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Magazine de la santé, mercredi 1er février. Reportage sur le prado (dixième minute). Il débute par des images du passage à domicile de Julien, sage-femme libéral*, qui expose brièvement le contenu de ses visites.  Une conseillère de l'assurance maladie rappelle ensuite que cette possibilité existait déjà mais que "les femmes n'en étaient pas correctement informées".

L'intervention suivante est ainsi annoncée : " Le prado fait pourtant grincer des dents, en particuliers les médecins totalement exclus des négociations".

Voici le texte intégral - je ne voudrais pas le dénaturer en le coupant - de l'intervention du Dr Jean Paul Hamon, président de la FMF (Fédération des médecins de France). 
" Il faut au moins qu'il y ait une auxiliaire de puériculture, il faut au moins qu'il y ait une visite de médecin qui puisse examiner la mère, il faut au moins qu'il y ait une visite de médecin ou pédiatre ou d'une personne qui a l'habitude des enfants en bas âge pour prendre en charge cet enfant. Il faut arrêter, il faut arrêter de penser que la sécurité sociale peut faire des économies sur tout et n'importe quoi sans consulter personne."

Pour en saisir tout le sel, il faut imaginer ces quelques phrases proférées avec le ton immensément las de celui qui répète les mêmes évidences depuis des années... 

Voilà donc un monsieur qui déplore de ne pas avoir été consulté pour la mise en route d'une prise en charge qui ne le concerne pas. Au risque de me répéter lourdement, les femmes sortent de maternité comme elles le faisaient avant ce programme mais il leur est proposé d'accompagner leur retour par deux visites (ou plus si nécessaire) de sage-femme.

Le Dr Hamon en appelle à l'auxiliaire de puériculture pour - j'imagine - prendre  soin du bébé, au médecin traitant pour l'examen de la mère et au pédiatre -ou "à toute personne habituée aux enfants en bas âge" (sic) - pour examiner l'enfant.

J'ai une bonne nouvelle pour le Dr Hamon, une sage-femme fait tout cela à la fois, peut y consacrer plus de temps et coûtera 30% moins cher à la collectivité**.
Je serais moins acide si je pensais que derrière son intervention se cachait un réel souci des femmes et des enfants. Mais le ton et les "arguments" employés (ainsi que les propos tenus par le même Dr Hamon en décembre 2011 ) démontrent le contraire.

Par ailleurs, avant que le post partum immédiat ne devienne un enjeu de territoire, qui a vu médecin généraliste ou pédiatre envisager de se déplacer deux fois à domicile en quelques jours pour une femme ou un enfant sans pathologie avérée ? Loin de moi l'idée de le leur reprocher, ce n'est pas leur rôle. Et c'est bien là tout l'intérêt de la collaboration entre médecins et sages-femmes qui peuvent proposer des approches parallèles et complémentaires.
 
Monsieur Hamon, les sages-femmes n'exercent pas sous tutelle.
Respectez notre profession, reconnaissez nos compétences, notre autonomie d'exercice, de diagnostic, de prescription... Nous ferons alors du bon travail ensemble.

 

*je remarque encore une fois la sur-réprésentation de mes collègues masculins dans les reportages.

**Visite médecin = 23 € +10 € de déplacement, consultation pédiatrique = 28 € +10 € (sans compter l'auxiliaire de puériculture, ce métier n'existant pas en libéral) soit un total de 71 €.
La visite d'une sage-femme libérale coûtera à l'assurance maladie 42.40€ + 3.81€ de déplacement soit 46.21€.

NB : le CNGOF a publié un communiqué plus modéré critiquant l'intervention du conseiller de l'assurance maladie. Il suggère d'autres utilisations des budgets, comme la création de TISF. Sur ces deux points, il rejoint la position des sages-femmes. Par contre, il égratigne les libérales et s'offusque de la publicité donnée à notre profession à travers cette nouvelle organisation des soins...

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