06 octobre 2009

Le besoin et l'envie

Première rencontre. Je lui demande quelles sont ses attentes et elle répond aussitôt "Apprendre à pousser ! La dernière fois je n’ai pas su faire. J’avais envie de pousser tout le temps mais ça n’avançait pas".

Cette envie de pousser – il serait plus juste de parler de besoin - entraine des efforts spontanés, irréfléchis et efficaces, ce qui ne correspond ni à l’inutilité décrite et ni à sa demande d’apprentissage.

J’insiste donc un peu. Elle n’arrivait pas à pousser pendant les contractions.
"
Mais vous disiez avoir envie de pousser tout le temps ?   
- Non pas tout le temps, c'est la sage-femme qui me disait
 quand ...
Son homme s’en mêle Oui, et tu faisais n’importe quoi "

Le souvenir est confus mais visiblement douloureux.
J’évoque alors la différence entre la simple sensation d’appui et le besoin irrépressible d’accompagner la descente du bébé, la nécessité d’accepter le "départ" de l’enfant pour sentir ce besoin et avoir une poussée efficace.

Finalement, il s’agissait d’un appui.

Elle raconte ce début de travail très lent, la rupture provoquée de la poche des eaux par la sage-femme, l’accélération brutale de la dilatation et la consigne de pousser qui lui est alors donnée.
Je souligne qu’elle avait peut-être imaginé une naissance plus tardive, qu’elle a pu être déroutée par cette rapidité, pas encore totalement prête à se séparer de son enfant.

Un grand sourire  "C’est tout à fait ça !"
D’ailleurs, elle a eu bien du mal dans les semaines suivantes avec la sensation de ventre vide, l’absence de mouvements…

C’est peut-être pour cela qu’elle est de nouveau enceinte, moins de 6 mois après la naissance de son ainé.

 

 

 

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05 octobre 2009

En toute subjectivité

La lecture de cet article appelle plusieurs commentaires.

Le décès d’un enfant lors d’un accouchement est forcément tragique.
Chercher à comprendre les mécanismes qui ont conduit à ce drame afin de tenter de prévenir un même enchainement lors d’une autre naissance n’est pas contestable.

Mais, une fois ces évidences confirmées, deux passages sont à mes yeux irrecevables.

«En première instance, les juges (...) ont estimé que l'enfant était mort-né. Il n'y a donc pas eu, en vertu de la jurisprudence la plus récente de la Cour de cassation, d'homicide involontaire».
Que nous dit-on entre les lignes sinon qu'il serait fou de tenter de sauver un enfant lors d’un accouchement difficile ? S’il nait mort, personne ne peut être mis en cause, mais s’il nait vivant - ici le débat porte sur la réalité de quelques battements cardiaques pendant la réanimation - et qu’il ne survit pas, l'accusation d'homicide involontaire est alors recevable.
Folie du raisonnement judiciaire qui nous absout de ne rien faire mais nous condamne pour n’avoir pu en faire assez.

« En tant que chef de service, on lui reproche (…) de ne pas avoir prévu de protocole à suivre en cas de macrosomie».
Protocole ! Le dernier avatar de la médecine est de "protocoliser" l’ensemble des gestes afin de gagner en efficacité. Si la démarche se justifie en cas de complication avérée, il faut s'interroger sur sa légitimité en amont de toute difficulté. Comment faire entrer la vie dans des cases ?

Chaque accouchement est différent et de nombreux facteurs vont influencer son déroulement. Faut-il coder le poids du bébé et la taille de la mère, l’âge gestationnel et le temps de dilatation, la position de l’enfant et la posture maternelle, mais aussi la sérénité ou l’angoisse, la douleur vive ou acceptable, le compagnon attentif ou indifférent, l’heure du jour ou de la nuit, la disponibilité de la sage-femme et sa capacité à sourire, la longueur du couloir et l’âge du juge d'instruction… pour décider ensuite de la bonne conduite à tenir ?

Loin de moi l'idée de nier le caractère dramatique de ces faits. Mais nous devons aussi nous préoccuper de l'impact négatif de prises en charge standardisées et rigides. Où nous conduirait le légitime désir d'être irréprochables ?

La subjectivité n'a pas sa place dans les protocoles. C'est pourtant elle qui fait notre humanité.

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04 octobre 2009

Avec simplicité

Plusieurs couples en préparation à la naissance. L'un des pères est présent pour la première fois.

Je montre une technique de bercement pour aider à apaiser les contractions, sa compagne est attentive mais lui semble distrait et tourne la tête dans une autre direction. Je souligne à haute voix qu'il aura du mal à reproduire ces mouvements s'il ne les regarde pas et poursuis mes explications.

Chacun est ensuite invité à reprendre la gestuelle pour la tester et la mémoriser.

Elle m'appelle auprès d'eux et c'est lui qui m'explique, «je suis malvoyant, vous étiez trop loin tout à l'heure».

Le rouge au front, je remontre le mouvement, me maudissant de mon stupide commentaire. Comme je suis mal à l'aise, je n'ose demander de précision sur son degré de perception ; je décompose et commente abondamment tous mes gestes, le noyant sous un flot de paroles.

Je présente ensuite au groupe un exercice à faire à deux pour corriger la position du bassin. Il faut d'abord évaluer l'éventuel déséquilibre par un repère visuel. Soucieuse de ne pas répéter mon erreur précédente, je les informe que je referai le geste avec eux pour l'expliquer de façon plus précise.

Quand je m'approche, mon malaise n'est toujours pas dissipé... et je vais multiplier les lapsus, parvenant à citer en quelques phrases bon nombre de locutions françaises en lien avec la vision, «il faudrait y jeter un œil, je veux dire, regarder ça, je veux dire voir si tout va bien...»

Je m'empêtre avec application jusqu'à ce qu'il éclate de rire «inutile de faire semblant de rien, je sais que je suis quasi aveugle !»

Belle leçon reçue il y a plus de 20 ans mais jamais oubliée.

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01 octobre 2009

Soutien

Nous nous croisons dans le couloir de la maternité. Elle promène son nouveau-né qui, me dit-elle, lui demande énormément d’attention. Il dort peu et pleure fréquemment mais se console facilement lorsqu'elle le prend contre elle.

Je la connais bien pour l’avoir suivie pendant ses trois grossesses. Celle-ci a été marquée par le diagnostic d’un cancer du sein chez sa mère qui laissait peu d’espoir de rémission. Pendant ces neuf mois,  il lui a été bien difficile de conjuguer cette vie en devenir et cette autre en train de s’éteindre.

Nous évoquons d’abord l’accouchement qui s’est déroulé simplement, l’allaitement qui ne pose aucun problème, les deux ainés qui vont bien, le papa qui est content… Au fil de son récit, le bébé, détendu, semble s’endormir dans les bras maternels.

Je prends ensuite des nouvelles de la grand-mère. Elles ne sont pas bonnes. Les traitements entrepris restent inefficaces et la médecine la condamne à brève échéance.
Son petit, toujours calme, a maintenant les yeux grands ouverts et ne semble pas perdre une miette de nos échanges.

Elle poursuit en racontant comment tout cela envahit ses pensées, combien la douleur est présente, la crainte de la perte insoutenable.
Puis ajoute en souriant à son bébé « il n’y a que quand je m’occupe de lui que je me sens bien…»

Et ce petit bonhomme qui semblait si exigeant m’apparait alors seulement déterminé à soutenir sa mère.

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30 septembre 2009

50 !

Chiffre symbolique que je m’étais promis d’atteindre pour mes billets quotidiens.

Cela signifie à peu de choses près 50 soirées consacrées à écrire, et 50 levers matutinaux pour corriger rageusement ce qui m’apparaissait satisfaisant la veille, des textes écrits avec passion puis abandonnés pour leur insondable banalité, des ratures - heureusement virtuelles – innombrables, des insomnies par manque d’inspiration et d’autres pour une idée qui s’impose et la crainte d’oublier les mots en devenir, des enthousiasmes finissant dans un dossier joyeusement nommé « Ratés ».

C’est encore une mémoire ravivée,  où chaque souvenir évoqué en appelle un autre, tourbillon affolant de la somme de rencontres et d’histoires qui m’ont faite et me font encore.

C’est une passion toujours réaffirmée pour ce métier parce que nous y côtoyons l’essentiel, que toutes les émotions se mêlent et que nous sommes là pour les accompagner, parce que notre place est au cœur de l’humain et presque au cœur du cœur…

Ce sont surtout quelques lecteurs et commentateurs qui me font le plaisir de revenir régulièrement, et cette présence tient chaud au cœur. Pardon ne pas répondre plus souvent, le temps me file entre les doigts.

Mais j'écris aussi parce que je me désole devant l’inefficacité de nos combats pour une naissance respectée, parce que l’accouchement à domicile est honni de la majorité des équipes obstétricales et que les maisons de naissance sont dénaturées avant même d’exister.

Parce que je sais que l'accouchement est la force fragile où s’ancrent puissance féminine, solidité du couple parental et sérénité de l’adulte en devenir.

Parce que ces chroniques sont une autre façon de défendre ce à quoi je crois mais que ce combat se mène aussi dans la vraie vie et qu’il me prend temps et énergie.

Parce qu’il ne faudrait pas que l’écriture  se développe au détriment de mon travail quotidien  et de tous ceux qui nourrissent ces billets.

Je vais poursuivre ces récits mais me libérer de la règle du message journalier.

Une jeune mère m’a dit hier «je méconnaissais le rôle des sages-femmes. Elles portent la joie de vivre».
Charge essentielle et chronophage, vous en conviendrez…

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29 septembre 2009

Obsession

Ils viennent en consultation de terme dépassé pour la troisième fois mais c’est notre première rencontre.
Elle est souriante, prolixe, et un peu lassée de cette attente. La perspective du déclenchement ne l’enthousiasme pas mais elle semble malgré tout soulagée de l’ultimatum posé dans deux jours.
A ses cotés, silencieux, visage fermé, grand, maigre, costume gris, cravate grise et chemise blanche - en un mot austère - son homme.

Les prostaglandines contenues dans le sperme sont réputées pouvoir aider au démarrage de l’accouchement.
L’allure sévère du père me fait hésiter à évoquer cette « information ». Je me sermonne, on ne juge pas les gens sur leur apparence ! De plus,  son attitude peu amène est compréhensible, il est certainement inquiet pour sa compagne et fatigué de ces passages répétés à la maternité.

Je me lance  « parfois faire l’amour … »
Il me coupe «on n’arrête pas de nous le dire !» réduisant par sa voix lasse et son rictus amer l’équipe en général et moi en particulier à une assemblée d’obsédés sexuels.

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28 septembre 2009

Première fois

Deuxième année d’études. C’est ma première "vraie" garde en salle d’accouchement et elle sera nocturne. Les stages précédents étaient des stages d’observation. Cette nuit, je vais découvrir les gestes de mon futur métier.

Elle vient mettre au monde son second enfant et je suis chargée de l’accueillir. Je commence l’examen, petite ritournelle des actes habituels, prendre la tension, mesurer la hauteur de l’utérus, palper le bébé et écouter son cœur… tout cela, je l’ai déjà fait et m’en acquitte sans difficulté.
Arrive mon premier toucher vaginal. J’enfile le doigtier, l’enduit de lubrifiant, et débute l’examen avec une prudence soucieuse de compenser ma maladresse. C’est chaud, c’est mou, c’est doux.
La sage-femme m’interroge d’un lever de sourcil.  Je cherche mais ne sens rien de plus. Elle insiste à haute voix «alors, la dilatation, la présentation ?» Je n’en sais strictement rien, c’est chaud et c’est doux, point. Le col de l’utérus, la tête du bébé doivent bien être quelque part mais où ?
Je bredouille quelques mots espérant qu’elle n’insistera pas. Je veux bien confesser mon ignorance mais pas devant la jeune femme dont je vais accompagner tout le travail. Ce n’est pas ma fierté que je souhaite  protéger -mon statut de débutante m’autorise, me semble t-il, à ne pas savoir - mais comment pourrait-elle se sentir en confiance devant mon inexpérience annoncée.
Sure de son fait et de son pouvoir, la sage-femme insiste et je suis obligée d'avouer mon incompétence.  Elle peut ainsi triomphalement s’affirmer comme unique détentrice du savoir et se moquer de la novice que je suis;  que ce soit au détriment de cette femme en travail ne semble pas lui importer.

Heureusement, une autre sage-femme, plus délicate avec la mère et plus rassurante à mon égard, me supervisera les heures suivantes.

Peu avant l'aube, c’est le moment de la poussée. La femme est installée en position gynécologique, cuisses et ventre rituellement recouverts de champs stériles. Nous nous "déguisons" également, casaque stérile, charlotte sur les cheveux, masque. La pièce est plongée dans la pénombre, contrastant avec la lumière puissante du scialytique braquée sur la vulve rasée. Je suis placée entre les cuisses écartées de la mère, la sage-femme juste derrière moi. C'est elle qui donne les consignes et dirige l’accouchement.  Progressivement, la tête du bébé commence à apparaitre. La sage-femme demande alors à la mère d’arrêter de pousser.
Elle pose ma main gauche sur le sommet du crane, ma main droite plus bas, sur le périnée tendu. Ses mains recouvrent les miennes. Ensemble, nous faisons les gestes convenus, il faut dans le même temps pousser, fléchir et retenir  la tête.  Petit à petit, le visage se dégage, nos mains conjointes accompagnent sa rotation d'un quart de tour;  une pression vers le bas sur le pariétal pour aider la première épaule à passer, puis une autre vers le haut pour que la seconde épaule se libère, mes mains empoignent le petit sous les aisselles et le posent sur le champ vert couvrant le ventre de sa mère.*

Je viens de pratiquer mon premier accouchement.

C’est une petite fille. La mère la nomme et c’est mon prénom qu’elle prononce. Ce n’est qu’une simple coïncidence, mais j’y vois un joli présage. Je suis faite pour ce métier.

* quelques années plus tard, j’apprendrai combien certains de ces  rituels peuvent être inutiles voire délétères…

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27 septembre 2009

Epanouissement garanti ?

C’est le premier enfant pour lui, le second pour elle.
Son premier accouchement a été  violent, mal soulagé par une péridurale manquant d'efficacité. La douleur était majorée par les hormones administrées en perfusion et l’immobilité imposée par l’analgésie.
Cette fois-ci, elle aimerait bien que cela se passe autrement mais annonce dès notre première rencontre avoir une trouille bleue.

Ils se sont déjà beaucoup informés sur les modes d’accouchements « naturels », la liberté de position, le bain, l’aide pouvant être apportée par les médecines douces, les possibilités offertes par les maternités de la région, etc…

Elle compte sur tout cela pour mieux vivre la naissance mais, ancrée dans le concret de son expérience précédente, ne balaye pas la possibilité d’un recours à la péridurale (qu’elle souhaiterait alors efficace…).

Lui, tout à sa vision idéale, assène : «accoucher sans péridurale, c’est quand même un épanouissement total pour la femme !»

Enthousiasme que je me sens obligée de tempérer quelque peu… afin qu’elle se sente libre de trouver son épanouissement où bon lui semblera.

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26 septembre 2009

Bientôt maman, épisode 4

La sage-femme de rose vêtue et le décor, deux chaises de part et d’autre d’un bureau envahi de papiers, annoncent un rendez-vous médical.
Effectivement, la future mère commence par évoquer son dossier mais son interlocutrice l’interrompt poliment et reprécise l’objet de la rencontre, il s’agit d’un entretien et non d’une consultation.
Tout à son souci d’expliquer le contenu de cet entretien, elle disserte longuement pendant que la femme assise de l’autre coté du bureau peine à placer quelques mots.
Elle parle d’une voix douce, presque trop, lentement, presque trop. Il y a quelque chose de vaguement dérangeant dans ce ton pourtant prévenant, comme une affirmation de l’évidente fragilité des femmes enceintes.

Lorsque la question de la péridurale est posée, la praticienne répond d’abord que le sujet sera traité en préparation et en consultation d’anesthésie. Devant l’insistance de la jeune femme qui s’inquiète de savoir ce que l’on continue à sentir,  elle prend le temps de lui expliquer le  mode de délivrance auto contrôlé.

Pour minimiser le geste et se montrer rassurante, elle abuse du mot petit : «il y a un petit système, vous appuyez sur une petite pompe qui va vous délivrer une petite dose d’anesthésique ».

Le pré-supposé de la fragilité s’est imposé.

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25 septembre 2009

Mal-assitance

Courriels professionnels, télétransmission, le net fait partie du quotidien du cabinet mais une panne récurrente empêche régulièrement la connexion. Souvent, débrancher et rebrancher le modem résout le problème.
Souvent mais pas toujours.

Cette fois là, c’est pas. Je branche et débranche, patiente, retente entre deux rendez-vous, laisse passer 24 heures au cas où… et me décide à joindre le service technique.
Mon interlocuteur me fait répéter la manip déjà tentée x fois, me laisse patienter de longues minutes au téléphone sous prétexte de test de ligne puis m'affirme que tout devrait rentrer dans l’ordre dans les 12 heures.
« Et si ça ne marche pas ? »
« Je vous rappelle »
« Sans faute ? »
« Sans faute ! »

Le lendemain, ça ne marche toujours pas et  - évidemment ? - aucun coup de fil. C’est donc moi qui rappelle le mal nommé service assistance.
Hélas, mon second correspondant a décidé de faire payer son mal-être aux appelants.

Première étape : me transformer en marionnette décervelée. Il me demande à nouveau de brancher /débr… je le coupe, «c’est déjà fait». Aucune importance, il faut le refaire. Je dois ensuite m’assurer que les fils sont bien raccordés.
«Je n’ai touché à rien»
«Vous pouvez avoir tiré les fils en passant le balai»

Aucun risque vu la disposition du bureau mais il n'en démord pas, un coup de balai  malencontreux est vite arrivé. En salle d’attente, un couple patiente.  Pour abréger la discussion,  mieux vaut obtempérer et, comme prévu, tout est correctement branché.

L’étape suivante débute : « Ne vous énervez pas !»
Je ne suis pas énervée (pas encore) juste pressée… mais rien de plus crispant que ces quatre mots qui ponctuent toutes ses phrases au cours d'incompréhensibles vérifications qui accroissent mon retard.

Puisque rien ne marche, il va m’envoyer un dépanneur mais me met en garde, je devrai certainement payer l'intervention. Je m'en étonne. Mauvaise pioche, je gagne une longue digression sur les problèmes techniques illustrée de moult exemples de pannes électroménagères.
« Et si c’était la ligne ? »
« Non elle a déjà été testée »

Je tente de me montrer conciliante «c’est ce qui nécessitait un délai de 12 heures ?»
«Je vais être franc avec vous, cette histoire de 12 h n’a aucun sens »
Restons zen…

La dernière étape confine au sublime. Le fameux technicien passera sans rendez-vous.
«C’est un cabinet de sage-femme. Nous sommes parfois en visite, parfois appelées en urgence… je ne peux rien garantir»
«Alors prenez rendez-vous mais il passera moins rapidement »

Tout cela s’éternise et je suis sacrément en retard, il faut en finir. Je demande donc un rendez-vous mais il ne me propose que des dates éloignées. J'ose souligner que je paye un abonnement professionnel pour être rapidement "secourue"..
Il soupire « alors, ne prenez pas rendez-vous, de toute façon le dépanneur vous appellera avant de passer»
Je demande à combiner les deux options, passage volant hasardeux et rendez-vous garanti au cas où...
Refus sans appel  « Non! C’est l’un ou l’autre »

Avec plus d'une demi heure de retard pour mes consultations, des explications fumeuses et un ultimatum en guise de conclusion, je ne peux m'empêcher de commenter «j’espère que le jour ou vous aurez besoin d’une sage-femme, elle se montrera plus conciliante que vous»
Et lui de rétorquer  «vous n’êtes pas digne d’être un professionnel de santé !»

Le comble est que cela m’a blessée…

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