13 septembre 2011

Ambigus sous-entendus...

 

Samedi soir, le 20h de France 2 (28ème minute) a consacré un long reportage à l’accouchement à domicile.
Comme souvent, ce qui m’importe ne sont pas tant les images diffusées que le commentaire qui les accompagne.

Morceaux choisis.

Premier lancement du journaliste : «A suivre notre grand format sur ces femmes qui font le choix d’accoucher à domicile une pratique marginale mais qui inquiète les professionnels »
Le très générique terme de "professionnel" laisse entendre, à tort, que ce choix est décrié par la totalité des praticiens.

Passent quelques sujets politiques puis nouveau lancement : «Notre grand format maintenant avec, je vous le disais, cette pratique marginale certes mais qui inquiète toujours les professionnels. Environ 1500 femmes par an font le choix et bien d’accoucher, comme avant à domicile. Alors quelles sont leurs motivations, que risquent–elles réellement ? »
Remarquez le "comme avant" qui vient souligner combien cette idée semble désuète. "Qui inquiète toujours" : est-ce à dire que les "professionnels" n’ont pas changé d’avis depuis le premier lancement, cinq minutes plus tôt ?

Suit un reportage sur un couple dont la fille est née à la maison cet été.

La voix off souligne «Ils habitent au 6ème étage sans ascenseur». 
Il est vrai que cela compliquerait un transfert en urgence. Mais faut-il être riche pour avoir le droit d’accoucher comme on le souhaite ? Si les maisons de naissance tant attendues s’ouvraient, au moins y aurait-il une alternative à proposer quand les conditions de logement sont inadéquates.

«Les parents avaient fort heureusement prévenus les voisins car elle est née à 4 h du matin»
Ce "fort heureusement" suggère un accouchement sonore, sous-entendu complété dans la phrase suivante soulignant la durée du travail et l’absence de péridurale. «Sidonie la sage-femme fut le seul témoin. Elle a accompagné les parents pendant toute la durée du travail, une douzaine d’heure, sans péridurale bien sur».
Il faut donc comprendre bruyant parce que douloureux.

«Nathalie est architecte, Benoit photographe. Le couple se soigne à l’homéopathie, surveille son alimentation, ils désiraient un accouchement dans l’intimité, aussi naturel que possible»
Entendre : ce choix ne concerne que des bobos assez dingues pour croire que la santé peut passer par des granules et une alimentation bio.

«L’accouchement à domicile, Jacqueline Lavillonnière le pratique depuis plus de 30 ans. Cette sage-femme a parcouru des milliers de kilomètres d’abord dans l’Ardèche puis ici en Anjou. Elle pense avoir mis au monde près d’un millier de bébé fait maison»
Jamais Jacqueline Lavillonnière n’utiliserait cette formulation. Ce sont les mères qui mettent au monde et les sages-femmes les accompagnent.

«Elle assure toute la préparation et le suivi de l’accouchement »
Résumé un poil réducteur qui omet suivi de la grossesse, suivi postnatal et consultations du nourrisson…

«En France seules 70 sages-femmes pratiquent les accouchements à domicile, la plus souvent non assurés car le tarif des assurances est exorbitant. Les parents leurs font confiance, parfois plus qu’aux structures hospitalières»
Parfois plus, mais au moins autant, sinon, ils ne feraient pas ce choix !

«Jacqueline a déjà été traitée de sorcière et de sectaire. Elle est souvent confrontée à des médecins très hostiles à l’accouchement à domicile».
Jacqueline Lavillonnière : «Ils ont une vision déformée, forcément, puisqu’ils ne font que de la pathologie. De fait, ils n’imaginent même pas comment se déroule un accouchement physiologique. On a mis de la technique y compris sur les accouchements qui n’en avaient pas besoin».

«Le Pr Puech obstétricien à Lille reconnait que la France a trop médicalisé l’accouchement. Mais selon lui, les choses ont changé, dans les maternités, la prise en charge serait aujourd’hui plus humaine, plus personnalisée».
Les récents épisodes de Baby Boom l’ont démontré, les équipes sont parfaitement en mesure de proposer cette prise en charge personnalisée…

«Il déconseille l’accouchement à domicile, trop risqué».
Pr Puech : «Le risque d’hémorragie pour la maman, très peu fréquent, mais inopiné qui peut entrainer un transfert de la maman qui doit être rapide. Et aussi pour le bébé qui doit naitre, le risque de procidence du cordon, c'est-à-dire le cordon qui passe devant la tête du bébé et qui peut le comprimer et entrainer une souffrance fœtale».

Nous nous devons de prendre en compte les complications potentielles. Mais ce choix concerne des femmes en bonne santé, ayant une grossesse sans problème et dont l’accouchement se déroule normalement et sans intervention. Toute anicroche dans ce programme justifie un transfert vers la maternité. Ajoutez à cela la présence et l’attention constante de la sage-femme. Les statistiques concluent à d’aussi bons résultats qu’en maternité.
Je m'autorise un brin de mauvaise foi : est-il plus sécurisant d'accoucher seuls sur la route parce que les maternités ferment ou chez soi avec l'aide d'une sage-femme ?

Le reportage se conclut ainsi. «Pour celles qui ne souhaitent accoucher ni à la maison ni à l’hôpital, existe une alternative, les maisons de naissance comme ici en Belgique tenues par des sages-femmes avec en cas d’urgence un transfert organisé dans une clinique voisine. En France plusieurs projets existent mais les maisons de naissance n’ont pas encore vu le jour».

Comme d’habitude, nous devrons nous contenter de ce simple constat.

 

PS : ce même jour, Selina Kyle publie ce témoignage édifiant. Nous sommes loin des discours lénifiants sur le respect et l'accompagnement. Zero respect, zero choix !

 


 

Soutien à la maternité des Lilas : manifestation samedi 24 septembre à 10h30.


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10 septembre 2011

Logique floue

 

Le rapport de la cour des comptes sur la sécurité sociale vient de paraître. Au sein de ce très dense document, 25 pages sont consacrées aux sages-femmes.
Je vous encourage à aller les éplucher.

Pour les fainéants du rang du fond et les "pas vraiment concernés mais intéressés quand même", je tente un résumé que je crains indigeste.

L’introduction souligne la qualité de notre formation (en 5 ans), l’extension de nos compétences et le développement de notre profession (+80% en 20 ans).

La cour des comptes se penche ensuite sur les fonctions assumées par les sages-femmes selon leur mode d’exercice.

Du coté des salariées, le rapport confirme ce que nous savons déjà - la grande majorité des accouchements du secteur public (2/3) est assurée par des sages-femmes - et affirme que la proportion s’inverse dans le privé (1/5). Ce dernier chiffre est ainsi expliqué "Dans le secteur privé, les sages-femmes salariées travaillent en effet le plus souvent comme auxiliaires médicales des gynécologues obstétriciens : elles surveillent le travail de leurs patientes et appellent ces médecins (...) pour assurer l’accouchement, même lorsqu’il est physiologique ".

Je revendique pour mes consœurs salariées du privé la reconnaissance de leur travail ! Elles n’ont pas les mains sur le périnée de la dame lorsque l’enfant parait ; c’est une différence certes, mais qui reste toute relative… Dans le public comme dans le privé, tous les accouchements sont suivis par les sages-femmes  (en cas de pathologie, elles "assistent" les obstétriciens qui ont compétence pour décider de la conduite à tenir).

Coté libérales, notre activité serait massivement centrée sur la préparation à la naissance. "Les consultations (...) de suivi de grossesse ne représenteraient que 5 % des montants remboursés ". Soyons positif,  cela veut dire qu'il existe une très bonne marge de progression ! Loin de moi l’idée de dénigrer la préparation, mais l'on peut regretter que cette activité soit trop souvent déconnectée du suivi de la grossesse.

Vient ensuite un chapitre qui fait ma joie et je l'espère la votre en dénonçant l’hypertechnicisation de la naissance. Il cite des chiffres d'intervention souvent supérieurs aux autres pays européens (20% de césarienne, 20% de déclenchement, 80% de péridurale) avec cette précision quelque peu déroutante : "Selon une enquête de la DREES de 2006, 80 % des femmes interrogées déclarent avoir bénéficié d’une péridurale, dont 5 % sans l’avoir demandé. "

La cour des comptes précise, toujours au sujet de l'hypermédicalisation "Cette conception française de l’accouchement est loin d’être universelle" et cite ensuite cette phrase de la mission périnatalité (2003), déjà mentionnée ici : "Les données disponibles laissent penser qu'il faudrait à la fois faire plus et mieux dans les situations à haut risque et moins (et mieux) dans les situations à faible risque".

Le rapport s'aventure jusqu'à annoncer "Un groupe minoritaire (ndlr : 49% ?) souhaitant pouvoir bénéficier d’un accouchement peu médicalisé a également été identifié lors de l’évaluation du plan périnatalité. Ainsi, le département des Pyrénées orientales et celui de la Lozère sont confrontés à une demande d’accouchements « naturels », voire d’accouchements à domicile ".
Ainsi rédigé, d’aucuns pourraient penser que cette attente ne concerne que ces deux seuls départements. Je précise donc que l'étude s'est concentrée sur quelques régions. La demande d’accouchement naturel me semble très équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. Seules les réponses ne le sont pas !

Toutes ces constatations amènent la cour des comptes à constater l’inadéquate répartition des actes entre sages-femmes et médecins. "Un parcours de soins faisant davantage de la sage-femme le professionnel de premier recours en cas de grossesse et pour le suivi gynécologique contraceptif et de prévention pourrait être en effet envisagé à terme, à l’instar de ce qui est pratiqué dans d’autres pays".
Youpi !!!!  même si je me serais volontiers passée du "à terme"…

Enfin la cour des comptes revient sur le feuilleton "Maison de Naissance" de l’automne dernier et recommande "la mise en oeuvre de cette expérimentation dans un cadre juridique approprié (…) pour autant qu’elle fasse l’objet d’une évaluation médico-économique rigoureuse". Et cite cette estimation de la DGOS : "L’économie escomptée par accouchement par rapport à une structure hospitalière serait de l’ordre de 600€".

Voilà pour les bonnes nouvelles.

Certaines sont nettement moins bonnes.

"Le projet d’accouchement à domicile, qui ne fait l’objet d’aucun encadrement réglementaire, comprend une prise de risque dès lors que le système de soins n’est pas organisé pour assurer le transfert et l’accueil des patientes en cas de nécessité. Ainsi, l’absence d’assurance constitue une situation tout à fait anormale qui ne peut perdurer. Il convient donc que l’Etat fasse strictement respecter l’interdiction de réaliser des accouchements à domicile programmés sans couverture assurantielle".

Décortiquons :

  • Qui ne fait l’objet d’aucun encadrement réglementaire. Ce n’est pas tout à fait juste. De manière générale, notre pratique est  "encadrée" par le code de la santé publique dont l'article L4151-1 précise nos compétences, complété principalement de l’article L4151-3 qui en défini les limites : "En cas de pathologie maternelle, fœtale ou néonatale (…), la SF doit faire appel à un médecin"
  • Le système de soin n’est pas organisé pour assurer le transfert. Ce n’est pas faute de le réclamer !
  • L’absence d’assurance. La cour des comptes a l'honnêteté de noter en bas de page " En France, aucune assurance n’accepte aujourd’hui de couvrir à un tarif compatible avec des revenus de sages-femmes la responsabilité civile professionnelle dans le cas d’accouchements à domicile"

Ces deux derniers constats sont justes et les conclusions évidentes : il faut travailler sur l'intégration de l’accouchement à domicile dans l’offre de soin, le partenariat avec les réseaux de périnatalité et permettre aux sages-femmes de s’assurer (participation des caisses au paiement de la RCP, réévaluation substantielle de l'acte "accouchement", intervention de l'état auprès des assureurs...)

Que nenni ! La cour des comptes  recommande de "Faire strictement respecter l’interdiction de réaliser des accouchements à domicile programmés sans couverture assurantielle". Ce qui revient, au vu du blocage actuel de toutes les démarches entreprises pour trouver une solution, à interdire l’accouchement à domicile programmé.

 

Le second point négatif est cette fausse bonne nouvelle "Réorienter l’activité des sages-femmes libérales vers le suivi post-natal et le suivi global".
Evoquer le suivi post natal de façon isolée... c'est tout sauf global !
Favoriser une prise en charge globale des couples et des familles devrait me ravir. Mais une nuance de taille réside dans cette petite phrase  "Cela n’est possible que si la nomenclature des actes des sages-femmes est - à coût constant pour l’assurance maladie - significativement modifiée".
Ce coût constant pourrait être une redistribution des actes. Plus de consultations par les sages-femmes, c’est moins de consultations pour les médecins ; une – infime- partie du budget alloué aux uns pourrait ainsi être attribuée aux autres…
Mais la cour des comptes fait une autre suggestion " Dans un contexte où une assez faible proportion de femmes accouche désormais sans péridurale, la question pourrait également être posée d’une diminution du nombre de cours (sic) de préparation à la naissance  et d’une révision à la baisse de la tarification de cet acte".

S'appuyer sur le recours à la péridurale pour démontrer l’inutilité de la préparation tout en recommandant une moindre technicisation de la maternité est un savoureux paradoxe ! Tant que le système de soin sera celui que nous connaissons, hypermédicalisation/ surcharge des équipes /multiplicité des intervenants, la préparation n'aura que peu d’impact sur les conditions de naissance (mais elle répond à de nombreux autres objectifs de prévention); transférer les consultations des médecins aux sages-femmes n'y changera pas grand chose.

A l'inverse, imaginons des femmes et des couples suivis tout au long de la grossesse, en consultation comme en préparation par les mêmes sages-femmes, avec l’assurance de retrouver l’une d’entre elles au moment de la naissance ( en plateau technique, maison de naissance ou à domicile), puis d’être accompagnés en postnatal par les mêmes personnes.
Voilà une façon économique de prendre en charge la périnatalité physiologique tout en répondant réellement aux attentes parentales…

Mieux faire pour moins cher c’est possible… mais il ne faut pas se tromper de chemin.

 

Edit du 14/09  : lire aussi cet article du Monde

 

PS : Je vous invite à aller voir ce bref reportage de TF1  "Accoucher moins cher " (sic) sur la -presque- maison de naissance de Pontoise. Ne ratez pas surtout la moue dédaigneuse de Laurence Ferrari accompagnant le lancement du sujet...

Autre moment d’anthologie, au 13 h de France 2 (vers 13h24). On y voit une sage-femme expliquant que nos compétences ne se limitent pas à l'accouchement et aux consultations et elle détaille "la gestion de l’hémorragie, les points de suture, la réanimation du nouveau né" ; raccourci hasardeux ou miracle du montage ?
Le reportage se termine par ce commentaire : "la revalorisation du statut des sages-femmes devrait être au coeur des prochaines discussions entre la sécurité sociale et les syndicats ... de médecins". Gloups!

 


06 septembre 2011

Gardez-moi de mes amis !


Le projet d’ouverture (2ème article affiché) d’un centre de naissance aquatique devrait être une excellente nouvelle (cependant teintée d’une réserve ; la propension de certains à vouloir imposer un modèle unique. Accoucher dans l’eau, accroupie, en chantant ou que sais je encore ne sont pas des méthodes. Ce sont des options envisagées avant, parfois reniées pendant, mais surtout transformées, conjuguées au gré des multiples ressentis et émotions du travail).

Mais saluons la bonne volonté de tous ceux qui souhaitent élargir le paysage obstétrical et proposer des alternatives à l’accouchement dirigé (péridurale /rupture poche des eaux /hormones de synthèse) si cher à nombre de nos maternités.

Pourtant, une phrase de ce communiqué de presse m’irrite : "A l'inverse des maisons de naissance (...) le centre de naissance aquatique proposera pour chaque naissance la présence du gynécologue obstétricien, augmentant ainsi la sécurité de l'accouchement. "
Ainsi, lors de naissances physiologiques - accoucher dans l’eau et hors maternité ne peut s’envisager qu’à cette condition- la présence d’un obstétricien améliorerait la sécurité ? Plus que ne le ferait une sage-femme ? Intrinsèquement sécurisant ?!

Soit l’accouchement est physiologique et l'obstétricien n’apporte rien, soit il bascule dans la dystocie - rappelons qu'il est de la compétence de la sage-femme de le diagnostiquer - et les compétences de l’obstétricien sont liées aux actes qu’il peut poser… au sein d’un plateau technique et donc après transfert.

Tout à son souci de défendre son projet, le Dr Richard caresse la faculté dans le sens du poil en brandissant l’argument de l’ultra sécurité sans craindre pour cela de tirer sur les déjà bien mal en point maisons de naissance...

Il y a une dizaine d’années, j’avais assisté à la présentation d’un de ses films devant un public plus qu’acquis à une prise en charge "détechnicisée" de la naissance physiologique. Cette fois là aussi, en présentant le bassin qu’il avait conçu, Thierry Richard souhaitait se prémunir de toute critique des partisans de l’obstétrique "traditionnelle". Le prototype de sa baignoire à palan était une improbable création hésitant entre la froideur technique du Métropolis de Fritz Lang et les gadgets dérisoires de l'Oncle de Jacques Tati. Le concept semble avoir été amélioré depuis mais la démonstration vidéo (N°1) me laisse toujours aussi perplexe.

Une seconde vidéo est également disponible sur le site, celle d’une naissance dans cette fameuse baignoire expérimentale. Afin de démontrer l’innocuité du procédé pour l’enfant, le praticien repousse les mains de la mère venant chercher son petit juste né et le maintient sous l’eau. La camera révèle le visage détendu du nouveau-né ; aucune inquiétude de ce coté là... Mais comment ne pas regretter que cet enfant, au lieu de se trouver blotti contre sa mère, soit retenu par des mains gantées de caoutchouc épais face à la paroi vitrée du bassin.

Thierry Richard est à coup sur passionné et convaincu. Mais il dessert ce qu’il veut défendre.
La naissance physiologique a pourtant déjà assez à faire avec ses opposants pour ne pas devoir en plus se protéger de ses partisans…



PS 1 : ce communiqué de presse relèverait-il de l'effet d'annonce ? Trop de réglementations contraignantes empêchent la création de lieux alternatifs. Le centre aquatique aura du mal à y échapper.

PS 2 : le programme électoral, lisible sur la même page - sobrement intitulée "la page du président" - risque de finir d'ôter toute crédibilité au projet.

 

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04 septembre 2011

Absolument sachant


Première échographie, dite de datation. En salle d’attente, les panneaux affichent de joyeux avertissements: "L’échographie ne peut pas tout dépister" - " La présence des enfants est interdite" - "Votre médecin détermine librement ses honoraires (... ) supérieurs au tarif du remboursement par l’assurance maladie".

C’est leur tour. La pièce est petite, logiquement sombre. Au centre, le divan d’examen en skaï bleu foncé est recouvert d’un papier blanc ; à sa gauche, une chaise à dossier bas et l’appareil d’échographie ; à sa droite, une autre chaise ; en face du lit, fixés au mur, un second écran et une triple patère permettant d’accrocher les vêtements.

Tout en se déchaussant, en patiente appliquée, elle énonce date des dernières règles et durée de ses cycles. Elle sait très bien où elle en est et - à peu près - quand ils ont conçu leur bébé.

Cette première échographie se fera par voie vaginale. Pratique tellement habituelle que l’échographiste n’explique rien et la prévient de ce qui va se passer par cette phrase sibylline  « Enlevez le bas ».
Elle s’allonge sur le lit. Ne sachant pas où poser son slip, elle le froisse dans sa main droite. Sa main gauche cherche celle de son homme, assis à ses cotés sur la chaise dédiée.

L’examinateur s’empare d'une sonde oblongue. La tenant verticalement, il y déroule ce qui s'apparente à un préservatif. Une giclée de lubrifiant puis la main s’incline, la sonde s’horizontalise puis s’enfonce dans son vagin, intrusion accompagnée d’une affirmation sans appel « ça ne fait pas mal ».

Attentif aux premières images sur l’écran, le couple tente d’oublier l’outil qui s'agite et s’oriente au creux du corps maternel.

Du noir, un peu, quelques contours blancs et surtout du gris, plus ou moins dense, plus ou moins homogène. Le squelette contrasté animé de quelques mouvements aide à donner sens aux images.

L’échographiste procède aux mesures. Sa main gauche pianote sur le clavier, tourne le curseur ; l'image se fige. De petites croix clignotent sur l'écran puis des chiffres s’affichent. Satisfait, il annonce une date de conception… qui précède de cinq jours la date donnée par les parents.
Elle s’en étonne et se retourne vers son compagnon pour le prendre à témoin… "Ce n’est pas possible, tu te souviens, ce jour là, tu étais encore en Italie."

Sans daigner leur jeter un regard, l’échographiste, impavide, confirme en fixant son écran que la grossesse a bien débuté pendant l'absence paternelle. *

Insupportable superbe d'une médecine qui s’invite dans l’intimité d’un couple et ose affirmer sans nuance la date de leur relation sexuelle.

 


* On considère que la datation est en moyenne précise à +/-3 jours mais que les bornes sont de +/-7 jours…

 

 


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30 août 2011

A sec

 

Dans la maternité rurale où j'ai pris mon premier poste, "accoucher à sec" faisait partie des situations redoutées par certaines femmes. En cas de rupture précoce de la poche des eaux, elles imaginaient leur utérus vidé de tout liquide amniotique et leur bébé passant dans un vagin devenu "sec". Frottement peau contre muqueuse, aie, aie, aie.

"Examinée à sec", c'est ce que m'a raconté beaucoup plus récemment cette jeune femme.

Ayant dépassé le terme de plusieurs jours, son accouchement est déclenché. Le travail est long, très long et lui vaut de nombreux touchers vaginaux pour évaluer les modifications de son col.
Elle même professionnelle de santé, elle affirme comprendre et accepter facilement les contraintes liées aux protocoles hospitaliers comme à la formation des étudiants. Une bonne volonté totale...
... qui a cependant trouvé ses limites au fil des examens répétés, souvent doublés (sage-femme + étudiant), pratiqués avec les habituels doigtiers inconfortablement constitués de deux formes de plastique découpé réunies par des soudures... très légèrement saillantes.

Les heures passant, les examens sont devenus de plus en plus pénibles, puis réellement douloureux ; d'autant que - je l’apprends grâce à son récit - l'emploi de tout lubrifiant est proscrit en salle d'accouchement. Certaines sages-femmes tentenront bien d'échapper au protocole en faisant couler un peu d’eau sur le doigtier mais l'artifice se révèlera inefficace.
Quelques semaines ont passé depuis mais son souvenir reste vif...

Je ne saurai le fin mot de l’histoire que quelques jours plus tard car si cette jeune mère a bien entendu qu’on ne pouvait utiliser de lubrifiant, elle n'a pas su ce qui justifiait de la malmener ainsi.
La raison invoquée par les "autorités médicales", c'est que les flacons de gels ne sont pas stériles.

Ben le vagin non plus !

 

NB : cette consigne que je découvre est-elle banale ou très locale ? Merci de vos éclairages.

 

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24 août 2011

Baby bad story - 1



Le premier des cinq épisodes de Baby Boom a été diffusé - tardivement ! - sur TF1 hier soir.
C'était annoncé depuis plusieurs mois, mais la communication s'est intensifiée la semaine dernière où chef de service, médecin et responsable de chaine ont entonné avec une touchante unanimité le cœur des innocents… "Baby Boom est très réaliste, très beau et particulièrement riche en émotions. "

Ma nuit fut mauvaise …
Mauvaise du fait de sa brièveté mais surtout des pensées agitées qui l’ont envahie. Car ce premier épisode offre de multiples idées de billets tant les angles d’attaque sont nombreux ; la téléréalité, ses montages, ses codes et son ton racoleur, le système hospitalier englué dans des fonctionnements rigides, les émotions des parents, les propos des équipes, et ces histoires filmées qui en disent bien plus que ce que le réalisateur ne le pensait.

Comme par exemple cette anecdote se voulant amusante.
Premier plan : Un couple est filmé lors de son arrivée à la maternité. La caméra la montre dehors, seule et marchant très péniblement, puis son homme que l’on devine resté en arrière pour garer la voiture ou attraper la valise la rejoint devant la porte des urgences.
Message : On est bien dans la real life coco, on interfère pas ! L’équipe de tournage la filme et la voit, mais évidemment, personne n’intervient. Nous serons donc spectateurs, impuissants à espérer pour cette mère un bras secourable.

Plan suivant : ils sont assis dans un bureau que je suppose être celui de l’accueil. Elle tressaute sur sa chaise au rythme des signaux visiblement nombreux que lui envoie son corps. La secrétaire constate «Il va falloir se dépêcher » et continue à compléter le formulaire.
Message : le dossier administratif est une priorité tellement intégrée que si l’on veut bien tenter d’écourter les démarches, il est inimaginable de penser les reporter.

Plan suivant. Elle est emmenée en fauteuil roulant

Plan suivant. Ils sont installés en salle d’accouchement. La sage-femme s’affaire auprès d’eux, pose de monitoring ou de perfusion, je ne sais plus. La secrétaire de l’accueil rentre dans la salle, en cherchant son stylo «Je n’ai plus rien pour écrire »
Message : du fait de son déficit, l’hôpital public restreint les dotations en matériel à un stylo par secrétaire…

La secrétaire tourne et vire, assez bruyamment, dans la salle à la recherche de son indispensable stylo bleu.
Message : il n’est pas dérangeant de déranger.

Dernier plan. La mère se crispe. Elle a mal et en plus y a un truc qui la gène, emmêlé dans ses cheveux. Son homme passe la main derrière sa tête et en extirpe quelque chose :  bingo ! On a retrouvé le stylo de la secrétaire.

 

A suivre...

 

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22 août 2011

Tout et son contraire

 

L'intervention d’une sage-femme dans "Les grandes gueules", (le 18/08 entre 10 et 11h) m'a donné l'occasion d'écouter RMC. L’expérience fut éprouvante.
L'émission se voudrait informative mais s’apparente plutôt aux échanges arrosés d’un café du commerce, accompagnés des blagues graveleuses qui vont bien…
Elle débute avec quelques galéjades machistes sur "ces femmes qui déplorent d’être seules au milieu des hommes mais qui au final adorent ça"…
Puis les  intervenants abordent le périple du maire de la Seyne sur Mer (périple largement relayé ; au cœur de l’été, entre crise économique et combats libyens, un maire qui pédale doit être considéré comme une info rafraichissante).

Je souhaite revenir ici sur les interventions de Bernard Debré, professeur de médecine, urologue et député (UMP) qui argumente ainsi la nécessité de regrouper les plateaux techniques hospitaliers : "La médecine de proximité est dangereuse, on ne peut pas mettre du matériel ultrasophistiqué dans tous les hôpitaux".
Il précise un peu plus loin : "il faut parler de choses que l’on connait".
Belle déclaration d'intention qu'il s'empresse de ne pas respecter. Expert autoproclamé en périnatalité, il ose ensuite évoquer "l’enfant qui a un cordon autour du cou et qui s’étrangle, est ce que c’est prévisible ?"
Puis : "Il faut bien savoir que dans ces petites maternités, on n’est pas au courant, on ne sait pas bien faire. Le petit hôpital en bas de chez soi peut être horriblement dangereux. Il y a une présentation du siège, on ne sait pas le faire. Il y a un étranglement avec le cordon… c’est vu pendant l’accouchement, qu’est ce qu’on fait ?"
Il insiste encore "La taille est un facteur d’efficacité". Cette affirmation déclenche une nouvelle salve d'allusions machistes que je vous laisse imaginer...

Céline, la sage-femme,  s'est exprimée  sur les maisons de naissance. Elle a bien tenté d’élever le débat en évoquant les besoins des femmes. Mais son intervention a été brève et régulièrement interrompue par d'intempestifs commentaires ...

Qu'en retiendront les auditeurs distraits ?  Que les équipes de maternités de proximité sont incompétentes - merci pour elles  ! -  Et qu'un enfant peut s'étrangler avec son cordon. Inquiétude infondée fréquemment véhiculée par ceux qui n'y connaissent rien. Car s'il s'agit d'un circulaire du cordon (enroulé autour du cou), le dégager est un geste extrêmement banal que toute sage-femme peut pratiquer les yeux -presque- fermés ... A moins que Bernard Debré n'ait pensé à la procidence du cordon (je lui laisse le bénéfice du doute, imaginant qu'il a sciemment "simplifié" son discours pour le rendre accessible à ces ignares de parents). C'est un incident rare, qui se produit  généralement au moment de la rupture spontanée de la poche des eaux - donc pas forcément à la maternité - et nécessite une intervention médicale rapide. Pour les habitants de la Seyne du Mer, 55 minutes pour rejoindre la future maternité de Toulon, c'est dans ce cas précis bien trop !

Parfait argument pour justifier les maternités de proximité ...

 

Edit du 24/08 : la sage- femme s'appelle Céline ZIEGLER.

 


PS : pas d'autres suggestions pour "notre" anniversaire ?

 


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18 août 2011

Cible erronée



Lors d’une récente chronique sur France Inter, Agathe André a profité du très médiatisé combat du maire de la Seyne sur Mer pour tacler les associations militant pour "l’accouchement à domicile comme au bon vieux temps des matrones". Ce très méprisant terme de matrone renvoie à l’inconscience de ces femmes se livrant aux mains de toutes aussi inconscientes praticiennes...

De nombreuses associations parentales ou professionnelles militent pourtant pour l’élargissement de l’offre de soin. Appartenant à plusieurs d’entre elles, je veux dire à Agathe André qu’elle se trompe de combat. Nos revendications portent d’abord sur la liberté de choix. Les femmes, qu'elles soient adeptes de l'hypermédicalisation ou de la simplicité d'un accouchement à la maison sont, n’en déplaise à la journaliste, en capacité de décider de ce qui leur convient le mieux.
 
Aucun totalitarisme de la part des partisans de l’AAD mais un constat : le choix n’existe pas. Les associations déplorent que la seule option actuelle soit celle de l’accouchement technicisé dans des établissements de plus en plus imposants où les femmes passent de main en main. La valeur de chacun des intervenants n’est pas en cause, c’est leur multiplicité qui interroge et dérange.

Les partisans de l’accouchement à domicile militent pour que cette option fasse partie de l'offre de soin, non par défaut car cela serait effectivement un recul pour les droits des femmes, mais au contraire intégré dans l'éventail des possibilités. Chaque femme devrait pouvoir choisir - une fois éliminées les contre-indications - d’accoucher en maternité, en maison de naissance ou à domicile. Ces options ne s’opposent pas mais se complètent. Elles n’offrent pas les mêmes ressources, ne répondent pas aux mêmes attentes.

Je ne rejoins Agathe André que sur un seul point : la politique actuelle se contrefout des besoins des femmes, des couples et des enfants à venir et s'élabore loin des réalités de terrain, calculette à la main. Si les maisons de naissance parviennent à ouvrir un jour, ce sera grâce aux économies générées par leur prise en charge moins lourde et donc moins onéreuse que celle d’une équipe hospitalière.
Principe de réalité oblige, je me réjouirai de ces ouvertures quelles que soient les mauvaises raisons qui les permettront.

Pour conclure, je m'autorise à donner deux conseils à la journaliste :
-    celui de vérifier ses sources : l’épisiotomie n’est pas à préférer à la déchirure spontanée et certains établissements hospitaliers l'ont démontré en en réduisant drastiquement le nombre.
-    celui d’éviter de recycler ses anciens textes … Il n'est pas déshonorant de défendre les mêmes idées à deux années d’écart. Mais les répéter à la virgule près, c’est faire preuve d’un cruel manque de créativité !

La défense des droits des femmes commence par un indispensable préalable. Les respecter !
Les matrones, pondeuses et chanteuses vous saluent.

 

PS : Sur le même sujet, lire aussi cette analyse de Selina Kyle.

 

 

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17 août 2011

Flemmardes



Il y a 30 ans.
C’est une maternité qualifiée d'alternative, respectueuse des attentes des parents comme des besoins de l’enfant. La préparation à l'accouchement tient une grande place, alternant temps d'information, groupes de discussion et multiples séances de relaxation et respiration. Au fil des mois, de réels liens se tissent avec les futurs parents, parfaitement informés de l'accompagnement qu'ils trouveront le jour J.

A l’inverse, ce couple là nous est inconnu. Pas de préparation ni de consultation au sein de la maternité, ils ne savent rien de notre fonctionnement. Au moment de l'accouchement, elle s'est présentée à l'accueil de la maternité - la pratique actuelle d’inscription au premier jour de retard de règle n’est pas encore d’actualité - et nous l'accompagnons comme à notre habitude.

A la naissance, nous respectons ce qui s'apparente à un rituel d’accueil, selon les principes de la très en vogue "naissance sans violence".
Le nouveau-né est posé sur le ventre maternel, puis l’équipe s’éclipse quelques minutes afin de laisser les parents découvrir leur enfant en toute intimité. Une fois revenue, après m’être assurée que la circulation ombilicale est interrompue, je tends très solennellement les ciseaux au père afin qu’il coupe le cordon. Ma proposition enthousiaste ne doit pas laisser de place au refus ; il s’exécute. Avec tout autant de conviction, j'invite le père à baigner son enfant. En guise de baignoire, un berceau de plexiglas éclairé par une lumière dirigée par en dessous, nimbant l’enfant d’une douce lueur sans risquer de l’éblouir…

Pour ce petit d’homme, un accueil avec tout le respect, toute la douceur qui lui sont dus.
Pour nous, le sentiment du travail bien fait.

Sentiment quelque peu tempéré par ce père parti fêter la naissance de son petit au troquet voisin. C’est le patron du bar qui a vendu la mèche…

Ballon de rouge à la main, le géniteur se félicite de la force et de la vigueur de son "couillu de fils". Suit une petite remarque concernant le personnel : «Ah ben, celles là, elles s’emmerdent pas, pour le même prix c’est moi qu’a du couper le cordon et baigner le gamin !»

 

 


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12 août 2011

Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font.



Deux ans d'existence. Pour l'occasion, je m'essaie à répertorier les recherches de ces derniers jours ayant conduit sur Dix lunes.

Evidemment, la plupart arrive très banalement avec quatre mots : blog/dix/lunes/sage-femme... minuscule ou majuscule, chiffre ou lettre, singulier ou pluriel, mélangez, secouez autant que vous le voulez, Google mon ami vous amènera ici.
Certains comptent moins bien : 9 lunes blog sage femme ou 13 lunes sage femme blog

Et puis il y a aussi...

Ceux qui vont être très déçus

  • nue et ligotée sur la table il a un scalpel
  • la sage femme me leche la chatte

Ceux qui ont un vrai problème

  • sf fille qui fait des bebes mais a qui on ne veut pas en faire : cornélien en effet

Ceux qui souhaitent s'informer

  • les sages femmes libérales peuvent-elles assurer un suivi de grossesse : oui !
  • suivi par une sage femme jusqu'au 7ème mois : puisque je vous dis que oui
  • puis je faire venir une sage femme libérale à mon domicile : oui (sauf pour la catégorie "vont être très déçus")
  • comment faire pour faire tombé des point : "sauté" ?

Ceux qui évitent tout mot inutile

  • sage femme ordonnance prise sang : oui évidemment
  • sage-femme contraception consultation diaphragme : oui toujours

Ceux qui nous informent

  • je ne viendrais pas cette après-midi : essentielle information
  • je vois vraiment pas le rapport avec leur nom : existentielle question

Ceux qui gagneraient à discuter entre eux

  • césarienne de confort remboursée / césarienne programmée attachée combien de temps
  • accouchement domicile paniquée / AAD inopiné

ou pas ...

  • qui a bien vecu sa cesarienne pour siege / cesarienne difficille de sans remettre psychologiquement

Ceux qui se méfient de la médecine

  • l'art de la désinformation maternité : quand les savoirs s'affrontent
  • toucher vaginal et intimite de la femme : quasi antinomique
  • gynécologie métier inutile : je n'irai pas jusque là

Ou pourraient s'en méfier

  • refus médecin premiere prescription pilule : où l' on se dit que la relation soignant/soigné pourrait gagner en dialogue...  
  • peut on detecter une trisomie avec un frottid pendant la grossesse : où l' on se dit que le dialogue soignant/soigné pourrait gagner en clarté...

Ceux qui cherchent un renseignement

  • liste de maisons de naissances france 2010 : réponse facile, il n'y en a pas ! Mais quelques lieux s'en rapprochent fort, en particulier le CALM et Pontoise.
  • blog sage femme knakie : y a qu'à demander, c'est ici
  • nom des sages femmes hommes : sage-femme évidemment ! (non, je ne dirai pas maïeuticien)
  • reportage mater poissy sur quelle chaine : heu...

Et puis il y a parfois ces mots sombres lancés sur une toile dont on aimerait savoir remonter le fil. Sinistres révélateurs de nos solitudes accolées sur le net.

  • rattraper un accouchement mal vécu
  • battement du coeur inaudible fin de 9eme mois
  • poche des eaux bombee a 5 mois

Je ne peux terminer cette énumération sans citer cette ancienne recherche dont la lecture m'avait serrée le cœur : phrases pour dire que l'on a perdu son bb.
Chère inconnue, j'espère très fort que depuis la vie se sera montrée plus clémente avec toi.

 


PS: Pour ces deux années d'écriture, je réclame très impoliment vos commentaires ! Critiques, attentes, propositions ...


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