07 janvier 2013

Coup de projecteur

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Des articles et forums lus sur le net, les témoignages de mes consoeurs, certains commentaires du blog, des questions posées par le biais de "contactez l'auteur", des échanges mails, et le presque quotidien du cabinet ... une convergence d'éléments démontrant la méconnaissance de notre métier.

La sage-femme cette inconnue… 

La sage-femme est la professionnelle de santé pouvant prendre en charge l’ensemble des événements physiologiques (normaux) de la maternité et du suivi gynécologique.

Maternité : suivi médical de la grossesse, préparation à la naissance, accouchement, suivi postnatal, allaitement, rééducation périnéale.

Gynécologie : suivi annuel, frottis, prescription de contraception (y compris pose d'implant et de dispositif intra utérin). 

En cas de pathologie, la sage-femme collabore avec le médecin spécialiste pour la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, lui passe le relais pour le suivi gynécologique.

La France compte 20000 sages–femmes en exercice. Elles exercent majoritairement au sein des maternités, mais aussi en cabinet libéral et en PMI.

 

En libéral, elles assurent tout ou partie des activités suivantes : consultation de grossesse et postnatale, préparation à la naissance, suivi au retour à domicile, suivi de l’allaitement, consultation nourrisson (suivi staturo pondéral), rééducation périnéale, échographie, suivi gynécologique (et, sur prescription d’un médecin, surveillance d’une grossesse qualifiée de pathologique).

Certaines de ces sages-femmes proposent un accompagnement global de la naissance : présentes du pré au postnatal, elles vous assistent lors de votre accouchement, que ce soit à domicile ou en plateau technique (au sein d’une maternité mais en toute autonomie)

Il y a 4000 sages-femmes libérales, donc forcément une pas trop loin de chez vous. Pensez à la contacter pour votre suivi gynécologique et dès que vous avez un projet de grossesse...

 

En maternité, vous aurez - très ! - souvent affaire aux sages-femmes. Elles assurent une partie des consultations, des échographies, la préparation à la naissance, sont les praticiennes qui vous prennent en charge au quotidien en cas d’hospitalisation pendant la grossesse, tout au long de votre accouchement et pendant votre séjour postnatal.

 

Elles sont aussi présentes dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour accompagner les femmes enceintes dont la grossesse nécessite, pour des raisons médicales, sociales ou psychologiques, une présence rapprochée.

Certaines exercent dans les centres de procréation médicalement assistée.

Enfin, vous trouverez des sages-femmes dans les centres d’orthogénie, pour assurer les consultations de contraception et pour accompagner les IVG.

 

Vous avez donc de très nombreuses raisons d'avoir affaire à une sage-femme. Pourtant, les jeunes diplômées peinent à trouver leur place.

Certains cabinets libéraux ont du mal à exister, faute d'agenda suffisamment rempli. A l'inverse, du fait de la diminution des postes, les sages-femmes salariées sont débordées et constatent chaque jour la dégradation de la qualité de leurs prises en charge. Il est demandé à chacune d’en faire toujours plus avec moins. Ce toujours plus se fait forcément au dépend de la qualité des soins, de l’attention portée à chacune.

 

Comment agir ?

- pour les libérales, le principal obstacle est la méconnaissance de leur champ de compétences. La sécurité sociale promettait en 2007 une mise en avant de leur profession. Nous l’attendons toujours. Faisons le ensemble grâce à la magie des réseaux sociaux !

- pour les salariées, les directions des établissements négligent leur surbooking quotidien. La pénurie n’est pas encore à un point tel que la sécurité soit en cause (quoique...) mais "la mère et l’enfant vont bien" n’est qu’un minimum, nécessaire mais pas suffisant ! Il faut que de nouveaux postes soient ouverts. Ecrivez, témoignez, dénoncez ce qui ne doit plus être.

 

Faites circuler très largement cet article autour de vous. Demandez à vos contacts de le relayer.
Faites mieux connaître ce métier dédié à la santé des femmes !

 

Edit du 9/01 : UN GRAND MERCI A TOUS. Ce billet a été largement relayé. Il reste cependant une possibilité qui n'a pas été assez exploitée, l'envoi par mail, qui permet de faire circuler l'info auprès d'un autre public que celui de FB ou twitter. Y a juste à cliquer sur la petite enveloppe, là, tout en bas à gauche... Je compte encore sur vous !

 

Pour aller plus loin

- Rôle des sages femmes dans le système de soin (rapport de la cour des comptes septembre 2011) 

- Une plaquette d'information restée confidentielle. A diffuser largement !

- Quelles sont les compétences générales de la sage-femme (site du conseil de l'ordre)

- Sur ce blog, "Sage-femme mode d'emploi", "Résister"

 

 ©Photo  A is for Angie

 


03 mars 2011

Revanche

Son ventre plus que tendu est habité par deux bébés prenant leurs aises. Cette grossesse un peu difficile lui impose un suivi régulier, alternant consultations à la maternité et visites à domicile. Dans ce programme chargé, un incontournable se répète deux fois par semaine, le très banalisé ERCF. *

Enregistrer le cœur de jumeaux n’est pas toujours aisé. Parfois, l’un les enfants s'étale pendant que l’autre se blottit. Il faut trouver comment installer l'appareil pour parvenir à les entendre simultanément. Chez elle, de façon inhabituelle, il faut placer le premier capteur en haut, vraiment tout en haut, et l’autre en bas, vraiment tout en bas du ventre maternel.

Le suivi est débuté depuis plusieurs semaines mais ce jour là, c'est une nouvelle sage-femme qui se rend à son domicile. Elle connait la position des deux enfants au sein de l'utérus et peut logiquement en déduire où placer les capteurs mais ces deux là sont des farceurs et les stratégies connues ne fonctionnent pas. Elle cherche longuement, très longuement, sans parvenir à les enregistrer de façon simultanée…

Elle espère, sans oser la réclamer, l’aide de la mère, forcément rompue à l’exercice. En vain. Les minutes passent, l'accordéon de papier se déroule lentement, vierge de tout graphique lisible. Le visage maternel affiche de plus en plus clairement l'agacement, la sage-femme poursuit ses recherches dans un silence pesant.
Finalement, dans un profond soupir, la mère repousse sa main pour s’emparer de l'appareil et le placer elle même. Dans l'instant, l’enregistrement devient bon, les rythmes s'affichent et clignotent allègrement, les graphiques des cœurs fœtaux s'entremêlent gracieusement.

La sage-femme s’étonne alors :
- Pourquoi m’avoir laissé chercher si longtemps puisque vous saviez comment faire ?
L'explication tombe. Lors de son dernier passage à la maternité, la même situation s’était produite. Mais lorsque la mère avait gentiment cherché à guider la sage-femme, celle-ci l’avait interrompue sèchement, affirmant d’un ton sans appel : "Inutile, je connais mon boulot ! "

... puis avait longuement cherché ensuite.

 

* Enregistrement du Rythme Cardiaque Fœtal

Posté par 10lunes à 08:38 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
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