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La biberonnerie résonne de rires joyeux. Nous sommes de corvée de stérilisation. Les goupillons s’agitent dans l’eau savonneuse, les marmites se remplissent, l’eau commence à bouillir… C’est une des premières activités du matin, juste après avoir fait le tour des chambres pour servir le petit déjeuner.

La sonnerie du téléphone me fait lâcher un instant le goupillon. A l’autre bout du fil, une petite voix fluette. Elle a eu ses règles ce matin alors qu’elle a arrêté la pilule le mois dernier. Elle s’inquiète déjà de ne pas être enceinte et je m’emploie à la rassurer.

Derrière moi, les copines manient les marmites. Ca cause et ça rigole.

Mais la petite voix n’est pas vraiment apaisée. Il y a autre chose qui la tracasse. « Après avoir fait l'amour, ça coule » et je sens combien elle craint de laisser s’évader les précieux spermatozoïdes.

J’affirme l’inutilité de mettre les pieds au mur après l’amour.

Ma réponse alerte les collègues… J'entends derrière moi les rires qu'elles tentent d'étouffer. Ma seule protection est de ne pas me retourner. 

Elle m’interroge encore sur les positions les plus à même de favoriser la fécondation.
Ce qui m’entraine dans des questions et des descriptions pour le moins surprenantes quand énoncées entre deux lavages de biberons à 8h du matin.

Mes collègues auront la délicatesse de se contenir jusqu’à ce j’ai raccroché.

 

©Photo Nir Sanay