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Petite sortie en famille. Nous achetons des plants de choux pour les repiquer dans notre jardin.

De l'autre côté du magasin, une jeune vendeuse  fait de grands signes pour attirer mon attention. Je ne la reconnais pas tout de suite, et puis je me souviens.

Elle est suivie par une de mes collègues mais ce soir-là, elle appelle en urgence et c'est moi qui la reçoit. Allaitant son bébé de quelques semaines, elle présente  un "magnifique" engorgement. Pas de fièvre, mais des seins plus que tendus, des tétées difficiles, douloureuses et peu efficaces. Cela fait deux jours qu'elle se débat et le découragement la gagne.

Comme souvent, la simple réassurance, les explications sur le mécanisme de cet engorgement l'apaisent déjà. Mais il faut soulager ces seins trop lourds de lait. Je déroule tous les petits trucs ; le verre d'eau chaude pour vider un peu le sein afin que l'aréole soit souple et préhensible, les compresses chaudes avant la tétée pour aider le lait à couler, froides après pour leur effet anti-inflammatoire, les positions à prendre...

J'ai bien une autre idée mais... j'hésite un instant parce qu'elle ne me connaît pas et que je ne veux pas décrédibiliser tout ce que je lui ai conseillé auparavant. Et puis je me lance dans la présentation des cataplasmes de feuilles de chou et de leur effet décongestionnant.

Je ne sais pas ce qu'elle pense de ce soin peu conventionnel mais dans l'état où elle est, elle veut bien "tout" essayer.
Le coup de fil du lendemain atteste que le traitement est efficace.

C'est sans aucun doute ce qu'elle veut me signifier par son ample gestuelle. Elle désigne alternativement la barquette de choux que je tiens et ses seins qu'elle empaume à pleines mains. Elle renouvelle cet aller-retour pour être certaine que je comprenne le lien. Puis elle tend les deux bras devant elle, poings serrés, pouces levés, dans un geste de victoire... 

Nous sommes trop loin pour échanger quelques mots mais nos sourires sont complices.

 

 ©Photo Lawrence OP