Elle est en train de pousser. Comme souvent, le peu de sensations amenées par la descente du bébé dans le vagin la laisse perplexe. La brulure de la dilatation périnéale n’est pas encore perceptible.
Elle doute et se décourage.
Elle imaginait la progression du bébé violente et douloureuse. Le relatif silence de son corps la convainc que rien ne se passe.

Pourtant son petit n’est pas loin. A chaque poussée, la tête avance, laissant entrevoir un peu de peau claire et plissée. Lorsqu’elle cesse ses efforts, son enfant repart en arrière et la vulve se referme.

Mes paroles rassurantes n’y font rien, elle ne croit pas à l’imminence de la naissance.

Entre deux contractions, je lui propose d’aller toucher son bébé pour s’assurer qu’il est tout près. Timidement, elle glisse un doigt dans son vagin et bute immédiatement sur le crane.
Son regard m’interroge. 
Je ne dis rien, souhaitant la laisser réaliser par elle-même. Déçue par mon silence, elle m'interpelle «et alors ? »

Je comprends à cet instant que jamais elle n’a du s’autoriser à toucher son sexe. Ignorante de son anatomie, elle ne sait quel espace devrait se trouver sous son majeur. Il lui est impossible de repérer ce qui est différent, cette butée qui signe la présence de son enfant.