujours. Faisons le ensemble grâce à la magie des réseaux sociaux !

- pour les salariées, les directions des établissements négligent leur surbooking quotidien. La pénurie n’est pas encore à un point tel que la sécurité soit en cause (quoique...) mais "la mère et l’enfant vont bien" n’est qu’un minimum, nécessaire mais pas suffisant ! Il faut que de nouveaux postes soient ouverts. Ecrivez, témoignez, dénoncez ce qui ne doit plus être.

 

Faites circuler très largement cet article autour de vous. Demandez à vos contacts de le relayer.
Faites mieux connaître ce métier dédié à la santé des femmes !

 

Edit du 9/01 : UN GRAND MERCI A TOUS. Ce billet a été largement relayé. Il reste cependant une possibilité qui n'a pas été assez exploitée, l'envoi par mail, qui permet de faire circuler l'info auprès d'un autre public que celui de FB ou twitter. Y a juste à cliquer sur la petite enveloppe, là, tout en bas à gauche... Je compte encore sur vous !

 

Pour aller plus loin

- Rôle des sages femmes dans le système de soin (rapport de la cour des comptes septembre 2011) 

- Une plaquette d'information restée confidentielle. A diffuser largement !

- Quelles sont les compétences générales de la sage-femme (site du conseil de l'ordre)

- Sur ce blog, "Sage-femme mode d'emploi", "Résister"

 

 ©Photo  A is for Angie

 

17 juin 2012

So fashion

 

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En 1663, Louis XIV fait appel à un chirurgien pour l'accouchement de sa maîtresse, Louise de la Vallière. Etre accouchée par un chirurgien devient alors un must et la mode se répand rapidement dans les milieux aristocratiques et la grande bourgeoise.
C'est le début du déclin de la profession de sage-femme autrefois seule habilitée à assister les femmes en couches.

Trois siècles et demi plus tard, le mouvement pourrait s'inverser. Ainsi qu'en témoigne cet article paru dans le New York Times, top modèles et autres célébrités se tournent vers les sages-femmes, saluant la prise en charge globale qu'elles proposent, et délaissent les obstétriciens. 

Cela s'inscrit dans un courant plus large, également présent en France, prônant un retour au naturel, mêlant alimentation biologique ou santé holistique, cherchant une naissance préservée, dé-technicisée, en maternité ou à domicile.

Le Etats-Unis ont toujours un petit temps d'avance. Les sages-femmes françaises devraient donc redevenir prochainement ce qu'elles n'ont jamais cessé de revendiquer, les professionnels référents de la maternité physiologique.

Toutes nos explications, tous nos efforts de communications sont restés vains, les études attestant de la sécurité de nos prises en charge ont été négligées, même les enjeux économiques n'ont pu convaincre.
Mais gageons que ces arguments deviendront audibles le jour où accoucher avec une sage-femme sera un critère de réussite sociale...

Se transformer en "signe extérieur de richesse" pour enfin se faire entendre ?

 

 

©Photo : Jeff Koons "Hanging Heart" - Château de Versailles


 


10 septembre 2011

Logique floue

 

Le rapport de la cour des comptes sur la sécurité sociale vient de paraître. Au sein de ce très dense document, 25 pages sont consacrées aux sages-femmes.
Je vous encourage à aller les éplucher.

Pour les fainéants du rang du fond et les "pas vraiment concernés mais intéressés quand même", je tente un résumé que je crains indigeste.

L’introduction souligne la qualité de notre formation (en 5 ans), l’extension de nos compétences et le développement de notre profession (+80% en 20 ans).

La cour des comptes se penche ensuite sur les fonctions assumées par les sages-femmes selon leur mode d’exercice.

Du coté des salariées, le rapport confirme ce que nous savons déjà - la grande majorité des accouchements du secteur public (2/3) est assurée par des sages-femmes - et affirme que la proportion s’inverse dans le privé (1/5). Ce dernier chiffre est ainsi expliqué "Dans le secteur privé, les sages-femmes salariées travaillent en effet le plus souvent comme auxiliaires médicales des gynécologues obstétriciens : elles surveillent le travail de leurs patientes et appellent ces médecins (...) pour assurer l’accouchement, même lorsqu’il est physiologique ".

Je revendique pour mes consœurs salariées du privé la reconnaissance de leur travail ! Elles n’ont pas les mains sur le périnée de la dame lorsque l’enfant parait ; c’est une différence certes, mais qui reste toute relative… Dans le public comme dans le privé, tous les accouchements sont suivis par les sages-femmes  (en cas de pathologie, elles "assistent" les obstétriciens qui ont compétence pour décider de la conduite à tenir).

Coté libérales, notre activité serait massivement centrée sur la préparation à la naissance. "Les consultations (...) de suivi de grossesse ne représenteraient que 5 % des montants remboursés ". Soyons positif,  cela veut dire qu'il existe une très bonne marge de progression ! Loin de moi l’idée de dénigrer la préparation, mais l'on peut regretter que cette activité soit trop souvent déconnectée du suivi de la grossesse.

Vient ensuite un chapitre qui fait ma joie et je l'espère la votre en dénonçant l’hypertechnicisation de la naissance. Il cite des chiffres d'intervention souvent supérieurs aux autres pays européens (20% de césarienne, 20% de déclenchement, 80% de péridurale) avec cette précision quelque peu déroutante : "Selon une enquête de la DREES de 2006, 80 % des femmes interrogées déclarent avoir bénéficié d’une péridurale, dont 5 % sans l’avoir demandé. "

La cour des comptes précise, toujours au sujet de l'hypermédicalisation "Cette conception française de l’accouchement est loin d’être universelle" et cite ensuite cette phrase de la mission périnatalité (2003), déjà mentionnée ici : "Les données disponibles laissent penser qu'il faudrait à la fois faire plus et mieux dans les situations à haut risque et moins (et mieux) dans les situations à faible risque".

Le rapport s'aventure jusqu'à annoncer "Un groupe minoritaire (ndlr : 49% ?) souhaitant pouvoir bénéficier d’un accouchement peu médicalisé a également été identifié lors de l’évaluation du plan périnatalité. Ainsi, le département des Pyrénées orientales et celui de la Lozère sont confrontés à une demande d’accouchements « naturels », voire d’accouchements à domicile ".
Ainsi rédigé, d’aucuns pourraient penser que cette attente ne concerne que ces deux seuls départements. Je précise donc que l'étude s'est concentrée sur quelques régions. La demande d’accouchement naturel me semble très équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. Seules les réponses ne le sont pas !

Toutes ces constatations amènent la cour des comptes à constater l’inadéquate répartition des actes entre sages-femmes et médecins. "Un parcours de soins faisant davantage de la sage-femme le professionnel de premier recours en cas de grossesse et pour le suivi gynécologique contraceptif et de prévention pourrait être en effet envisagé à terme, à l’instar de ce qui est pratiqué dans d’autres pays".
Youpi !!!!  même si je me serais volontiers passée du "à terme"…

Enfin la cour des comptes revient sur le feuilleton "Maison de Naissance" de l’automne dernier et recommande "la mise en oeuvre de cette expérimentation dans un cadre juridique approprié (…) pour autant qu’elle fasse l’objet d’une évaluation médico-économique rigoureuse". Et cite cette estimation de la DGOS : "L’économie escomptée par accouchement par rapport à une structure hospitalière serait de l’ordre de 600€".

Voilà pour les bonnes nouvelles.

Certaines sont nettement moins bonnes.

"Le projet d’accouchement à domicile, qui ne fait l’objet d’aucun encadrement réglementaire, comprend une prise de risque dès lors que le système de soins n’est pas organisé pour assurer le transfert et l’accueil des patientes en cas de nécessité. Ainsi, l’absence d’assurance constitue une situation tout à fait anormale qui ne peut perdurer. Il convient donc que l’Etat fasse strictement respecter l’interdiction de réaliser des accouchements à domicile programmés sans couverture assurantielle".

Décortiquons :

  • Qui ne fait l’objet d’aucun encadrement réglementaire. Ce n’est pas tout à fait juste. De manière générale, notre pratique est  "encadrée" par le code de la santé publique dont l'article L4151-1 précise nos compétences, complété principalement de l’article L4151-3 qui en défini les limites : "En cas de pathologie maternelle, fœtale ou néonatale (…), la SF doit faire appel à un médecin"
  • Le système de soin n’est pas organisé pour assurer le transfert. Ce n’est pas faute de le réclamer !
  • L’absence d’assurance. La cour des comptes a l'honnêteté de noter en bas de page " En France, aucune assurance n’accepte aujourd’hui de couvrir à un tarif compatible avec des revenus de sages-femmes la responsabilité civile professionnelle dans le cas d’accouchements à domicile"

Ces deux derniers constats sont justes et les conclusions évidentes : il faut travailler sur l'intégration de l’accouchement à domicile dans l’offre de soin, le partenariat avec les réseaux de périnatalité et permettre aux sages-femmes de s’assurer (participation des caisses au paiement de la RCP, réévaluation substantielle de l'acte "accouchement", intervention de l'état auprès des assureurs...)

Que nenni ! La cour des comptes  recommande de "Faire strictement respecter l’interdiction de réaliser des accouchements à domicile programmés sans couverture assurantielle". Ce qui revient, au vu du blocage actuel de toutes les démarches entreprises pour trouver une solution, à interdire l’accouchement à domicile programmé.

 

Le second point négatif est cette fausse bonne nouvelle "Réorienter l’activité des sages-femmes libérales vers le suivi post-natal et le suivi global".
Evoquer le suivi post natal de façon isolée... c'est tout sauf global !
Favoriser une prise en charge globale des couples et des familles devrait me ravir. Mais une nuance de taille réside dans cette petite phrase  "Cela n’est possible que si la nomenclature des actes des sages-femmes est - à coût constant pour l’assurance maladie - significativement modifiée".
Ce coût constant pourrait être une redistribution des actes. Plus de consultations par les sages-femmes, c’est moins de consultations pour les médecins ; une – infime- partie du budget alloué aux uns pourrait ainsi être attribuée aux autres…
Mais la cour des comptes fait une autre suggestion " Dans un contexte où une assez faible proportion de femmes accouche désormais sans péridurale, la question pourrait également être posée d’une diminution du nombre de cours (sic) de préparation à la naissance  et d’une révision à la baisse de la tarification de cet acte".

S'appuyer sur le recours à la péridurale pour démontrer l’inutilité de la préparation tout en recommandant une moindre technicisation de la maternité est un savoureux paradoxe ! Tant que le système de soin sera celui que nous connaissons, hypermédicalisation/ surcharge des équipes /multiplicité des intervenants, la préparation n'aura que peu d’impact sur les conditions de naissance (mais elle répond à de nombreux autres objectifs de prévention); transférer les consultations des médecins aux sages-femmes n'y changera pas grand chose.

A l'inverse, imaginons des femmes et des couples suivis tout au long de la grossesse, en consultation comme en préparation par les mêmes sages-femmes, avec l’assurance de retrouver l’une d’entre elles au moment de la naissance ( en plateau technique, maison de naissance ou à domicile), puis d’être accompagnés en postnatal par les mêmes personnes.
Voilà une façon économique de prendre en charge la périnatalité physiologique tout en répondant réellement aux attentes parentales…

Mieux faire pour moins cher c’est possible… mais il ne faut pas se tromper de chemin.

 

Edit du 14/09  : lire aussi cet article du Monde

 

PS : Je vous invite à aller voir ce bref reportage de TF1  "Accoucher moins cher " (sic) sur la -presque- maison de naissance de Pontoise. Ne ratez pas surtout la moue dédaigneuse de Laurence Ferrari accompagnant le lancement du sujet...

Autre moment d’anthologie, au 13 h de France 2 (vers 13h24). On y voit une sage-femme expliquant que nos compétences ne se limitent pas à l'accouchement et aux consultations et elle détaille "la gestion de l’hémorragie, les points de suture, la réanimation du nouveau né" ; raccourci hasardeux ou miracle du montage ?
Le reportage se termine par ce commentaire : "la revalorisation du statut des sages-femmes devrait être au coeur des prochaines discussions entre la sécurité sociale et les syndicats ... de médecins". Gloups!

 


16 avril 2011

SF, mode d'emploi !

La longue discussion qui suit a eu lieu par mail avec Alexandra, lectrice de ce blog. L'idée de publier nos échanges nous est venue en imaginant que cela pourrait intéresser d'autres parents. 


Accompagnement de la grossesse
Quels types d'accompagnement existe-t-il vraiment ? On ne nous présente principalement que le suivi gynécologique, ce qui ne parait pas idéal finalement. Donc qu'en est-il ?
Lorsque la grossesse est "normale ", le suivi peut-être assuré par une sage-femme (libérale, PMI ou salariée en maternité), un médecin généraliste, un gynécologue de ville ou un obstétricien. C’est aux femmes de choisir le praticien qui leur conviendra le mieux.

Dans la mesure où une majorité de femme accouchent à l'hôpital (par choix ou faute d'alternatives), quelles sont les options car il faut un minimum un rendez-vous dans l'hôpital pour s'ouvrir un "droit" à accoucher ?
Il ne s’agit pas d’avoir un rendez-vous pour avoir le droit mais d’avoir un dossier dans la structure pour permettre à l’équipe qui t’accueillera le jour J de te connaitre. Les recommandations actuelles sont de faire les trois dernières consultations (7ème, 8ème et 9ème mois) dans la  maternité (avec une sage-femme ou un obstétricien). Dans les faits, ce ne sont souvent que les deux dernières consultations qui sont prévues en maternité.

Est ce obligatoire de se faire suivre à l'hôpital d'ailleurs ? On ne va quand même pas me mettre à la porte si je suis en travail et que j'arrive à la maternité ? Est ce simplement pour des questions administratives ?
Obligatoire non, très souhaitable oui. Pas facile pour la sage-femme d’accueillir quelqu’un dont elle ne sait rien … Premier ou quatrième bébé ? antécédents d’accouchements faciles ou pas ? groupe sanguin ? etc.. Du coup, tu  risquerais de te sentir bombardée de questions plutôt qu’accompagnée…

Peut-on se faire suivre uniquement par une sage femme de l'hôpital pour se garantir ce droit ?
Se faire suivre dès le départ au sein de la structure est un choix qui t'appartient et qui dépend aussi un peu de l'organisation de l'hôpital. La plupart du temps, seules les deux dernières consultations sont "exigées" sur place.

Accompagnement par une la sage Femme
Que peut prendre la sage femme en charge ? Peut elle encadrer complètement la grossesse ou y-a-t'il des rendez-vous obligatoires qui doivent être effectués ailleurs ?
La sage-femme est compétente pour le suivi d’une grossesse "normale". En cas d’anomalie, son rôle est de la dépister puis de passer le relai (partiel ou total selon les situations) au praticien compétent.
La plupart des grossesses se passant sans problème, on peut être tout le temps suivie par une sage-femme ; (pour ma part, j'assure les consutations jusqu’au 7ème mois de grossesse puis je passe le relai à une sage-femme de la maternité ).

Qu'est ce que l'accompagnement global ? J’en ai entendu parler mais je ne sais pas ce que ça veut dire vraiment, et aussi, est ce couteux ?
L’accompagnement global consiste à être suivie par la même sage-femme (éventuellement pas un nombre restreint de sages-femmes, 2 ou 3) dès le début de la grossesse, pendant l’accouchement puis les semaines voire les mois suivant la naissance (suites de couche, allaitement, consultation postnatale).
C’est actuellement possible soit en accouchant à domicile (mais faute d’assurance professionnelle et devant l’hostilité des réseaux de périnatalité, peu de sages-femmes ont cette pratique), soit en trouvant une des trop rares sages-femmes ayant un accès à un plateau technique (pouvant accompagner les parents lors de l’accouchement au sein d’une maternité).
Les maisons de naissance tant espérées devraient permettre – quand ???? - d’élargir cette possibilité à plus de sages-femmes et donc à plus de parents.

J'ai aussi lu quelque part que cela coutait cher ? Pourquoi (si c'est effectivement le cas) ? Ce n'est pas un accompagnement reconnu par la sécu ?
La sécurité sociale prend en charge les frais liés à cet accompagnement mais les tarifs des sages-femmes sont dérisoires.
Une consultation est payée 19 € (et même 17 € avant la déclaration de grossesse)
L’accouchement, quelqu’en soit la durée, est coté exactement 312.70 €
En cas d’accouchement à domicile, les visites de suivi pour la mère et le bébé pendant 6 jours sont incluses dans ce tarif ! En cas d’accouchement en plateau technique, la sage-femme a le droit de facturer en plus les visites de cette première semaine (46.21€ pour les 2 premières visites, 35.61€ ensuite)
Si tu déduis une moyenne de 50 % de charges, les sages-femmes sont les smicardes des professions de santé et travaillent à des tarifs horaires indécents pour les accouchements.
Par ailleurs, l’accompagnement global suppose une disponibilité totale puisqu'elles peuvent être appelées à tout instant pour une naissance.
Certaines travaillent malgré tout pour les tarifs conventionnés, leurs actes sont alors intégralement remboursés par la sécurité sociale.
D’autres demandent des dépassements d’honoraires non pris en charge. C’est un accord à trouver entre sage-femme et parents.

Je crois comprendre qu'à quelques exceptions près, les sages femmes ne peuvent pas nous faire accoucher à l'hôpital car on ne leur ouvre pas le "plateau" technique. Mais peuvent-elles être présentes tout de même ? Pendant le travail par exemple ?
Dans l’absolu, on peut être accompagnée par qui on veut lors de l’accouchement. Aucun texte n’interdit d’être accompagné par «sa» sage-femme.
Mais elle n’aura aucune possibilité d’intervenir dans la prise en charge et c’est une position finalement peu confortable pour tout le monde. Pour les parents qui se retrouvent avec deux "référentes", pour la sage-femme de la maternité qui peine à trouver sa place dans une relation déjà étroitement installée, pour la sage-femme accompagnante qui doit suivre ce qui se passe sans pouvoir intervenir.
Mieux vaut je crois prendre contact avec l’équipe en amont de l’accouchement pour faire entendre ses besoins. Le jour J, si c'est une volonté commune, la relation s’établit très rapidement entre parents et sage-femme.

Comment ça se passe concrètement quand on se fait accompagner par une sage femme lors de l'accouchement ? Est ce que malheureusement, elle ne peut nous suivre que lors de la grossesse mais arrivé l'accouchement, elle ne peut être présente ? Par exemple, peut-elle venir chez nous pendant le travail jusqu'à ce qu'on se rende à l'hôpital ?
Ca fait partie des choses envisageables… c’est fonction de la disponibilité de la sage-femme, des distances… juste une remarque : aucun tarif n’est prévu pour les sages-femmes dans ce cas là. Elle ne peut facturer qu’une consultation à 19 € (ou alors compter des honoraires non remboursés). La bonne volonté des sages-femmes trouve ici ses limites… Se rendre disponible, être amenée à annuler des rendez-vous au dernier moment, pouvoir être appelée à n’importe quel moment… pour 19 € dont ne resteront après déduction des charges que 8,50€ maximum ! (Pardon d’être aussi prosaïque…)

Et comment ça se passe si la sage femme n'est pas là/en vacances ou autre ? Quelqu’un peut- il prendre le relai ?
Les sages-femmes qui proposent un accompagnement global s’organisent autant que possible pour avoir un relai en cas d’impossibilité. (quand par exemple elles sont en train d’accompagner une naissance et sont appelées pour une autre).
Les périodes d’absences sont annoncées tôt et elles évitent d’accepter une grossesse dont le terme tomberait pendant leurs congés.

La sage femme, il me semble, peut assurer un suivi dans les premiers jours qui suivent l'accouchement si on retourne à la maison tôt (sinon, je ne sais pas si elle peut venir à l'hôpital), tu confirmes?
Les sages-femmes libérales peuvent assurer le suivi après la sortie de maternité et viennent à domicile en cas de sortie précoce. Elles pourraient éventuellement venir à l’hôpital mais on se retrouve toujours dans le même cas de figure, il y a d’autres sages-femmes présentes au sein de l’hôpital et quelle serait alors la place de la libérale ?

Faut-il avoir été suivi par une sage femme tout l'accouchement pour que ce soit possible ?
Ce n’est pas impératif. Mais il est vrai que les libérales préfèrent en général proposer un suivi continu et retrouver en postnatal les parents rencontrés avant l’accouchement. La relation s’est déjà installée et les retrouvailles sont d’autant plus simples et chaleureuses…

Accouchement
En fait, quelles sont les "formules" qui existent en France ? La question est vague, mais finalement, je ne sais même pas s'il y a beaucoup d'alternatives à l'accouchement à l'hôpital, et si on choisit autre chose, quelles sont les risques (pas spécialement d'un point de vue médical (bien qu'on nous bourre le crane sur les médecins savent tout blablabla) mais aussi du point de vue de la prise en charge secu etc) ? Les maisons de naissances n'existant pas en France, quel choix avons nous ? à part de trouver une maternité style "amie des bébés" ?
Si je récapitule rapidement,  on peut accoucher en maternité (publique ou privée), en plateau technique, à domicile.
Les deux dernières options permettent un accompagnement global avec un nombre très restreint d’intervenants. Mais ces situations sont réservées aux femmes dont la grossesse puis l’accouchement se présentent parfaitement normalement et qui ne souhaitent pas de péridurale.
Par ailleurs, les sages-femmes accompagnant les accouchements à domiciles sont rares, celles ayant un accès au plateau technique d’une maternité le sont tout autant.
Ces options ne pourront se développer qu’avec un soutien fort des parents démontrant que cette « prise en charge » est vivement souhaitée. Les maisons de naissance auront besoin du même soutien pour parvenir à vaincre tous les obstacles qui leurs sont opposés.
L’accouchement en maternité ne doit pas être envisagé comme un "pis aller". Le principal défaut des structures est souvent de travailler à  "flux tendu", avec des équipes souffrant de ne pas avoir la disponibilité qu’elles souhaiteraient. Il n’empêche que les professionnels exerçant au sein de ces maternités sont tout aussi attentifs et soucieux que les autres. Et que le dialogue qui s’instaure pendant la grossesse et/ou au début de l’accouchement est essentiel pour leur transmettre tes attentes et tes besoins.



 

16 janvier 2011

Anti Mythe

Vendredi soir sur Arte, un film suivi d'un documentaire sur le thème de la dépression postnatale…

Après les avoir vus, un sentiment partagé…
Incontestablement, il était bienvenu d'aborder ce sujet. Oser montrer que ce n’est pas toujours le plus beau moment de la vie, qu'une femme ne devient pas forcément "la plus heureuse des mamans"... La façon dont l'histoire est traitée permet que l’on s’attache à cette jeune mère en détresse et éloigne ainsi le risque de jugement abrupt.

Le documentaire qui suit explique que toute femme peut être touchée, qu'il s'agit bien d'une pathologie et qu’il ne suffit pas de "se secouer" pour en sortir. Il souligne combien ces mères se retrouvent dans l’incompréhension totale de ce qu'elles traversent - état si éloigné du grand bonheur annoncé - et comment elles tentent de faire face jusqu’au craquage… C’est bien aux autres, familles, amis, soignants d’être attentifs et de savoir entendre la souffrance qu’il y a parfois derrière le sourire de façade, je suis un peu fatiguée mais ça va

Je regrette par contre que la "chute hormonale" soit la seule cause évoquée dans la fiction. Origine hormonale également reprise pendant le reportage bien que d'autres raisons psychosociales soient citées. La journaliste souhaite sans aucun doute insister sur les origines physiques de la maladie afin de déculpabiliser les femmes concernées. Mais cette explication mécaniste me semble critiquable, ne serait-ce que pour sa réciproque, l’imprégnation hormonale de la grossesse qui ferait de ces neuf mois une période de béatitude, autre légende infondée.

Le pourcentage annoncé (20%), est juste si l’on comptabilise toutes les formes de dépression, mineures ou majeures. Mais le documentaire n'envisage comme issue que la prescription d’antidépresseurs associée à une hospitalisation en unité mère enfant de plusieurs semaines... Est-ce à dire qu'une femme sur cinq devrait être hospitalisée après son accouchement ?

Michel Odent souligne ensuite qu’un accouchement mal vécu peut faire partie des facteurs déclenchant et c'est hélas une évidence. Il met en cause la médicalisation de la naissance et l'ocytocine de synthèse trop largement utilisée, bloquant la sécrétion d'ocytocine naturelle et privant ainsi les femmes de ses effets protecteurs. Il affirme qu’il n’y a pas - plus exactement qu’il n’a pas vu - de dépression post partum en cas d’accouchement à domicile.
Je m'interroge sur les mécanismes de prévention. C'est d'abord la continuité de l'accompagnement pre per et postnatal que permet l'accouchement à domicile qui me semble protectrice.

Car le documentaire a aussi le mérite d'aborder l'importance de l’accompagnement postnatal, soulignant que les sages-femmes allemandes suivent les familles plusieurs semaines après la naissance. Le commentaire précise que ce suivi n’existe pas en France. Soyons exact, il est possible mais n’est pas organisé. Les services de PMI et les sages-femmes libérales assurent cet accompagnement...s'il leur est demandé !

Mais ni les sages-femmes ni la PMI ne peuvent proposer un soutien dans la vie quotidienne. S'occuper des ainés, de la gestion de la maison, ne pas trouver d'autres bras disponibles lorsque le bébé pleure et que la mère s'épuise à le calmer... Dans le meilleur des cas, le père pourra assurer ce rôle mais le congé de paternité est bien court. Autrefois, ce quotidien était pris en charge par l'ensemble de la famille (des femmes de la famille, n'idéalisons pas !). Maintenant, chacun vit chez soi. Les couples y gagnent en indépendance mais perdent en échange repères et soutien... (les doulas sont évoquées mais pas précisément dans ce cadre d'intervention). Cet isolement, associé à l'exigence de perfection faite aux femmes est surement à prendre en compte dans l'augmentation des dépressions post partum.

Le reportage se termine sur les groupes de soutien. A défaut de rencontres dans le monde réel, le site de Maman Blues est une fenêtre virtuelle à ouvrir.

Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à aller voir film et documentaire en ligne jusqu’à vendredi prochain.

 

 

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05 janvier 2011

Le chainon manquant*

France Inter hier soir. Une émission sur la naissance. Quatre invités, quatre hommes, quatre médecins, quatre professeurs. (3 obstétriciens, I.Nisand, Y.Ville, R.Henrion -ancien président de l’académie de médecine- et un pédiatre P.Vert).
Quid des sages-femmes, quid des parents ?
La naissance est chose sérieuse et ne peut être évoquée que par d’éminents spécialistes !

Sans surprise, l’émission s’ouvre sur les maisons de naissance "le projet marque le pas"...

Sans vous imposer une analyse exhaustive des débats, je retiens quelques points.
La demande pour un accouchement  moins technicisé est reconnue mais celle de l’accouchement à domicile balayée en quelques mots par I Nisand "on peut mourir à domicile". Sans surprise, il défend sa "maison de la naissance", huit salles d'accouchement au sein de la maternité de Strasbourg. Au détour d'une phrase, il reconnait enfin cette évidence, c’est la même chose qu'un espace physiologique. Effectivement, l'alternative - cependant intéressante -proposée à Hautepierre** n'est pas une maison de naissance. Les femmes sont accompagnées par les sages-femmes de garde, donc pas forcément connues et surtout pas forcément disponibles. Les sages-femmes se partagent entre les salles physiologiques et les autres et comme partout, elles font ce qu’elles peuvent…
Y Ville soulignera d’ailleurs l’intérêt du "1 pour 1" une femme, une sage-femme, organisation optimale qui supposerait une volonté forte des pouvoirs publics. Ce n’est pas le chemin que nous prenons actuellement…

I Nisand, dans son combat contre l'accouchement à domicile, envisage qu’une femme puisse accoucher à l’hôpital avec sa sage-femme et propose que l’on mette à la disposition des femmes et des sages-femmes qui le désirent le service public des maternités.
Louable intention ! Cette possibilité existe déjà, mais elle est très majoritairement refusée aux sages-femme libérales. Et lorsque la porte s’entrouvre, c’est souvent à la condition de se conformer strictement aux protocoles du services ; protocoles édictés pour pallier la multiplicité des intervenants, le manque de disponibilité des sages-femmes, protocoles standardisant les prises en charge en partant du principe qu'il vaut mieux en faire trop que pas assez.
Exactement à l’inverse de ce que l’accompagnement global permet de faire. Exactement à l'opposé de ce que parents et sages-femmes demandant cet accès au plateau technique souhaitent.
Dialogue de sourd...

Seront aussi abordées les sorties précoces. I Nisand présente le service d’hospitalisation à domicile de son établissement qu’il précise confié à « nos » sages-femmes (comme j’aime à entendre ce possessif).
Il défend la généralisation de cette organisation avec une nuance intéressante ; en ville, le service doit être assuré par les salariées, en rural (secteur plus difficile du fait des déplacements)…ben les libérales peuvent s’y coller. Que voilà une répartition harmonieuse ! Ne serait-il pas plus judicieux de travailler avec les libérales pour l’ensemble de ces visites (sachant que le prix de revient pour l'assurance maladie est alors divisé par 2 ou par 3 ?).***

Mais je retiendrai surtout cette réflexion d'Y Ville rappelant qu’en Angleterre, pour un nombre équivalent de naissances, il y a deux fois plus de sages-femmes et deux fois moins d'obstétriciens. Les chiffres sur la sécurité et la satisfaction autour de la naissance sont meilleurs là bas.

CQFD !

*le titre surréaliste de ce billet est du à la réflexion partagée par Y Ville puis I Nisand "la sage-femme est le chainon manquant"
** avec mon mauvais esprit habituel, je vous invite à observer tout particulièrement la diapositive N°9
***Il y aurait beaucoup à dire sur le développement de l’hospitalisation à domicile en périnatalité. J’y reviendrai dès que j’en aurai le temps (mes billets "d’actualités" en retard s’accumulent …).


07 septembre 2010

Où l’on reparle des MDN

Hier soir, au JT de 20h*, sur France 2, cette annonce : Accoucher au naturel comme à la maison. Un nouveau type de maternité fait son apparition en Europe du Nord, sans médecin et sans chirurgie, c’est le dossier de cette édition.

Premier étranglement sur le «sans médecin, sans chirurgie» souligné en négatif dès le lancement du sujet.

Puis le journaliste lance le reportage : Et d’abord cette vogue des maternités alternatives. Dans l’établissement que vous allez découvrir, il n’y a ni médecin (encore !), ni bistouri, ni péridurale mais des soins comme à la maison. La tendance vient d’Europe du Nord (faux ! cela existe depuis les années 70 aux Etats-Unis). Inutile de dire qu’elle ne fait pas l’unanimité. Certains dénoncent un diktat naturaliste ou une régression. A Namur en Belgique, c’est le dossier de cette édition

Comme je m'étouffe déjà devant mon écran, je prends mon Larousse afin de vérifier ce que je crois comprendre.
Vogue = mode. Faut-il en déduire que les femmes s'enthousiasment pour d'autres façons d'accoucher au même titre que pour quelques chiffons ?
Diktat = exigence absolue imposée par le plus fort. Le plus fort actuellement n'est-il pas le pouvoir médical qui dénie trop souvent aux parents toute capacité de choix ?
Naturaliste = relatif au naturalisme, doctrine qui affirme que la nature n’a pas d’autre cause qu’elle-même et que rien n’existe en dehors d’elle. L'accouchement en MDN n'est en rien naturaliste. Il s'agit simplement de respecter au mieux les phénomènes physiologiques, de permettre à la mère de s'adapter à ses sensations et de rester vigilant pour dépister tout incident. Ce n'est en aucun cas le refus de la médicalisation, ni une croyance béate en la bienveillance de la nature.
Régression... Nul besoin de dico !

Nous voilà, en une simple phrase de lancement, bien rhabillées !

La suite apparait plus honnête. Je retranscris ci-dessous les commentaires en voix off de la journaliste. Le reportage débute par la visite de la Maison de Naissance, accueillante et chaleureuse, suivi de l'interview des sages-femmes, et de quelques images de la naissance d'un petit Sacha. Il se termine sur un repas convivial partagé entre femmes enceintes, jeunes mères et sages-femmes.

Un nid bien douillet... la maison est à l’abri du tumulte c’est l’œuvre de trois sages-femmes, trois femmes d’expérience et de conviction.
Ca commence toujours comme ça en douceur, à l’approche du bébé, on visite pour prendre ses marques.
Cet accouchement comme le premier, la jeune femme le désire sans médecin ni bistouri, sans médicaments sans hôpital.
Et ici tout est possible, prendre un bain chaud pour dilater, s’accrocher à une écharpe pour pousser. Rien de médicalisé que des méthodes naturelles et parfois inhabituelles comme ce gros ballon pour bien placer le bébé.
Bien sur il restera la douleur, il n’y aura pas de péridurale mais des massages, du réconfort, de la parole.

En 5 ans, 200 bébés sont nés dans ces deux chambres On est loin des gros rendements des maternités, c’est un peu du sur mesure
Un accouchement moins médicalisé qu’à l’hôpital qui coute donc moins cher à la sécurité sociale belge mais les futures mères doivent cependant verser une participation de 300 euros à la Maison Des Naissances
Ici on milite donc pour du naturel. Pour autant pas question de négliger la sécurité , la surveillance est la même qu’à l’hôpital
De toute façon, elles prennent le minimum de risque, pour accoucher ici, les femmes doivent être plutôt jeunes, en excellente santé, leur bébé aussi.
En cas de problème il y a toujours la clinique à 300m et l’hôpital un peu plus loin. En 5 ans, il y a eu 4 transferts dont un en urgence. C' ’est peu mais du coté des médecins la MDN suscite quand même quelques réserves.

Un médecin au discours convenu apparait alors à l'écran : En cas de problème, et le problème peut surgir de façon brutale et  de façon inopinée, les minutes parfois comptent et le transfert de la MDN vers un hôpital outillé peut prendre du temps.

Alors que les études prouvent la sécurité des prises en charge par les sages-femmes, on nous ressort la rengaine de la complication brutale et imprévisible. Il est vrai qu'il nous reste beaucoup à comprendre sur les mécanismes qui préservent ou perturbent la physiologie de l'accouchement. Mais les études le prouvent, si l'on s'adresse à une population sans facteurs de risques particuliers, si l'on respecte les processus physiologiques, si l'on permet à la femme de lâcher prise en toute sécurité affective et psychologique, les complications sont rares, dépistées souvent bien en amont avec la possibilité d'y remédier sereinement. Dans ces conditions, l'accompagnement global (une même sage-femme tout au long de la grossesse, accouchement et suites de couches) donne d'aussi bons résultats en terme de santé maternelle et néonatale avec moins d'interventions.

Ils sont l’un avec l’autre, un précieux instant d’intimité filmé par les sages-femmes. L’ultime douleur quand le bébé arrive ;
Sacha est né le plus naturellement du monde, sans péridurale. Mais est ce que toutes les femmes doivent accoucher ainsi ?

Bénédicte de Thysebaert, sage-femme : Il n’en est pas question ; les maternités sont là pour la majorité des gens. Les MDN c’est un petit projet avec peut-être une population marginale avec des gens qui n’ont pas envie de fonctionner comme tout le monde. Et pourquoi pas ? On a aussi le droit d’avoir un autre projet.

Retour en plateau avec cette phrase de conclusion : En France, l’expérimentation devait commencer il y a 3 ou 4 ans, le décret n’est finalement jamais paru.

Motifs de cette non-parution ? Analyse sociologique ? politique ? économique ?  Interview de sages-femmes et de parents militant pour ces projets en France ?  Perspectives ?
Nous n'aurons rien de tout cela. Merci France 2 pour ce dossier "fouillé" !

* à la 20ème minute précisément si vous souhaitez le visionner (en ligne pendant une semaine)

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