29 octobre 2009

Brève tempête

C’est son troisième enfant.
La dilatation se fait dans la douceur ouatée du cœur de la nuit. La pièce est dans la pénombre, elle est demi-assise sur le lit, souffle longuement à chaque contraction. Peu de mots sont échangés. Son homme est présent à ses cotés, attentif et silencieux.

Je passe les voir régulièrement, ne m’attarde pas. Ils vont bien et n’ont nul besoin de mon aide.
Quelques heures plus tard, mon examen la découvre à dilatation complète. Je lui annonce qu’elle peut pousser si elle le souhaite. Elle me donne son accord.

Elle s’installe. Nous sommes, son compagnon et moi, debout de part et d’autre du lit et elle vient appuyer ses pieds sur nos hanches.
La contraction suivante arrive. Elle peut y aller, une inspiration profonde, elle y va… et la sérénité qui habitait la pièce la minute précédente se transforme en tourbillon agité. Paniquée, elle gesticule, appelle à l’aide, lance ses jambes qui menacent de nous crocheter au menton.

Le calme revient dès la suggestion de cesser de pousser. A l’évidence, elle n’est pas prête.
Je lui propose –un peu tard - de laisser monter l’envie physique. Rien ne presse, son enfant va bien.

Je la laisse seule avec son compagnon pour respecter l’intimité de cette attente.  Les soupirs profonds audibles depuis le bureau voisin m' informent qu’une nouvelle contraction vient de passer.
Une autre contraction s'annonce et la sonnette résonne. Je reviens auprès d’elle.
L’envie est bien là. Elle a d’ailleurs commencé à accompagner son bébé sans plus attendre. Nous soutenons ses jambes. En quelques poussées, le bébé nait, dans la même douceur, la même sérénité que celle qui présidait à la dilatation.

Le moment de panique n’aura été qu’un intermède fugace dont je suis la responsable. Mauvaise idée que de lui suggérer de pousser.
Les quelques minutes de sursis qu’elle s’est accordées lui étaient nécessaires pour prendre elle-même la décision. L’heure de la séparation ne pouvait lui être dictée ni par son utérus, ni par la sage-femme.

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19 octobre 2009

Subliminal

Dernières gardes avant d’obtenir mon diplôme et de voler de mes propres ailes.
Une des sages-femmes de la maternité accouchera cette nuit là, bien décidée à vivre la naissance à sa manière, sans l'intervention de l'équipe.
Lors de la poussée,  la sage-femme de garde et l'étudiante que je suis encore nous bornons à tenir le miroir lui permettant de contrôler elle-même la sortie de son bébé.
Demi-assise sur le lit, les pieds dans les étriers, elle guide son enfant, le regard rivé à l’image qui se reflète.  La tête apparait doucement, accompagnée par le souffle de sa mère plus ou moins appuyé pour maitriser le dégagement et préserver le périnée. Puis le petit fait son quart de tour, les épaules se placent dans le bon diamètre, encore une ou deux poussées et elle peut prendre son bébé sous les aisselles et l'attirer sur son sein.
Elle l’a mis au monde. Toute seule.

L’histoire fait le tour de la maternité en quelques heures. Il faut bien être sage-femme et sage-femme émérite pour pouvoir ainsi accoucher sans que nul ne touche à l’enfant, ne retienne sa tête, ne soutienne le périnée. Cette aventure est de l’ordre de l’exploit personnel, un Everest obstétrical…
Du haut de mon inexpérience, je m’extasie de concert…

Quelques semaines plus tard, je prends mon premier poste dans une maternité « alternative », respectueuse des femmes et confiante dans leurs compétences.

Je découvre une autre façon de travailler, d’accompagner, de respecter.
Je m’émerveille mais cherche ma place. J’ai été formée pour diriger, je dois apprendre à m’effacer. Installée entre les cuisses maternelles, un autoritaire « Madame ne poussez plus ! » nous laissait tout loisir de dégager la tête, geste "noble" s’il en était. Ici, les sages-femmes se placent de coté et ne guident que par quelques paroles. Nous n'agissons que si cela s’avère indispensable, rarement.

Loin de l’exploit de cette nuit hospitalière, simplement, les mères font naitre leur bébé elles-mêmes, sans que la sage-femme n' intervienne.

Cette simplicité ne se réduit pas aux dernières minutes de la naissance.  La confiance dans les ressentis maternels, le respect de l’autonomie modifient le déroulement - et le vécu - de tout l’accouchement.
A l’évidence, les femmes savent faire.

Ce qui était extraordinaire là-bas devient banal ici. Pourquoi ?
Les attitudes semblent similaires, les paroles encourageantes sont les mêmes. Mais il y a d'un coté la conviction de la compétence maternelle et de l’autre la défiance.
Rien n’est dit.
Mais le message passe.

C’est dans ce message subliminal qu’il faut chercher la source de l’incompréhension entre professionnels. Chacun est convaincu que seule sa façon d’exercer est possible. Chacun est conforté dans ses certitudes par son vécu quotidien.

Notre façon d’être dicte l’attitude des couples que nous accompagnons. 

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18 octobre 2009

Autorité

Une série de  reportages réalisés dans une grande maternité et diffusés il y a quelques années.
Documentaire intéressant utilisant les habituelles ficelles narratives du genre, s’attacher à quelques professionnels pour nous les rendre proches et choisir des histoires émouvantes, extraordinaires ou douloureuses.
De nombreuses heures filmées puis largement coupées et montées pour mieux se conformer au projet du réalisateur.
Personne ne doit être dupe,  tout cela est scénarisé.

Peut-être cette sage-femme avait elle la mauvaise place, le mauvais rôle dans un synopsis déjà écrit. Peut-être était-il décidé qu’elle serait celle que l’on n’aime pas pour mieux faire aimer les autres.

Quelques circonstances atténuantes lui sont cependant accordées. La femme enceinte qu’elle accueille apparait indisciplinée voire inconsciente ; hospitalisée pour une menace d’accouchement prématuré, elle a quitté le service contre avis médical et revient un peu plus tard en ambulance car son accouchement s’est effectivement déclenché.

Il est certes décourageant de tenter de soigner, d’être nié dans ses efforts et de devoir ensuite prendre en charge les conséquences de cette négation…

Mais tout n’est pas excusable

Hors champs,  la femme gémit, se plaint de la douleur et réclame de l’aide. Elle s’écrie « j’ai mal, faites quelques chose !»

Et la sage-femme de répondre «vous me parlez sur un autre ton, ici c’est moi qui commande!»

Je pense à la détresse de cette mère, à l’inhumanité de la « soignante ».
Honteuse que son métier et le mien soit pareillement nommés.

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28 septembre 2009

Première fois

Deuxième année d’études. C’est ma première "vraie" garde en salle d’accouchement et elle sera nocturne. Les stages précédents étaient des stages d’observation. Cette nuit, je vais découvrir les gestes de mon futur métier.

Elle vient mettre au monde son second enfant et je suis chargée de l’accueillir. Je commence l’examen, petite ritournelle des actes habituels, prendre la tension, mesurer la hauteur de l’utérus, palper le bébé et écouter son cœur… tout cela, je l’ai déjà fait et m’en acquitte sans difficulté.
Arrive mon premier toucher vaginal. J’enfile le doigtier, l’enduit de lubrifiant, et débute l’examen avec une prudence soucieuse de compenser ma maladresse. C’est chaud, c’est mou, c’est doux.
La sage-femme m’interroge d’un lever de sourcil.  Je cherche mais ne sens rien de plus. Elle insiste à haute voix «alors, la dilatation, la présentation ?» Je n’en sais strictement rien, c’est chaud et c’est doux, point. Le col de l’utérus, la tête du bébé doivent bien être quelque part mais où ?
Je bredouille quelques mots espérant qu’elle n’insistera pas. Je veux bien confesser mon ignorance mais pas devant la jeune femme dont je vais accompagner tout le travail. Ce n’est pas ma fierté que je souhaite  protéger -mon statut de débutante m’autorise, me semble t-il, à ne pas savoir - mais comment pourrait-elle se sentir en confiance devant mon inexpérience annoncée.
Sure de son fait et de son pouvoir, la sage-femme insiste et je suis obligée d'avouer mon incompétence.  Elle peut ainsi triomphalement s’affirmer comme unique détentrice du savoir et se moquer de la novice que je suis;  que ce soit au détriment de cette femme en travail ne semble pas lui importer.

Heureusement, une autre sage-femme, plus délicate avec la mère et plus rassurante à mon égard, me supervisera les heures suivantes.

Peu avant l'aube, c’est le moment de la poussée. La femme est installée en position gynécologique, cuisses et ventre rituellement recouverts de champs stériles. Nous nous "déguisons" également, casaque stérile, charlotte sur les cheveux, masque. La pièce est plongée dans la pénombre, contrastant avec la lumière puissante du scialytique braquée sur la vulve rasée. Je suis placée entre les cuisses écartées de la mère, la sage-femme juste derrière moi. C'est elle qui donne les consignes et dirige l’accouchement.  Progressivement, la tête du bébé commence à apparaitre. La sage-femme demande alors à la mère d’arrêter de pousser.
Elle pose ma main gauche sur le sommet du crane, ma main droite plus bas, sur le périnée tendu. Ses mains recouvrent les miennes. Ensemble, nous faisons les gestes convenus, il faut dans le même temps pousser, fléchir et retenir  la tête.  Petit à petit, le visage se dégage, nos mains conjointes accompagnent sa rotation d'un quart de tour;  une pression vers le bas sur le pariétal pour aider la première épaule à passer, puis une autre vers le haut pour que la seconde épaule se libère, mes mains empoignent le petit sous les aisselles et le posent sur le champ vert couvrant le ventre de sa mère.*

Je viens de pratiquer mon premier accouchement.

C’est une petite fille. La mère la nomme et c’est mon prénom qu’elle prononce. Ce n’est qu’une simple coïncidence, mais j’y vois un joli présage. Je suis faite pour ce métier.

* quelques années plus tard, j’apprendrai combien certains de ces  rituels peuvent être inutiles voire délétères…

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09 septembre 2009

Pour quelques euros de plus

Eric Woerth nous explique doctement : "Quand on augmente d'un euro le forfait hospitalier, on fait rentrer 80 millions dans les caisses de la Sécurité sociale".
Le gouvernement lance comme ballon d’essai une augmentation de 25 % du forfait hospitalier. Il lui restera ensuite à mesurer la virulence des réactions indignées pour ajuster le tir et annoncer avec une feinte générosité une majoration inférieure au taux initial.

Je me permets de suggérer à nos dirigeants une autre piste pour réaliser quelques économies : faire connaitre la possibilité d’être suivie par une sage-femme pendant la grossesse. En effet, le tarif des consultations est de 19 € pour une sage-femme, 22 € pour un médecin généraliste et 28 € pour un médecin spécialiste (si l'on se réfère aux tarifs conventionnels).

Je ne défends pas un accaparement hégémonique du suivi de grossesse par les sages-femmes. Pouvoir faire appel aux autres praticiens compétents dans la prise en charge de la pathologie est essentiel.

Mais, pour une grossesse basique, chez une femme basique - ce qui, vous me l’accorderez, arrive fréquemment - le suivi de grossesse par une sage-femme est à la fois moins couteux et tout aussi performant. S’ajoute à cela l’accompagnement apaisé, donc apaisant, d’un professionnel dont l’exercice est dédié à la physiologie.

Aussi, lorsque la grossesse se passe bien, une femme enceinte devrait être informée de l’ensemble des possibilités de suivi et pouvoir se tourner vers le praticien qui lui convient, qu’il s’agisse de son médecin traitant, son gynécologue, son obstétricien… ou sa sage-femme !

Chaque consultation assurée par une sage-femme permet d’économiser entre 3 et 9 €. Ce qui, rapporté aux 7 consultations habituelles de la grossesse pourrait représenter quelques millions d’euros en plus dans les caisses de la sécurité sociale, avec la même de qualité de soin et sans augmentation de la participation des assurées.

Elle est pas belle la vie ?

Alors à quand une petite campagne médiatique  pour  informer les femmes de cette possibilité : Vous pouvez vous adressez à une sage-femme pour le suivi de votre grossesse.

PS pour les esprits chagrins : il ne s’agit en aucun cas d’un suivi au rabais. Le dépistage de situations pathologiques et l’orientation vers d’autres praticiens est totalement de la compétence des sages-femmes.

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07 septembre 2009

Suivez le guide

"L’odyssée de la vie"*, documentaire annoncé à grand renfort de communication sur la prouesse technique et le réalisme de la réalisation 3D n'a pas su me séduire.

Si la première partie concernant l’embryogénèse était effectivement spectaculaire, je suis ensuite restée perplexe devant cet angélique enfant pataugeant dans un vaste bain de liquide amniotique.

Puis je me suis interrogée sur la nécessité médicale imposant à cette jeune femme hospitalisée pour menace d’accouchement prématuré de passer quasi instantanément d'une perfusion pour stopper les contractions à une autre pour les provoquer.

Et je me suis étranglée en entendant Niels Tavernier, lors d’une émission de radio, répondre à une auditrice qui déplorait le peu de visibilité des sages-femmes dans son film  - soulignant combien leur accompagnement lui avait été essentiel  - qu’elles étaient au contraire bien présentes «puisque c’était une sage-femme qui faisait la visite de la maternité».

*première diffusion  en 2005

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27 août 2009

Crampe

Certaines phrases énoncées par mes pairs, mal vécues, mal reçues, simplement maladroites ou réellement assassines, me sont parfois rapportées.
Le souvenir est subjectif et le récit qui nous est donné peut s’éloigner de toute réalité. Je m’abstiens donc de les commenter dans la vraie vie.

Mais je ne manquerai pas de les évoquer sur la toile.

Tant qu’à épingler les professionnels, inaugurons le thème par un peu d’autocritique.

C’est par le biais d’un film que je peux raconter ce qui suit, car, bien évidemment, je ne me  suis pas entendue prononcer ces mots.

Cette naissance est longue et difficile, accompagnée par une famille extrêmement présente, voire envahissante, caméra au poing.  L’offre d’un café réussit finalement à entrainer tout ce beau monde hors de la pièce.
Une IVG précédente, secret trop bien gardé, pesait sur l’avancée du travail. L’intimité retrouvée lui permet enfin de lâcher prise. Au bout de ces trop longues heures, elle ressent le besoin de pousser.

Elle s’est installée de façon asymétrique, en torsion, une jambe presque tendue, l’autre très fléchie. Son cri sourd accompagne chacune des contractions.  Une masse de cheveux noirs commence à poindre.
Soudain, elle tend son autre jambe et le cri s’articule « j’ai une cram-am-pe ! ». Je m’empresse de masser et étirer son mollet pour faire cesser la contracture.

Jusque là rien que de très normal…
… sauf la phrase prononcée dans le même temps : « ah ben ça, c’est pas le moment ».

Empathique et soutenante.

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22 août 2009

Zone

Elle a 45 ans, attend son cinquième enfant. Il naitra par césarienne, comme les autres. Elle est petite, obèse et fait d’énormes bébés. Les consignes diététiques n’ont aucun sens pour elle, elle se nourrit de ce qu’elle aime mais surtout de ce qu’elle peut se payer.

Elle habite une bicoque posée de guingois entre zone industrielle et voie express. Le récupérateur de métaux voisin vomit son trop plein de fer rouillé sur les bords de son «jardin»… un peu d’herbe jaunie, quelques marguerites et un bric à brac insondable.

A l’intérieur, ça tient plus de l’animalerie que du salon.
Les chiens, chats et cochons d’inde saturent l’air de leurs effluves musqués. Les poissons rouges  tournent en rond, comme il se doit.
Contre un mur, envahissante, une immense cage à oiseaux… dans la cage, un perroquet… parleur je ne sais pas mais chanteur à coup sur… ou plutôt piailleur, crieur.

On s’entend à peine. Lentement, elle épluche son ventre des nombreuses couches de vêtements superposés. Dans le vacarme animalier, je tente d’écouter le cœur du bébé. Le perroquet n’est pas d’accord. A bout, elle se lève pour masquer la cage d’une couverture sombre. Malgré son ventre imposant, le lancer est aisé, marqué par l’habitude.
Le calme revient, « il croit qu’il fait nuit » m’explique-t-elle.

Dans un coin de la pièce trône un berceau à l’ancienne, en fer forgé, drapé de voiles du blanc le plus pur.

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12 août 2009

Les débuts

Il y a longtemps, un peu trop longtemps à mon goût …

Je suis à l’école de sage-femme, en première année. Après des stages plus ou moins calamiteux dont l’un dans un presque mouroir trompeusement nommé service de dermatologie, j’accède au graal obstétrical, la salle d’accouchement… 

La novice se doit de servir de petite main docile au reste de l’équipe. Il nous faut gagner notre place à coup de vidage de bassin, lavage de seringues et talquage de doigtiers (ça se confirme, c’était il y a bien longtemps). Nous sommes également chargées d’accueillir les « entrées » - nom générique désignant toute femme susceptible d’accoucher se présentant à la porte -  le rituel d’accueil manque quelque peu de chaleur : analyse d’urine et rasage de la vulve au coupe-chou.

Après m’être acquittée des diverses tâches qui me sont dévolues, je suis enfin autorisée à pénétrer dans une salle carrelée de blanc à l’éclairage puissant. Sur un lit articulé plutôt étroit, une femme est allongée, les cuisses écartées et recouvertes de champs bleus. Elle pousse, dirigée par une très énergique sage-femme : inspirez/ bloquez/ poussez/allez-y/ALLEZ-Y/ALLEZ-Y !

Une masse de cheveux noirs commence à apparaitre, avançant et reculant au rythme des efforts maternels… Mon cœur bat plus fort… J’ai toujours souhaité devenir sage-femme - une vocation ? - et pour la première fois…

Mais une voix claironne : « une entrée ! ». Une main me désigne pour aller accomplir les rites déjà cités, pipi, rasage … Je tente de négocier avec la propriétaire de la main quelques précieuses minutes de sursis qui me sont dédaigneusement refusées. Je dois quitter la pièce. Le bébé sera né depuis longtemps quand j’en aurai terminé.

Quelques heures plus tard, nous terminons notre service et je laisse exploser colère et amertume, pleurant sur cette première naissance que l’on m’a volée…
Mes amies ont tenté de me consoler : «des accouchements, tu en verras d’autres».

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