08 mars 2013

Ne laissons pas la naissance rimer avec finance

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Aujourd'hui 8 mars, participer à une action collective soutenant une maternité respecteuse me semble une excellente façon de célébrer la journée des droits des femmes !

Longue vie au Belvédère !

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26 février 2013

Acharnement pas thérapeutique

 

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Certains combats judiciaires dépassent très largement la défense d'un intérêt personnel. Celui mené depuis 6 ans par Eudes Geisler est de ceux-là.

Après un premier accouchement en clinique privée qui la laisse insatisfaite, elle cherche un accompagnement différent pour son second enfant. Aucune sage-femme de sa région ne pratique les accouchements à domicile (1) et les maisons de naissance pourtant évoquées depuis 1998 sont toujours en débat (2)Par chance, elle habite en zone frontalière. Son bébé verra donc le jour dans une maison de naissance allemande.

Bien avant son accouchement, Eudes Geisler prévient sa CPAM pour obtenir une prise en charge, essuie un refus, fait un recours en adressant un courrier très argumenté qui génère pourtant un nouveau refus. Elle sollicite la commission de recours amiable sans plus de succès. Elle saisit alors le TASS (tribunal des affaires de sécurité sociale) et est encore déboutée

Pour faire bonne mesure, elle est condamnée à une amende de 100 € "pour avoir voulu faire supporter par la communauté des assurés sociaux un choix de pure convenance personnelle"...

Cet argument spécieux est d'autant moins recevable que le remboursement demandé (1046 €)  est inférieur au tarif d'un accouchement - sans séjour- dans une structure française (3).  

Eudes Geisler n'est pas femme à se laisser abattre. Elle se pourvoit en cassation. Le premier jugement est annulé et l'affaire renvoyée devant le TASS. Cette fois ci, il tranche en sa faveur et lui attribue le remboursement de ses frais d'accouchement.

 

La bataille semble gagnée ?
Pas du tout !
La CPAM fait appel de ce jugement...
...Et est à nouveau déboutée.

Happy end ?
Toujours pas !
La CPAM décidément déterminée à faire supporter le coût de son obstination par "la communauté des assurés sociaux" se pourvoit en cassation.

C'est donc reparti pour un tour et si je vous ai décrit tout cela, c'est que cette bataille juridique a un coût - déjà bien supérieur à la somme réclamée ! - et qu'il faut maintenant trouver plus de 5000 € pour payer les frais d'avocat.

Entre temps, Eudes Geisler a mis au monde un autre bébé, toujours en maison de naissance allemande.
Et devinez quoi, sa demande de prise en charge a été refusée !

 

Pour en savoir plus
Pour faire un don

 

1- le coût de l'assurance serait d'environ 20 000€, à rapprocher des 313 € versés par l'assurance maladie à une sage-femme pour l'accouchement et les soins postnatals pendant sept jours...

2- Une proposition de loi sur l'expérimentation des maisons de naissance sera débattue au Sénat jeudi prochain (28/02)à partir de 16 heures

3- Petit appel : le PMSI m'est -très- hermétique. J'aimerais la confirmation de personnes plus habituées à manier ces données... Ce que j'ai pu trouver : accouchement sans complication et sortie à J0 Mère: GHM 24Z20Z = 1134€ + Nouveau-né de plus de 2500g en bonne santé GHM 24Z23Z = 357 €.

 

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10 octobre 2012

Juste valeur ?

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C’était quelques jours avant la revalorisation de notre consultation (passée à 21€ depuis le 15 septembre).

Elle arrive en cours de grossesse parce que ses "exigences" horaires ne conviennent pas à son gynécologue qui lui aurait dit « Si vous voulez des rendez-vous après 18 heures, vous n’avez qu’à aller voir une sage-femme ». C’est en tout cas ce qu’elle me raconte pour expliquer notre rencontre un peu tardive. Le code du travail autorise*les absences pour les consultations règlementaires mais bien que salariée, sa situation professionnelle ne lui permet pas de faire jouer cet article sans risquer de perdre son emploi.

Je la reçois donc en fin de journée. Comme trop souvent, son médecin n’a pas jugé utile de me transmettre un dossier. Son parcours de vie émaillé de petits mais nombreux problèmes de santé occupe une bonne partie de la consultation. La partie suivante est consacrée à l'avalanche de ses questions inquiètes. C’est la première fois semble-t-il qu’elle peut évoquer la masse de scénarios angoissés accumulés depuis le projet de cette grossesse.

Examen clinique (après avoir argumenté l’inutilité du toucher vaginal systématique), prescription du bilan mensuel (en expliquant ce qui est recherché) ; il est presque 20 heures quand la consultation se termine.

-"Voilà vous me devez 19 €. Je vais prendre votre carte vitale, vous serez remboursée dans les cinq jours et j’attends pour poser votre chèque.

- Oui d’accord mais je croyais que pendant la grossesse on était couverte à 100% ?

- Tout à fait, vous serez remboursée de la totalité par la sécurité sociale, sans mutuelle.

- Oui mais pendant la grossesse on est bien prise en charge à 100% ?

- Bien sûr, c’est ce que je viens de vous dire.

- Mais si je suis à 100% pourquoi je devrais avancer l’argent ?

- Parce que la prise en charge 100% et le tiers payant, ce n’est pas pareil. De toute façon, je ne déposerai pas votre chèque à la banque avant que vous ne soyez remboursée.

- Ah bon, mais pourquoi je dois vous payer ?

.....

- Parce que notre rendez-vous a duré plus d’une heure, qu’il est tard et que je trouve normal d’être payée pour mon travail ! Pas vous ?

- Si si… " dit elle en extirpant - lentement - un chéquier de son sac.

Déontologiquement correcte, je n’ai pas évoqué les dépassements d’honoraires - connus et conséquents - de mon "confrère" gynécologue.

 

*Article L1225-16 du code du travail ; ça peut toujours servir !

 

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28 mars 2011

Mobilisation

Je vous espère nombreux à connaitre cet appel et à le relayer largement.

De multiples manifestations auront lieu samedi prochain dans chaque région et nous nous devons chacun d'y participer.

Une amie, sage-femme et militante, me racontait récemment l'ébahissement de ses interlocuteurs lorsque elle avait déclaré avec fougue - et une certaine candeur - au cours d'une très officielle réunion "Mais on n'a pas le droit de faire du fric sur la santé des gens".

Toute la question est là...

Le budget de l'assurance maladie n'est pas indéfiniment extensible et il y a bien évidemment des arbitrages à faire mais ils doivent être dictés par le souci du plus grand nombre et non par les intérêts privés de quelques uns.

La santé n'est pas une marchandise !

 


Edit de 13h30 : une fois sur la récap nationale, faut ouvrir les CR de réunions pour avoir accès aux infos locales.

 

 

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08 novembre 2010

Hors de prix

Nous l'avons suivie les trois derniers mois de sa grossesse, grossesse éprouvante et difficile chez une femme arrivée récemment dans la région, loin de sa famille et de ses amis, et dont les antécédents faisaient redouter un accouchement prématuré.

Nous l'avons accompagnée, à l’écoute de ses angoisses autant que de ses contractions utérines, disponibles aussi souvent, aussi longtemps qu’il le fallait, l'aidant à négocier entre les injonctions sans nuance de son obstétricien et la réalité de sa vie quotidienne, sa culpabilité de ne pouvoir bien s'occuper de ses ainés et sa réelle fatigue, sa dépression latente et sa négation de toute difficulté psychologique.

Nous avons fait plus que le "ERCF 2/sem TA, BU, pour ATCD acct à 32 SA" * qui nous était demandé et sans compter notre temps ; rien que de très normal, c’est notre métier. Et nous l'avons fait au tarif - bloqué depuis 8 ans - de la sécurité sociale.

Son compagnon est médecin spécialiste, un de ces spécialistes pour lesquels, dans ma région, il faut attendre de longs mois avant d’obtenir un rendez-vous. Au fil des années, j’en ai rencontrés plusieurs.
Le premier, parfaitement charmant et disponible, a changé de ton en rejoignant un groupe privé dans un bâtiment aussi luxueux qu’onéreux justifiant d’écourter les consultations pour mieux parvenir à les rentabiliser.
J’ai quitté le suivant parce qu’il venait d’afficher dans sa salle d’attente  "les CMU doivent se signaler à l’accueil".
Fuit le troisième parce que ses secrétaires se moquaient ouvertement et à très haute voix de certains patients.
Enfin, le dernier ne m'a plus revue après qu’ayant traversé la ville pour honorer un rendez-vous pris plusieurs mois auparavant, j’ai trouvé porte close et, qu’après mon appel étonné du lendemain, il n’ait pas juger bon de s’en excuser.

Je suis donc allée consulter ce nouveau médecin, encore rapidement disponible car il vient d’ouvrir son cabinet. Les locaux sentent la peinture, le sol brille, les chaises sont design, les revues de la salle d’attente ne tombent pas en lambeaux, tout est rutilant et aseptisé. La secrétaire déjà débordée ne cesse de mettre des communications en attente pour tenter de remplir un dossier ou de faire régler le patient précédent. Afin de s'assurer que personne ne parte sans payer, elle prend la carte vitale en otage dès l’arrivée.
Car ce nouveau médecin, par ailleurs compétent et sympathique, se paye au prix fort. Le tarif de ses consultations est plus de deux fois supérieur à celui de la sécurité sociale.

Après un examen réalisé avec soin, je suis repartie avec une ordonnance, quelques conseils judicieux, de rassurantes paroles, mais aussi une sourde colère de me trouver ainsi à cautionner un système que je réprouve. Une médecine pour les riches - dont je ne suis pas vraiment mais que j’ai cependant les moyens de me payer - laissant de côté les autres, les démunis.

Ici, les dépassements d'honoraires se banalisent. Là, le gouvernement souhaite que les plus pauvres payent pour avoir accès aux soins. A voir ici

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*enregistrement du rythme cardiaque fœtal (et des contractions...), tension artérielle, bandelette urinaire (recherche d'albuminurie) deux fois par semaine pour antécédent d’accouchement prématuré à 32 semaines de grossesse.



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