05 mars 2013

Faire connaissance

 

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L'entretien prénatal précoce est une prise de contact parallèle au suivi de grossesse permettant à une femme ou à un couple d’exprimer leurs attentes, besoins et craintes pour les aider à s'orienter dans le dédale des options qui s’offrent à eux.

Cet entretien est un échange ouvert, pas une succession de cases à cocher. Il n’empêche, certaines questions ont besoin d’être posées pour cerner le contexte.

"Est-ce votre première grossesse" est l’une d’elle. Je m’applique à parler de grossesse et non d’enfant à venir afin que la question soit claire.

"Oui, c'est la première" me répond-elle.
Débutée sur un mode joyeux, notre discussion révèle au fil des minutes une anxiété croissante. Elle dit sa crainte des rendez-vous médicaux, des nombreux examens complémentaires, déplore cette médicalisation qui " l'empêche de profiter de sa grossesse "…
Je tente de comprendre l’origine de son angoisse. 
Et c’est ainsi qu’au détour d'une phrase, une IVG et deux fausses couches viennent s’ajouter à cette "première".

 

Ce petit texte pour introduire les portes ouvertes proposées par l'ANSFL pour marquer la journée des droits des femmes. Ce sera l'occasion d'évoquer deux outils de prévention, le frottis cervico-utérin et l'entretien prénatal précoce.
Le 8 mars prochain, contactez le cabinet de sage-femme de votre secteur et faites connaissance !

 

 

©Photo

 

 

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01 avril 2012

Pas de fumet sans feu

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Cet article paru le 29 mars dans le Monde a fait du bruit dans le landerneau des sages-femmes. Ces propos évidemment mal compris et mal interprétés les avaient quelque peu révoltées.

Odile Buisson a souhaité préciser sa pensée :

En aucun cas, je n'ai souhaité  porter atteinte, ni à la profession de sage-femme, ni à l'autonomie des femmes.

Loin de toute position corporatiste, je souhaitais alerter sur les difficultés d’accès à la contraception et au suivi de prévention, pourtant gages de la sécurité sanitaire des femmes françaises. Cette fonction, longtemps tenue par des gynécologues médicaux aux compétences sous employées, est sans aucun doute du ressort des sages-femmes (comme des médecins généralistes). Examen gynécologique, bilans biologiques et frottis cervico-vaginal sont en effet des pratiques banales pour les sages-femmes puisqu'elles s’inscrivent très habituellement dans le cadre du suivi de grossesse. 

En aucun cas, je ne suggèrais que les sages-femmes outrepassent leurs compétences. Elles réalisent lors de leurs consultations un interrogatoire soigneux permettant de dépister les éventuels facteurs de risques; si tel est le cas, elles réadressent les patientes vers le médecin. Ce temps consacré au dépistage et à l’information est autant de temps libéré pour les consultations déjà chargées des spécialistes.

Par ailleurs, attribuer la longévité des françaises à l'existence de notre spécialité était un raccourci hasardeux. Rien ne permet de démontrer la corrélation entre ces deux facteurs. Pour preuve, la gynécologie médicale est très peu présente en Espagne et l'espérance de vie des espagnoles est pourtant supérieure à celle des françaises.

Comme je le soulignais, les femmes sont des citoyennes à part entière. Chacune d'elle est en droit de choisir d'être suivie par une sage-femme ou un médecin, d'accoucher avec ou sans péridurale, d'allaiter ou non son enfant. Ces décisions lui appartiennent pleinement. Et notre role de soignant n'est ni d'influencer, ni de dénigrer leur choix mais de les accompagner.

Je m’attache comme l’ensemble des praticiens médicaux, à exercer au sein d’un réseau où tous les acteurs de la santé se complètent et se coordonnent, dans le souci partagé de répondre aux attentes et aux besoins des citoyennes de première classe que sont les femmes…

En ce dimanche premier avril, je remercie Odile Buisson d'avoir pris le temps de cette salutaire mise au point.

 

PS : pour celles et ceux qui douteraient  de la véracité des paroles rapportées, je vous renvoie à la date de publication et à l'illustration de ce billet...

PS bis : on me rapporte aujourd'hui que certains s'interrogent encore sur la réalité de ces propos. Je confirme donc le message implicite du PS précédent : poisson d'avril !!!


Quand l'article d'Odile Buisson est paru, nous avons été nombreux(ses) à réagir. Très vite, au fil d'échanges sur Twitter, est venue l'idée d'une réponse groupée. 

Ce texte s'inscrit dans une démarche partagée avec la Poule Pondeuse et Souristine  ; chaque texte est individuel et rédigé en fonction de nos sensibilités personnelles. 
Néanmoins, femmes, médecin, sage-femme, nous partageons toutes une certaine idée de ce que pourrait (devrait?) être le suivi des femmes et la prise en charge de la naissance en France.


 

 

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04 mars 2012

Farniente

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Réunion de professionnels de la périnatalité. Le débat s'oriente sur les protocoles qui s'imposent chaque jour plus aux équipes de maternité.

Plusieurs sages-femmes défendent une prise en charge sur mesure, souhaitant que les dits protocoles ne s'appliquent qu'en cas de pathologie avérée.
Elles soulignent ensuite combien nos prises en charges standardisées nous éloignent des processus physiologiques, se  défient de l'enchainement de nos actes, insistent sur la nécessité de mesurer nos gestes.

Un des obstétriciens présents s'interroge sur la définition de la physiologie.
S'en suit un échange animé. Un accouchement sous péridurale est-il physiologique ? La rupture artificielle de la poche des eaux rentre-t-elle dans la définition ? La perfusion d'ocytocine ? Et le monitoring continu ? Chacune des situations faisant le quotidien des salles d'accouchement est analysée. Sans surprise, la façon dont chacun les classe se révèle à géométrie très variable.

Certaines sages-femmes sont pourtant catégoriques. Le respect de la physiologie passe par l'abstention de toute intervention. Lorsqu'un accouchement évolue normalement, leur fonction relève bien plus l'accompagnement vigilant que des actes. 

Paraissant sincèrement étonné, un des médecins s'écrie «Vous ne posez pas de perfusion, vous ne rompez pas la poche des eaux ? Mais qu'est-ce que vous faites alors ? » ...

 

 

 

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06 septembre 2009

Alerte sanitaire

"La fromagerie Germain procède au retrait de la vente d’un lot de fromage Epoisses au lait pasteurisé, après un contrôle en magasin ayant mis en évidence la présence d’une bactérie Listéria".*

Fait remarquable dans ce communiqué, le fromage contaminé est un produit pasteurisé.

«Pas de fromage au lait cru» est pourtant l’une des multiples recommandations qu’une femme enceinte se doit de suivre pour démontrer son attachement à être une «bonne» mère. L'avertissement sera assorti d'un autre conseil -«consommez des produits laitiers»- qu’il faudra donc choisir pasteurisés.

Cette récente alerte confirme, s'il en était besoin, que l'affirmation sans appel, lait cru/danger - lait pasteurisé /sécurité, devrait être nuancée.

Nos positions  se présentent souvent comme incontestables. « Je vous interdis ceci et vous impose cela mais c’est pour votre bien et celui de votre enfant »; quotidiennement, les professionnels de santé jouent les despotes au grand cœur.

Mais ce manque de nuance du discours médical doit-il être mis sur le compte de la préoccupation sanitaire ou de l’irréprochabilité médico-légale ?


*Suite du communiqué : Il s’agit du lot 174 identifié par le numéro d’estampille sanitaire FR 52 092 01 CE, dont les dates limites d’utilisation sont le 24, 26, 28, 29, et 31 août.

Ces produits sont commercialisés sous plusieurs marques : Chalancey, Germain, Auchan, Lincet, Patrimoine, Gourmand et Nos régions ont du Talent. Ils sont susceptibles de se trouver dans toute la France et toutes les enseignes, fait savoir la société. Les consommateurs doivent bien entendu s’abstenir de les manger et les rapporter au point de vente.

La listériose est non seulement une maladie qui peut être très grave, notamment chez les sujets fragiles - femmes enceintes, personnes immuno-déprimées et personnes âgées – mais la durée d’incubation peut aller jusqu’à 8 semaines ce qui ne peut que compliquer le diagnostic en cas d’apparition des symptômes tels que la fièvre éventuellement accompagnée de maux de tête.

Un numéro spécial - le 0800.35.29.19.- a été mis en place par la fromagerie. »

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