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Dans sa famille, ça ne se fait pas. C'est en résumé l'argumentaire qu'elle m'oppose quand j'évoque pour la première fois avec elle la question de l'allaitement maternel. Du coup, elle ne s'est jamais vraiment posée la question ; elle va faire "comme tout le monde". Et puis, ça ne doit pas être agréable d'avoir le bébé au sein et puis c'est surement douloureux et puis le biberon c'est bien plus pratique...  

Je ne cherche pas à la convaincre, mais tente cependant d'entrouvrir la porte à une autre façon de faire. Je lui présente la possibilité d'une "tétée de bienvenue", soulignant que cela ne l'engage à rien mais que peut-être, elle pourrait découvrir à cette occasion l'envie de poursuivre un allaitement... ou pas. Nous évoquons ce moment de la naissance où son bébé sera posé sur elle, en peau à peau, la compétence des nouveau-nés à aller chercher le mamelon nourricier. 

Les deux autres femmes du groupe ont choisi d'allaiter. Le sujet est donc régulièrement évoqué. Elle semble maintenant tentée par cette première mise au sein.

Quand je la retrouve après la naissance, c'est au biberon qu'elle nourrit son enfant. Je m'autorise à demander "Et la tétée de bienvenue ? Tu as essayé ? "

Elle rétorque avec énergie "Ah ça non ! Il risquait pas d'arriver à téter, j'avais gardé mon soutien-gorge ! "

 

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