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Trois campagnes de prévention ont récemment eu lieu : supplémentation en folates (vitamine B9) en prévision d’une grossesse, contraception et frottis.
Trois campagnes où les sages-femmes avaient très logiquement leur place.

La première était la plus confidentielle. Les professionnels de santé ont reçu une affiche à apposer en salle d’attente, ainsi que  des plaquettes d’information à destination de leurs "patientes".

Qui peut prescrire ces folates ? Les médecins et les sages-femmes. Mais si ces dernières étaient bien mentionnées dans la brochure, un fâcheux oubli les avaient effacées de l’affiche. Nous étions donc censées placarder dans nos salles d’attentes un document omettant de nous citer…

Peu de temps après débute une campagne sur la contraception. Joie, nous sommes bien référencées parmi les multiples interlocuteurs possibles. "La contraception qui vous convient existe. Pour vous aider à la choisir, parlez-en à votre médecin ou à une sage-femme, demandez conseil à votre pharmacien ou rendez-vous sur choisirsacontraception.fr".
Je pourrais remarquer que les femmes parlent à leur médecin, leur pharmacien mais à une sage-femme. Ne chipotons pas.

L’omission des sages-femmes dans les campagnes de santé publique aurait pu n’être qu’un mauvais souvenir quand soudain, nouvelle annonce, nouvel oubli.  Un spot radio m’interpelle tous les matins en rappelant l’intérêt du frottis de dépistage. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes de la prévention si le spot ne se terminait ainsi  "Si vous n'avez pas fait de frottis depuis plus de 3 ans prenez rendez-vous avec votre médecin, c'est important".

Et nous voilà encore une fois gommées alors que nous effectuons régulièrement ces frottis, depuis des lustres en début de grossesse, plus récemment en post natal puis dans le cadre du suivi gynécologique de prévention.

Pourtant, là aussi le document explicatif disponible sur le site dans la rubrique "Vos interlocuteurs"  nous cite (dans une synthaxe un tantinet approximative) "Dans une nouvelle loi promulguée en 2009 (loi "Hôpital, patients, santé, territoires" (HPST), les sages-femmes sont désormais habilitées à réaliser des frottis, y compris en dehors de la grossesse. Par ailleurs, un arrêté daté de 2010 amène tout médecin ou sage-femme à questionner les femmes enceintes et à leur proposer la réalisation d'un frottis si cet examen n'a pas été fait dans les trois années précédant cette consultation".

Il aurait été judicieux d’ajouter que nous pouvions prescrire le vaccin, comme cela est précisé pour les médecins. Mais je chipote encore.

Mais est ce toujours du chipotage de souligner que le gynécologue est qualifié d’"acteur central du dépistage du cancer du col de l'utérus". Pourquoi serait-il plus "central" que le généraliste ou la sage-femme ?
Le gynécologue est l'acteur du diagnostic comme le texte le précise ensuite "En cas d'anomalie décelée sur le frottis, il réalise la démarche diagnostique (colposcopie, éventuellement biopsie du col". Peut-être vaut-il mieux ne pas encombrer ses consultations de rendez-vous pouvant être aussi bien assurés par d'autres.

Notre absence dans les annonces alors que les sages-femmes sont bien citées dans la documentation plus complète me laisse un petit gout amer. Très certainement, l’efficacité de la communication - nécessité d’un message bref et lisible - serait le prétexte invoqué.

Mais "parlez en à votre médecin ou à votre sage-femme", est ce vraiment prendre le risque de brouiller le message ?

N‘est-ce pas plutôt le moyen d'informer correctement les femmes pour leur permettre de choisir le praticien qu'elles souhaitent consulter ?