Expertise
Marie Claire, revue médicale de référence, titre, sans honte aucune : "Contre-enquête, les dangers de l'accouchement à domicile" et débute ainsi son article "Des obstétriciens et des personnalités, telle Elisabeth Badinter, préviennent : accoucher à la maison est rétrograde et dangereux".
La féministe combative dont j’ai aimé les positions se trompait déjà de route en dénonçant les excès du maternage, confondant respect des besoins d'un tout-petit assumé par les parents et aliénation féminine.
Mais je ne la savais pas experte en santé publique, convoquée pour démontrer la supposée dangerosité d’une pratique … Ainsi les femmes faisant le choix d'accoucher à domicile seraient d’irresponsables bobos ! N'est ce pas le comble du machisme que de définir ainsi les mères, soumises à leurs envies, incapables d’analyse et de rationalité ? L'on s’offrirait une naissance à domicile sur un simple coup de tête ???
Elle se dit dégoutée par la présence d'enfants à la naissance. Le qualificatif est plus que violent et sa position demanderait à être argumentée.
Elle critique "Le Premier cri", en le qualifiant d'esthétisant. Ce film montre pourtant combien l'accouchement est dépendant des conditions de vie, comment il peut être vécu de façon différente selon la région du monde où l’on réside et la pauvreté que l'on subit.
C’est justement parce que les françaises bénéficient de bonnes conditions sanitaires, d'un suivi de qualité qui permet de prévenir les complications ou de les dépister précocement que l’on peut envisager sereinement une naissance à domicile.
Finalement, une seule phrase d'Elisabeth Badinter est à retenir, la dernière. Oublions la "régression idéologique", jugement de valeur infondé et méprisant, pour nous attarder sur la seconde partie "révèle une véritable hargne vis à vis de la technologie médicale". Cette colère est réelle, s'exprimant aussi dans les commentaires de ce blog. Mais j'attendrais de la philosophe qu'elle tente d'en comprendre les motifs plutôt que de la dénoncer.
L'envahissement médical est rarement remis en cause lorsqu’il est à la fois indispensable ET expliqué. Trop souvent la technicité, à travers des protocoles rigides, s’impose à tous. C'est bien ce que les parents rejettent, ce qui les poussent à chercher ailleurs l'accompagnement qu'ils ne trouvent plus dans les maternités.
Sur le reste de l'article, j'avais rédigé une trop longue critique que je ne vous infligerai pas. Pour résumer, l'argumentaire déployé par les professionnels de santé relève plus de l'incantation que de l'analyse rigoureuse.
Le seul chiffre des transferts varie de 10 à 43% ! *
En réalité, les études sur l’accouchement à domicile ou en maisons de naissance sont peu nombreuses et comportent de nombreux biais ; mêlant par exemple naissances à domicile prévues et inopinées, accompagnées ou non par des sages-femmes. Les taux de transfert comptabilisent des femmes qui ne prennent qu'un premier contact pour se renseigner, ou les transferts en cours de grossesse, pourtant révélateurs de la qualité du suivi ( réorienter les femmes vers une prise en charge plus médicalisée lorsqu'elle est nécessaire) et les transferts en cours d'accouchement que l'on confond trop facilement avec des transferts en urgence...
Depuis des années, des sages-femmes françaises proposent une étude de grande envergure sur l' accouchement à domicile en intégrant cette possibilité dans un réseau de périnatalité. Cette proposition n'a pas été retenue. Leurs interlocuteurs préfèrent ne pas savoir pour continuer à accuser...
Cessons de dresser une situation contre une autre. Tout le monde ne peut ni ne veut accoucher à la maison. Tout le monde ne veut ni de doit accoucher dans un hôpital universitaire. Tentons de faire cohabiter intelligemment les différents types de prises en charge. Permettons des relais aisés en fonction des attentes des parents et des circonstances médicales. Etudions l’impact de nos pratiques hypertechnicisées sur un accouchement banal.
Cessons d’invoquer la sacro sainte sécurité alors que les résultats français se révèlent moins bons que ceux d’autres pays européens faisant des choix différents.
Dialoguons.
Les batailles rangées sont vaines...
* Lors des débats sur les maisons de naissance à l'assemblée nationale, le taux de transfert variait de 29 à 67%... G. Barbier, le député qui l'avait évoquée, s'était autorisé à citer un taux de 87 %. Personne ne vérifie, pourquoi mégoter !
Commentaires sur Expertise
- Je ne lis par Marie Claire (seulement Closer) mais accoucher à domicile en France aujourd'hui, je conçois très bien que ça puisse être dangereux. Nos quelques AAD n'ont pas grand chose à voir avec ceux de nos voisins dans le sens où c'est une pratique plus ou moins cachée ne s'intégrant pas du tout à l'offre de soin en périnatalité.
Pour moi un AAD "sécuritaire", t'annonces direct la couleur, il y a un tri en fonction du risque bien sur (ce qu'on fait, mais bon une HDD peut aussi arriver en accouchant avec des dauphins alors qu'il n'y avait aucune raison pour) et tu as le plan B. C'est à dire la consultation anesthésie dans la mater la plus proche (pas à 50km dans les montagnes) et une consultation pour ouvrir un dossier en disant bien que ce n'est pas pour accoucher dans l'établissement, mais au cas où. Enfin, la présence d'une seconde sage-femme me parait essentiel au moins lors de la naissance (je ne sais pas comment une super sf AAD peut faire une réa nouveau né par exemple sans aide, et ça aussi ça peut arriver même en triant +++ les patientes).
Au lieu de ça on a du bricolage, des patientes qui encombrent les listes d'inscription mater en faisant croire qu'elles veulent accoucher là bas. Des sf qu'on taxe de folles tueuses d'enfants, et des établissements qui prennent de haut dès qu'une sf effectuant un AAD appelle pour avis ou transfert.
Comment peut-on parler d'AAD sûr, si les différents acteurs de la périnatalité se font la gueule? Et si les sf travaillent cachée dans un placard comment si justement elles faisaient quelque chose de mal? C'est pour moi impensable et dans ce contexte, accoucher à domicile reste une pratique non dénuée de risque. - pourcentage ???@ Knackie : Etant donné que le réel pourcentage de naissances à domicile est inconnu, juste estimé entre 1 et 2% (sachant que la demande est en réelle augmentation - des sages-femmes sont obligées d'en refuser) est-ce que 8000 à 16000 naissances (si on se base sur un chiffre de 800.000 naissances annuelles) est réellement insuffisant pour une étude nationale ?
Il est aussi possible de demander les chiffres pour chaque s-f aad, elles tiennent leurs stats à jour et c'est assez édifiant pour qui veut s'y pencher. Mais le dit comme 10Lunes, la réalité serait peut-être "trop dure" à regarder en face
Enfin, quand je lis "accoucher à domicile reste une pratique non dénuée de risque" j'aimerai aussi que l'on précise de quels "risques" l'on parle. La naissance à l'hôpital aussi n'est pas dénuée de risques ! et la naissance (à mon humble avis) n'est pas qu'à penser uniquement en termes de "risques"... - Knackie, est-ce que la consultation anesthésie et celle pour ouvrir un dossier seraient vraiment obligatoires et limitatives des risques ? Ici les deux sf de ma maison de naissance, qui font aussi les AAD de façon courante, nous prennent en charge dès le milieu de la grossesse (une fois passée l'écho morpho en gros), mais à partir de là si pas nécessaire, on n'a plus aucun contact avec le milieu médical classique. Et je suis inconnue dans la mater ou je serais transférée en cas de pépin ; par contre les sf y sont bien connues.
Par contre je suis suivie par l'une d'entre elle seulement pour tout le parcours, et sa collègue n'est venue, pour mon premier accouchement, que pour les dernières minutes "au cas où", justement pour être deux en cas de besoin. - Soleil>> Le dossier médical est une pièce simplement indispensable à la prise en charge d'un patient. On y reporte les antécédents, allergies, mais surtout ça permet de connaitre le patient. Dans l'urgence, pouvoir se reposer sur un dossier permet de gagner du temps, mais aussi de limiter le stress des intervenants qui auront pu potasser le truc avant l'arriver de la personne par exemple.
Demander à un anesthésie de travailler en urgence obstétricale sans son dossier (établie lors de sa consultation) le met dans une situation très inconfortable, on ne lui donne pas tous les éléments nécessaire pour bien prendre en charge sa patiente et forcément, ça génère des risques inutiles vue l'urgence. (je pars bien sur du principe d'un AAD qui ne se passe pas comme prévu et nécessite une médicalisation non planifiée->urgence.
So>>tu le dis bien, estimation. De ce pseudo pourcentage (qui varie du simple au double) on ne déduit pas les accouchements qui n'étaient pas prévus pour être à domicile ou sur le trajet. La tracabilité des AAD reste complètement opaque (à cause de divers problèmes), dans ce contexte on ne peut tout simplement pas étudier de manière fiable.
Les risques? Le plus important étant bien sur tout ce qui concerne les hémorragies qui peuvent très bien arriver sur des patientes à bas risque. Etc... Etc... Ils existent également en établissement, sauf qu'on n'est pas tout seul pour les gérer. - Je suis désolée pour Mme Badinter qui considère comme incongrue une naissance en présence d'autres enfants. Heureusement qu'elle vit en France.
@Knackie : Comment est-on accueillie en structure quand on annonce la couleur ? Souvent en inconsciente.
Le rdv avec l'anesthésiste : une série de questions, un examen de mon dos. Je ne vois pas en quoi ça fait gagner du temps à l'anesthésiste pour une éventuelle urgence. (la SF AAD peut poser ces questions ?)
le risque d'HPP : quels sont les facteurs de risque au fait, sur une parturiente en bonne santé ? Ici HPP pour mon premier, en structure. Trajet d'une heure jusqu'à la clinique, blabla à l'admission, lumières pour arriver dans une salle, puis on change de salle, SF autoritaire et stressante, s'absentant souvent, positions imposées. Alors oui, heureusement qu'il y avait une équipe, mais.....
pour mon 2e, naissance à la maison... RAS !
Quand à l'examen du dossier médical, les équipes apprennent par coeur les dossiers ? Ou bien ils les ressortent quand la parturiente arrive ?
Sinon j'ai une solution simple. En cas d'urgence, la SF AAD a bien fait son boulot, connait sa parturiente et COMMUNIQUE les infos à l'équipe ! Enfin ça peut marcher si on veut bien l'écouter. Ou une autre solution, les structures cessent de casser les pieds aux mamans qui veulent accoucher chez elles et s'inscrivent quand même en mater pour une éventuelle urgence.
Dans le doute je ne me suis inscrite nulle part. - Bof. Un article qui enfonce les portes ouvertes.
@ Knackie, je ne comprends pas du tout ta réflexion sur le fait que les AADs seraient plus dangereux en France.
La consult anesthésiste, comme elle est "obligatoire", autant la faire à l'endroit du plan B, une autre option serait absurde.
Les patientes n'encombrent pas les maters puisque justement, elles ne vont pas consulter "gygy" pour des grossesses physiologiques. Elles se tapent juste les 2 dernières consults "obligatoires" (administratives ou médicales, je cherche encore), et je ne suis pas certaine que désencombrer les maters en ne les effectuant pas sécurise le projet d'AAD...
Je vois pas en quoi il y aurait davantage de risque médical, juste parce que les soignants prennent les patients et les SFs pour des fous dangereux. Juste davantage de transferts puisque les SFs n'ont pas le droit à l'erreur, et du coup anticipent aussi davantage.
Donc si on suit ta logique, plus de transferts, donc plus d'hôpital, donc plus de sécurité, everything's perfect, no ? - Pour un avis strictement personnel, je pense que 10lunes en parti raison, que Knackie aussi. Enfin bon, c'est mon avis personnel d'étudiant sage-femme.
Déjà Elizabeth Badinter a, pour moi, tendance à écrire pas mal de connerie quand elle s'y met. Il faudrait déjà rappeler que l'accouchement en lui même fait courir un risque vital à la patiente, quoi qu'il arrive. C'est pour ça qu'existe les sages-femmes après tout. Et c'est pour ça que l'OMS reconnait les sages-femmes comme facteur principal de réduction de la mortalité maternelle et infantile dans le monde.
D'une part, je pense que la France possédait il y a 5 ou 6 ans, quand le réseau de maternité était plus développé, il était davantage concevable d'organiser des AAD. D'ailleurs les meilleurs résultats se trouvent en Allemagne et au Danemark où le réseau périnatal est très développé. Un AAD est possible en France, mais les conditions optimales doivent être difficiles à réunir vu le nombre de maternité qui ferment.
Je pense d'autre part que Knackie a raison : le réseau français de périnatalité est trop hospitalo-centré. En Angleterre les community midwives de la NHS ont un véritable réseau et un dossier qui est partagé et qui suit la patiente dans l'offre de soin. Même en cas de transfert, la sage-femme suit sa patiente et le dossier avec.
Mais je peux dire d'expérience personnelle que se retrouver avec une patiente qui arrive à 5cm avec un liquide méco et qui vient parce qu'elle "a des contractions" et qui n'a pas de dossier... ben mine de rien c'est l'horreur. Perso j'ai les surrénales qui pompent. Et je comprends les anesthésistes.
Un dossier permet d'avoir une prise en charge sereine, sans surprise. S'il y a des facteurs de risques importants, au moins, on est au courant.
Et n'oublions pas que nous vivons dans un pays (là c'est le paragraphe où tout le monde m'incendie normalement) où les principaux procès pour litiges médicaux sont des problèmes d'obstétriques (plus de 40%) et d'anesthésie (plus de 30%). Avec des peines en centaine de millier d'euros. C'est affreux à dire, mais avoir un dossier médicale, c'est également une façon pour les hospitaliers qui accueillent la patiente à l'issue du transfert de se protéger au niveau médico-légal.
Mais après tout, ce n'est que ma vision personnelle d'étudiant sage-femme. - Pour tenter de répondre à tout le monde....
Knackie : Ok avec toi sur la nécessité de pas "se faire la gueule" et de bosser ensemble... Tu trouveras sur le site de l'ANSFL une lettre ouverte aux anesthésistes (http://www.ansfl.org/medias/doc/101007-LettreouverteANSFL6oct2010.pdf) car nombreux sont ceux qui REFUSENT de faire une Consultation pré-anesthésique en cas d'AAD... On aboutit alors à des femmes qui soit n'ont pas de dossier dans la maternité, soit mentent pour en avoir un et taisent leur projet d'AAD.
Sur l'HDD, la réa bb, mes copines insistent sur la présence attentive, l'absence d'intervention (on rompt même pas la poche des eaux)pour rendre ces situations plus qu'exceptionnelles.. pas inévitables pour autant. Mais on ne se pose pas tant de question en éloignant les femmes des lieux de naissance par la fermeture de multiples structures. Vaut il mieux accoucher seule sur le bord de la route ou être accompagnée par une SF qui a pesé "les risques" tout au long de la grossesse et du travail ???
Quand aux statistiques là, je peste car tu utilises le même argument que les détracteurs... on peut pas évaluer car y'en a pas assez.. depuis le temps qu'on demande cette évaluation, au fil des ans, on aurait eu des données suffisantes et le débat sur la sécurité serait clos.
Chouke, patient c'est un raccourci qui peut aussi s'entendre comme celui dont on prend soin... Ca n'impose ni la docilité ni la patience. Le terme est moyennement heureux mais appartient au jargon... (faudra un jour que je fasse un un billet sur le jargon...)
Soleil, Jujube... si on oublie les difficultés locales et certains accueils fait à une femme venant avec un projet d'AAD, je comprends qu'une équipe préfère avoir un dossier. Cela peut être celui de la SF mais si nous n'avons pas les mêmes dossiers, la même façon de noter les infos, de les classer, ça peut être compliqué à gérer en urgence.. Et la consultation d'anesthésie, devrait être faite car justement, en cas de transfert, c'est qu'il y a un bug dans le déroulement et la probabilité d'une intervention et d'une anesthésie augmente.
Dans un monde idéal, SF libérales et équipe devraient communiquer,être en lien, partenaires pour que l’information circule au mieux et que les femmes sentent une réelle continuité/complémentarité en cas de transfert.
Gromitflash, oui les maternités ferment...mais y a quand même pas mal de domicile restant proches d'une maternité...même ceux là sont ostracisés !!
Enfin Eo, ah ben non, le regroupement en grande structure, c'est pas pour le confort du personnel ! C'est théoriquement pour faire des économies et par pénuries de spécialistes (obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) leur confort de travail est surement meilleur, mais pas celui du personnel qui se sent pressuré, stressé et dont le travail perd son sens à force d'être découpé en tranches... !!! - FeminismeJe suis profondément féministe et à ce titre je respecte infiniment Madame Badinter pour tous les combats qu'elle a mené: pilule, IVG, parité, etc.
Pour autant je ne suis pas d'accord avec ses prises de positions récurrentes sur l'AAD. Merci madame 10lunes de préciser que le maternage n'est pas une aliénation de la femme mais un choix partagé des 2 parents pour respecter les besoins d'un tout petit.
Je reste effarée que les diverses lois sur le sujet soient prises par des assemblées d'hommes... - Les déclarations d'Odile Buisson ne sont pas mal aussi dans leur genre... Ce qui est bien dommage venant de cette spécialiste du clitoris. Entre autres elle appelle le retour à l'accouchement et à l'allaitement naturels "le niqab des natives". Gloups.
(Source: Charlie Hebdo HS d'avril-mai 2011... faudrait que je le scanne mais je sais pas si on a le droit de diffuser un article entier ???) - En revanche, je ne vois pas l'intérêt de prévenir l'anesthésiste. Y'a t'il un suivi médical différent dans ce cas ?! Ou juste le plaisir de se faire pourrir une fois de plus juste avant la naissance ?
Les médecins sont là pour soigner, pas pour juger, il ne semble pas complètement délirant de faire la consult au cas où. Après, finalement, le projet d'AAD ne change pas grand chose médicalement donc je ne vois pas en quoi il faudrait absolument leur dire.
On a vite tendance à abuser de son pouvoir de soignants par curiosité, jugement, toute sorte de mauvaises raisons, il faut savoir sélectionner les informations médicalement pertinentes et là je ne vois vraiment pas en quoi c'est le cas.
Le respect des soignants (mais en quoi serait-ce insultant pour eux de ne pas savoir ?) OK, si celà s'accompagne du respect des parents... Et les futures mamans ont aussi d'autres priorités que se battre en permanence, c'est assez usant. - Eo : prévenir l'anesthésiste = dossier clair. Projet d'AAD connu et dossier fait en prévision d'un transfert. Sinon, soit on "ment" par omission et les équipes se sentent instrumentalisées, soit pas de dossier mais si besoin d'une anesthésie en urgence, personne ne se trouve alors dans les meilleures conditions.
Une fois cela dit, en pratique, je sais les choses bien plus complexes car il peut y avoir refus de consultation, intimidation, mépris etc...
Mais nous devons parier sur le partenariat pour faire évoluer les relations maternités /SFL et le regard sur l'AAD. - Sur le débat de la consultation d'anesthésie, elle est nécessaire. Parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver et qu'il s'agit d'urgence.
Un anesthésiste prévenu changera sa conduite à tenir dans l'urgence pour apporter un soin optimal. Pas de dossier, ça veut dire technique de bourrin.
Exemple concret : un transfert pour stagnation, avec une décision de Césarienne.
Si l'anesthésiste a son dossier avec ses bilans dans la maternité de transfert, il pourra poser une rachianesthésie. Sinon c'est anesthésie générale avec des risques importants pour la mère (syndrome de Mendelson aka inhalation de liquide gastrique) et pour l'enfant (surtout la détresse respiratoire due aux morphiniques, ce qui implique une réanimation néonatale avec ventilation et donc tous les risques qui vont avec).
On ne déconne pas avec la vie des gens, donc il est nécessaire d'avoir un dossier d'anesthésie ouvert, à mon sens. - Je ne comprends pas Mme Batinder, elle qui défend le droit des femmes, pourquoi ne défend-elle pas le droit de choisir son accouchement ? Si en France, on pouvait choisir entre aad, hôpital, maison de naissance...toutes les femmes y gagneraient. Il y a encore de nombreux accouchements où les droits des femmes sont bafoués : paroles malveillantes, actes réalisés sans accord, pudeur mise à mal, abus de pouvoir...
Et oui ce serait bien si les soignants pouvaient s'entendre. Mais la sf qui me suivait pour mon aad était dénigrée par la plupart de ses collègues. Heureusement lorsque j'ai fait mon dossier à l'hôpital, j'étais reçue par une gynéco très ouverte.
Personnellement, je n'aurais pas supporté une personne de plus en plus de la sf et du père.
Je rajouterai que même si il y a peu d'études, il y a moins d'hémorragie à la maison car contrairement à l'hôpital, il n'y a pas position sur le dos imposée, pas de péridurale... qui entre autre favorisent les hémorragies de la délivrance. Un article de Michel Odent à ce sujet.
http://www.midwiferytoday.com/articles/3rdstagefr.asp - Monde idéal...Dans le monde des bisounours, on pourrait effectivement avoir un dossier à l'hôpital lorsqu'on prépare un AAD, sans avoir à mentir par omission ou se faire pourrir.
Sauf que malheureusement en France on est trèèèèèès loin de ce monde idéal. Et franchement quand je suis enceinte je suis une ourse (c'est une des raisons de mes 2 choix d'AAD) et je n'ai pas envie de voir x milles médecins bouffis de préjugés, je n'ai pas envie de me faire trifouiller par de parfaits inconnus, je n'ai pas envie de me faire stresser et surtout je n'ai pas envie de me justifier et de m'en prendre plein la tronche !!!
Alors vu l'accueil téléphonique que j'ai reçu pour mon 2ème AAD (3ème enfant), j'ai malheureusement zappé la constitution du dossier. Ben oui. Et c'est dommage parce que je suis d'accord que tout le monde y gagnerait à travailler ENSEMBLE.
(pour l'article je ne m'abaisserais même pas à faire un commentaire en fait lol !) - bonne volonté ?Ahhh Knackie, l'HPP (hémorragie post-partum) oui bien sûr ! C'est toujours la carte qui sort en premier de la manche :-/ Tu n'es pas sans savoir que les protocoles médicaux peuvent en être à l'origine (déclenchement, expression abdominale, synto à fond les manettes -si si ça arrive tout le monde n'est pas mesuré- traction sur le cordon à cause du timming, position dorsale prolongée etc.). Il va sans dire que la majorité des s-f aad évitent d'être trop intrusives. Alors certes cela n'évite pas à 100%, toutefois apposer une trouille sur une pratique non évaluée (de plus dans un contexte différent) n'est pas pertinent. Le risque n'est jamais à zéro et personne ne vit avec une ambulance derrière soi en permanence. Ce n'est pas pour autant que c'est "dangereux". Ou alors partons du principe que vivre est dangereux
En ce qui concerne la visite anesthésie, une patiente (ou usagère
peut très bien la faire sans parler de son projet d'aad. D'autant que l'on ne sait jamais à l'avance si cela se fera réellement. L'important est que le dossier soit ouvert avec les infos nécessaires. Le dossier peut également être ouvert lors de la visite du 4e mois, ou lors des visites d'échographie. A chacune de voir comment elle préfère. J'avais écrit un article au sujet de l'aad dans l'organisation du système de soins : http://www.projetdenaissance.com/pages/Visite_preanesthesie_transfert_reseaux-3662111.html Il reste à espérer que les choses s'arrangent à ce sujet. Personne ne demande que tous les professionnels valident ou soient d'accord avec des choix qui ne leur correspondent pas. Pour autant il est important que les choix des femmes soient respectés. Et ça c'est pas le fort de E. Badinter
- juste pour revenir au sujet, je ne comprends pas la légitimité de Badinter sur le sujet... et encore une fois elle a perdu une occasion de se taire...
Sinon sur le dossier médical perso j'ai "bien rigolé" quand lors de ma césa et que l'obstétricienne se débattait sur mon placenta accreta la demande de l'anesth pour savoir si j'avais eu une opé de l'utérus et quand j'ai dit oui, la remarque énervée de l'obsté sur "ça aurait été bien de le savoir" ce à quoi j'ai répondu "il suffit juste de savoir lire" car c'était sur la page de garde (donc même pas à l'intérieur) de mon dossier... Donc oui oui un dossier pour le lien faut-il encore qu'il soit consulté hein ?
Après je ne me sens pas concernée par l'AAD mais je trouve dommageable qu'on stigmatise ce choix, surtout qu'on ne peut pas dire qu'en France on ait vraiment le choix sur comment et ou accoucher... - @So et@eo, après la dictature du "tout-médical" (dont j'espère, on commence un peu à sortir), faudrait peut-être pas basculer dans l'extrême inverse non plus (et c'est d'ailleurs ce que je reproche aux adeptes du tout-physio, cette tendance à diaboliser à l'excès les tenants de la médecine classique et leurs pratiques...). Et, en l'absence de chiffres précis et solidement étayés, on ne peut affirmer tout et n'importe quoi, dans un sens comme dans un autre. Par exemple, So, vous ne pouvez en aucun cas affirmer qu'à l'hôpital, les HPP, lorsqu'elles surviennent, sont uniquement un effet iatrogène lié à la médicalisation excessive de l'accouchement, de même que vous ne pouvez avoir la certitude absolue que le risque de HPP est totalement nul dans le cadre d'un ADD. Je n'ai strictement rien contre l'ADD (et je trouve moi aussi que l'article de Marie-Claire est consternant de bêtise) mais je comprend la position de Knackie et de Gromitflash sur ce coup. D'abord de fait, lorsque l'HPP survient à l'hosto, le temps de réaction de l'équipe médicale sera beaucoup plus rapide que lorsqu'elle se produit à la maison... D'autre part, faire l'économie de cette consultation chez l'anesthésiste parce qu'on a pour principe de ne jamais foutre les pieds à l'hosto de toute sa grossesse et qu'on refuse tout contact avec "l'autorité" médicale, je trouve que c'est aller un peu loin. Et, encore une fois, rien n'oblige une femme à dévoiler son projet d'AAD au cours de cette consult'...
- @Petroleuse : C'est "marrant" ces discussions sur "sujets sensibles" ça va toujours dans un extrême ou un autre. Un peu comme le sujet péridurale ou pas, allaitement ou pas... mais bon.
Je ne vois pas en quoi préciser que l'affirmation "l'aad c'est s'exposer à un danger" n'est basée sur rien de précis revient à basculer dans l'extrême. Ensuite je n'affirme pas que TOUTES les HPP sont le fait de la '(hyper)médicalisation. Juste qu'elle a une part (se pencher sur des études par ex. ici http://afar.info/donnees-medicales/rechercher/motclef Même sur le site du CNGOF on trouve des infos comme par ex. un doc de 1998, à propos de la position dorsale précise : "La compression aorto-cave peut également favoriser la souffrance foetale et l'hémorragie per partum". Donc "on" le sait que certains actes médicaux sont iatrogènes. Tout ça pour dire qu'il convient de réfléchir honnêtement sur cet aspect des choses et pas de s'appuyer sur la trouille/l'avis personnel des uns ou des autres. En 1995 un rapport pointait le problème des HPP. La conclusion a été davantage de prise en charge médicale sans questionnement de fond sur les causes. Il serait peut-être temps de parler à partir de choses concrètes non ? Je milite pour l'information, la liberté de choix quel qu'il soit au contraire d'une voie unique qui serait la meilleure pour tout le monde.
Pour la consult' anesthésie, quelles que soient les raisons des femmes de d'y soustraire, je trouve que c'est à chacune de décider. Et j'ai également dit dans un précédent post : "rien n'oblige une femme à dévoiler son projet d'AAD au cours de cette consult" on est donc d'accord.
Enfin tu écris : "lorsque l'HPP survient à l'hosto, le temps de réaction de l'équipe médicale sera beaucoup plus rapide que lorsqu'elle se produit à la maison..." Ah bon ? une sf à la maison a un temps de réaction différent ? Normalement, elle sait effectuer un massage utérin, faire une révision manuelle, administrer le synto qui se trouve au frigo... ?? Alors certes comme le disait Knackie elle est seule, il n'y a pas comme l'hosto toute une équipe mais il n'empêche. Je pense qu'il serait bon de parler de ce sujet sur des bases encore une fois pas seulement à partir des drames (dont les circonstances seraient intéressantes à connaître en détail) ou des trouilles inhérentes à l'histoire (époque des grands-mères, l'âge où les saignées étaient encore d'actu... (http://www.projetdenaissance.com/pages/Laad_entre_hier_et_aujourdhui-1282986.html)
Je ne dis pas l'hôpital c'est nul et l'aad c'est le top. Et je peux d'autant mieux l'illustrer que j'ai vécu 2 accouchements à l'H, puis un aad (puis trois décès in utero avec des prises en charge différentes et des accouchements différents) puis un autre à l'H et enfin un autre aad. Chaque grossesse, chaque contexte est différent, c'est pourquoi je trouve important que chacun(e) ait réellement le choix. Car vivre une naissance dans un lieu une fois ne veut pas dire que ce soit pareil pour les autres. S'interroger ou défendre un choix (plusieurs d'ailleurs) ne veut pas dire qu'on tombe dans un extrême il ne faut pas exagérer. - Pour en revenir à la consultation d'anesthésie, si elle est à ce point indispensable, j'avoue que ça me surprend qu'ici ça ne dérange personne que je ne la fasse pas. Puisque je passe au suivi en maison de naissance, ma sage-femme ne m'envoie pas faire cette consultation ; et à l'hôpital qui m'a suivie jusqu'à présent (tout comme dans l'autre hôpital qui m'avait suivie au début de ma 1e grossesse), tout le monde savait que je ne serai plus suivie au dela du 4e mois, et personne parmi les plusieurs gynécos et sages-femmes qui j'ai vus, n'a jamais évoqué cette possibilité. Alors quoi ?
Sinon pour mieux comprendre la question de l'HPP, excusez ma question bête peut-être, mais quand ça arrive, ça se présente comment ? En combien de temps ça se déclare ? Est-ce qu'on perd massivement deux litres de sang en quelques instants ou est-ce que ça peut venir plus lentement, être décelé précocement, et permettre un transfert ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour la stopper et est-ce qu'il est envisageable qu'une ou deux sages-femmes équipées l'enrayent sans transfert à l'hôpital ?
Ce ne sont pas des questions orientées, je cherche juste l'information
- Soleil, les deux versions sont possibles... Il y a celles qui commencent tout doux, qu'un professionnel averti peut commencer à prendre en charge tout en organisant le transfert (dans l'optique domicile), celles qui sont cataclysmique et que même avec une équipe sur place on a du mal à gérer, et toutes les nuances entre les deux.
Même s'il est plus que plausible qu'un accouchement respecté induise nettement moins d'hémorragies, le risque n'est jamais totalement nul. Et devant un saignement massif, un professionnel seul va avoir du mal à tout faire dans les temps. Donc, oui, So, la prise en charge est moins efficace, aussi réactive que soit la sage-femme. Elle doit simultanément poser une perfusion, y injecter de l'ocytocine, faire une délivrance artificielle/révision utérine (soit la main dans l'utérus pour en retirer le placenta ou ses débris), poser une sonde urinaire, masser l'utérus, prendre les constantes vitales et organiser le transfert. Autant dire que ce n'est pas humainement possible, les différents gestes font forcément être plus étalés dans le temps que lorsque plusieurs personnes peuvent se les répartir.
Le risque que cette hémorragie-là ait lieu lors d'un accouchement à domicile est très faible (dans un cadre grossesse suivie, absence de facteurs de risque et compagnie, bien sûr), et ne constitue pas un argument valable à lui seul pour empêcher le développement de l'aad. Mais le jour où elle se produit, le fait d'être à son domicile est péjoratif. Ceci étant posé, chacune peut faire son choix, qu'il s'agisse des femmes ou des sages-femmes. Et ce choix serait d'autant plus rationnel en ayant des chiffres fiables à sa disposition, donc des études correctement réalisées. - Badinter et la maternitéJe n'aime pas les déclarations de Badinter sur la maternité. Il sont emplies de la crainte de se voir relégué au rôle de mère. Oui je ne suis pas qu'un utérus, mais nier que j'en ai un est une grossière erreur à mes yeux pour une féministe. Du coup c'est juste une déclaration sur la maternité de plus pour moi de la part de Badinter.
Pour ce qui est de la question des risques survenant à domicile une bloggeuse a fait un très bon parallèle avec les accidents de la route.
http://www.ainmaternage.com/2008/a-remettre-dans-le-contexte-de-laccouchement-et/
Mourir en couche ça arrive encore. C'est dramatique. Ce qui est encore plus dramatique c'est de voir que chaque années, des femmes prennent le risque d'accoucher seule parce que l'accouchement à domicile n'est pas une solution possible pour nombre de celles qui en font la demande. Cette solution est pourtant largement généralisée dans les pays du tiers monde, et instauré dans des pays comme les Pays bas où un accouchement sur trois est à domicile http://www.inpes.sante.fr/slh/articles/391/05.htm
Les pays bas sont connus à travers le monde pour le très haut taux de mortalité infantile, les conditions sanitaires déplorables, c'est d'ailleurs un pays en voie de développement le plus pauvre du monde... Hum, en fait non, c'est un pays européen pas trop mal fichu. Mais bon, en France on a pas de chance, ça doit être ça, eux ils peuvent, ils ont des femmes robustes, mais nous
...
Ma tante qui a six enfants, a accouché cinq fois à l'hôpital, par voie basse, sans péridurale, avant de dire stop. Accouchée à domicile par une sage femme libérale, elle dit n'avoir accouché qu'une fois dans sa vie. Cette fois. Ce que Badinter refuse, et ce que le système français refuse, c'est que les femmes fassent ce qui leur chante. La maternité est un choix. - Je partage toute à fait ton avis la sorcière.
Par ailleurs il est intéressant de constater que les Pays-Bas sont également un modèle pour leur faible taux d'IVG et leur information des patients vis à vis de la contraception.
En france on a beaucoup de mal à admettre que des femmes décident ce qui est bon pour elle, que ce soit en ce qui concerne la contraception, ou la maternité.
Il serait bon que les féministes soutiennent le libre choix des femmes, et arrêtent de décider au nom de toutes de ce qui est bon pour le genre féminin. - Le débat sur la sécurité est complexe car au final presque insoluble. Chaque lieu secrète ses propres risques et permet d'en maitriser d'autres.
La iatrogénie de certaines prises en charge n'est plus à démontrer.. mais en même temps, comment faire lorsqu'une femme réside à 50 bornes de la maternité et qu'elle revient pour la xième fois en se croyant ben travail.. et comment "bien surveiller " lorsque chaque sage-femme a 3 ou 4 accouchements simultanés sous sa responsabilité???
A domicile, la sécurité réside dans la disponibilité de la sage-femme, le respect strict des phénomènes physiologiques et une sélection drastique n'acceptant que des femmes sans facteurs de risques particuliers. Dans ces conditions, les problèmes sont extrêmement rares (et donc difficiles à décompter)mais il est évident que les moyens mis en œuvre ne seraient pas ceux d'une maternité. - Des AAD qui encombrent les mater??@Knackie: avec 1 à 2% d'AAD, je vois mal comment ceux ci pourraient encombrer les listes des mater, ou bien alors la mater en questions a des raisons de se poser de sérieuses questions sur le pourquoi de cette 'fuite des utérus' et du secret que veulent garder ces femmes, une sage-femme AAD miraculeuse?
Maintenant, sans rire, exposer son projet d'AAD en mater, cela permet, au minimum, de connaitre la politique de celle ci. Ainsi, ma voisine s'est vu répondre qu'ils refusaient de servir de mater de replis même si ils ne pourraient pas se permettre de la refuser en cas d'urgence vitale mais ne la considèreraient pas comme prioritaire!! Pour ma part, encore indécise sur ma région d'accouchement, j'ai eu 2 réponses différentes mais pas hostiles.
- Une gyneco s'est dite ouverte aux AAD "mais comme aux pays bas, avec une ambulance au pied de la maison", a pris le temps de me faire l'apologie de leur respect de la physiologie.
- Un chef de service a pris note de mon projet et considérait que tout ce qui serait fait (et, par défaut, bien fait) par ma sage-femme AAD, ce serait toujours cela qu'il n'aurait pas à faire.
L'AAD complémentaire des maternités, il faut y croire. - Finalement, je trouve que le ton de ce blog est bien conventionnel, et bien figé. On retrouve le paternalisme du professionnel qui sait. C'est comme celà qu'il faut faire, et pas autrement... Comme avec les soignants en général il n'y a pas beaucoup de possibilités de discussion et d'évolution malgré les preuves qui s'accumulent.
J'aurais vraiment du être une gentille niaise dinde qui croit tout sans discernement, ça m'aurait sûrement facilité la vie.
Lorsque je vois les préconisations de prescrire sur le dépistage du diabète gestationnel, ou du strepto B, et ce qu'il se passe effectivement dans notre région...
Le bricolage et l'incohérence de certaine SFs AAD à ce sujet... "Je ne fais pas le dépistage, mais si je sais que le strepto est présent, je surveille ?!" Absurde.
Enfin pour terminer sur un de tes chefs de bataille : les pires maltraitances à l'hôpital (pas à la mater, à l'hôpital), je les ai vécues la nuit. Et un peu moins pires, l'après-midi. Aux moments où les soignants étaient le moins débordés.
La bienveillance, ça ne prend pas plus de temps. - Argh, Eo suis touchée au cœur ! Conventionnel, paternaliste.... re argh!
Il me semble pourtant que le débat est ouvert. Ne pas avoir les mêmes conclusions montre simplement que rien n'est simple. Sinon, nous ferions tous pareils...J'essaie ici de ne rien affirmer sans argumenter.. chacun a le droit de discuter ces arguments, d'en opposer d'autres. Le débat sur la césarienne a été a ce titre riche d’enseignements.. pour moi !
Oui les SF AAD "bricolent", parce qu'elles sont coincées entre le marteau et l'enclume. Il leur faut travailler avec les institutions et avec les exigences des parents. Ils peuvent être parfois tout aussi intransigeants dans leurs attentes que les maternités sont rigides dans leurs protocoles... alors, les SF négocient, slaloment et tentent de trouver des compromis.
Quand aux maltraitances, j'aimerais pouvoir toujours les expliquer par le surbooking.. mais certaines histoires relatées ici prouvent que ce n'est pas forcément en lien. (cela dit, les heures où il y a moins de "travail"... ben y a moins de soignants aussi)
Pour les articles de prescrire... j'y reviendrai.
En conclusion, en aucun cas, je ne prétends détenir la vérité. Ce que j'essaye de faire ici, c'est ce que je tente de faire dans la vraie vie : dialoguer en évitant tout préjugé.. je ne dis pas que j'y parviens mais j'affirme que je m'y emploie ! - @Get72 : merci de ton résumé sur le sujet HPP que j'apprécie. J'aimerai vraiment (mais je ne sais pas si ça se fera un jour tellement j'entends ça depuis 15 ans) qu'un questionnaire envoyé à toutes les s-f aad puisse nous informer véritablement sur leur quotidien sur ce sujet justement, sur comment elles gèrent ce probl médical, dans quelle proportion il survient... Le tout en fonction de leurs pratiques puisque l'une n'est pas le clône de l'autre (telle ne fait jamais d'épisio, telle autre estime que 30% c'est bien ; idem pour les TV toutes les heures ou la perf de synto de temps en temps). Il y a bien des audits en H : pourquoi pas aussi ? Mais je sais que certaines s-f disent leurs chiffres avec plaisir donc ce n'est pas l'inconnu total. D'ailleurs avoir une transparence sur les pratiques hospitalières serait bien aussi. Quand cela se produit il est déjà hallucinant de constater de grandes disparités...
- Oui je sais je suis le mal (merci mebahel), tant pis j'assume.
10 lunes tu nous présentes toujours une jolie théorie toute rose à mille lieux de la réalité dans notre géniallissime (beurk) mater physio.
Je peux t'assurer que la nuit en chir infantile, pour y avoir passé une vingtaine de nuits très courtes, ça papotte sec dans l'office. Et que de venir réveiller une jeune mère qui dort enfin après une première nuit blanche (bébé accroché au barreau de son lit, perf très courte de façon à ce que je puisse à peine le prendre pour allaiter sur une chaise pourrie), parce qu'elle dort avec son nourrisson de 3 mois, allaité, en pleine pyélo, IRA, etc... Limite, ça rajoute plus de travail.
Un peu comme l'anesthésiste qui pique mon gosse pendant de longues heures en le faisait hurler à la mort, juste en face du poster sur les symptomes de la douleur chez le nouveau-né, et les différentes possibilités de prise en charge. Et qui ne fait rien, ni emla, ni doliprane, ni gaz, ni eau sucrée, ni allaitement.
Ou le manip radio qui m'affirme que mon bébé n'a rien dit lors de la cystographie rétrograde, alors que j'entendais mon môme hurler de l'étage du dessus.
Ou la scintigraphie, bébé ligoté à une planche pendant 3/4 d'heures, couches radioctives à ramener, où la manip radio me dit que merde quoi, euh ils en voient tous les jours des scintis, de quoi je me plains.
C'est ce décalage entre la théorie affichée et la pratique sur le terrain qui me laisse pantoise. Je ne sais pas si un jour, je survivrai à tout celà et voudrai un deuxième, en tout cas, c'est certaine, je serai une vilaine méchante mauvaise patiente insoumise.
Et j'assumerai à fond. Et j'espère qu'il naîtra à la maison, avec l'aide merveilleuse de ma voisine qui a donné 5 fois naissance à la maison, à l'époque où les naissances se passaient à la maison. Et qui en passant a allaité ses 5 enfants, sauf la dernière, née à l'hôpital, comme par hasard.
Il y a des patients que ça rassure le paternalisme, d'ailleurs dans mon bled paumé les médecins sont particulièrement mauvais mais affirment avec force conviction des diagnostics erronés et des CAT d'un autre temps ( du style sevrage du jour au lendemain pour une prise de poids correcte, sans orientation, sans autre solution), ou pour l'autre médecin, mastite= amox (antibio inadapté, prescrit à posologie et pour une durée de traitement inappropriée), paracétamol, sevrage.
Bref c'est bien d'avoir de jolis principes et de belles théories dans un monde merveilleux et idéal, et j'aimerai y croire, mais plus je rencontre de soignants, plus je me rend compte de leur incompétence, et surtout, de leur manque de bon sens, d'esprit critique, et surtout surtout : de bienveillance.









