06 août 2010

Mauvaise grâce

Elle est assise en salle d’attente, je la salue et l’invite à me suivre mais elle ne se lève pas. Brandissant son agenda, elle annonce que l’un des rendez-vous fixés devra être déplacé.
«Aucun problème, allons nous installer et nous verrons cela ensuite».
Elle reste immobile et insiste. Cédant à son obstination, j’ouvre le carnet de rendez-vous mais elle ne sait plus quelle séance elle souhaite décaler. Elle consent finalement à entrer dans le bureau de consultation mais son peu d'empressement m’apparait déjà comme une première alerte.

Elle décrit des fuites urinaires quotidiennes et importantes. Jeune, une grossesse et un accouchement sans problème suivis de séances de rééducation périnéale, pas de tabac, pas de surpoids, pas de sport intensif… je ne retrouve aucun facteur de risque.

Quelque peu déconcertée, je lui demande de détailler les situations déclenchant ces fuites. 
- «Rien de précis, ca coule tout seul.
- Tout seul, vraiment, il ne se passe rien ?
- Si, si, quand je tousse ou quand j’éternue.»

Je crois un instant tenir mon diagnostic et note doctement dans son dossier "IUE* (toux, éternuement)".
Mais elle reprend «souvent aussi, ça coule tout seul».

Je tente de mieux cerner ses symptômes en posant des questions précises mais ses réponses se font de plus en plus hésitantes.
J'expose les causes possibles, une incontinence d'effort, une fistule entre vessie et vagin - fort peu probable - ou tout simplement des sécrétions vaginales abondantes. Pour établir le diagnostic, je lui propose d'observer ce qui se passe de façon plus attentive pendant quelques jours et de réaliser un test en colorant ses urines afin de déterminer avec certitude l'origine de ses pertes.

Ses yeux s'écarquillent. A la réflexion, elle penche, elle est quasi certaine, qu'il s'agit de pertes blanches. Je souligne que nous devons cependant traiter les fuites à la toux et l'éternuement. Finalement, ça ne lui arrive que rarement, «à peine une fois par trimestre» affirme-t-elle avec assurance.

En moins d’une demi-heure, nous voilà passées d'une incontinence urinaire majeure à des secrétions vaginales physiologiques - bien que profuses - et d'exceptionnelles fuites vésicales.
Le traitement se montre d’une rare efficacité !

J’évoque alors la possibilité de rééquilibrer la flore vaginale afin de diminuer les secrétions.
«Si ça marche, est ce que j’aurai quand même besoin de rééducation ? »
Difficile à affirmer puisque je n’ai encore fait aucun examen clinique. Mais devant son évidente réticence, je lui propose d'attendre la fin du traitement avant de me rappeler. Elle pourra alors juger de la nécessité des séances.

Elle s’empare de mon ordonnance avec joie et s'enfuit à pas rapides.

Je résiste à l’idée d’annuler tout de suite la série de rendez-vous. Je vais attendre qu’elle ne me rappelle pas …

*IUE : incontinence urinaire d'effort

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27 mai 2010

Cercle vicieux

Nous nous rencontrons pour une première séance de rééducation périnéale et je suis en train d’ouvrir son dossier. Je la questionne sur sa grossesse, son accouchement, sa santé en général et son périnée en particulier.
Elle saisit l'occasion pour m'interroger ; pour le moment, elle n’éprouve aucun désir…est-ce inquiétant ? Je lui confirme que cela est banal à quelques semaines de l’accouchement et lui demande comment son couple vit cette phase. Elle s'exclame que tout va bien et que son homme se montre très compréhensif et patient. Elle pourrait s’arrêter là mais murmure juste assez fort pour que je puisse l'entendre «J’ai du mal à le supporter».

Je souligne l'apparente contradiction :«Vous supportez mal que votre compagnon se montre respectueux de vos demandes ?»
En fait, c'est l’absence de proximité physique qu'elle déplore. D’une phrase, elle résume la situation : «J’ai besoin de câlin pour avoir envie de faire l'amour et il a besoin de faire l'amour pour avoir envie de me faire des câlins…»

Ce court récit me permet de vous inviter à allez lire la critique - gentiment signalée par Blandine - de "Osez l'amour pendant la grossesse" (datant de 2007) livre que je n'ai pas lu...
... et que du coup je ne lirai pas.

Pour faire bonne mesure, j'ajoute ce commentaire trouvé sur l'un des sites vendant le livre : "En Île-de-France, on estime que 45 % des couples se séparent durant les trois premières années d'un enfant. Ce guide, qui a pour but d'entretenir une certaine harmonie sexuelle, trouve également sa légitimité dans le renforcement des couples, afin qu'ils ne fassent pas tristement partie des statistiques. Certes, le plaisir sexuel n'est pas tout, il n'est pas l'unique garant de la solidité d'un couple. Mais force est de constater que la frustration ne fait qu'aggraver les tensions qui peuvent survenir en pleine période de « baby clash ». C'est la porte ouverte au classique scénario adultère-séparation. Avant d'être des parents, nous avons été des amants. Faisons en sorte de le rester. Ne culpabilisons pas de nous vautrer dans ces plaisirs faussement égoïstes. Indirectement, nos enfants nous en remercierons. Des parents amoureux font des bébés heureux."

"Entretenir une certaine harmonie sexuelle". Tant que l'on nous parlera d'hygiène sexuelle plutôt que de désir, et de nécessité conjugale plutôt que d'amour.. les câlins des uns risquent de manquer aux autres et "vice" versa !

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27 mars 2010

Tête à quoi ?

Lu sur famili.fr : Accouchement : quand peut-on reprendre les rapports sexuels ?
Explications du Pr Bruno Carbonne, chef du service gynécologie-obstétrique à l'hôpital Saint-Antoine à Paris :
Pendant deux à trois semaines après une naissance, ils sont déconseillés : le col est encore ouvert avec un risque d'infection. Et rares sont les femmes qui ont la tête à « ça » ! Les lochies, pertes de sang et de sérosités, sont encore très abondantes... De plus, la zone du vagin est douloureuse, surtout après une épisiotomie ou une déchirure. Un mois est un délai «raisonnable» !

Parole masculine n’envisageant les relations sexuelles qu’à travers leur versant pénétrant…
Crainte de l’infection, fantasme du pénis triomphant, forcément démesuré, venant franchir un col encore béant...

Le professeur délivre de sentencieuses affirmations à d’infortunés couples supposés suspendu à son savoir. Omnisciente et toute puissante, la faculté s’autorise à juger du bon moment de la reprise des rapports sexuels.

Il nous est affirmé que «les femmes n’ont pas la tête à ça». Effectivement, la libido est rarement au plus haut dans les semaines suivant une naissance. Faut-il pour autant parler à la place des intéressés ? Ne serait-il pas plus clair, plus respectueux, et bien moins intrusif de souligner que reprendre une activité sexuelle suppose d’en avoir l'envie, tout simplement.

Vient ensuite cette description minutieuses des pertes féminines. Qu’en des termes choisis ces choses là sont dites ! L'on comprend bien à le lire qu’aucun homme ne pourrait - ne devrait ! - avoir envie de s’approcher d’un corps dont s’écoulent en abondance sang et sérosités.

Enfin Mesdames sachez que votre vagin sera douloureux et que vous n’échapperez surement pas à l’épisiotomie sinon à la déchirure…

Non, aucun délai n'est raisonnable

J'entends cette jeune accouchée racontant avec émotion ses retrouvailles avec la sexualité deux semaines après la naissance de son enfant, les gestes doux de son compagnon, attentif, devinant sa crainte de ne pas retrouver les sensations de ce corps traversé par un enfant, dévoué à son plaisir.
Acte d’amour.

Ne nous mêlons pas de définir la sexualité des couples. Seuls comptent leur désir et leur attention l’un à l’autre.

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03 mars 2010

La trace

C’est notre dernière rencontre après un accompagnement de plusieurs mois. Sa grossesse, particulièrement difficile, a été suivie de près et s’est terminée par une césarienne en urgence.

Le temps s’est écoulé depuis. Parce que nous n’aurons plus l’occasion de nous voir, ce dernier échange a tout du bilan.

Elle regarde les événements passés avec sérénité, sourit sur son enfant en si bonne santé, s’attendrit sur son compagnon en congé parental, congé qu’ils se partagent afin de prendre chacun du temps pour leur fils mais aussi du temps ensemble.
Elle se félicite de sa ligne retrouvée, de son plaisir au travail, de l'attention de son compagnon et se ravit de l’équilibre existant entre tous les aspects de sa vie, maternelle, professionnelle, amoureuse, personnelle.

Puis elle se lève, se dirige vers la porte, commence à prononcer quelques mots d’au revoir… et s’interrompt. Une dernière chose dont elle voudrait me parler, la seule ombre au tableau «Je voudrais te montrer ma cicatrice, je la trouve moche ». Toujours debout, elle ouvre la ceinture de son jean, remonte son pull, baisse une bordure de dentelle. La cicatrice apparait, un peu trop rouge, un peu trop épaisse, un peu de travers, mal masquée par les poils pubiens.
Et elle si jolie, si pimpante explique qu’elle supporte mal son image dans la glace.

J’atteste que la cicatrice n’est pas très esthétique, évoque la possibilité d’une reprise chirurgicale dans quelques mois, une fois que les tissus n’évolueront plus, si elle en est toujours insatisfaite. J’ajoute que cette trace reste celle de sa maternité et quelle peut aussi se l’approprier et l’accepter non pour ce qu’elle est mais pour ce qu’elle symbolise.

Tout en prononçant ces mots, je m’interroge sur la justesse de mon intervention. Ne suis-je pas en train d’engrammer un complexe mal justifié par une cicatrice peu esthétique mais somme toute peu exposée? Etait-il utile d’abonder dans son sens ? Peut-être aurais-je du au contraire la tranquilliser en affirmant que la balafre carmin se voyait peu…

Son grand sourire et ses paroles d’au revoir me rassurent. Bien au contraire, la reconnaissance de son ressenti la réconforte. 
Elle s’en va d’un pas léger.

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22 février 2010

Un grand amour

Elle vient pour une rééducation postnatale, deux mois après son accouchement. Au fil des séances, la confiance s’installe et elle me confie sa difficulté à reprendre une vie sexuelle. Ni douleur, ni crainte, juste l’absence de désir. Est ce normal ? Que doit-elle en penser ?

Quelques mots sur la libido fréquemment en berne dans les mois suivant une naissance, le manque de temps, l’esprit occupé par les besoins du bébé, les hormones de l’allaitement qui ne sont pas réputées booster la sexualité…
Effectivement, toute envahie de la relation avec son petit, elle ne se sent pas très disponible pour son homme mais s’inquiète cependant de le sentir de plus en plus distant.
Je suggère qu’il pourrait percevoir son absence d’intérêt sexuel comme le symptôme d’un désintérêt plus profond et l’encourage à en parler avec lui.

Elle revient rayonnante et soulagée au rendez-vous suivant. Son compagnon croyait leur histoire en péril. Rassuré par ses paroles, il en a pleuré de joie.

Son homme justement, est en salle d’attente avec leur bébé. Si grand et si robuste que le nourrisson lové contre lui apparait fragile et minuscule. Il le tient d'une seule main, immense, plaquée sur le petit corps. Son autre bras ballote sans savoir que faire. La chaise est trop étroite pour accueillir son bassin, le dossier ridicule ne soutient qu’une infime partie de son dos et ses jambes allongées loin devant lui, s'achevant sur de massives rangers, empiètent sur le passage.

S’impose alors l’image touchante de ce colosse maladroit, pleurant à chaudes larmes sur son amour toujours présent.

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05 février 2010

Wanted

De garde à la maternité. La nuit s’annonce calme mais la sonnerie du téléphone résonne peu après minuit.
Au bout du fil, une voix masculine, un peu stressée. Je m’attends à la description circonstanciée des sensations de sa compagne, contractions ? perte des eaux… ?

Mais il ne s’agit pas d’accouchement. Leur bébé est né il y a quelques semaines et ils viennent, pour la première fois depuis sa naissance, de faire l’amour. Soucieux de ne pas démarrer rapidement une autre grossesse, ils ont utilisé un préservatif. Il me précise alors, d’une voix hésitant entre inquiétude réelle et hilarité contenue, «on n’arrive pas à le retrouver!»
Un peu interloquée, j’interroge… «Vous avez bien cherché !?»
Je retiens un éclat de rire à la description de leurs recherches effrénées… Oui, ils ont regardé partout, dans le lit que j’imagine sans dessus dessous, au sol, dans le vagin… mais aucune trace du morceau de latex.

Il se tracasse, imaginant le col de l’utérus encore ouvert, le plastique aspiré trop haut par les contractions de l’orgasme.
C'est tout à fait impossible mais, à ma proposition d'une consultation, son soulagement est perceptible.

Je les accueille donc un peu plus tard avec leur bébé sagement endormi dans sa nacelle. Ils sont charmants, souriants et un peu confus de se retrouver à étaler ainsi le retour de leur intimité conjugale.
Je ne perçois rien au toucher vaginal mais l’examen au spéculum révélera rapidement la clef du mystère. Le latex s’est tassé dans le cul de sac vaginal postérieur et il me faudra me saisir d’une pince longuette pour l’extirper sans peine.

Ils repartent rassurés et munis, du fait d’un sérieux doute sur l’efficacité contraceptive de la procédure utilisée, de la prescription d'une pilule du lendemain.

Ils s'éloignent dans le couloir mais j'ai le temps de l'entendre lancer «Ben on a plus qu'à refaire le lit pour pouvoir se coucher».


Faute de temps pour les écrire, mes billets s'espacent. Pour compenser mes irrégularités, il y a maintenant la possibilité de s'inscrire pour être averti par mail de la publication d'un nouveau texte.

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15 janvier 2010

Point de vue

Radieuse, son tout petit dans les bras, elle explique en détachant chaque syllabe 
«
J’ai eu un accouchement I-DE-AL ! Ca n’aurait pas pu mieux se passer.
Bon d’accord, l’anesthésiste m’a piquée deux fois pour la pose de la péri et il a dit qu’il n’était pas certain d’y arriver mais finalement, je l’ai eu ma péridurale.

Pareil pour la perfusion, la sage-femme a eu du mal à trouver une veine mais c’est pas de sa faute hein. Je suis difficile à piquer !

Elle a bien marché la péridurale, d’ailleurs le forceps s’est très bien passé.
Oui, j’ai eu un forceps parce que le cœur du bébé ralentissait.  Il a juste été aspiré et un peu oxygéné à la naissance mais rien de grave hein !

Evidemment avec le forceps, j’ai eu une épisiotomie, mais ça tire à peine
».

Idéal vous dis-je…

Sans ironie aucune, je constate combien l’accompagnement est essentiel, permettant ensuite à cette jeune mère d'évoquer avec une  sérénité non feinte un accouchement apparaissant bien laborieux.

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11 novembre 2009

Savourer

Elle a mis son quatrième enfant au monde il y a quatre mois. Elle vient pour une rééducation postnatale mais ce jour là, sa mine défaite m’invite à négliger son tonus musculaire. A ma première question, elle fond en larmes. Son bébé ne se satisfait plus au sein, pleure beaucoup, dort peu. Tout le monde autour d’elle l’encourage à cesser cet allaitement, arguant que quatre mois c’est déjà beaucoup. Son compagnon la soutient mais il est bien le seul.

C’est son dernier enfant, son dernier allaitement et elle s’était promis de le savourer longuement. Arrêter maintenant serait un renoncement, une immense déception.
Mais le doute est là. N’est elle pas en train d’affamer son bébé, plus préoccupée de son propre plaisir que du bien être de son enfant ? Entre son désir et les avis donnés sans nuances, la culpabilité s’installe sournoisement.

J’évoque une crise de croissance ayant brusquement augmenté les besoins du bébé - je tais l’impact négatif des paroles égrenant le doute, prononcées sans penser à mal par un entourage ignorant. Je l’encourage à persister, lui proposant de passer une journée ou deux au fond de son lit, en peau à peau avec son petit,  avec des tétées aussi fréquentes qu’il le voudra. C’est la demande qui fait l’offre, et ses seins, plus stimulés, vont augmenter leur production.

Elle repart déterminée à passer autant de temps que nécessaire sous la couette. Nous sommes vendredi soir et  son homme pourra prendre en charge la maisonnée le temps du week-end afin de lui permettre cet allaitement intensif.

Un coup de fil le lendemain m’apprendra que tout est rentré dans l’ordre le soir même. Revenue chez elle avec un moral et une confiance retrouvés, elle a mis son petit au sein. La tétée s’est bien passée et il a dormi six heures de suite.  Depuis, ils ont retrouvé leur rythme et tout va pour le mieux.

Quelques mots de réassurance auront suffi.

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24 octobre 2009

Relactation

Son enfant est né il y a un mois et elle souhaitait l’allaiter. Au bout de la première semaine, découragée par des crevasses et le pronostic de son médecin qui lui prédisait des douleurs persistantes, elle a opté pour le biberon.

L’abandon de l’allaitement lui reste insupportable.  Elle m’appelle ce matin là désemparée mais pleine d’espoir. Quelques gouttes perlent encore à ses seins… pourrait-elle recommencer?

Relancer la lactation sera certainement laborieux mais pas impossible et elle se dit déterminée à tenter l’aventure. Je lui propose de faire la prochaine mise au sein ensemble afin de veiller à la bonne position de tétée de son bébé.

Elle arrive, déjà radieuse de cette nouvelle espérance.
Ses seins, non sollicités depuis plusieurs semaines, sont souples et vides. En appuyant sur l’aréole, on voit cependant poindre une minuscule et précieuse goutte de lait.

Son petit commence à avoir faim, cherche le mamelon avec énergie et s’y amarre. Longuement, les yeux rivés au regard de sa mère, ce bébé va téter avec avidité un sein tari. Il pourrait pleurer sur ce lait absent ;  bien au contraire, comme pour encourager les efforts maternels, il accompagne sa succion de petits bruits de gorge traduisant sa satisfaction.

Pour ce duo là, le pari est déjà gagnant.

Epilogue : la maman parviendra à reprendre un allaitement quasi complet pendant plusieurs mois.

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14 octobre 2009

Imprévu

Son premier enfant est né par césarienne, le suivant par voie basse, mais cette seconde naissance très médicalisée lui a laissé une nouvelle fois un sentiment de dépossession.
Pour cette troisième grossesse, elle ne souhaitait qu’une chose,  accoucher à domicile. Du fait de ses antécédents, personne n’a accepté de la suivre dans ce projet.

Elle s’est faite une raison. Nous avons travaillé ensemble pour cerner ce qui lui importait, sur cet essentiel qu’elle voulait préserver. Elle savait la maternité choisie respectueuse des attentes des parents.

Elle s’est sentie prête, puis, dans les derniers jours, moins sereine. Accoucher en ne s'appuyant que sur sa propre force lui semblait un défi impossible à tenir.
C’était pour mieux rebondir.

Les contractions se sont succédées toute la journée mais jamais elle ne les a pensées efficaces.
Elle n’a réalisé l’imminence de la naissance qu’après avoir envoyé tout le reste de la famille en promenade – pour s’assurer que personne ne pourrait l’inciter à partir vers la maternité ? – Une fois seule, les contractions se sont intensifiées rapidement. En posant la main sur son périnée, elle a senti la tête de son bébé. Alors, l’envie de pousser est montée et en quelques efforts, son enfant était là…

Elle raconte tout cela avec une fierté et une confiance que je ne lui connaissais pas auparavant.

Et témoigne à qui veut bien l’entendre de son immense surprise.

Je la sais parfaitement sincère mais doute fortement de l’inattendu de cette naissance. Une partie d’elle-même devait parfaitement savoir ce qui se tramait et a tout fait pour en arriver là.
Je le lui dis.

Elle est totalement d’accord.

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